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[Saison 5] Lyoko Project : Réalité Virtuelle

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Bonjour à tous !

Comme vous l'avez sans doute remarqué, la série Code Lyoko possède le petit défaut de se finir sans répondre à toutes les questions que l'on se pose, par exemple :

-Qui est X.A.N.A et comment a-t-il acquis sa conscience ?
-Comment le retour vers le passé et la virtualisation peuvent être possibles ?
-Comment et pourquoi Lyoko a-t-il été construit ?
-Qu'est-il arrivé à Aelita avant sa première virtualisation ?
-Etc

C'est à toutes ces questions auxquelles je vais m'attaquer dans ma FanFic "Project Lyoko : Réalité Virtuelle", en proposant une explication à TOUS les phénomènes inexpliquées de la série.

ATTENTION : pour faire cela et afin d'apporter un peu plus de réalisme, j'ai décidé de modifier légèrement l'histoire et l'intrigue. Ainsi, mon premier chapitre prend racine durant les évènements de l'épisode "Le réveil de XANA", et ma fanfic va prendre fin dans les évènements du début de la saison 2, en offrant un parcours et une fin sensiblement différente de la série, mais en conservant tout de même son esprit.

Ainsi, à PARTIR DU CHAPITRE 5, L'INTRIGUE DEVIENT 100% DIFFERENTE, et avant, elle dévie légèrement en ajoutant plus de détails FONDAMENTAUX pour la suite de ma fanfic.

Si tout va bien, elle devrait, si j'ai des lecteurs, faire plus de 200 pages Word, soit 15 chapitres environs.

Une dernière chose : SVP, ne me jugez pas uniquement sur le 1er chapitre, car il est vrai que ça doit être le plus maladroit et le moins intéressant, mais il était nécessaire pour poser les bases de ma fic.
Lisez donc les deux chapitres suivants avant de critiquer. Enfin, je le répète, les NOUVEAUX évènements commencent chap 5, et dans les précédents chapitres, je précise des choses et j'ajoute BEAUCOUP de surprises inédites.

Bonne lecture et n'oubliez pas de postez vos critiques sur ce post pour savoir si je dois continuer, et si ça vous intéresse.

Chapitres disponibles en téléchargement ci-dessous OU directement sur ce forum.

Chapitre 1:

à télécharger ici : dl.free.fr/kVIeXtZdR

LYOKO PROJECT


Chapitre 1 : Réveil


«Journal vidéo de Jeremy Belpois :

Bonjour, je m’appelle Jeremy Belpois. J’ai quinze ans et je suis, à l’heure où j’écris, élève de seconde au Collège Kadic, non loin d’ici.

Si je débute aujourd’hui ce journal vidéo, c’est qu’il y a un peu plus d’un mois, j’ai découvert une invention qui allait à tout jamais changer ma vision de notre monde, de la réalité…Une invention permettant d’exaucer les rêves les plus fous de l’Homme, de subvenir à tous ses besoins, à tous ses désirs et de se rendre maître de la Réalité…

Mais comme toujours, celui-ci, gouverné par son orgueil et sa soif insatiable de domination, n’a pu s’empêcher de l’utiliser à des fins néfastes, réduisant à néant l’espoir d’un monde parfait.

Désormais, je sais que chaque jour qui passe pourrait voir cette invention mettre fin à l’humanité et à toutes les espèces vivant sur ce monde, mais malgré tout, je dois prendre ce risque pour elle, pour la sauver, pour lui rendre la vie qu’on lui à volée car elle est bien plus importante que tout les êtres présents sur cette terre : elle est le lien entre deux mondes, elle est celle qui apportera la rédemption à l’humanité, et c’est la seule qui est en mesure de réparer les erreurs commises par le passé.

Ainsi, si vous êtes en possession de ce journal, cela signifie que je suis…qu’il m’est arrivé quelque chose de grave. Alors, écoutez-moi bien : vous devez absolument éteindre le SuperCalculateur ! Pour cela, suivez les instructions que je vais vous transmettre.

Une fois que vous l’aurez trouvé, ne vous posez pas de questions, ETEIGNEZ-LE sur-le-champ. Si X.A.N.A à réussi à m’avoir, il ne lui faudra pas longtemps pour s’en prendre à l’humanité tout entière. N’attendez pas, sinon il sera trop tard… Mais tout d'abord, laissez-moi vous racontez mon incroyable histoire. »



Jeremy Belpois contemplait l’imposant bâtiment qui lui faisait face. Il estima rapidement la hauteur de l’édifice, une dizaine de mètres selon lui, puis la largeur, d’une centaine de mètres. La connaissance de l’environnement dans lequel il évoluait avait toujours été un moyen de se rassurer face à l’inconnu. En effet, il avait toujours ressenti le besoin de comprendre et de donner des explications à ce qui l’entourait. Il inspecta de long en large la façade : les murs avaient été tagués en de multiples endroits, probablement par certains adolescents voulant s’approprier l’espace et la tranquillité de ce lieu. Jeremy avait entendu dire que ce bâtiment, abandonné par ses propriétaires sept ans auparavant, avait autrefois servi d’usine de production et d’assemblage de matériel informatique.

Jeremy s’engagea sur le vaste pont reliant la terre ferme au petit îlot sur lequel avait été construit l’usine. Il soupçonnait qu’elle avait été érigée en ce lieu insolite pour que ces propriétaires puissent filtrer les entrées et les sorties du bâtiment, le pont étant l’unique voie d’accès à celui-ci. En effet, le matériel fabriqué ici devait être particulièrement rare et précieux, et c’est exactement ce que le jeune garçon aux cheveux blonds comptait y trouver : des composants assez sophistiqués pour qu’ils puissent les greffer sur des petits robots dont il avait commencé la fabrication, afin de pouvoir les programmer et les contrôler à distance. Il fit quelques pas en avant, tout d’abord avec une assurance affirmée puis il ralentit sa cadence au fur et à mesure qu’il progressait, pour s’arrêter totalement au milieu du pont. Il hésita de nouveau à pénétrer dans ce lieu étrange, se demandant ce qu’il pourrait y trouver. En effet, l'endroit pouvait être dangereux et mal fréquenté. Une nouvelle fois, il examina scrupuleusement la structure, comme pour y détecter la présence d’un quelconque danger, ou même, d’une activité humaine pouvant le dissuader d’y rentrer.

Maintenant qu’il n'était plus qu'à quelques mètres seulement de l’entrée, l’édifice semblait encore plus impressionnant, et les murs, hauts et épais, mais surtout gris et ternes, faisaient un parfait contraste avec les cheveux éclatants et bouclés de Jeremy.

Son esprit scientifique le poussait à se convaincre qu’il n’y avait strictement aucun danger ni aucune raison de rebrousser chemin. Par conséquent, après avoir remis sa paire de lunettes dans une position confortable et avoir pris une grande inspiration, il reprit la marche, en posant calmement mais sûrement, un pied après l’autre. La découverte de l’inconnu était pour lui une source de fascination, mais aussi de stress, qu’il sentait monter en lui à chaque mètre qu'il parcourait. Il arriva finalement à l’extrémité du pont, qui débouchait sur une large entrée sur laquelle Jeremy remarqua les vestiges d’une porte coulissante violemment arrachée, et qui avait dû finir sa vie dans les eaux environnants le petit îlot. Ignorant son angoisse, il s’approcha prudemment de l’entrée et découvrit pour la première fois l’intérieur du mystérieux bâtiment : il se trouvait à un étage au-dessus du rez-de-chaussée qu’il apercevait une dizaine de mètres plus bas et d’où émergeait deux rangées de piliers strictement parallèles et destinées à soutenir la large toiture. Celle-ci alimentait la pièce de quelques rayons de soleil par l’intermédiaire de deux rangées de fenêtres recouvertes de poussière et se prolongeant jusqu’à l’extrémité de la salle, qu’il avait d'ailleurs du mal à discerner de sa position. La pièce demeurait, malgré les ouvertures dans le toit, relativement obscure, notamment à cause du soleil qui commençait à sa coucher, et pour pallier ce manque de lumière, il saisit le sac à dos qu’il avait apporté avec lui et en extirpa une lampe de poche qu’il s’empressa d’allumer.



Devant lui, trois cordes pendaient, solidement attachées à une barre métallique traversant la salle de long en large pour soutenir les murs. En observant jusqu’où elles descendaient, il en déduisit facilement qu’elles avaient servies à ceux qui les avaient mises là à descendre jusqu’au rez-de-chaussé, sans avoir à faire tout le tour de l'étage à la recherche d’un escalier. Prenant son courage à deux mains, il s’approcha de l’une d’entre elles, la saisit, puis se laissa glisser lentement le long de la corde pour atteindre le sol quelques secondes plus tard. Il remit alors ses habits, froissés par le frottement avec la corde, bien en place et scruta les environs. Hormis quelques débris et d’importants amas de poussières, rien ne retint son attention, jusqu’à ce qu’il remarque un peu plus loin un monte-charge disposé un peu plus en avant à sa droite. Il s’approcha et pénétra dans l’ascenseur. Bien que vieux de plusieurs années, il semblait en parfait état de marche. Il pressa donc le bouton orné d’une flèche pointant vers le bas mais rien ne se passa. Il réessaya plusieurs fois mais le mécanisme refusa de s’enclencher. Jeremy mis ce dysfonctionnement sur le compte d’un manque de courant circulant dans le monte-charge. En effet, l’usine ayant été abandonné il y a avait bien des années, l’alimentation en d’électricité avait du être interrompu longtemps auparavant. Il sortit de l’ascenseur et poursuivit sa progression dans la grande salle. Au loin, il aperçut une porte métallique complètement refermée. Il s’en approcha et tira dessus de toute ses forces pour tenter de la faire bouger et de libérer un passage. Non sans difficultés, il réussit à faire céder la porte qui coulissa dans un grincement qui fit frissonner Jeremy. Ce dernier pu alors découvrir un étroit couloir qui s'enfonçait dans la pénombre et dans lequel il s'engouffra.

Au bout de ce couloir se trouvait un escalier qu’il emprunta rapidement. Il sentait qu’il allait bientôt toucher au but. Il arriva dans une nouvelle salle, plus petite que la première dans laquelle était installés plusieurs tapis roulants, surplombés par des bras mécaniques censés assurer, entre autres, la soudure de composants électroniques fabriqués dans l’usine. Cependant, il n’en aperçut qu’un seul : une carte mère brisées en plusieurs morceaux sur le sol. Il supposa que le reste avait été emporté par des pillards qui avait l’intention de les revendre à prix d’or sur le marché. Afin de mieux l’observer, il en saisit une partie dans ces mains, et l’examina méticuleusement. Il n’avait jamais rien vu de pareil : la carte mère était elle-même composée d’une multitude de micro composants étranges qui lui étaient complètement inconnus malgré sa passion pour l’informatique et la microélectronique. Intrigué au plus haut point et heureux de cette découverte, il ramassa les autres débris et les déposa dans son sac. Plus déterminé que jamais à explorer le reste de l’usine, il progressa à nouveau dans un autre couloir qui débouchait sur de nombreux bureaux, complètements pillés et saccagés. En effet, le sol était recouvert de papiers laissés à l’abandon par les pillards cherchant sans doute des documents pour lesquels certaines personnes n’auraient pas hésité à dépenser des sommes colossales pour en faire l’acquisition.



Il poursuivit son chemin et arriva dans une autre salle, vide cette fois, où il aperçut le sommet d’une échelle s’enfonçant dans le sol. Il tenta de découvrir où elle menait en portant son regard vers le bas de cette dernière mais le manque de lumière et sa longueur conséquente l’empêchaient de distinguer quoi que ce soit. N’ayant d’autres choix que de descendre l’échelle pour continuer d’avancer, il attrapa le premier barreau de sa main gauche et posa son pied droit sur le deuxième. Une fois sur ses prises, il quitta le sol pour ne plus que se maintenir à l’échelle et amorça sa descente, la lampe de poche serré avec force entre le barreau et sa main droite, éclairant juste ce qu’il fallait pour entrevoir les barreaux inférieurs. Après plusieurs minutes de descente méthodique et calme, il finit, à son grand soulagement, par poser un pied sur le sol. Il lâcha alors l’échelle et se retourna pour observer ce pour quoi il avait fait une telle descente. La pièce était plongée dans la pénombre, ce qui fit réalisé à Jeremy qu'il se trouvait actuellement plusieurs mètres en-dessous du sol.


Il orienta le faisceau de sa lampe un peu partout dans la salle pour se faire une idée de sa forme et des éléments qui la composaient, et il réussit à distinguer trois formes cylindriques de plusieurs mètres de hauteurs placées chacune à la même distance les uns des autres. Intrigué, il chercha tout d’abord en longeant le mur un interrupteur pour réussir à éclairer la salle tout en sachant que même s’il le trouvait, il n’y aurait probablement pas de courant pour apporter de la lumière. Néanmoins, il continua à chercher et tomba, au bout de quelques tâtonnements, sur un bouton incrusté dans le mur. Un peu sceptique, il enfonça le bouton et contre toutes attentes, la salle s’éclaira après les quelques scintillements de néons accrochés au plafond. Jeremy pu alors contempler la salle qui, baignée par la lumière artificielle se reflétant sur les cylindres dorés aperçus précédemment, sembla briller de milles feux. Il posa son regard sur les étranges installations d’où partaient une multitude d’énormes câbles, dont ceux à la base, qui venaient s’enfoncer dans le sol, et ceux, au sommet qui, au contraire, s’engouffraient dans le plafond plutôt bas de la pièce.

Jeremy n’avais pas la moindre petite idée de ce à quoi ces énormes cylindres pouvaient servir, et par conséquent, il s’en approcha pour regarder à l’intérieur. Ces derniers étaient creux et leurs parois internes étaient composées de divers plaques métalliques dissimulant ce sur quoi elles étaient posés. Le jeune garçon émis l’hypothèse que ces cylindres devaient servir à fournir un champ électrique de très ampleur, mais il eut beau chercher à quel usage ils étaient destinés, il ne parvint à trouver. Malgré tout, il savait déjà qu’il avait découvert quelque chose d’extraordinaire.

Au-delà des cylindres, tout au fond de la salle, se trouvait une immense porte blindée, totalement grise, mis à part quatre bandes striées en jaune et noir qui en faisaient le tour, et un verrou circulaire central doré qui servait à la verrouiller. Bien décidé à en découvrir plus sur les étranges installations de l'usine, il s'en approcha pour trouver un moyen de l'ouvrir. Ainsi, il remarqua, juste à côté de celle-ci, une console tactile qu'il devina contrôler les mouvements de la porte. Il posa alors l'index sur l'appareil en veille depuis de nombreuses années pour le rallumer. Après quelques brèves secondes, l'écran s'illumina et laissa apparaître en son centre une simple question : « Déverrouiller le monte-charge ? » , ainsi que deux propositions de réponse : « Oui » ou « Non ». Sans hésité, il pressa la réponse affirmative, et aussitôt, il sentit des vibrations provenant des étages supérieurs et qui se propagèrent dans les murs tout en les faisant trembler. Peu après, il commença à entendre les frottements des longs câbles de l’ascenseur qui se déroulaient pour faire descendre ce dernier. En attendant son arrivée, il manœuvra la console pour essayer de déterminer sa position et il découvrit alors qu'il se trouvait deux étages en dessous du rez-de-chaussée.


Une fois l'ascenseur totalement arrêté, le jeune adolescent vit la mise en route d'un nouveau mécanisme, cette fois-ci juste en face de lui. En effet, la porte blindée commença à se mettre en mouvement dans un grondement détonnant. L'énorme rouage centrale, qui verrouillait la porte, se mit à pivoter sur lui même d'un quart de tour, libérant deux loquets encastrés dans ce dernier, qui se séparèrent alors. Ces derniers, qui une fois désunis permettaient la mobilité de la porte, provoquèrent la division de cette dernière en deux pans qui coulissèrent chacun d'un côté d'une manière parfaitement symétrique et vinrent s'enfoncer dans les deux murs latéraux. Ce mouvement vif et spectaculaire engendra l'arrivée d'un courant d'air froid qui projeta, par sa puissance, les cheveux de Jeremy vers l'arrière. Les demi-porte une fois totalement ouverte, Jeremy pu retrouver l'ascenseur du rez-de-chaussée.



Une nouvelle fois, le jeune garçon était impressionné. Un tel mécanisme de protection signifiait forcément que l'usine avait quelque chose à défendre ou à cacher et il savait qu'il allait découvrir ce que c'était sous peu. Ainsi, il pénétra dans l'ascenseur et décidé de s'enfoncer dans les profondeurs du bâtiment pour y trouver le fameux secret qu'il recelait. Il appuya donc sur le bouton destiné à descendre d'un niveau et vit l'éclairage du monte-charge s'allumer ainsi que la porte métallique de ce dernier s’affaisser verticalement pour le refermer complètement. Il commença alors à descendre à une allure plutôt rapide et il s'arrêta, quelques secondes plus tard, à l'étage inférieur. La porte de l’ascenseur se releva puis Jeremy pu admirer encore une fois l'ouverture de la porte blindée libérant l’accès à une nouvelle salle dont la clarté éblouit ses yeux, jusque là habitués à une luminosité plutôt faible. Il lui fallut quelques secondes pour qu'il arrive à discerner le contenu de la pièce : cette dernière, relativement petite, était cernée par quatre murs blancs réfléchissant intensément la lumière des néons situés au plafond. Malgré tout, elle semblait vide, mis à part la présence d'un socle circulaire d'environ un mètre de hauteur et deux de diamètre, en son centre.











Intrigué, Jeremy s'approcha. Sous ses pieds, le sol, composé d'une épaisse et solide verrière transparente, laissait entrevoir plusieurs centaines de câbles qui circulaient sous la structure et parmi lesquels il reconnut ceux reliés aux mystérieux cylindres de l'étage précédent. Sur le socle apparaissait seulement un étrange symbole, ressemblant vaguement à un œil, ainsi qui petit bouton rouge situé juste à se droite et sur lequel Jeremy s'empressa d'appuyer.



Immédiatement, la partie du socle contenant le symbole s'enfonça dans la structure puis se divisa en deux, chaque moitié disparaissant à l'intérieur de socle et laissant apparaître un levier. Jeremy posa alors délicatement sa main dessus, l'empoigna, mais attendit quelques instants, semblant hésiter et réfléchissant aux conséquences que l'abaissement de ce levier. A chaque seconde qui s'écoulait, la tentation devenait de plus en plus forte...Que dissimulait ce socle, demeure inactivé depuis de très longues années ? Et c'est ainsi que pour la première fois depuis son arrivée, il s'exprima à haute voix :

-J'espère que je ne vais pas le regretter !

D'un geste sec, il abaissa le levier. Tout d'un coup, des vibrations émanèrent du socle. Jeremy fit quelques pas en arrière et il s'aperçut alors que l'énorme structure commençait à s'élever en émergeant du sol. Au fur et à mesure de l'apparition de sa face cachée, il pu découvrir tout un assemblage de cartes-mère insérés dans cet énorme cylindre, et sur lesquelles étaient implantées de nombreux composants, dont de minuscules micro-processeurs. Par ailleurs, elles étaient accompagnées par des centaines de voyants lumineux, la plupart de couleur verte, indiquant le bon fonctionnement du dispositif.

La structure continua d'émerger jusqu'à une hauteur de trois mètres environ, dévoilant une inscription en gros caractères, tout en bas de la machine : SuperCalculateur 2.0. Tout de suite après, un nouveau bruit se fit entendre, celui d'une multitude de ventilateurs massifs tournoyant simultanément et constituant le système de refroidissement du SuperCalculateur qui devait, à cause du nombre excessivement important de ces composants, produire une chaleur considérable.
Jeremy n'en revenait pas : la puissance et la vitesse de calcul de cet ordinateur géant devaient être incroyablement élevées et bien supérieur à tout ce qu'il aurait cru possible à son époque. Afin de vérifier cette impression, il rechercha tout autour du SuperCalculateur l'interface qui lui permettrait d'interagir avec l'impressionnante machine, mais ses recherches furent vaines, et il en déduisit donc que celle ci devait se trouver dans une autre salle, à un autre étage. Il revint donc à l'ascenseur et monta de deux niveaux, à un étage alors inexploré. Là encore, la pièce était protégé par une porte blindée, qui ne tarda pas à s'ouvrir alors que Jeremy accumulait l'excitation de toutes ses découvertes.

Cette fois-ci, il découvrit, comme il l'avait espéré, une nouvelle salle, plus sombre, mais contenant un ordinateur qui pouvait servir d'interface. Toujours plus enthousiaste, il s'avança pour inspecter le contenu de la pièce. Au centre de la salle se trouvait un dôme creux de deux mètres de diamètre et au fond duquel étaient branchés des milliers de petites diodes ainsi qu'un grand spot lumineux. Des câbles surgissaient des quatre coins des murs gris et sombres et reliaient de même dôme en longeant le sol. Jeremy s'attarda sur l'ébauche d'ordinateur juxtaposé au dôme central : il était en fait composé d'un grand écran central relié à trois autres écrans périphériques et à un clavier, le tout maintenu en suspension grâce à un bras mécanique émergeant du plafond et protégeant les câbles nécessaires à l'alimentation en électricité et à la connexion au SuperCalculateur. Juste devant, un grand fauteuil en équilibre sur un seul pied était enfoncé dans un rail qui faisait le tour de la salle et qui permettait la rotation du siège autour du dôme central. La présence d'une telle technologie dans cette usine indiquait les activités extraordinaires qui avaient dû s'y dérouler.

Jeremy s'installa confortablement dans le fauteuil, se reposant un instant les bras posés sur les accoudoirs et la tête relâchée sur le dossier. Il ferma les yeux et laissa toutes ses pensées submerger son esprit. Ce qui était en train de lui arriver était juste incroyable ! Il avait réussi à pénétrer dans un complexe informatique ultra sécurisé et possédant du matériel probablement d'origine militaire. Cependant, une question vint perturber ce rêve : comment se faisait-il qu'une telle technologie ait été laissée à l'abandon, à la portée de tous ? En effet, la découverte des locaux lui avait laissé penser que l'usine avait été délaissé à la hâte. Qu'avait-il pu bien se passer ?
Bien décidé à le découvrir, il rouvrit ses paupières et appuya instinctivement sur la touche ENTER du clavier et espéra obtenir une réaction de l'ordinateur. Les quatre écrans s'allumèrent alors simultanément et Jeremy vit défiler un nombre incalculable de lignes de commandes à une vitesse phénoménale et empêchant tout lecture. Au bout de quelques secondes, l'écran central se stabilisa pour ne laisser apparaître qu'une seule question : « Connexion à Lyoko ? ». Jeremy pressa la touche Y pour accepter et confirma sa réponse en appuyant de nouveau sur ENTER. Une barre de chargement s'afficha alors et il ne fallut qu'un court instant pour la voir entièrement remplie. A ce moment là, une succession de messages s'inscrivirent sur les différents écrans, qui n'eut, comme précédemment, pas le temps de lire, à part le dernier qui disait : « Moniteur Holographique activé ».

Intrigué, il pressa l'un des boutons incrustés dans l'un des accoudoirs du fauteuil et mit ce dernier en mouvement pour l'arrêter le plus près possible du dôme central. Il vit alors le spot lumineux s'allumer, projetant un épais halo de lumière jaune au-dessus du dôme, ainsi que toutes les petites diodes de couleurs différentes scintiller puis se stabiliser en formant un hologramme en suspension dans le vide. Jeremy bondit du fauteuil tellement il était surpris. Tout d'abord incrédule, il passa sa main au travers de l'image tridimensionnelle, qui se déforma puis disparut en partie à son contact. Aussitôt, il retira son bras et l'hologramme reprit sa forme initiale. Impressionné par ce qu'il venait de voir, il songea qu'il n'avait même pas fait attention à l'image qui était représentée, et pour mieux la visualiser, il recula légèrement et en fit plusieurs fois le tour. Sous chaque angle qu'il prenait, il apercevait des détails différents. Il s'agissait en fait d'une sphère centrale entourée par quatre ellipses. Jeremy se mit à scruter attentivement ces dernières pour essayer de comprendre ce qu'elles représentaient. Il se penchait alors au dessus de l'image, pour être au plus près, lorsque brusquement l'image se mit en mouvement, provoquant le sursaut de l’adolescent qui faillit tomber à la renverse. Lorsqu'il retrouva un certain équilibre, il vit l'hologramme qui zoomait sur l'une des ellipses, l'agrandissant, et au dessus de laquelle, une petite flèche indiquant un point minuscule apparut. Rapidement, il inspecta de nouveau l'image, le zoom lui permettant désormais d'apercevoir plus de détails. L'ellipse était en réalité une sorte de plateau discontinu, divisé en plusieurs parties séparées soit par du vide, soit par ce qui ressemblait fort à des arbres. Jeremy était de plus en plus confus mais son attention fut à nouveau attirée par le petit point qui clignotait au centre exact de l'ellipse. Au même moment, il entendit plusieurs bips sonores provenant d'une oreillette fixée à un microphone et posée sur le sol. Jeremy se hâta de la saisir et de l'enfiler sur son oreille droite puis il retourna devant les écrans pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Sur ces derniers était écrit: «Transmission entrante », et un spectre d'ondes sonores apparut. D'abord inactif, il s'anima au moment même où il entendit une voix dans son oreillette qui lui disait sobrement : « Bonjour. ».

Cette voix était celle d'une jeune fille guère plus âgée que Jeremy. Ce dernier, surpris, en cherchait la provenance lorsqu'il assista à l'ouverture d'une fenêtre sur l'un des écrans. Il cru halluciner quand il vit ce qu'elle contenait : le visage d'une jeune fille en images de synthèse s'animait sur l'écran et suivait Jeremy du regard, ce qui permit à ce dernier de remarquer la présence d'une caméra vidéo sur l'écran supérieur et qui permettait sûrement à ce qu'il considérait alors à un programme informatique de le « regarder ». Pendant de longues secondes, aucun des deux ne parla, Jeremy trop occupé la beauté de cette jeune fille, et celle-ci, attendant machinalement une réponse.

La première chose qui captiva le regard du jeune homme était les magnifiques yeux verts de l'animation 3D, qui semblaient si profonds et d'une couleur si intense. Il abaissa son regard le long de sa peau blanche, lisse et douce par l'effet des textures synthétiques de l'animation. Un détail étrange attira son attention : ses oreilles, bien plus longues que la normale, se finissaient en pointes, comme celle d'une elfe comme on pourrait en voir dans certains livres pour enfants. A celles-ci pendaient deux boucles d'oreilles auxquelles étaient accrochés deux rubis étincelants. Enfin, il ne remarque qu'au dernier moment que ses cheveux lisses, qui descendaient jusqu'à sa nuque, étaient d'une couleur inhabituelle, le rose. Ils étaient tellement en harmonie avec le reste de son visage d'une beauté resplendissante et qui sortait de l'ordinaire, qu'on ne remarquait à peine cette anomalie.

Reprenant ses esprits, il répondit timidement : « Bonjour », en prenant soin de bien articuler en direction du microphone afin de bien se faire comprendre par le programme informatique. Comme elle n'ajouta rien, il lui demanda, aussi intimidé qu'émerveillé :

-Qui es-tu ? », et rapidement il se rectifia :

-Qu'es tu?

La jeune fille ne répondit pas tout de suite, comme si elle cherchait les éléments nécessaires à sa réponse, puis elle dit :

-Je ne sais pas...Je ne sais plus.

-Tu ne sais plus ?

-J'ai l'impression que...

Elle se tut l'espace d'un instant puis elle reprit :

-J'ai l'impression que ma mémoire a été altérée. Je ne me souviens plus de rien.

Malgré une certaine note d'incertitude, elle conservait une voix douce et suave.

-Et toi, qui es-tu ?

Surpris par la question, surtout provenant d'un programme informatique, il hésita tout d'abord à répondre, puis il dit finalement en bégayant légèrement :

-Je m'appelle Jeremy.

Embarrassé de devenir subitement l'objet de la conversation, il réorienta la discussion sur de mystérieuses formes qu'il apercevait derrière la jeune fille et qui s'élevaient et s'abaissent continuellement :

-Il y a du mouvement derrière toi. Qu'est ce que c'est ?

Elle se retourna alors pour mieux observer puis se décala pour ne plus obstruer le champ de vision de Jeremy.

-Ça ?

Elle pointa du doigt une fenêtre bleue, similaire à celle des écrans de Jeremy, mais qui était entièrement remplie de zéros et de uns. Il put alors non seulement découvrir l'étrange forme mais aussi que la jeune fille avait un corps complet grâce au mouvement qu'elle avait effectué, mais s'il n'était pas en mesure de l'apercevoir.

-Ce sont justes des portions brutes de programmes codées en langage binaire. Il y en a partout autour de moi et elles semblent affluer en grande quantité en ce lieu.

-Ce lieu ?

Cela se révéla être une nouvelle surprise pour Jeremy : ce programme animé évoluait dans un environnement virtuel.

-Oui, je me situe dans une sorte de tour remplie de fragments de programmes informatiques, répondit-elle.

Tout en parlant, elle scrutait les environs, regardant de haut en bas l'endroit où elle se trouvait.

-J'ai une idée, Jeremy. Je vais essayer de t'envoyer un visuel.

Une idée ? Cette notion choqua le jeune garçon. Comment un programme pouvait-il avoir une idée ? C'est alors qu'il songea à la possibilité que cette jeune fille soit en réalité une intelligence artificielle ultra perfectionnée, le fruit d'un travail nécessitant des années de recherches et une puissance de calcul phénoménale tel que seul le SuperCalculateur pourrait la fournir.

-M'envoyer un visuel ? Tu sais faire ça ? » demanda-t-il.

-Je crois, oui.

Elle s'approcha de la source vidéo qui retransmettait son image à Jeremy puis elle commença à faire quelques gestes hors du champ de vision du jeune garçon. Tout en s’exécutant, elle continua de parler avec lui :

-J'ai comme...une intuition. Je pense pouvoir te retransmettre le signal vidéo inhérent à ma vision, tout ce que je vois en quelque sorte. Patiente juste quelques secondes.

La transmission s'interrompit brusquement, refermant aussitôt la fenêtre vidéo sur l'écran de Jeremy.
Instinctivement, il tenta de reprendre contact avec elle en criant dans le micro « Intelligence Artificielle, est-ce que tu me reçois ? », pour appeler la jeune fille. Comme au bout de cinq appels il n'obtint aucune réponse, il se résigna à attendre quelques instants.


Peu de temps après, la fenêtre se rouvrit et la voix de la jeune fille se fit réentendre dans l'oreillette de Jeremy :

-Jeremy ? Tu me reçois ?

Au même moment, il pouvait voir exactement ce qu'elle voyait.

-Oui, ça fonctionne ! » lui répondit-il d'un ton joyeux.

Devant elle se trouvait un panneau bleu et d'une épaisseur négligeable, en suspension dans le vide et contenant des données similaires à celles que Jeremy pouvait lire sur son écran, ce qui lui permit de déduire qu'il devait servir d'interface entre l'environnement virtuel de la jeune fille et les programmes du SuperCalculateur. Elle y faisait délicatement glisser ses doigts pour effectuer divers opérations que Jeremy peinait à comprendre.
Au bout d'un moment, elle referma l'interface et elle se mit à regarder tout autour d'elle pour que Jeremy puisse découvrir ce qui l'entourait. Elle se trouvait en fait dans une tour cylindrique d'environ cinq mètres de diamètre, au mur d'un noir très profond et sur lequel le jeune garçon voyait circuler verticalement deux flux des portions brutes de programmes aperçues précédemment : l'un qui s'élevait pour atteindre le sommet de la tour et l'autre qui descendait jusqu'aux profondeurs de l'édifice qui semblait interminable. La jeune fille, elle, se tenait sur une plate-forme reliée par un étroit pont plat au mur de la tour et sur laquelle était imprimé le même symbole que celui du SuperCalculateur.
Par ailleurs, Jeremy avait pu entrevoir le corps de la fille aux cheveux roses. Elle faisait presque la même taille que Jeremy et elle était habillée comme une elfe. La morphologie de son corps laissait penser que le modèle qui avait servi à la conception de ce corps virtuel, cet avatar, n'était guère beaucoup plus âgé que lui.

Jeremy se rendit vite compte que l'environnement virtuel dans lequel avait été installée l'intelligence artificielle avait été programmée avec un grand soin et permettait à cette dernières d'interagir de manière autonome avec toutes les données du SuperCalculateur via l'interface. La possibilité qu'un être virtuel et synthétique soit doué d'une intelligence aussi développée et complexe, permettant même d'entretenir un dialogue avec un Homme, le fascinait plus que tout et il avait un exemple concret devant les yeux ! Ainsi, afin de tester à nouveau ses capacités, il lui posa une simple question :

-Peux-tu me faire visiter d'autres lieux ?

Elle scruta alors le mur qui la cernait et lui dit :

-Je ne sais pas trop, j'ai l'impression d'être coincée dans cette tour.

En effet, aucune sortie n'était apparente sur l'enceinte de la structure. Malgré tout, Jeremy, qui s'attendait à une réponse un peu plus formelle de la part d'un programme informatique, fut légèrement déçu, mais cependant, il ne l'interrompît pas et observa sa démarche visant à répondre à sa requête : elle avait commencé à longer le mur, comme si elle cherchait un moyen de passer à travers. Jeremy, doutant fortement que cela s'avéra exact, s'apprêta à lui dire d'arrêter lorsqu'il vit la main de la jeune fille disparaître dans l'enceinte de la tour. Elle chercha alors à la retirer du mur en tirant de toutes ses forces mais elle sentait tout son corps irrésistiblement attiré vers l'extérieur. Elle commença alors à paniquer et prit un air très inquiet, de même que Jeremy qui voyait la situation sortir hors de son contrôle. Le mur se déforma subitement et le jeune fille apeurée poussa un cri, avant de disparaître entièrement de la tour.

Lorsqu'elle revit ses mains, tout son corps était passé de l'autre côté du mur. L'attraction de ce dernier s'étant arrêté, elle perdit l'équilibre et s'effondra sur le sol entièrement vert, de la même couleur que l'herbe au printemps. Se sachant désormais hors de danger, elle se releva habilement puis regarda où elle était à présent : elle était sur un long plateau de couleur uniforme et de relief plat sur toute sa longueur. Au bord de ce plateau, elle apercevait d'épais et immenses troncs d'arbres, d'une dizaine de mètres de hauteur environ et recouverts par un feuillage aussi verdoyant que le sol, et dont les feuilles virevoltaient comme sous l'effet d'un vent qui se répétait à l'identique, sans jamais varier. Tout les arbres qui longeait le bord du plateau étaient strictement les mêmes, prenant tous racine à la même hauteur et dans le vide et sous lesquels on pouvait apercevoir, quelques mètres plus bas, une immensité d'eau bleue et claire. Elle aussi, influencée par le vent, était légèrement agitée et se soulevait frénétiquement sous forme de vagues qui s'élançaient sans jamais rencontrer aucun obstacles jusqu'à l'horizon indiscernable. Le réalisme du mouvement de cette mer virtuelle émerveilla Jeremy. Par ailleurs, la luminosité était assurée par une source invisible et indéfinissable située dans un ciel azuré et pur, projetant des rayons de lumière jaune sur la cime des arbres qui marquaient ainsi le sol de leur ombre, offrant un magnifique spectacle pour les yeux.

-C'est extraordinaire ! » s'écria-t-il.

-Oui, c'est superbe ! » lui répondit-elle, exprimant ainsi une capacité humaine à apprécier la beauté, ce qui laissa Jeremy bouché bée, impressionné par la perfection de ce programme.

La jeune fille se retourna pour découvrir l'aspect extérieur de la tour. Celle-ci était entièrement blanche et presque aussi haute que les arbres. A son sommet émanait un épais halo de fumée bleue qui, bien qu'influencé par le vent, retournait à chaque fois à sa position initial, ignorant toutes les lois de la physique et semblant assumer un rôle de gardien de cette tour. A la base de cette dernière surgissaient quatre énormes câbles qui venaient s'enfoncer sous le sol du plateau tout en restant groupés et qui finissaient leur course à l'horizon où ils semblaient disparaître, comme absorbés l'extrémité de ce territoire virtuel.

La fin du plateau débouchait sur trois petits sentiers qui partaient chacun dans une direction différente et que Jeremy poussa la jeune fille à emprunter en lui ordonnant :

-Continue d'avancer.

Elle ne répondit pas, oppressée par le commandement d'une personne qu'elle connaissait à peine, mais elle s'exécuta tout de même, elle aussi impatiente de découvrir d'autres belles découvertes. Elle s'engagea alors sur le chemin le plus proche, avançant tout doucement afin d'avoir le temps d'admirer le magnifique paysage qui malgré le fait qu'elle s'éloignait de plus en plus, restait toujours le même, comme si les arbres avaient été les seuls éléments de décor programmer pour représenter une forêt virtuelle. Jeremy repensa alors à ce qu'il avait vu sur l'hologramme : c'était en fait la représentation de ce territoire. Par conséquent, il repositionna son fauteuil en face du moniteur holographique et confirma cette théorie. Tous les éléments correspondaient, que ce soit la position des arbres, la longueur du plateau, la tour et il pouvait même apercevoir un point qui représentait la jeune fille qui s'avançait dans les profondeurs de la forêt.

Soudain, un nouveau point apparu un peu plus loin sur l'hologramme. Celui-ci se dirigeait à grande vitesse dans le direction de la jeune fille. Jeremy réagit immédiatement en alertant l'alertant, un peu hésitant :

-Attention ! J'aperçois...J'aperçois du mouvement devant toi.

Elle s'arrêta net, commençant à l'entrevoir à son tour. C'était plutôt petit, une cinquantaine de centimètres de hauteur environ, et ça continuait à se rapprocher à vive allure. Elle pu alors distinguer une lumière rouge projetée par une lentille enfoncée dans une carapace ressemblant à un grand coquillage montée sur quatre pattes mécaniques, en métal et acérées. Plus l'étrange crustacé robotique s'approchait, plus Jeremy remarquait de nouveaux détails. Et le plus surprenant, c'est qu'une fois encore, le même symbole du SuperCalculateur était imprimé sur sa carapace.

Le mystérieux robot n'était maintenant plus qu'à quelques mètres de la jeune fille lorsqu'il s'arrêta devant elle. Ils s'observèrent mutuellement, tout deux parfaitement immobile.

-Qu'est ce que c'est ? » demanda Jeremy, rompant le lourd silence qui régnait depuis l'arrivé du visiteur.

-Je ne sais pas.

Jeremy s'imagina alors que c'était l'apogée de ce monde virtuel très particulier, où une faune artificielle parfaite créée de toutes pièces par l'Homme pourrait évoluer intelligemment en communauté, en communiquant entre individus d'espèces similaires ou différentes, un jardin d’Éden virtuel.

La lentille du petit robot commença à scintiller, délivrant par à-coup a-coup un puissant faisceau rouge, et le mystérieux animal se mit à tournoyer autour de la jeune fille en décrivant un cercle, comme s'il cherchait à découvrir tout les aspects de son corps, probablement pour l'identifier. Le cliquetis mécanique des rouages qui le composaient brisait le silence ambiant. Amusée de ce spectacle, elle afficha un large sourire et était presque en train de rire lorsqu'il s'arrêta de nouveau. Brusquement, la lumière de sa lentille gagna en intensité et elle entendit le bruit typique d'une charge électrique conséquente. Effrayée, elle fit un pas en arrière lorsque tout à coup, un faisceau laser discontinu, de courte longueur, mais d'une vitesse impressionnante émergea de l’œil du robot et vint atteindre la jeune fille en plein ventre. Celle-ci s'effondra alors sur le sol en poussant un cri de douleur glacial, qui fit frissonner Jeremy. Ce dernier, surpris, commença à s'affoler, d'autant plus qu'une multitude de fenêtres venaient de s'ouvrir sur son écran, accompagnées par une ribambelle de bips sonores insupportables. C'est ainsi qu'au centre de son interface, il pu lire : « Niveau d'énergie restant : 83% ». Il reposa alors son regard sur la fenêtre vidéo et vit la jeune fille tenter de se relever. Au niveau de la zone d'impact avec le laser, son enveloppe corporelle avait disparue, remplacée par du vide ainsi qu'une multitudes de petits éclairs électriques qui s'entrecroisèrent alors pour reformer la partie manquante du corps. Elle posa une main sur sa « blessure », désormais refermée, et s'aperçut qu'elle ressentait bel et bien une forme de douleur.

Le robot rechargea de nouveau de l'énergie dans sa lentille et tira une nouvelle salve de trois lasers, dont un atteignit l'épaule de la jeune fille qui venait à peine de se relever. Sur l'écran de Jeremy, le compteur d'énergie descendit à 69%, ce qui le fit redouter le moment où celui-ci atteindrait zéro. Beaucoup de questions se bousculèrent alors dans son esprit. En effet, elle était un programme, elle ne pouvait pas disparaître ! Et pourquoi ce robot l'attaquait-il ? Sans réfléchir davantage, il approcha au maximum le microphone de sa bouche et cria :

-Retourne dans la tour, vite !

Elle se mit alors à courir en direction de la tour, poursuivie par l'animal hostile. Elle l'atteignit finalement peu de temps après et se jeta de toutes ses forces sur sa façade en espérant que celle-ci laisserait passer comme elle l'avait fait la première fois. Au même moment, elle se prit un nouveau tir dans le dos qui la projeta avec force sur la plate-forme, de l'autre côté de la tour. Elle se rua alors à son extrémité pour s'éloigner le plus possible de son agresseur qu'elle entendait s'approcher rapidement de la tour. Il était à présent juste devant l'édifice mais au moment où il aurait dû y pénétrer, la jeune fille entendit un choc brutal : la tour venait de refuser l'entrée du robot, le repoussant avec force contre le sol. Ne percevant plus aucun bruit, elle se risqua à sortir de sa forteresse malgré les contre-indications de Jeremy qui lui sommait de ne pas bouger.

Le petit robot était là, inactif, sa lentille scintillant très faiblement comme s'il cherchait à réunir la quantité d'énergie nécessaire pour se maintenir fonctionnel, mais au bout d'un moment, elle cessa définitivement de briller. Une décharge de courant se fit cependant entendre et qui aboutit à l'explosion du robot dans une détonation assourdissante qui projeta des débris de circuits électriques et de fragments de sa carapace. La jeune fille en ramassa un peu mieux l'observer, mais celui-ci ainsi que l'ensemble des résidus du robot disparurent simultanément. Il ne résidait désormais plus aucune trace de l'agresseur sur le sol. Jeremy lui dit alors, plus calmement :

-Rentre dans la tour, là seulement tu seras en sécurité.


« Cette attaque n'était que les prémices du long combat qui nous oppose, X.A.N.A et moi. Plus le temps passe, plus il se renforce et je risque ma vie à chaque instant où je laisse le SuperCalculateur allumé. C'est pourquoi si jamais je ne suis plus en mesure d'honorer ma mission, il doit absolument être éteint, sinon quoi, c'est l'humanité toute entière qui court un risque... »

Chapitre 2:

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Chapitre 2 : MAYA

Jeremy ouvrit la porte de l'une des nombreuses chambres du collège Kadic. Avant d'y pénétrer, il fit pivoter sa tête de gauche à droite pour s'assurer que personne n'avait remarqué sa rentrée tardive, à l'heure où tout les élèves étaient censés avoir regagnés leur chambre depuis longtemps. La voie étant claire, il rentra dans la petite pièce sombre et se retourna immédiatement pour refermer tout doucement la porte de façon à ne pas faire de bruit. Il sortit alors une clé d'une des poches de son pantalon, qu'il introduisit dans la serrure pour verrouiller la porte. C'est seulement à ce moment-là qu'il alluma la lumière de sa chambre, ce qu'il n'avait pas fait avant pour ne pas attirer l'attention. Il retira de suite son sac à dos et y piocha le fragment de la carte mère qu'il s'empressa d'enfermer dans une petite boîte en carton qui traînait sur le sol. Il ouvrit alors un tiroir du petit bureau en bois aménagé dans sa chambre et y cacha celle-ci de façon à ce que personne ne la trouve. Il se redressa ensuite pour accéder au matériel informatique qui encombrait la surface de son meuble et il en repoussa de la main une bonne partie pour atteindre l'unité centrale de son ordinateur qu'il alluma sur-le-champ. Jeremy, impatient de pouvoir l'utiliser, s'énerva face à son matériel qui, loin d'être aussi rapide que celui de l'usine, lui sembla tout à coup bien primitif. Il tapota de toutes ses forces sur son clavier comme si cela pouvait accélérer la mise en route puis s'écria à voix haute :

- Allez !

S'étant rendu compte qu'on aurait pu l'avoir entendu, il essaya de se calmer et prit une profonde inspiration avant de s'affaler sur son lit. Jeremy n'en revenait pas. En l'espace de quelques heures, il avait découvert ce qui était probablement l'être artificiel le plus développé, par son intelligence, de ce début du 21ème siècle. Il avait désormais hâte de reprendre à nouveau contact avec elle, cette fille dont il ne connaissait même pas le nom. Il se dit alors qu'elle n'en avait probablement plus, l'ayant oublié en même temps que toute son histoire passée ; du moins, il devait résider, dans les bases de données de l'interface, une trace d'un nom de code, d'une appellation "barbare", qui selon lui, ne conviendrait sûrement pas à la jeune fille, qui se rapprochait plus d'une véritable humaine que d'un simple programme informatique. Il devait donc lui même lui trouver un nom convenable.

Au bout de quelques longues minutes de réflexion, il avait enfin trouvé : il l’appellerait Maya. Ce nom était à la hauteur de sa beauté et de sa douceur. Il devint désormais encore plus impatient de la revoir pour lui en faire part, et reporta par conséquent son attention sur l'ordinateur : un retentissement sonore sortit des enceintes de ce dernier, indiquant à Jeremy que le chargement était enfin terminé. Il bondit alors de son lit et se rua en direction de son bureau mais il trébucha - et manqua même de tomber - sur un de ses petits robots humanoïdes qui traînait au milieu du chemin. Il le ramassa et se mit soudainement à rire euphoriquement, se disant que désormais, il avait beaucoup mieux en matière d'intelligence artificielle. Sans plus attendre, il le déposa négligemment dans un coin de sa chambre, s'installa sur un fauteuil - qu'il jugea, au passage, beaucoup moins confortable que celui de l'usine -, puis posa ses deux mains sur le clavier. Là, il commença toutes les manipulations nécessaires à la connexion de son vieil ordinateur au monstre de puissance que représentait le SuperCalculateur. Il considérait presque comme une offense à ce dernier de l'exploiter avec une machine aussi décadente que la sienne, mais l'envie de revoir Maya l’obsédait plus que tout.

Durant une dizaine de minutes, il ne lâcha plus des yeux son vieil écran cathodique, se contentant d'enchaîner les multiples saisies de lignes de commandes dans un terminal, en se basant sur les données qu'il avait recueilli dans l'interface et qu'il avait entièrement mémorisé. Ainsi, il rentra machinalement plus d'une dizaine d'adresses IPs et de mots de passe en tout genre, avant de parvenir finalement à se connecter au SuperCalculateur. Un large sourire apparu alors sur son visage et un sentiment de grande satisfaction envahit son esprit : il avait réussi.
Sans attendre davantage, il chercha à reprendre contact avec Maya en paramétrant, un peu aléatoirement, les nombreuses fenêtres qui avaient envahies son écran. Au bout de quelques instant seulement, il fit réapparaître l'harmonieux visage de la jeune fille sur son moniteur, qui se trouvait apparemment toujours dans la même tour. Il attrapa alors un petit micro-casque rudimentaire qui traînait sur son bureau et l'enfila sur ses deux oreilles.

- Jeremy ! s'exclama-t-elle d'un ton joyeux.

- Je suis content de te revoir...Maya !

Il avait prononcé son nouveau nom avec un soupçon de fierté dans la voix.

- Maya ? » répondit-elle surprise.

-Oui, Maya. C'est moi qui l'ai trouvé. Je vais enfin pouvoir t'appeler maintenant.

Il lui posa alors une question bien particulière, destinée à admirer sa faculté à apprécier l'esthétique :

- Est-ce qu'il te plaît ?

Elle baissa la tête, comme si elle était plongée dans une profonde réflexion, puis la releva pour répondre, en affichant un air satisfait :

- Oui, j'aime bien.

Elle aimait bien. Jeremy ressentit une double satisfaction: tout d'abord, il avait trouver un prénom qui lui convenait, et surtout, il avait une nouvelle fois eu la preuve qu'elle était capable d'éprouver le plus humain des sentiments, l'affection. A chaque fois que la personnalité de Maya se rapprochait de celle d'une jeune fille réelle, il ressentait la même excitation et une pulsion d'adrénaline parcourait toute la longueur de son corps dans un frisson glacial.

Reprenant ses esprits, il lui demanda, en désignant ce qui entourait la jeune fille :

- Tu as récoltée de nouvelles informations sur cet environnement ?

- Pendant ton absence, je suis de nouveau sortie de la tour pour visiter davantage ce territoire et...

Jeremy l'interrompit, d'un air inquiet :

- Tu as quittée la tour ? Mais tu es complètement folle !

Il n'arrivait pas à croire qu'il avait employé ce qualificatif à l'encontre d'un programme, mais il reprit ses réprimandes :
- Ça aurait pu être très dangereux !
Elle se mit à sourire :

- Du calme, Jeremy. Je n'ai croisé aucun autre robot, tout va bien !

L'intonation suave de sa voix avait suffit à rassurer le jeune homme. Lorsqu'elle s'en rendit compte, elle reprit le récit qu'elle avait commencé plus tôt :

- En parcourant le territoire, j'ai découvert une grande quantité de tours comme celle-ci, dit-elle en se retournant pour montrer celle qui l'entourait. Elles sont toutes d'aspect identique. Toutes sauf celle-ci, qui contrairement aux autres, est surplombée par une halo de fumée bleue, et non blanche. J'ai donc infiltrée un maximum de tours pour tenter d'en savoir plus. En fait, elles possèdent toutes une interface qui permet d'accéder à des données et des programmes, différents d'une tour à l'autre. Leur vrai nom est "tour mémorielle", et ce sont, tout simplement, les espaces de stockages du SuperCalculateur, qui lui, a pour but de générer Lyoko, ce monde virtuel.

Jeremy était abasourdi. Il ne lui avait jamais parlé de l'existence du SuperCalculateur, ni même du fait que ce monde et elle-même n'étaient pas réels, et pourtant, elle semblait en savoir beaucoup plus que lui. De plus, elle s'était faite à l'idée qu'elle n'était qu'un être artificiel crée de toute pièce par l'Homme, et dont la vie ne résidait qu'en la circulation d'un courant électrique. Malgré tout, elle considérait ce "faux monde" comme le sien et Jeremy trouvait cela extraordinaire.
Le jeune garçon continua d'écouter ses explications, tout en admirant son impressionnant sens de la déduction :

-Le SuperCalculateur ne génère pas un, mais quatre territoires en réalité. Il y a donc forcément un moyen de sortir de cette forêt pour atteindre un des trois autres secteurs de ce monde virtuel. Je me suis donc mise à la recherche d'un programme permettant une forme de téléportation ou de transfert de mon avatar, mon corps virtuel, jusqu'à un autre secteur, et c'est en consultant le registre de la tour où je me trouve actuellement, que j'ai compris le véritable rôle de celle-ci : c'est une tour de passage. Bien paramétrée, elle permet l'envoi et la réception de données brutes des autres tours de ce territoire et des tours de passages des autres territoires, par l'intermédiaire des câbles que tu as vu précédemment..

- C'est incroyable, Maya ! » s'écria Jeremy. « Mais comment vas-tu faire pour... »
Il hésita, cherchant avec soin les mots adéquats.

- Pour atteindre physiquement les tours de passages ?

- Comme tu l'auras sans doute remarqué, je ne suis...

Elle marqua une courte pause, comme dérangée par une vérité néfaste mais inévitable.

- Je ne suis qu'une conscience artificielle liée à une modélisation qui me permet de progresser physiquement dans cet environnement, un assemblage de données en quelque sorte. Je peut donc moi-même circuler entre deux tours de passage en convertissant mon avatar en données brutes qui seront transférées jusqu'à l'autre tour, puis rassemblées pour reformer mon enveloppe corporelle. Tu comprends ?

Jeremy ne répondit pas immédiatement, réorganisant dans son esprit toutes les informations que lui avait transmis Maya pour s'assurer qu'il avait bien tout saisi, puis il dit finalement :

- Oui...je crois. Mais tu es sûr d'être en mesure de faire ça sans aucun risque ?

- Je ne sais pas encore. » répondit-elle. Le mieux, c'est d'essayer !

Elle se rapprocha de l'interface bleue et commença à programmer la tour. De son écran, Jeremy pouvait voir toutes les manipulations qu'elle effectuait. Elle maniait tous ces programmes avec une grande aisance même si elle nécessitait, parfois, des temps de réflexions plus ou moins longs. Malgré l'altération de sa mémoire, elle semblait se rappeler de nombreuses procédures très complexes, comme si elle avait un instinct lui indiquant exactement ce qu'elle devait faire.
Quelques minutes plus tard, elle s'éloigna de l'interface et dit à Jeremy :

- Ça y est, c'est enfin prêt.

C'est du bon travail, Maya ! » s'exclama-t-il après avoir survolé l'ensemble des paramètres qu'elle avait définie. « Mais comment compte-tu t'y prendre pour décomposer ton avatar ? »

Avec un petit sourire en coin, elle répondit :

- Regarde bien !

Elle s'approcha du bord de la plate-forme centrale de la tour, allongea ses bras le long de son corps puis elle se laissa tomber la tête la première dans la vide. Jeremy, horrifié, ne put s'empêcher de crier :

- Maya !

La fenêtre vidéo de son écran se referma alors brusquement. Le jeune garçon était inquiet. Pendant de longues secondes, il n'eut aucun retour de la jeune fille malgré son insistance pour essayer de rétablir la liaison.

La fenêtre vidéo se rouvrit aussi brusquement que lorsqu'elle s'était refermé. Jeremy, soulagé, s'apprêtait à reparler à/avec Maya, lorsqu'il se rendu compte/remarqua que quelque chose n'allais pas : la jeune fille était étendu, inanimée et les yeux clos, sur la plate-forme de la tour.

- Maya ? Maya, réponds-moi ! » s'écria-t-il, totalement paniqué.

Elle rouvrit alors doucement ses paupières et chuchota :

- Ça a marché, Jeremy.

Le jeune homme se laissa retomber sur le dossier de son fauteuil, encore sous le choc de toutes ses inquiétudes. Il ne l'avait pas remarqué tout se suite mais tout son corps tremblait de peur. Ce qu'il ressentait était pour lui irrationnel : il était préoccupé par la « survie » d'une intelligence artificielle sur un monde virtuel et qui ne pouvait probablement pas mourir comme le ferait un véritable être vivant. Et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine angoisse à chaque moment où elle s'était potentiellement trouvée en danger.

Les palpitations de son corps s'étant arrêtées, il lui dit d'un ton presque agressif :

- Bon sang ! Mais qu'est ce qui t'es arrivé ?

Avant de répondre, elle posa ses deux mains à plat sur le sol et poussa sur ses bras pour se relever, tout en reprenant ses esprits :
- Rien de grave. J'ai juste eu un problème de synchronisation entre la régénérescence de mon avatar et l'intégration de ma conscience, mais tout va bien maintenant.

Jeremy n'était pas sûr d'avoir tout compris de son explication, mais il devina qu'elle ne risquait plus rien désormais. Le jeune garçon se mit alors à rire, immédiatement imité par la jeune fille, et probablement à cause de toutes les émotions qu'il avait accumulé au cours de cette journée incroyable, ainsi que de la fatigue qui commençait à le submerger.

Quelques minutes plus tard, Jeremy réussit enfin à reprendre le souffle nécessaire pour dire à Maya :

- J'ai hâte de découvrir ce nouveau territoire.

- Moi aussi ! » lui répondit-elle vivement.

- Alors, qu'est ce qu'on attend ? » dit-il avec un grand sourire.

Une complicité était en train de naître entre les deux jeunes gens, une relation qui allait bien au-delà de toutes leurs différences et de toute une éthique sociale et scientifique.
Sans plus attendre, Maya renvoya le signal de sa vision à Jeremy, pour qu'il puisse, avec elle, l'inconnu qui s'ouvrait à eux, puis elle traversa le mur de la tour avec beaucoup plus d'aisance que les autres fois.

La première chose qu'ils aperçurent de l'autre côté était le sol flamboyant, de couleur jaune orangée et qui s'étendait à perte de vue et sur lequel reposaient quelques rochers massifs. Le ciel, strictement de la même couleur, fournissait une intensité lumineuse importante, qui en se reflétant sur le sol réussissait presque à éblouir les yeux de Jeremy. A l'horizon, et comme sur le précédent territoire, on pouvait entrevoir d'autres tours au halo de fumée blanc, signifiant que ce nouveau secteur fonctionnait à l'identique que celui de la forêt. Globalement, le territoire ressemblait à un vaste désert plat et synthétique et qui rappela malheureusement à Jeremy la dimension virtuelle de l'univers de Maya.

-C'est fantastique, Maya ! » s'écria-t-il.

Une fois de plus, il était émerveillé par ce monde qui, il le savait déjà, avait encore beaucoup d'autres surprises à dévoiler. En un instant, il se remémora toute sa journée, toutes ses découvertes. Sa vie ne serait probablement plus jamais comme avant car il avait à présent un devoir : il devait veiller sur Maya. L'attaque du robot quelques heures auparavant n'était pas anodine et il devait prendre aucun risque avec la jeune fille. Qui sait jusqu'où le réalisme de ce nouveau monde s'étendait ? Peut-être que la mort y était possible...Ainsi, assumant son nouveau rôle de protecteur, il ordonna à Maya :

-Allez, rentre dans la tour maintenant. C'est trop risqué dehors.

Un peu déçue, comme un enfant à qui on aurait enlevé le jouet le plus précieux, elle se résigna à retourner dans la tour.

Jeremy commença à sentir la fatigue le submerger. Sa journée avait été éprouvante et il savait que le lendemain le serait aussi, à découvrir Lyoko et à prendre soin de Maya. Ainsi, il dit à cette dernière :

-Il faut que je dorme. « Dormir » : tu comprend cette notion ?

-Oui, bien sûr. C'est juste que je n'en ressent pas le besoin.

-D'accord...Alors, surtout, ne quitte pas la tour sans que je sois là...A demain !

-Je t'attendrais autant de temps qu'il le faudra Jeremy.

Avant d'interrompre la connexion avec le SuperCalculateur, il admira une dernière fois le visage de Maya. Il regarda ses magnifiques cheveux roses, parfait symbole de sa singularité et perdit son regard dans ses yeux verts, si profonds, qu'il avait l'impression de contempler les deux plus belles émeraudes qui pouvait exister sur cette terre.
Finalement, il éteignit son ordinateur et vit disparaître Maya. Il s'allongea alors sur son lit et referma ses paupières. Il n'arrivait à penser qu'à elle, et cela serait sûrement le cas tout au long de sa nuit.

Chapitre 3 :
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Le chapitre 3 n'a pas été fusionné avec ce message car la limite du texte est atteinte.

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Spoiler:
Chapitre 3 : Virtualisation
« Nous allons à présent étudier le comportement des électrons dans un circuit électrique, à l'aide de ces générateurs basse-fréquence que je vais vous distribuer. » s'écria le professeur de physique motivé en ce début d'année scolaire. Pour ne pas perdre de temps, il apporta lui-même le matériel nécessaire aux expériences que ses élèves allaient devoir faire jusqu'à leurs tables et acheva la distribution en posant un générateur devant Ulrich Stern. Ce dernier haïssait les cours de physique, si ce n'est l'école en général. Il ne comprenait pas pourquoi il devait acquérir tant de connaissances qui lui seraient inutiles pour le reste de sa vie. Malgré tout, bien décidé à réussir cette nouvelle année d'études, il s'efforça d'écouter le professeur qui semblait pourtant plus intéressé par la diction de ses cours que par leur compréhension par les élèves.
-Pour réaliser cette expérience, vous vous mettrez en binôme avec votre voisin, ordonna-t-elle.
Ulrich jeta alors un regard furtif à sa gauche pour découvrir avec qui il allait devoir collaborer et il vit un jeune garçon qui, bien que plus petit, semblait avoir le même âge que lui. Il ne l'avait jamais vu dans cet établissement, il devait sans doute être nouveau, pensa-t-il. Il entreprit alors de l'observer plus en détail pour mieux discerner sa personnalité mais ce qu'il remarqua ne le rassura guère : il avait des cheveux blonds en épi orientés vers l'arrière et maintenus par l'action d'un gel fixant, comme s'il avait cherché à déformer sa coiffure pour s'assurer d'être « à la mode ». Pareillement, ces habits passaient difficilement inaperçues. En effet, il portait un sweat et un pantalon qui n'arrivait même pas jusqu'à ses chevilles, tous les deux colorés en un violet qui attirait irrésistiblement l’œil de l'observateur et faisait ressortir la silhouette fine de son corps. Enfin, il chaussait une paire de baskets rouges qui renchérissait sur l'explosion de couleurs que constituait sa tenue. Ulrich, qui lui se trouvait être tout le contraire, avec des cheveux bruns et habillé sobrement avec un maillot gris surplombé par un gilet vert foncé, ainsi qu'un jean bleu, s'imagina tout de suite le caractère prétentieux que devait avoir son voisin. Il soupira alors, songeant qu'il allait devoir faire équipe avec lui, et posa de nouveau le regard sur son visage : celui-ci le regardait et affichait un large sourire.

L’adolescent aux cheveux blonds lui murmura :
-Salut ! Je m'appelle Odd Della Robia. Et toi, tu t'appelles comment ?
-Ça te regarde ? répondit-il froidement.
Odd n'avait pas l'air déstabilisé par la réaction cinglante de son camarade et il continua de parler :
-Tu ne serais pas Ulrich Stern ?
Ce dernier, surpris, demanda :
-Comment tu le sais ?
-Tu ne vas pas me croire mais figure toi que tu vas être mon voisin de chambre à l'internat du Collège !
-Génial... » chuchota-t-il à part.
Ulrich savait qu'il allait devoir supporter la personnalité extravagante de Odd toute l'année et cela ne le fit sombrer que davantage dans la morosité.
-On fait équipe ? s'exclama Odd.
-J'imagine que je n'ai pas le choix...
Son voisin se rapprocha de lui, toute en gardant son regard enjôleur et imperturbable.
-Au fait, tu as compris ce qu'il faut faire ? demanda-t-il.
Ulrich ne répondit pas. Déjà qu'il détestait la physique, si son « coéquipier » n'était même pas en mesure de l'aider, il n'osait à peine imaginer comment son « duo de choc » allait peiner pour réussir les expériences. Il se retourna alors pour découvrir comment les autres élèves s'y prenaient afin de pouvoir faire pareil. Son attention fut retenu par le plus jeune des élèves, Jeremy Belpois, qui avait déjà finis tous les branchements nécessaires et qui commençait à noter les résultats de l'expérience. Il s'apprêta à reproduire le montage lorsqu'il aperçut quelque chose d'inhabituel : de la prise électrique à laquelle le générateur de Jeremy était relié émergeait une dizaine d'étincelles jaunes, comme si un court-circuit était en train de se produire. Tous les éléments du montage du jeune garçon commencèrent à surchauffer puis se mirent à fondre sous le regard incompréhensif de ce dernier et d'Ulrich. Brusquement, le générateur prit feu et Jeremy, presque immédiatement, tenta de le débrancher de la prise, mais lorsqu'il posa la main sur le câble de l'appareil défaillant, il fut repoussé par un violent éclair électrique bleu qui le renversa au sol.
Ulrich, voyant la situation échapper à tout contrôle, courut en direction du couloir où il décrocha du mur un extincteur dont il se servit pour asperger le générateur et éteindre le feu, devant la classe entière complètement ahurie. Il jeta ensuite l’extincteur au sol et se pencha au-dessus de Jeremy qui gisait sur le sol.
-Est-ce que ça va ? demanda-t-il.
Le jeune garçon, totalement secoué, rouvrit les yeux et répondit lentement:
-Oui...je crois.
Ulrich lui tendit un bras pour l'aider à se relever. Le professeur accourut en direction des deux jeunes et s'écria :
-Mais enfin, que s'est-il passé ?
Aucun des deux ne répondit, autant parce qu'ils n'avaient pas d'explications à fournir que parce qu'ils savaient qu'ils risquaient de se faire réprimander face au professeur en colère dès qu'ils prononceraient un traître mot.

C'est alors que Odd Della Robia prit la parole :
-Ce n'est pas de leur faute, Monsieur. Je crois qu'il y a eu un...court-circuit. C'est bien comme ça que ça s'appelle?
-Voyons, un court-circuit ne se déclare pas aussi facilement ! Mais bon, peu importe. Ulrich, veuillez conduire Jeremy à l'infirmerie.
Tous les deux sortirent de la salle et parcoururent les différents couloirs de l'établissement qui les séparaient de l'infirmerie dans le silence le plus complet.

* * *

La sonnerie du Collège Kadic retentit, indiquant qu'il était l'heure de la pause. Ulrich Stern sortait de la salle de cours lorsqu'il fut abordé par Odd Della Robia qui lui dit :
-Je t'ai trouvé héroïque tout à l'heure ! C'est vrai ! Bien avant que les autres élèves aient compris ce qu'il se passait, tu avais déjà éteint le feu !
Ulrich était surpris par la louange que lui faisait celui avec qui il avait été si désagréable et il dut se contenter de répondre gêné :
-Merci...Il fallait bien que quelqu'un fasse quelque chose, non ? Maintenant, excuse-moi, je dois aller retrouver Jeremy à l'infirmerie pour voir comment il va.
-Je t'accompagne ! » s'empressa-t-il de dire empêchant son interlocuteur de décliner sa proposition.
Tous deux se mirent en route à travers le dédale de chemin que constituaient les nombreux couloirs de l'établissement, pour arriver devant la porte close de l'infirmerie. Sans plus attendre, ils frappèrent à la porte et la jeune médecin scolaire vint leur ouvrir pour qu'ils puissent pénétrer dans la petite salle aux murs blancs où Jeremy se reposait, assis sur une petite couchette.
-Vous faites bien de passer. » dit-elle. « Jeremy était justement sur le point de partir. J'ai fait un bilan complet et il n'y a aucune séquelle de l'électrocution qu'il a subit. Il a eu de la chance, ça aurait pu être bien pire... »
-Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qu'il s'est passé. » ajouta Jeremy. « Le montage était pourtant parfaitement réalisé mais le générateur s'est court-circuité soudainement sans que je n'ai pu réagir. »
-Ne t'inquiète pas ! » répondit Ulrich pour le rassurer. « C'est sûrement le matériel qui était défaillant. »
-Oui...sans doute. En tout cas, c'est gentil d'être passé me voir, surtout que je vais enfin pouvoir sortir.
Les trois jeunes gens quittèrent l'infirmerie, informant Jeremy des cours de la matinée qu'il avait manqué. Ils traversaient alors un couloir lorsque l'alarme incendie de l'établissement se fit entendre et avant qu'ils n'aient pu se rendre compte de ce qu'il se passait, ils furent aspergés par quelques minces jets d'eau censés éteindre le feu dans le cas où ce dernier se déclarerait. Cependant, il n'y avait aucune trace ni d'un quelconque incendie, ni de fumée dans le secteur et les trois adolescents ne tardèrent pas à découvrir que ce phénomène ne s'était produit nulle part ailleurs. Ils ressortirent alors du couloir en courant, complètement trempés et abasourdis, et alertèrent un surveillant qui s'empressa de prévenir le proviseur du Collège. Ils reprirent ensuite le cours normal de leurs activités en se rendant au réfectoire puis dans leur classe.

* * *

Il était à présent dix-sept heures et Ulrich se rendit au premier cours d'art martiaux de cette nouvelle année. Enfin une discipline qui lui plaisait et dans laquelle il se sentait à l'aise ! En effet, il savait que ce sport nécessitait une parfaite maîtrise de son corps et de son esprit, ainsi que beaucoup de concentration, et c'est ça qu'il adorait le plus : ne plus penser à rien d'autre, devenir maître de sa pensée et de ses mouvements, savoir se contrôler entièrement.
Lorsqu'il pénétra dans le gymnase, une dizaine d'élèves était déjà présent et semblait attendre la venue du professeur d'art martiaux, qui ne tarda finalement pas à arriver et qui débuta le cours assez rapidement :
-Pour ce premier cours, vous allez vous mettre par deux, entre élèves de même niveau, et tenter d'appliquer les acquis des années précédentes. Mais tout d'abord, laissez-moi vous présentez une nouvelle élève : Yumi Ishigama.
Toutes les attentions furent reportées sur l'adolescente japonaise aux cheveux noirs qui s'était dissimulée au milieu des autres élèves. Plus grande qu'Ulrich, elle était entièrement vêtu d'un noir de la même couleur que ses cheveux et elle se tenait là, droite, avec une fière allure, insensible aux nombreux regards qui la dévisageaient. Au bout de quelques secondes, sentant que tout le monde retenait son souffle dans l'attente d'un simple mot qu'elle prononcerait, elle releva légèrement la tête et dit d'une voix mielleuse :
-Bonjour.
Personne ne répondit, comme s'ils étaient intimidés par la prestance de cette inconnue, mis à part Ulrich qui, outrepassant toutes les barrières de l'éloignement qui les séparait, s'écria :
-Salut !
La jeune japonaise regarda alors le jeune homme téméraire et lui sourit. A ce moment là, le temps semblait s'être figé pour Ulrich. Il ne voyait plus rien, n'entendait plus rien, ne ressentait plus rien, excepté Yumi dont le sourire semblait illuminer son visage et faire rayonner toute la pièce. Son regard se perdit dans les yeux ténébreux de l'adolescente.
Ce moment de liesse intense pour Ulrich fut subitement interrompu par l'intervention du professeur qui ordonna à tous les élèves de se regrouper en binôme pour commencer les exercices, puis il annonça à l'intention du jeune homme :
-Puisque le courant à l'air de si bien passer entre vous, vous vous mettrez ensemble. Tu trouveras peut-être enfin un adversaire de ta taille, Ulrich.
Les deux adolescents se rapprochèrent timidement l'un de l'autre.
-Je m'appelle Ulrich » dit-il. « Ravi de faire ta connaissance ! »
-Moi, c'est Yumi. Alors, comme ça tu pratiques quelques arts martiaux ?
-Oui, depuis des années !
-Ça tombe bien, moi aussi ! » s'exclama-t-elle avec un soupçon de défi dans la voix.

Durant tout le cours, Yumi et Ulrich avaient passés leur temps à se combattre, chacun montrant à l'autre les techniques qui lui étaient propres. Dès que quelqu'un prenait le dessus, son adversaire ne tardait pas à réagir habilement en trouvant la parade aux attaques qui l'atteignaient, de telle façon que personne dans le gymnase n'aurait pu dire qui d'entre eux était le plus fort. Lorsque exténués, ils s'arrêtent de combattre pour reprendre leur souffle, ils se rendirent compte que toute le monde les regardaient admiratifs et ils en furent presque gênés. Mais cette période de gloire fut brève car subitement, toutes les lumières de la salle s'éteignirent, la plongeant dans l'obscurité la plus totale. Seul un mince rayon du Soleil qui avait réussi à traverser les épais nuages et à franchir les carreaux de l'une des fenêtres pour finir son périple sur le sol du gymnase, permettait aux élèves de s'orienter et d'atteindre les interrupteurs, qui malgré une insistance excessive, refusèrent de rallumer les lumières de la salle. En réalité, ils ne tardèrent pas à découvrir que la panne électrique s'était généralisée à l'ensemble de l'établissement pour une raison inexpliquée. Tous les cours furent en conséquence annulés le temps que les électriciens s'occupent du mystérieux problème.

* * *

Ulrich errait dans le long couloir qui menait à sa chambre. Il ne pouvait s'empêcher de penser à la nouvelle élève. Malheureusement, leur rencontre avait été écourtée par toutes ces anomalies électriques. Depuis le matin, elles n'arrêtaient pas, narguant les meilleurs techniciens qui n'arrivaient pas à trouver la source du problème. Si ça continuait comme ça, ils allaient devoir fermer l'école et rebâtir tout le réseau électrique.
La profonde réflexion d'Ulrich fut interrompu par l'arrivée de Odd, qui posant nonchalamment une main sur son épaule, demanda :
-Tu peux me montrer notre chambre ?
-Suis moi. » répondit-il un peu forcé.
Tous les deux pénétrèrent dans la chambre commune dont les murs étaient tapissés de posters des plus grands sportifs d'une large palette d'arts martiaux, ce qui suscita une vive réaction de la part de Odd :
-Tu fais des arts martiaux ? Ouah ! C'est génial !
Ulrich soupira. Toute au long de sa journée, Odd n'avait pas cessé de lui poser des questions personnelles et cela commençait à l'agacer profondément, de telle façon qu'il ne prit même pas la peine de lui répondre. Il lui laissa juste le temps de poser ses affaires puis il ressortit de la pièce en disant :
-Je vais au réfectoire.
-Je t'accompagne !
Cela l'aurait étonné qu'il ne le fasse pas. Malgré tout, il garda le silence et, se retenant d'émettre la moindre critique, il se mit en route, suivi de très près par son nouveau camarade de chambre.
Pendant qu'ils marchaient, les deux jeunes entendirent soudainement un étrange cri de douleur. Odd sursauta et se retourna pour déterminer d'où provenait ce hurlement. En pointant du doigt l'une des nombreuses portes du couloir, il s'écria :
-Ça vient de par là !
-C'est la chambre de Jeremy ! » répondit Ulrich tout en se dirigeant d'un pas rapide vers cette dernière.
Lorsqu'il tourna la poignée de la porte, il se rendit compte que celle-ci était fermée à clé et il dut se résoudre à l'enfoncer pour venir en aide à la victime dont les cris retentissaient de plus belle. Une fois dans la chambre, il aperçut Jeremy étendu sur le sol. Un de ses petits robots était accroché avec fermeté à ses jambes par deux pinces d'où émergeaient des éclairs électriques d'un bleu très intense. Ce robot, lui-même relié à une prise électrique par un épais câble devenu rouge à cause de la chaleur dégagée par la circulation d'un courant électrique surpuissant, était en train d'électrocuter violemment le jeune garçon qui gisait à terre, paralysé par la morsure cinglante de plusieurs dizaines de Volts. Ulrich, sans perdre de temps, asséna un vif coup de pied dans l'agresseur mécanique qui finit sa course contre le mur. Il s'agenouilla alors auprès de Jeremy et lui demanda, en le secouant avec vigueur :
-Est-ce que ça va ?
Celui-ci, encore désorienté par le nouveau choc qu'il venait de subir ne répondit pas et Ulrich remarqua que le petit robot couché sur le sol agitait ses bras pour se relever. Afin d'empêcher que cela arrive, Ulrich empoigna le câble qui l'alimentait en électricité, mais celui-ci était tellement chaud qu'il se brûla avant d'avoir eu le temps de tirer dessus et de l'arracher du mur. Il se retourna pour regarder où en était son adversaire et ce dernier était déjà de nouveau debout sur ses deux membres et semblait se diriger à présent dans sa direction. Odd, redoutant que le robot fasse une autre victime, se saisit de la chaise du bureau par son dossier puis vint l'écraser à plusieurs reprises sur l'agresseur qui finit par se briser en une dizaine de morceaux sans parvenir à bouger davantage. Ulrich et Odd se mirent alors à deux pour soulever Jeremy qu'ils allongèrent sur le lit. C'est alors qu'ils entendirent faiblement une voix qui provenait du casque qui traînait sur son bureau et ils crurent distinguer quelqu'un qui prononçait son nom, mais la situation se trouvant être urgente, ils n'y firent pas attention plus longtemps.

-Je vais chercher de l'aide ! » s'exclama Odd, mais avant qu'il n’ait eut le temps de sortir de la pièce, la voix tremblant de Jeremy se fit réentendre :
-Non, attend.
-Jeremy, que s'est-il passé ? » l'interrogea Ulrich.
-Je ne sais pas...Il y avait cet étrange symbole sur mon écran puis...
Il se tut. Les deux jeunes purent alors voir son visage se décomposer et devenir soudainement blême, comme quelqu'un à qui on aurait annoncé une terrible nouvelle.
-Jeremy, qu'est-ce qu'il y a ? » insista Ulrich.
D'un bond, il se releva du lit, se mit debout et se précipita en direction de son ordinateur. Il se saisit de sa Webcam qui émettait une petite lumière rouge.
-Regardez ! Quelqu'un m'observe ! » hurla-t-il en désignant l'appareil, qu'il posa ensuite par terre et écrasa de toutes ses forces de son pied droit.
Aussitôt, il s'empara de son casque et l'enfila rapidement. Même si son contenu était inaudible par Ulrich et Odd, il était clair pour eux qu'il s'agissait d'une autre personne qui lui parlait. Par ailleurs, ils pouvaient voir Jeremy commencer à paniquer de plus en plus et par conséquent, ils se rapprochèrent pour épier la discussion et tenter d'en savoir plus, mais la seule chose qu'ils parvinrent à entendre fut la phrase suivante :
-Viens vite Jeremy !
Au même moment, l'écran de Jeremy commença à trembler puis s'éteignit complètement à la surprise de tous. Il se mit alors à chauffer intensément, de telle façon qu'on pouvait sentir l'odeur de ses composants en train de brûler, puis il explosa violemment dans une détonation qui leur parut ahurissante.
-Maya ? Maya, tu me reçois ? » s'écria-t-il, engendrant la plus grande incompréhension chez les deux spectateurs.
Sans prononcer aucun autre mot, il retira son casque qu'il jeta sur le sol. Il s'apprêtait à franchir le seuil de sa chambre lorsqu'Ulrich agrippa d'une poigne de fer par le bras et lui demanda d'un ton grave :
-Où vas-tu ?
-Je ne peux pas te le dire.
-Tu n'iras nulle part sans me dire où tu vas ! » cria-t-il avec un soupçon de colère dans la voix.
Tous les deux se regardèrent alors longtemps, les yeux dans les yeux, chacun affirmant sa détermination. Mais Jeremy, pressé par le temps qui s'écoulait, dut se résigner à céder en premier en disant à Ulrich :
-Suivez-moi sans faire de bruit.
Jeremy guida ses deux autres camarades dans les allées désertes de l'établissement. En effet, à cet heure ci, la majorité des élèves internes du Collège se trouvaient au réfectoire pour prendre leur dîner, juste avant de rejoindre leurs chambres. Le petit groupe put alors progresser rapidement et discrètement à travers les nombreux couloirs pour arriver finalement à l'entrée du petit parc du Collège, l'espace naturel de détente aménagé spécialement pour les élèves. L'incertitude se faisant de plus en plus grande du côté d'Ulrich, il ne put s'empêcher de demander à son guide :
-Où nous emmène-tu ?
-Il faut qu'on sorte du Collège rapidement. » chuchota-t-il. « Et pour ça, je ne vois qu'une solution ».
Ils reprirent la marche à une cadence plus élevée, se faufilant entre les arbres du parc baigné dans l'obscurité de la nuit, puis ils s'arrêtèrent finalement devant une bouche d’égout que Jeremy se hâta de soulever, libérant l'accès à ce dernier.
-Tu n'espères tout de même pas nous faire rentrer là-dedans ? » s'exclama Odd.
-Désolé mais c'est le seul moyen. J'ai téléchargé le plan des égouts. On va pouvoir rejoindre l'usine directement, sans perdre de temps. De toute manière, ils ne nous auraient jamais laissés sortir en pleine nuit.
-L'usine ? Quel usine ? » questionna Ulrich.
Jeremy, visiblement embarrassé par cette question, l'esquiva en ordonnant d'un ton sérieux:
-Je ne peux rien vous dire pour l'instant donc arrêtez de me poser des questions !
Il sortit alors de sa poche une lampe torche et un plan des égouts puis il s'engagea dans ces derniers, suivi de très près par Odd et Ulrich.

* * *

Les égouts étaient froids et humides mais rien ne semblait pouvoir contrer la détermination, ou plutôt l'obstination selon Ulrich, de Jeremy. Le plan à la main, ce dernier se dirigeait avec beaucoup de dextérité dans ce dédale de pierre grise, et malgré la multitude de chemins qui s'offraient à lui, il arrivait toujours à choisir le bon, sans jamais se tromper.
Au bout de quelques minutes seulement, Jeremy s'arrêta devant une échelle qui permettait de remonter à la surface et proclama :
-C'est là !
Il agrippa alors un barreau et grimpa jusqu'à l'extérieur. Ses deux camarades l'imitèrent et ils purent ainsi découvrir dans quelle partie de la ville ils se trouvaient : ils étaient en fait sur le pont qui menait à l'usine abandonnée qui, enveloppée par les ténèbres menaçantes de la nuit, ressemblait davantage à une forteresse impénétrable. Malgré tout, c'était bien là que se dirigeait en courant Jeremy, ne se souciant même pas de savoir si Ulrich et Odd le suivaient toujours. Arrivé à l'intérieur, il s'élança à pleine vitesse et bondit du première étage pour attraper la corde et descendre le plus vite possible. Dès qu'il toucha le sol, il fonça jusqu'au monte-charge à un rythme effréné mais il se résolut à atteindre les deux traînards, en leur criant de vive voix :
-Dépêchez-vous!
Tout d'abord hésitants, comme l'avait été Jeremy la première fois qu'il était venu, ils s'élancèrent tous deux simultanément en empoignant chacun une corde qu'ils descendirent rapidement pour rejoindre Jeremy. A peine avaient-ils touchés le sol qu'ils durent se remettre à courir jusqu'à l’ascenseur car Jeremy avait déjà pressé le bouton de mise en marche. Ulrich atteignit le monte-charge en premier et Odd, voyant que la barrière commençait à s’affaisser, s'écria :
-Hé !
Il dut faire une roulade pour rentrer dans l'ascenseur mais une partie de son corps étant restée en dehors de ce dernier, Ulrich tira Odd de toutes ses forces pour éviter qu'un terrible accident se produise.
-Pfiou ! Merci Ulrich ! » lui dit le jeune garçon reconnaissant.
-De rien. » répondit-il presque passif, et se retournant vers Jeremy, il hurla : « Tu vas m'expliquer ce qui se passe maintenant ! »
Le jeune garçon savait que le moment fatidique où il allait devoir tout dévoiler allait arriver, et c'est contraint qu'il commença ses explications :
-Il y a quelques jours, j'ai découvert ce complexe informatique ultra moderne, et depuis, je suis en danger ! 
-En danger ? » demanda Odd.
-Oui...je crois qu'on essaye de me tuer ! Le générateur qui prend feu, l'alarme incendie, les coupures de courant et maintenant mes robots : tout ce qui est arrivé aujourd'hui ne peut pas être une simple coïncidence. On cherche à m'atteindre via le réseau électrique.
-Mais qui, et surtout, comment pourrait-il faire ça ? » le questionna Ulrich.
-Qui ? Ça, je ne sais pas. Mais « comment ? », là j'ai ma petite idée.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit sur la salle de l'interface.
-Nous sommes ici dans une sorte de laboratoire où cet ordinateur là-bas permet de contrôler un SuperCalculateur installé plusieurs étages en-dessous. Ce dernier, extrêmement puissant, génère un monde virtuel, Lyoko, où vit Maya, une jeune fi...une intelligence artificielle incroyablement...humaine !
-Humaine ? » demanda Ulrich.
-Non, pas vraiment...Enfin,...Disons qu'elle agit, parle et réfléchit comme le ferait un être humain. Bref, je ne sais pas exactement ce qu'il se passe mais à chacune de ces attaques qui me visaient, Maya a repérée d'importants mouvements de données ainsi qu'une activité importante du SuperCalculateur. Hier, j'ai passé ma journée entière à essayer de comprendre quelques unes des notes des scientifiques qui ont travaillés ici et elles semblent toutes indiquées qu'il y a un lien étroit en le monde réel et le monde virtuel, de telle sorte que les deux peuvent interagir électriquement l'un sur l'autre. De la même façon,... »
Jeremy fut interrompu par Ulrich :
-Tu veux dire que c'est ce...monde virtuel qui provoque ces attaques électriques ? »
-Oui, en quelque sorte.
-Très bien, alors on a juste à éteindre ce SuperCalculateur et tout sera fini.
-Non ! Surtout pas ! » réagit-il quasi instantanément. « Je n'ai pas le droit de ...tuer Maya ! »
-Tu t’apitoies sur le sort d'un programme informatique? Tu es potentiellement en danger de mort et tu préfères te sacrifier pour une machine ? 
-Non, c'est juste que...elle est si parfaite. Je suis sûr qu'on trouvera un moyen de contrer ces attaques.
Sans attendre la réponse d'Ulrich, il se précipita au devant de l'interface, saisit le micro-casque et cria à plusieurs reprises le nom de Maya.
-Jeremy, enfin ! » répondit-elle.
La fenêtre vidéo s'ouvrit et les deux invités purent admirer la beauté de la jeune fille.
-Les robots bloquent l'accès à toutes les tours du territoire, je suis cernée ! » dit-elle complètement paniquée.
-Oh non, je t'avais pourtant dit de rester dans la tour !
-Je sais mais...il se passe des choses étranges ici. Une bonne partie de l'énergie de Lyoko est absorbée par une tour située sur le troisième territoire, celui de la banquise, et je crois que c'est cette tour qui permet les attaques. Il faut absolument que je m'y rende mais je suis coincée ici et les robots ne vont pas tarder à me repérer !
-Je ne sais pas ce que je dois faire Maya ! Aide moi ! » cria-t-il d'un ton désespéré.
Soudainement, une nouvelle fenêtre s'ouvrit sur l'écran. Elle contenait un texte qui avait pour titre « PROCEDURE DE VIRTUALISATION ».
-Maya, c'est toi qui vient de m'envoyer ce fichier ? » demanda-t-il surpris.
-Non, je n'ai rien fait.
Rien qu'en lisant le titre, il savait déjà de quoi en retournait le texte et cela semblait le terroriser.
-Oh non, c'est impossible ! » s'écria-t-il.
-Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe, Jeremy ? » dit Odd, inquiet lui aussi.
-Ce texte...Ce texte contient les lignes de commandes nécessaires pour...pour envoyer une personne sur Lyoko. » balbutia-t-il.
-Tu te moques de nous, j'espère ? » demanda Ulrich.
-Malheureusement non. » Il s'adressa alors à Maya : « Tiens bon, je reviens dans quelques instants », puis se levant de son fauteuil, il ordonna à Ulrich et Odd : « Suivez-moi. ».

Il se dirigea en direction de l'ascenseur et une fois tout le monde à l'intérieur, il le fit descendre d'un étage pour arriver à l'étrange salle qui contenait les trois mystérieux cylindres. S'approchant de l'un d'eux, il dit :

-Ceci est un scanner. Il permet d'analyser l'enveloppe corporelle de l'individu qui y pénètre pour créer, à partir de ce scan, son avatar virtuel sur Lyoko. Ensuite, il va analyser les impulsions cérébrales de l'individu et les retransmettre à l'avatar, pour que ce dernier puisse être contrôlé à distance par la personne scannée. C'est totalement sécurisé et ça ne présente ni aucun risque ni aucun danger.

-Pourquoi tu nous dis ça ? » demanda Ulrich, redoutant que Jeremy lui impose d'entrer dans les scanners qui ne lui inspiraient pas du tout confiance.

-J'ai besoin de quelqu'un sur Lyoko pour aider Maya et stopper les attaques.

-Tu rigoles, là ? Nous ne sommes pas des cobayes, Jeremy ! Tu sais à peine te servir de cette engin et tu comptes nous... ». Ulrich fut interrompu par Odd qui déclara d'un ton solennel :

-J'y vais.

A ce moment-là, l'angoisse pouvait se lire sur le visage d'Ulrich.

-Quoi ? Mais tu es complètement cinglé ? » s'écria-t-il.

-Il faut bien que quelqu'un y aille. » répondit-il. « Et puis, tu as entendu Jeremy : il n'y a rien à craindre. ».

Cette explication ne parut pas satisfaire l'adolescent sceptique et méfiant mais sachant qu'il n'arriverait pas à le raisonner, il se tut.

-Rentre dans un scanner, Odd » ordonna Jeremy.

L'impétueux jeune homme obéit immédiatement et posa prudemment un premier pied dans un des cylindres, puis voyant qu'il n'avait aucune raison de s'inquiéter, il y pénétra complètement et se retourna pour se trouver face à la porte.

-Il faut que je lance la procédure depuis l'interface. Attend-nous ici et surtout évite de gigoter, reste bien droit et allonge tes bras le long du corps.

Ulrich et Jeremy retournèrent à l'ascenseur, remontèrent à l'étage supérieur puis se positionnèrent devant l'interface.

-Maya, je t'envoie du renfort, tiens bon !

Le jeune garçon commença à entrer dans l'ordinateur une multitudes de lignes de commandes en s'aidant du fichier de procédure qu'il avait mystérieusement reçu. Une fois les préparatifs achevés, il se connecta à la caméra de vidéo-surveillance de la salle des scanners et demanda :

-Odd ? Tu me reçois ?

-Cinq sur cinq, Jeremy.

-Prépare-toi à être virtualisé dans cinq...quatre...trois...deux...un...Initialisation de la procédure de virtualisation !

Il pressa alors la touche ENTER de son clavier et le scanner de Odd se referma violemment, le laissant prisonnier à l'intérieur. A partir de ce moment, Jeremy ne cessa de tapoter sur son clavier d'ordinateur et Ulrich put observer les mouvements du scanner, depuis la fenêtre vidéo de la caméra de surveillance : l'appareil laissait percevoir une puissante lumière jaune et le grondement infernal du système de refroidissement. Au bout de quelques instants, une nouvelle fenêtre contenant le scan de l'enveloppe du corps réel de Odd s'ouvrit l'écran de Jeremy. En regardant de plus près, Ulrich constata que l'image était faite en image de synthèses.

-Ça y est, son avatar est prêt ! » s'exclama Jeremy qui se retint de bondir de joie.

-Non, attend, regarde ça ! » s'écria Ulrich en pointant du doigt la partie basse du dos de l'avatar de Odd, d'où poussait un étrange appendice.

Jeremy reporta son attention sur ses écrans et fut aussi surpris que son camarade. Il reposa alors ses deux mains sur le clavier et effectua une série de manipulations complexes avant de dire :

-On dirait...On dirait qu'un programme est en train de modifier l'avatar de Odd.

En effet, l'appendice émergeant, en se prolongeant, se révéla être une queue semblable à celle des chats. Par ailleurs, ces mains et ses pieds se transformèrent en pattes comportant quatre doigts hérissés de griffes rétractiles. Enfin, une fine combinaison superposa le reste de son corps, ne laissant plus apparaître aucune trace de ses vêtements. Il ressemblait à présent à un félin en tenue de combat violette.

-C'est incroyable ! » s'exclama Jeremy. « Et maintenant, la dernière étape : la virtualisation ».

Une nouvelle fois, il paramétra l'interface du SuperCalculateur puis appuya sur ENTER pour envoyer son avatar sur Lyoko où un visuel qu'il avait mit en place lui permettait d'assister à la scène : une fine enveloppe bleue, de la même forme que l'avatar, apparut plusieurs mètres au-dessus du sol du territoire de la forêt, puis celle-ci se remplit avec les couleurs et les détails complets de l'avatar de Odd. Une fois le chargement terminé, ce dernier tomba à terre.

-Odd ? Odd, tu m'entend ? » demanda Jeremy.

L'avatar se mit à bouger, tentant de se relever.

-Jeremy ? 

C'était la voix de Odd qui lui parlait à travers l'avatar et dès qu'il l'entendit, il comprit que la procédure de virtualisation avait réussie avec succès.

-Ça a marché, Odd ! Tu es sur Lyoko ! Regarde ton nouveau corps !

Celui-ci s’exécuta, découvrant avec stupeur son apparence féline. Il se releva puis regarda ses nouvelles mains. Il réussit même à faire sortir ses griffes rétractiles juste en se concentrant sur ce qu'il voulait faire. Soudain, il se mit à rire, émerveillé par ce qu'il était devenu.

Ce moment d'euphorie fut interrompu par Jeremy :

-Bon, fini de rire maintenant. Tu dois rejoindre Maya, elle a besoin de toi. Tu vois le sentier derrière toi, emprunte-le puis continue tout droit pour la rejoindre.

-Bien reçu ! » répondit-il, considérant avec sérieux sa nouvelle mission.

Mais avant qu'il n'ait eu le temps de retrouver la jeune fille, il croisa deux des petits robots agressifs qui s'en étaient pris à Maya la première fois que Jeremy l'avait rencontrée.

-Attention, Odd ! Je détecte deux contacts ennemis droit devant !

-Je les vois ! Jeremy, qu'est-ce que je dois faire ? » s'écria-t-il avec une petite touche d'inquiétude dans la voix.

-Je...Je ne sais pas...

Le jeune garçon n'avait en effet pas prévu le moment fatidique de la confrontation son nouveau soldat improvisé et les terribles agresseurs solidement armés.

-Jeremy ! Ils se rapprochent !

-Oui, oui, je sais !

Il hésita quelques instants puis lui dit, pour le rassurer :

-Ne t'inquiète pas, ce n'est pas ton corps réel, tu ne crains rien normalement.

-Normalement ? » s'étonna Ulrich.

-Disons que...on ne sait jamais. » répondit-il pour tenter d'enrayer l'angoisse grandissante chez ses deux collaborateurs, mais ça n'eut pas du tout l'effet escompté et ce fut même l'inverse qui se produisit.

-Comment ça ? Tu nous avais assuré que c'était sans danger ! D'ailleurs, le corps de Odd est toujours dans le scanner, non ? Il ne peut donc pas être blessé logiquement.

-Euh, à ce propos,... » commença-t-il à dire, gêné, avant que Odd ne l'interrompe :

-Jeremy ! Je ne sais pas ce qu'il font mais on dirait qu'ils s'apprêtent à me tirer dessus !

Reprenant la raison et paniquant de plus en plus, Jeremy hurla dans son micro-casque :

-Cours, Odd ! Enfuis-toi ! Vite !

A peine ce dernier s'était retourné qu'une violente salve de lasers vint l'atteindre en plein dos, projetant son avatar sur le sol de Lyoko. Il poussa un énorme cri de douleur, comme s'il ressentait une intense brûlure au niveau du point d'impact.

-Mais qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda-t-il, à présent horrifié.

Alors qu'il tentait de se relever, il se prit un nouveau tir sur son bras gauche, qu'il vit alors disparaître dans une immensité d'éclairs bleus, puis se reformer, peu après. Submergé par la douleur, il cria une nouvelle fois.

Sur l'écran de Jeremy, le compteur d'énergie de Odd n'arrêtait pas de diminuer, ne se trouvant maintenant plus qu'à 67 %.

-On arrête là, Jeremy ! Il faut le tirer de là ! » s'exclama Ulrich qui se dirigeait en direction de l'ascenseur.

-Où vas-tu ? » demanda son interlocuteur étonné.

-Je vais le sortir du scanner.

Rapidement, il mit le monte-charge en route et descendit jusqu'à l'étage inférieur. Il se rua ensuite vers le scanner refermé, qu'il tenta d'ouvrir en tirant de toute son énergie sur sa porte. Au vu de la force imposante qu'elle subissait, cette dernière ne tarda pas à céder, dévoilant à Ulrich l'horrible vérité : Odd n'était plus dans le scanner. Se retournant alors vers la caméra de la salle, il rapporta ses observations à Jeremy :

-Odd a disparu !

Dans l'interphone accroché au plafond, Ulrich entendit sa réponse :

-Je sais. Il y a quelque chose qu'il faut que je t'avoue : le seul moyen de contrôler l'avatar d'un individu est d'y intégrer sa conscience sous forme d'un programme informatique, ce qui m'a obligé à numériser son corps réel, car c'est ça le vrai but du scanner : la numérisation de la matière. De plus, c'est l'unique solution pour accéder à sa conscience et la convertir en données numériques capables de le faire interagir avec son avatar. Mais ne t'inquiète pas : son corps réel est stocké dans un espace tampon sécurisé du SuperCalculateur et son avatar n'était que son enveloppe corporelle scannée puis modifiée, il ne peut pas être blessé sur Lyoko. Une fois que le SuperCalculateur n'aura plus d'énergie disponible pour reformer son avatar après chaque impact de laser, la procédure va être annulée et le scanner va recrée son corps réel et y ramener sa conscience comme si rien ne s'était passé.

-Tu es complètement fou ! » s'écria Ulrich. « Comment peux-tu être sûr qu'il ne va pas rester coincé à tout jamais sur Lyoko ? Et puis, tu m'as déjà menti une fois, qu'est-ce qui me dit que tu ne vas pas recommencer ? ».

-Je n'avais pas le choix. Si je vous avais la vérité, personne n'aurait osé y aller et je ne peux pas me virtualiser sans être aux commandes de l'interface. Quant à la probabilité que Odd reste sur Lyoko, elle est quasi nulle. Écoute, si j'ai reçu ce fichier de procédure, ce n'est pas par hasard ! Et parmi tous les documents des scientifiques qui travaillaient, aucun ne mentionne un quelconque danger ou un accident qui se serait déjà produit. Et tant qu'on ne fait rien, les attaques vont continuer, et là, on risque réellement notre vie.

Ulrich était dubitatif. Il savait que Jeremy avait en partie raison : si personne n'agissait très vite, tous ceux qui étaient impliqués dans cette affaire, dont Odd et lui-même, risqueraient d'être blessés, ou pire...D'un autre côté, il voyait bien que Jeremy jouait les apprentis sorciers et qu'il ne maîtrisait pas tous les éléments de la situation. De plus, il ne pouvait désormais plus éteindre le SuperCalculateur sans perdre Odd. Désormais, une seule solution s'imposait à lui.

-Est-ce que tu sais comment ramener Odd ? » demanda-t-il.

-Euh...non, désolé. » répondit-il, un peu honteux d'être incapable d'effectuer cette manœuvre primordiale.

Ulrich ne pouvait prendre le risque d'attendre que l'avatar de Odd n'ait plus d'énergie et de parier sur le fait qu'il disparaîtrait à jamais ou bien qu'il serait ramené sur terre. C'est donc dans cette configuration que, forcé par les circonstances, il ordonna à Jeremy :

-Virtualise-moi, on ne peut pas laisser Odd tout seul. En attendant, trouve un moyen de nous ramener dans nos corps réel au plus vite.

-D'accord. Rentre dans un scanner et prépare-toi.

Pour la première fois de la soirée, Jeremy était rassuré. Tout marchait comme il l'avait prévu : avec Ulrich et Odd sur Lyoko, il allait pouvoir protéger Maya et stopper les attaques qui le visaient.

-Prêt ? » demanda-t-il.

-Dépêche-toi avant que je ne change d'avis.

-C'est parti !

Ulrich vit la porte du scanner se refermer, le laissant complètement isolé dans l'étroit cylindre. Il entendit alors le bruyant système de refroidissement se mettre en marche, comme si des centaines de ventilateurs tournaient, en même temps, à une vitesse folle. Ensuite, une partie de la structure, de forme circulaire, se détacha du sol et se retrouva en suspension au pied du jeune homme, grâce à une force électromagnétique extrêmement puissante, générée par les parois du cylindre. Le cercle composé de capteurs qui entourait Ulrich, se mit alors à tournoyer autour de son corps, tout en s'élevant pour pouvoir le scanner entièrement. Une fois tout en haut, il redescendit en continuant de pivoter puis se réincrusta dans le sol. A ce moment-là, tout ce qu'il put discerner fut le bruit sourd d'une décharge électrique colossale ainsi qu'un éblouissant flash de lumière blanche.


Lorsqu'il reprit conscience, Ulrich se trouvait dans le ciel de Lyoko, plusieurs mètres au-dessus du sol du territoire de la forêt. Sentant qu'il commençait à tomber, il brandit ses bras en direction du sol pour amortir sa chute, ce qu'il fit à la perfection en atterrissant avec un équilibre exceptionnel sur ses appuis.

-Ulrich, ça va ? » demanda Jeremy inquiet.

-Oui, tout va bien. Pourquoi ?

-Eh bien, ton avatar a été particulièrement long à créer. Ça fait cinq minutes que j'ai lancé ta virtualisation.

-Cinq minutes ?
Pour lui, seules quelques secondes semblaient s'être écoulées.

-Oui, mais rassures-toi, c'est parfaitement normale que tu ne t'en sois pas rendu compte. Lorsque tu es virtualisé, ta conscience est extraite de ton corps réel et mise en pause en attendant qu'elle soit réintégrée dans un nouveau corps hôte, ton avatar en l’occurrence.

Son avatar. Ulrich n'avait même pas réalisé qu'il ne se trouvait plus dans son propre corps mais plutôt dans un artifice numérique. Il regarda alors ses mains : mis à part leur aspect synthétique, elles n'avaient subies aucune transformation majeure comme chez Odd, mais étaient seulement recouvertes en partie par des mitaines noires. En outre, le reste de son corps, resté parfaitement normal, était recouvert par le même type de combinaison que celle de Odd, mais d'une toute autre couleur, qui tirait plus vers le jaune orangée. Enfin, il portait une ceinture noire à laquelle était accroché un fourreau contenant un sabre finement aiguisé qu'il s'empressa de dégainer. Sa lame luisait d'une faible lumière bleue qui gagnait en intensité à chaque mouvement qu'il lui faisait faire.


Il se sentait parfaitement à l'aise dans sa nouvelle tenue de combat. S'il avait eu à la concevoir, c'est exactement comme ça qu'il l'aurait imaginée. Tout lui convenait : la couleur, la forme et, bien sûr, le sabre qui se référait aux nombreux arts martiaux qu'il pratiquait. C'est cette perfection qui l'intrigua profondément : comment était-ce possible que le SuperCalculateur ait crée cette tenue comme s'il connaissait et comprenait Ulrich ? Il espérait réellement que Jeremy lui fournisse une explication, mais avant ça, il devait aller secourir Odd.

-Comment va Odd ? » demanda-t-il, reprenant son air le plus sérieux.

-Il a réussi à se cacher et à rejoindre Maya, mais les robots sillonnent la zone. Ils ne vont pas tarder à se faire repérer. Si tu veux les rejoindre, emprunte le sentier derrière toi au plus vite !

Il se retourna et suivit le chemin jusqu'à apercevoir Odd et Maya. Il pu enfin rencontrer celle pour qui Jeremy se donnait tant de mal et était prêt à risquer la vie de deux de ses camarades.

-Ulrich, je te présente Maya ! » dit-il fièrement.

-Bonjour ! » s'écria-t-elle avec sa voix douce et mélodieuse.

-C'est incroyable » bafouilla Ulrich n'en revenant pas qu'un programme informatique puisse ressembler autant à un humain.

-Tu vois, Ulrich. Elle est bien plus qu'une simple intelligence artificielle. » le nargua Jeremy, dont il entendait la voix directement dans sa tête, comme si elle n'était qu'une pensée de son esprit.

-Oui, je... ». Ulrich se trouvait un peu gêné, maintenant qu'il se trouvait en face de Maya, d'avoir pensé tant de mal d'elle. « Bon, pour les attaques, qu'est-ce qu'on fait ? » enchaîna-t-il rapidement pour changer de sujet.

-Il faut qu'on atteigne la tour du passage pour changer de territoire. » intervint Maya. « Le problème, c'est qu'il y a trois robots qui gardent son entrée et deux qui patrouillent dans les environs. Il va falloir s'en débarrasser si on veut avoir le champ libre. »

Ulrich fut aussi étonné par les capacités de communication et de réflexion de la jeune fille que l'avait été Jeremy la première fois qu'il lui avait parlé. Il en serait resté bouche bée de longues minutes si Odd ne l'avait pas interrompu :
-Tu as un sabre ? Comment ça se fait que tu portes une arme et pas moi ?

-Du calme, Odd. » dit Jeremy. « Je suis sûr que tu en possèdes une toi aussi, elle doit juste être cachée sur ton avatar. Laisse-moi un peu de temps pour l'étudier et je suis convaincu que je trouverais. Ces enveloppes virtuelles sont si parfaites qu'elles recèlent forcément de nombreux secrets. Bref, en attendant, Ulrich, c'est à toi d'ouvrir la route et de nous débarrasser de ces choses, de ces... »

-De ces espèces de Kankrelats ! » ajouta Odd.

-Oui, précisément. Tiens, quand on parle du loup : nos deux vadrouilleurs sont en approche droit devant. Ulrich, c'est à toi de jouer ! Bonne chance.


Les deux Kankrelats avançaient à une cadence infernale, au rythme de leurs cliquetis mécaniques. Avant qu'ils n'arrivent, Ulrich s'était positionné derrière un arbre, à l'abri des regards et constituant une embuscade parfaite contre les prédateurs qui s'approchaient. Une fois à proximité de ces derniers, il bondit de sa cachette, dégaina son sabre et asséna un coup vif au premier des deux robots. Au moment du contact, le sabre brilla d'une intense lumière bleue et libéra une charge électrique qui court-circuita le Kankrelat déjà fendu en deux. Ce dernier, quasi non-opérationnel, activa son programme d'auto-destruction et explosa, engendrant un souffle puissant qui projeta Ulrich à terre. Voyant son deuxième ennemi qui préparait son attaque, il se hâta de se relever, esquiva un premier tir d'un mouvement d'une souplesse exceptionnelle qu'il avait appris durant ses cours d'arts martiaux, puis se protégea du second en interceptant le laser avec son arme, ce qui eut pour effet de renvoyer le projectile en direction de l'expéditeur et de le détruire. Les débris des robots furent ensuite purgés de la surface de Lyoko, et Ulrich, en vainqueur, s'exclama :

-Voilà, c'est fait Jeremy !

-Bon travail, Ulrich ! » répondit-il impressionné du combat sans faille qu'il avait mené. « Maintenant, il faut atteindre la tour du passage ».

La petite équipe se mit en route en direction de leur prochain objectif. Une fois à distance raisonnable, Ulrich partit tout seul en éclaireur pour découvrir les trois gardes robotiques qui protégeaient la tour. Ils se tenaient là, en stand-by, en attente de la détection d'un moindre mouvement pour passer à l'attaque.

-Jeremy, je n'y arriverais jamais tout seul » chuchota-t-il. « Où tu en es avec l'arme de Odd ? ».

-Je pense que j'ai trouvé quelque chose d'intéressant. Ne bouge pas, il te rejoint tout de suite.

En effet, celui-ci ne tarda pas à arriver, l'air toujours aussi ravi de devenir subitement l'un des premiers hommes à s'être virtualisé dans un SuperCalculateur.

-Bon, Odd, ça va être à toi de jouer à présent. J'ai remarqué que ton avatar comportait un module de virtualisation miniature au niveau de tes bras ainsi qu'une réserve d'énergie supplémentaire. Selon moi, ton arme doit être une sorte de petit projectile, appelé flèche laser, virtualisée sur commande par ces modules et envoyée droit sur l'ennemi visé. Le seul problème, c'est que je ne sais pas encore comment tu peux l'activer. Je pense pouvoir le faire moi-même manuellement mais il va falloir qu'on soit coordonnés pour réussir à atteindre la cible. Quand tu es prêt, avance-toi, vise un Kankrelat avec ton bras et attend que je programme le tir. Pendant ce temps-là, Ulrich va faire diversion.

Odd prit une profonde inspiration, ce qui était complètement obsolète sur ce monde virtuel où il n'avait ni besoin de respirer, ni d'organes pour le faire.

-Prêt ! » s'écria-t-il avant de s'élancer hors de sa cachette en compagnie d'Ulrich qui se posta juste devant lui pour le protéger, en les renvoyant avec son sabre, des tirs lasers qui commençaient à fuser dans toutes les directions. Odd brandit alors son bras bien droit, en direction du robot le plus proche et dit :

-Vas-y, Jeremy !

-Bien reçu. Feu !

A ce moment-là, la pointe d'une flèche se délogea de son bras et fila à une vitesse spectaculaire vers sa cible, qu'elle frôla de peu, mais qui vint malgré tout terminer sa course dans le mur de la tour.

-Cible manquée ! Relance le tir, Jeremy !

-Rechargement...et feu !

Une autre flèche laser s'élança mais manqua à nouveau le Kankrelat qui s'était mis en mouvement pour esquiver les tirs qu'il essuyait.

-Encore !

-Attend, je vais essayer d'en envoyer plusieurs à la suite. Voilà, c'est prêt ! Trois...deux...un...feu !

Une salve de trois flèches fut virtualisée mais le recul important de l'arme fit dévier le bras de Odd et modifia la trajectoire des projectiles qui s'envolèrent au plus profond du ciel bleu de Lyoko.

-Oh non, Odd ! Tu n'as presque plus d'énergie pour virtualiser les flèches lasers. Concentre-toi ! Cette fois-ci, tu dois atteindre la cible.

Pour la première fois depuis son arrivée sur Lyoko, Odd prit un air grave et sérieux. Il savait qu'il n'avait plus le droit à l'erreur. Ainsi, il se positionna latéralement, brandit de nouveau son bras, agrippa fermement ce dernier avec son autre main pour le stabiliser puis aligna sa tête dans l'axe que formait tout son corps, dans la même position que se tiendrait un archer expérimenté.

-Je suis paré, Jeremy !

-D'accord. Attention...Feu !

Cette fois-ci, la flèche laser partit parfaitement droite puis fendit les airs, passant juste à côté d'Ulrich qui se démenait tant bien que mal pour renvoyer les tirs lasers en frappant avec force de son sabre. La flèche parvint alors à se loger dans le Kankrelat qui se déplaçait pourtant rapidement. Une fois à l'intérieur de sa carapace, elle relâcha une décharge électrique massive qui fit exploser le robot. Un sourire de satisfaction se dessina sur le visage de Odd.

-Oui ! Magnifique, Odd ! » le glorifia Jeremy. « Maintenant, un deuxième ! Rechargement...feu ! »

Mais rien ne se passa.

-Jeremy, ça n'a pas marché ! » s'inquiéta Odd.

-Oh non, tu as épuisé tout ton stock d'énergie alloué aux flèches lasers. Retourne te cacher !

-Non, j'ai une deuxième arme Jeremy ! » dit-il avec une expression de défi avant de sortir ses griffes acérées.

Il sprinta en direction d'un Kankrelat, tout en évitant ses nombreux tirs. Il réussit même à s'en approcher suffisamment pour l'attraper de ses deux mains et y enfoncer dans sa carapace ses griffes tranchantes. Complètement désorienté, le petit robot agita frénétiquement ses quatre pattes et prépara une nouvelle salve de lasers. Odd le retourna alors puis le réorienta face au troisième Kankrelat qui le menaçait, de telle façon que l'ennemi qu'il tenait prisonnier détruisit lui-même son semblable. Cependant, enorgueilli par l'apparition d'une nouvelle victime à son tableau de chasse, il ne remarqua que le robot qu'il avait agrippé était devenu inanimé et avait initialisé son programme d'auto-destruction. Il explosa dans les bras de l'avatar, qui disparurent instantanément sous la déflagration de l'explosion. Ne sentant plus ses bras, Odd poussa un petit cri d'horreur et cherchant de l'aide, il cria fébrilement le nom de Jeremy, mais avant qu'il n'ait eu le temps de dire autre chose, tout son corps s'effaça suivant exactement le procédé inverse de la virtualisation, les détails de son enveloppe corporelle disparaissant petit à petit puis l'ombre de son avatar se supprimant de la surface de Lyoko.


Ulrich, qui avait assisté à ce triste spectacle, s'inquiéta du sort de Odd et demanda, complètement paniqué, à Jeremy :

-Mais qu'est-ce qui lui est arrivé ? 

-Rien de grave, ne t'inquiète pas. Le SuperCalculateur n'avait juste plus suffisamment d'énergie pour reconstituer son avatar après l'important choc qu'il a subit, il s'est dévirtualisé puis rematérialisé et il est actuellement de retour dans le scanner.

-Allez viens, Ulrich » intervint Maya. « On doit vite changer de territoire avant que d'autres robots arrivent ».

-Elle a raison » ajouta Jeremy. « La tour est déjà programmée et prête pour le transfert. »

Elle lui montra alors le chemin en pénétrant dans la tour du passage. Il n'eut d'autre choix que de l'imiter et c'est ainsi qu'il découvrit l'intérieur de la structure, où le mouvement harmonieux des nombreuses fenêtres de données binaires la faisait briller d'une intense et magnifique lumière bleue.

-C'est beau, n'est-ce-pas ? » lui dit-elle avec un sourire complice, malgré le fait qu'il était trop occupé à scruter chaque infime partie de la tour pour s'en rendre compte.

-Oui, c'est...extraordinaire !

Elle lui accorda encore quelques secondes de contemplation puis le pressa un peu pour qu'ils progressent dans leur mission :

-Si tu veux changer de territoire, fais exactement comme moi.

Elle se jeta alors dans le vide de la tour, sous les yeux incrédules d'Ulrich.

-Allez, vas-y ! » l'incita Jeremy, ne se rendant pas compte de la surprise qu'on pouvait ressentir lorsqu'on voyait une jeune fille tomber dans un vide qui semblait sans fin.

Finalement, prenant son courage à deux mains, il sauta dans les ténèbres de l'édifice et avant qu'il n'ait eu le temps de s'en rendre compte, il se trouvait déjà à nouveau sur la plate-forme d'une autre tour. La jeune fille, elle aussi, était là et le voyant hésiter, elle attrapa sa main et l'emmena à l'extérieur.

-Je te présente le territoire de la banquise.

A ses pieds, une large étendue de glace s'étendait à perte de vue sous le même ciel foncé que celui des longues nuits que subissait chacun des deux pôles terrestres. Sur l'immensité plate apparaissait seulement quelques tours lointaines, et désignant l'une d'entre elles, Maya lui dit :

-C'est là que nous devons nous rendre.

Sans attendre davantage, ils foncèrent en direction de la tour mais à peine avaient-ils fait quelques pas, que Jeremy les stoppa dans leur élan en hurlant dans son micro :

-Attendez ! J'ai un nouveau contact inconnu sur mes radars, juste au-dessus de vous !

Ils regardèrent alors dans le ciel mais dans les toutes premières secondes, ils ne virent rien. Cependant, une forme étrange apparu en suspension dans l'air avant de se remplir comme l'avait fait les précédents avatars d'Ulrich et Odd, mais de façon beaucoup plus complexe et complète : un robot de plusieurs mètres de hauteur était en train d'être virtualisé. Il ressemblait à un crabe sur quatre pattes tranchantes mais sans pinces et dont la carapace était aussi imprimé du symbole de Lyoko, juste au-dessus de trois lentilles massives censées produire des tirs lasers encore plus puissant.

Une fois sa virtualisation achevée, il retomba sur ses pattes et sans plus attendre, il passa à l'attaque en tirant une salve qu'Ulrich dévia entièrement grâce à son sabre. Son ennemi semblant pris au dépourvu, il courut vers lui aussi vite qu'il le pouvait et tenta de couper une de ses pattes et assénant un violent coup de son arme mais tout ce que cela provoqua fut une petite étincelle jaune qui s'éteignit rapidement au contact du sol. Le Krabe tenait maintenant Ulrich à sa portée et avant que ce dernier n'ait pu l'esquiver, il enfonça une de ses pattes au niveau de son estomac. Il ressentit de suite une vive douleur et il ne put même pas crier, sentant sa respiration coupée alors même que cette dernière était impossible sur Lyoko. Suite à la puissance de ce coup, il se dévirtualisa brutalement et lorsqu'il reprit conscience, la porte du scanner se rouvrait devant lui. Il manqua de chuter mais il se rattrapa in extremis à une de ses parois et posa une main à l'endroit de sa blessure virtuelle. Même si elle affecté son avatar et non pas son corps réel, elle le faisait terriblement souffrir, à tel point qu'il avait du mal à reprendre son souffle. C'était comme si on lui avait enfoncer dans l'abdomen une épée massive et tranchante qui lui aurait broyée tous ses organes internes. Malgré tout, il tenta de sa calmer et chercha à contrôler toutes les palpitations de son corps pour atténuer ces dernières.


Lorsque tout son corps reprit une activité normale, il fit un pas et sortit du scanner. C'est là qu'il découvrit Odd couché sur le sol face contre terre. Il s'agenouilla alors auprès de lui pour voir s'il allait bien et si le pire n'était pas arrivé. Il posa donc deux doigts sur sa tempe pour prendre son pouls, par simple mesure de précaution mais mis à part que son rythme était anormalement élevée, rien ne semblait grave. Soudain, la porte de la salle se déverrouilla et Jeremy sortit de l'ascenseur.

-Maya ? » lui demanda simplement Ulrich.

-Elle va bien, elle a réussit à rejoindre une tour » lui répondit-il, ayant tout de suite compris la nature de sa question.

Rapidement, il s'approcha lui aussi de Odd et avec la lampe poche qu'il avait apporté, éclaira ses pupilles exactement comme l'aurait fait un vrai médecin.

-Il semble aller bien. » déclara-t-il.

Il le secoua alors légèrement, ce qui eut pour effet de le réveiller quasi instantanément.

-Odd, comment tu te sens?

-Un peu...un peu bizarre. J'ai des fourmis plein le corps ! » s'exclama-t-il, semblant avoir retrouvé sa bonne humeur habituelle.

-C'est normal que tous les deux vous ayez légèrement mal. En effet, votre avatar est programmé pour traduire un maximum de sensations qu'il éprouve en signaux électriques et les transmettre jusqu'à votre « programme conscience », la partie convertie en programme informatique de votre esprit qui vous a été soutiré durant votre virtualisation. De même, ce programme vous permet aussi de contrôler votre nouveau corps comme vous l'auriez fait avec l'ancien : à chaque fois que vous désirez faire un mouvement, votre conscience virtualisée envoie un signal qui est retransmis jusqu'à l'avatar comme un simple commande à effectuer. C'est ce qu'on appelle dans le jargon scientifique de ce laboratoire, le « contrôle mental ». Or, lors de la transition monde virtuel / réel, certaines de ses sensations n'ont pas le temps d'être abolies et votre conscience va encore les percevoir dans voter corps réel en propageant des signaux électriques erronées dans votre système nerveux. Mais ne vous inquiétez pas, ça va passer.

* * *

-Tout va bien, Maya. Ils sont sains et saufs ! » dit Jeremy pour rassurer la jeune fille qui commençait à s'inquiéter.

-D'accord, mais toi ? Je n'ai pas réussi à stopper les attaques, tu es en danger !

-Je sais...Et c'est pour cela que l'on devra relancer la mission sur Lyoko demain, en attendant que le SuperCalculateur recalcule la position initiale de chaque microbits des données virtuelles affectées par l'imposition imprévue d'un corps d'origine étrangère et non intégré dans les calculs matriciels de...

Découvrant les mines déconfites de Ulrich et Odd qui ne comprenaient pas un traître mot de ce qu'il racontait, il ajouta simplement :

-Le temps qu'il recharge son énergie, quoi ! En attendant, soyez prudent et gardez un œil sur tous les appareils électriques dont vous vous approcherez. Demain, nous feront en sorte de stopper les attaques et de découvrir toute la vérité.


Pour me contacter personnellement : scifier.lyokoproject@gmail.com

Tablette : Merci de t'être présenté ! Wink

Tu peux désormais te consacrer entièrement à ta Fan-Fiction.

Un conseil, pour ne pas décourager les membres au sujet de ta Fiction (Car il y a beaucoup de choses à lire... Tant mieux d'un sens), je te conseillerai de procéder chapitre par chapitre...

Bon, Après tu n'est évidemment pas obligé mais je pense que c'est mieux comme ça ! Wink

Obsidian Kenobi

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Bon alors, je n'ai pas encore lu, je vais essayer de le faire mais je te conseille quelque chose (comme l'a dit tablette). Fais soit des chapitres moins longs (parce que quand on voit le pavé, même si c'est aéré, c'est un peu repoussant faut l'avouer ^^) soit des sous chapitres pour découper tes chapitres.
Voila, voila, un com quand j'aurai lu.

Obsidian Kenobi

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Voila, premier épisode lu !
Alors, commentons (ce que je préfère ! ^^)

Bon commençons par le commencement (c'est mieux ^^), on va pas se leurrer, il faut avoir du temps pour lire ta fic parce que c'est quand même long. Ceci dit, ça a beau être long, c'est très bien écrit de telle sorte que quand on lit, on voit pas le tps passer ! D'autant plus qu'on a beau savoir à peu près ce qui va se passer, on reste quand même accroché ! ça mérite bien 2 bons points ça ! ^^
Ensuite,il n'y a pas trop de fautes, il y en a quelques unes (aussi bien de syntaxe que d'orthographes) mais comparé à l'ampleur de l'écrit, c'est peu ! Mais tout de même, une petite relecture de plus pourrait être pas mal. ^^

Donc finalement, je n'ai pas grand chose à redire sur cette fic, si ce n'est de faire des chapitres moins long ou organisés en plusieurs sous chapitres.
En tout cas, je vais m'attaquer à la suite et commenter tout ça, j'espère que ce sera aussi bien que le début ! ^^

Scifier

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Ca le sera, d'autant plus que j'aborde de nouvelles idées dans mes prochains chapitres.

Voici le chapitre 4 :

Chapitre 4:


CODE LYoko

PARTIE 1 : Interaction :[/b]

Ulrich poussa violemment la porte du gymnase du Collège. Son étrange aventure de la veille l'avait totalement perturbé. Il n'avait même pas réussi à fermer l’œil de la nuit, repensant à tout ce qu'il avait vécu. Quand il songeait au fait qu'il était rentré dans un ordinateur et que son esprit avait été dissocié de son corps, une intense vague de frissons le parcourait. Sur le moment, il n'avait pas réalisé à quel point ce qu'il avait vécu était grave, mais à présent, il s'en rendait entièrement compte et cela le terrifiait. Quelque chose avait utilisé le SuperCalculateur de l'usine pour essayer de tuer Jeremy et maintenant, cela risquait d'être son tour, ainsi que celui de Odd. Il avait essayé de se convaincre que ça ne s'était pas vraiment passé, que ce n'était qu'un mauvais rêve, une hallucination, mais ça ne servait à rien de se voiler la face. Il avait atteint le point de non-retour. Désormais, rien ne serait plus comme avant car il faisait maintenant partie de la poignée de personnes qui connaissait l'existence du scanner, cette invention dont le potentiel lui semblait à présent infini, mais aussi très dangereux. Il était donc partagé par le fait de savoir s'il devait prévenir les autorités compétentes qui sauraient gérer le situation et stopper la folie de Jeremy à vouloir laisser le SuperCalculateur allumé quitte à risquer sa propre vie et celles des autres. Mais lorsqu'il réfléchissait aux conséquences que cela pourrait avoir sur son existence, il hésitait, voire renonçait rapidement à cette idée. En effet, ce qu'il avait vu à l'usine était sûrement le fruit d'un projet scientifique ou militaire top secret et les personnes en charge de ce dernier voudrait certainement qu'il le reste à tout prix. Il se voyait déjà dans une salle d'interrogatoire où on lui demanderait qui d'autre était au courant. Et si jamais on irait jusqu'à l'éliminer pour garder le secret entre de bonnes mains ? Il ne pouvait pas risquer sa vie et celle de son entourage, même si ce scénario lui paraissait un peu alarmiste. Il lui semblait donc évident que la meilleure solution était de suivre Jeremy, le temps que ce dernier trouve le moyen d'arrêter les attaques.

Toutes ces pensées avaient emplis tout son esprit et c'est pour se vider la tête qu'il décida de faire quelques mouvements d'arts martiaux en solitaire, en ce matin de jour de congé. Il pénétra dans le gymnase et posa son sac de sport dans un coin de la salle. Il s'apprêtait à commencer ses exercices lorsqu'il entendit une voix familière qui lui dit :

-Salut !

Il regarda alors au fond de la salle et vit Yumi Ishigama. Il avait été tellement préoccupé par l'histoire du SuperCalculateur qu'il ne l'avait même pas remarqué en entrant. Il lui répondit chaleureusement :

-Salut ! Toi aussi tu viens t'entraîner ?

-Oui, j'avais besoin de me détendre un peu !

-Tout comme moi. J'ai eu une journée très particulière hier et j'ai besoin de décompresser. Ça te tente un petit combat ? » demanda-t-il avec une expression de défi.

-D'accord ! » s'empressa-t-elle de répondre, relevant le challenge proposé par son adversaire.

Comme la veille, ils se combattirent, utilisant les techniques les plus impressionnantes afin de faire tomber leur adversaire sur le sol. Une fois totalement essoufflés, ils s'assirent tous les deux côte à côte dans le plus grand calme.

-Donc...Tu es japonaise, c'est ça ? » demanda-t-il timidement pour engager la conversation.

-Oui, mais je vis depuis que je suis toute petite en France car c'est là que mon père travaille. Et toi, d'où viens-tu ?

-Je ne suis pas du coin. En fait, je suis né...

Ulrich fut interrompu par le clignotement incessant des lumières de la salle, qui finirent après quelques secondes par s'éteindre entièrement.

-Oh non, pas encore ! » lâcha Ulrich inconsciemment, réalisant qu'il s'agissait très probablement une nouvelle attaque.

-Du calme, ce n'est rien, juste les plombs qui ont lâchés. » lui dit-elle pour le rassurer alors qu'elle le voyait commencer à paniquer.

Soudain, une petite détonation se produisit dans l'une des prises électriques de la pièce, qui se mit ensuite à grésiller. Ulrich, intrigué, se risqua à s'en approcher pour découvrir ce qu'il s'y passait. En effet, la prise électrique semblait aspirer toute l'électricité du gymnase.
-Où vas-tu ? » demanda la jeune fille perplexe, juste avant de le suivre.
Il ne répondit pas. Il se trouvait à présent à un mètre de la fameuse prise électrique et il se pencha alors pour regarder à l'intérieur. Soudain, un puissant éclair électrique bleu en émergea et vint atteindre le corps d'Ulrich, le paralysant aussitôt et le privant de ses capacités motrices, le laissant à la merci de l'impressionnante quantité d'électricité qui le traversait. Réagissant immédiatement, Yumi attrapa son maillot, en prenant garde de ne pas toucher sa peau pour ne pas être électrocutée elle aussi, puis tira de toutes ses forces pour le libérer de l'étreinte électrique dont il était prisonnier. L'éclair cessa alors et tous les deux tombèrent à la renverse l'un sur l'autre. Elle repoussa doucement le jeune homme qui l'écrasait, de façon à pouvoir se relever, puis l'allongea sur le sol en lui demandant d'un ton alarmé :

-Ulrich ? Ulrich, ça va ?

Ce dernier rouvrit lentement les paupières, passa une main sur son crane qui le faisait terriblement souffrir, puis répondit faiblement :

-Oui, je...Qu'est ce qu'il s'est passé ? Ah oui, ça me revient...la prise électrique...

-Qu'est-ce que c'était ? » le questionna-t-elle, intriguée.

-Rien...Il faut que j'y aille. J'ai...j'ai quelque chose de très important à faire » bafouilla-t-il, visiblement pressé.

Il se releva et remarqua que les lumières de la salle luisaient de nouveau. Il entendit alors la sonnerie de son téléphone portable rangé dans une des poches de son pantalon. D'un geste vif, il décrocha :

-Allô ?

-C'est moi, Jeremy.

-Jeremy ? » dit-il étonné. « Comment as-tu obtenu mon numéro ? »

-J'ai piraté ton opérateur téléphonique grâce au SuperCalculateur. Bref, peu importe. J'ai quelque chose de beaucoup plus important à te dire : Odd et moi sommes à nouveau victimes d'attaques électriques.

-Je sais. Moi aussi j'y ai eu droit. » dit-il d'un ton ironique.

-Tu dois nous rejoindre à l'usine tout de suite. Il faut replonger sur Lyoko et aider Maya à atteindre la tour suspecte. Où es-tu ?

-Dans le gymnase.

-Parfait ! Écoute bien : tout au fond du gymnase, il y a une porte scellée.

Elle mène au réseau de canalisations de la ville. Ouvre-la, enfonce-la s'il le faut, puis traverse les égouts et rejoins-moi.

-D'accord mais je ne connais pas le chemin que je dois prendre une fois dans les égouts.

-C'est très simple. Il suffit que tu passes...

Le téléphone portable d'Ulrich se mit à grésiller tellement fort que le jeune homme le laissa tomber par terre. Comme il continuait à faire un bruit insupportable pour les oreilles, il l'écrasa violemment et à plusieurs reprises de son pied droit jusqu'à ce qu'il ne produise plus aucun son. Il se retourna alors vers Yumi et lui demanda :

-Tu as un portable ?

Elle hocha la tête et sortit un mobile d'une de ses poches, qu'elle s'empressa de donner à Ulrich. Il voulut recontacter Jeremy mais non seulement il n'avait pas son numéro, mais en plus, le réseau téléphonique avait l'air complètement inexistant dans le secteur, probablement neutralisé par les attaques électriques. Il lui rendit alors le téléphone et sans dire un mot, il suivit les quelques instructions que Jeremy avait eu le temps de lui laisser en se dirigeant vers le fond de la salle, en localisant la porte verrouillée puis en essayant de l'enfoncer en donnant de puissants coups d'épaules. Malgré tout les efforts qu'il avait déployé, la porte ne céda pas et alors qu'il s'apprêtait à recommencer l'opération, il fut arrêté par Yumi qui posant une main sur son épaule, lui dit :

-On y va ensemble à trois.

Ulrich, ayant compris qu'elle venait l'aider, acquiesça. Tous les deux reculèrent alors à une bonne distance de la porte, comptèrent ensemble jusqu'à trois, puis s'élancèrent le plus vite possible en direction de la porte qui s'ouvrit sans davantage de résistance. Cependant, n'arrivant pas à ralentir leur vitesse infernale, ils trébuchèrent tous les deux et s'écroulèrent de nouveau l'un sur l'autre.

-Décidément, ça devient une habitude ! » plaisanta Yumi avec un grand sourire.

Ulrich, un peu gêné, se releva sans attendre puis se ruant dans l'étroit couloir désormais accessible, il lui dit reconnaissant :

-Merci du coup de main ! Je dois te laisser maintenant. Salut !

Mais la jeune japonaise n'allait pas le laisser s'enfuir comme ça et, dans un sprint phénoménale, elle le rattrapa et se positionna devant lui, l'empêchant d'aller plus loin.

-Tu ne crois tout de même pas que je vais te laisser partir comme ça ? Que s'est-il réellement passé avec la prise électrique tout à l'heure ? Et où es-tu si pressé d'aller ?

Ulrich était embarrassé. Il ne voulait pas lier quelqu'un d'autre à la dangereuse aventure qu'il était en train de vivre.

-Tu t'inquiètes pour rien. Ça n'était rien, vraiment ! » essaya-t-il de la convaincre, en prenant l'air le plus sincère possible. Mais au même moment, l'unique ampoule du couloir éclata brutalement, les plongeant tous les deux dans les ténèbres.

-Et ça, ce n'était rien peut-être ? Écoute, depuis hier, il se passe des choses étranges dans ce collège, et tu sembles en savoir beaucoup plus que tu ne veux laisser l'entendre.

Yumi était perspicace et Ulrich réalisa qu'il n'aurait servi à rien de continuer à lui mentir. Il changea donc de tactique, cherchant à présent à l'empêcher de le suivre :

-C'est après moi qu'on en a. Si tu me suis, tu deviendras une nouvelle cible à abattre. Il faut vraiment que tu me laisses. Je n'ai pas envie de te savoir en danger.

-Je sais me défendre et je te signale que c'est moi qui t'ai sauvée tout à l'heure. Si tu es en danger, je viens avec toi. L'union fait la force, pas vrai ?

Il ne répondit pas mais chercha plutôt à la surprendre en essayant de la contourner mais à peine avait-il réussi à passer que la jeune fille lui fit un croche-pied qui l'envoya directement sur le sol.
Il fallait qu'il se rende à l'évidence, jamais il ne réussirait à la dissuader, ni par la force, ni par la persuasion. Il décida alors de prendre une décision qu'il savait lourde de conséquences :

-Très bien, tu as gagnée. Je vais tout t'expliquer mais je ne peux rien faire tant qu'on ne sera pas à l'usine. Mais avant tout, est-tu sûr que tu veux me suivre ? Si tu le fais, ta vie risque d'être changée à tout jamais.

-Je prends le risque. » répondit-elle avec une fougue incroyable.
Elle l'aida alors à se relever et pénétrèrent tous les deux dans les égouts, en longeant le mur du couloir à tâtons à cause du manque de luminosité.

Yumi et Ulrich restèrent coincés une vingtaine de minutes dans les égouts avant de trouver la sortie qui menait au pont. Durant tout le parcours, la jeune japonaise était restée silencieuse, prenant son mal en patience malgré les milliers d'interrogations qui se bousculaient dans sa tête.
Ulrich escalada l'échelle en premier, suivie par Yumi à qui il tendit d'ailleurs une main pour l'aider à grimper rapidement à la surface sans perdre de temps. Ils se mirent ensuite à courir en direction de l'usine puis, une fois les cordes descendues, ils se ruèrent vers l'ascenseur. Une fois dedans, Ulrich lui posa une ultime question avant d'appuyer sur les boutons rouges du monte-charge :

-Est-tu vraiment sûr de vouloir aller plus loin, de changer ta vie à tout jamais ?

-Oui ! » répondit-elle avec une assurance incroyable.

-D'accord, dans ce cas...

Il activa l'ascenseur qui se mit alors à descendre jusqu'au laboratoire contenant l'interface. Lorsque la porte s'ouvrit, Odd et Jeremy se tenaient au côté de l'ordinateur, semblant observer les moindres fluctuations des données de Lyoko qui rendraient leur mission plus dangereuse encore.

-Ah ! Te voilà enfin Ulrich ! » dit Jeremy distrait et n'ayant même pas remarqué la présence de la nouvelle inconnue. « Il faut que vous plongiez immédiatement Odd et toi, pour aider Maya et mettre fin une bonne fois pour toutes à ces attaques ! Une fois sur Lyoko, vous rejoignez la tour suspecte, vous la sécurisez et vous libérez le passage pour Maya » dit-il avec une rigueur militaire. « Dès qu'elle sera à l'intérieur, on avisera...Allez, allez ! On se dépêche ! » s'écria-t-il d'un ton pressant, et se retournant en direction d'Ulrich, surpris par l'arrivée de Yumi, il ajouta incrédule :

-Qui est-ce ?

-Elle s'appelle Yumi et...

-Mais pourquoi tu l'as amenée ? » le réprimanda-t-il. « Tu aurais pu être un peu plus discret quand même ! ».

-Écoute Jeremy : je n’aie pas eu le choix et c'est sûrement pas toi qui vas me faire la morale sur les risques à prendre ou pas ! » répliqua-t-il violemment. « Je te signale que pendant que tu reste bien tranquillement ici sur ton fauteuil, c'est nous qui combattons sur Lyoko au péril de notre vie !

La tension était palpable entre deux jeunes, et Yumi intervint alors pour essayer d'apaiser la situation :

-Si vous voulez, je peux m'en aller en promettant de ne rien raconter à personne.

-Non, c'est bon. » répondit Jeremy. « Un autre combattant ne sera sûrement pas de trop face à ce qu'il vous attend. Tu sais te battre ?

-Oui, j'ai fait quelques années de...
L'interrompant, il ordonna :

-Très bien. Descendez tous en salle des scanners, vous plongez immédiatement !

Les trois jeunes rejoignirent l'ascenseur dans le silence le plus complet. Seul le crissement strident des câbles de l'ascenseur brisait l'atmosphère lourd qui régnait dans la cabine. Yumi se risqua alors à poser une question :

-Où est-ce qu'on va ?

-Ça serait trop long de t'expliquer. » répondit Odd. « Tout ce que je peux te conseiller, c'est de ne pas paniquer même si ça risque de te paraître très, très étrange. »

La porte de l'ascenseur se rouvrit et Odd et Ulrich se positionnèrent chacun dans un scanner différent. Yumi les imita en prenant place dans le troisième.

-C'est parti pour le territoire de la banquise ! » s'écria la voix de Jeremy dans l'interphone.

Les scanners se refermèrent et tout ce que leurs occupants purent entendre furent ces quelques phrases :

-Transfert Ulrich. Transfert Odd . Scanner Ulrich. Scanner Odd. Scanner Yumi. VIRTUALISATION !


PARTIE 2 : IdentiFICATION :

Odd et Ulrich apparurent simultanément et à la même distance du sol de Lyoko. Tous deux réussirent à atterrir sans tomber sur la banquise. Alors qu'ils s'attendaient à ressentir du froid, rien ne se passa : aucune sensation de chaleur n'avait été programmée sur Lyoko.

-Génial ! Le transfert de vos avatars à fonctionné ! » s'exclama Jeremy.

-Le transfert ? » demanda Odd.

-Oui. C'est le téléchargement de vos avatars crées la veille, sur Lyoko et auxquels sont intégrés votre « programme conscience », le programme issu, durant la virtualisation, de la conversion de votre esprit, de votre conscience, en données purement informatique.
Ulrich remarqua alors l'absence de la japonaise sur le territoire virtuel, et inquiet, il s'écria :

-Et Yumi ? Son transfert n'a pas fonctionné ?

-Elle n'a pas encore d'avatar, il est encore en cours de création. C'est pour ça que le transfert n'a pas eu lieu. Attendez quelques secondes, elle ne devrait pas tarder.

En effet, il avait suffit d'un court instant pour qu'elle apparaisse dans le ciel de Lyoko. Elle commença alors à tomber mais Ulrich la rattrapa au vol et amorti sa chute.

-Comment tu te sens ? » demanda-t-il.

-Bizarre...Où suis-je ? Que s'est-il passé ? » l'interrogea-t-elle perplexe.

-On est sur Lyoko, un monde virtuel. Ton esprit a été implanté dans un nouveau corps, un avatar et normalement, tu ne risques rien ici.

-Un nouveau corps?

Elle scruta sa nouvelle tenue : cette dernière était exactement composée de la même matière synthétique que celle d'Ulrich mais de couleur rouge cette fois-ci et parfaitement adaptée à la morphologie de son corps.

-Mais...que...qu'est-ce que nous devons faire ici au juste ?

-D'après Jeremy, on doit aider une intelligence artificielle sous forme humaine, Maya, à rejoindre une tour qui serait susceptible de provoquer les attaques que tu as vu tout à l'heure. Tiens, justement la voilà.

La jeune fille sortit de l'une des tours de la banquise et vint rejoindre son escorte.

-Bonjour ! » lança-t-elle avec son habituelle sympathie.

Cela perturbait Ulrich de saluer une machine mais il prit quand même la peine de répondre un peu gêné :

-Bonjour.

Odd, quand à lui, n'était pas importuné par ce genre de détail et considérant Maya comme son égal, il s'exclama avec engouement :

-Salut !

Yumi, elle, ne dit rien, trop abasourdi par ce qui lui arrivait.

-Bon, allez, on y va ! La tour n'est plus très loin mais tant que vous ne vous en occupez pas, c'est MOI qui suis exposé aux attaques ! Je suis même plus en danger ici que vous sur Lyoko, n'est-ce-pas Ulrich ?

-Du calme, Jeremy. » l'interrompit calmement Maya pour l'apaiser. « On s'y rend tout de suite. ». S'adressant aux trois autres, elle ajouta :

« Suivez-moi ! ».

Le petit groupe courut en direction de la tour suspecte jusqu'à l'avoir en visuel. Contrairement à toutes les autres tours, le halo de fumée qui l'entourait était rouge vif et cette différence signifiait forcément que la tour avait quelque chose de particulier.

-Attendez ! » s'écria Jeremy. Je capte près de la tour deux...non, trois contacts sur mes radars ! »

Odd regarda l'édifice de plus près pour confirmer les indications de Jeremy mais il vit seulement deux kankrelats qui semblaient monter la garde.

-Tu es sûr, Jeremy ? » dit-il. « Je ne vois que deux robots. »

-Oui, j'ai bien trois contacts. Le troisième est très faible mais il existe.

-Si tu dis vrai, il n'y a qu'une seule possibilité : il y a quelque chose dans la tour !

-Non, je ne pense pas. Elles sont normalement toutes équipées d'un système d'identification qui empêche les contacts hostiles de passer.

-Les contacts hostiles, peut-être. Mais les contacts alliés ?

-Tu voudrais dire que...Non, c'est impossible. Tiens, en plus, il vient de disparaître de mes écrans. Un écho fantôme sans doute. Bon, Odd, on s'occupe des kankrelats, comme hier. Met-toi en position.

-Tu n'as toujours pas trouvé comment je peux activer mes flèches lasers tout seul ?

-Non...enfin si, mais on n'a pas le temps de tester maintenant. Prépare-toi !

Comme la veille, Odd se positionna son corps virtuel dans la stature la plus stable possible et tendit son bras en direction de ses deux ennemis. Jeremy enclencha alors le tir des flèches lasers et deux de ces dernières seulement suffirent à détruire les deux robots.

-Bien joué, Odd ! Un tir parfait ! Foncez en direction de la tour maintenant !

Tous les quatre accoururent vers cette dernière mais lorsqu'ils se trouvèrent à une dizaine de mètre de celle-ci, trois Krabes se virtualisèrent dans le ciel de Lyoko. Ils s'arrêtèrent net, Ulrich dégaina son sabre et Odd prépara son tir. Yumi, voyant les armes incroyables de ces deux camarades, demanda :

-Et moi, je n'ai pas d'armes ?

-Si, si, ça viens. » répondit Jeremy à la hâte. « Je te virtualise ça tout de suite. Attrape-les au vol ! »

Soudain, deux éventails apparurent dans le vide, au niveau des épaules de Yumi. Avant qu'ils ne tombent au sol, elle s'en saisit et les observa avec minutie.

-Et...comment ça marche » l'interrogea-t-elle confuse face à ses éventails qui lui rappelaient plus un objet de son pays d'origine qu'une arme de guerre.

-Ça, je ne sais pas. En tout cas, c'est indépendant de mon système et...

Avant que Jeremy n'ait eu le temps de terminer sa phrase, les trois Krabes touchèrent le sol et un d'entre eux déclencha un tir laser qui, habilement esquivé par Ulrich et Odd, fonça droit sur la jeune japonaise qui n'eut alors d'autre réflexe que de brandir son éventail pour se protéger. Croyant que ça n'aurait pas suffit à stopper la course folle du tir, elle ferma les yeux songeant à la blessure qu'elle allait subir. Malgré tout et à la surprise générale, le laser fut absorbé par l'éventail dès son contact avec ce dernier. Étonnée mais ayant compris que son arme avait un potentiel beaucoup plus grand qu'elle n'en laissait paraître, elle se risqua à lancer un de ses éventails sur le Krabe qui l'avait attaquée. Ce dernier eut alors sa carapace scindée en deux par l'éventail qui fendit les airs avant d'atteindre le sol quelques mètres plus loin. L'immense robot explosa et le souffle de la détonation déstabilisa les deux autres. Ulrich en profita pour se jeter sur l'un d'entre eux et lui faire perdre l'équilibre en coupant une de ses pattes. Il l'acheva ensuite en enfonçant son sabre en plein milieu de sa carapace. Cependant, le troisième robot réagit aussitôt en tirant une salve rapide d'une dizaine de lasers que Ulrich ne put éviter. Il fut ainsi dévirtualisé au même moment où le Krabe dont il fut le bourreau s’autodétruisit.

Il ne restait désormais plus que Odd et Yumi pour s'occuper du dernier ennemi et protéger Maya. Le jeune félin essaya donc de détruire le robot avec ses flèches mais ce dernier réussissait à esquiver chaque tir en agitant frénétiquement ses pattes mécaniques. Odd vida ainsi la totalité de son énergie allouée à la virtualisation des flèches lasers et le Krabe profita de cette faiblesse pour se ruer sur lui et le pourfendre d'une de ses pattes aiguisées. Ayant dévirtualisé un autre de ses ennemis, il se retourna vers Yumi et déclencha une nouvelle série de tirs que cette dernière dut parer avec son seul éventail restant. Cependant, elle hésitait à envoyer ce dernier pour détruire le Krabe car elle savait que si elle manquait son coup, elle serait sans défense et subirait le même sort que ces deux autres camarades. Elle se contenta donc d'absorber la majorité des tirs dont elle était la cible.

Maya, se rendant compte que Yumi se retrouvait coincée par le Krabe qui tirait d'incessantes rafales, tenta de passer discrètement au delà de ce dernier mais celui-ci la remarqua et se positionna juste devant l'entrée de la tour pour lui bloquer le passage. Elle savait que si elle ne faisait rien, jamais elle ne réussirait à atteindre la tour activée.
Soudain, elle ferma les yeux et son avatar s'arrêta complètement de faire le moindre mouvement. Elle sentit sa conscience sortir de son corps, comme si elle pouvait se déplacer où elle le voulait en une fraction de seconde et sans avoir besoin de son enveloppe corporelle. Elle voyait tout Lyoko figé, plus rien ne bougeait autour d'elle. Le temps semblait s'être arrêté. Elle pensa alors au Krabe qui se tenait là, immobile sur la glace. Elle savait qu'elle devait trouver un moyen de s'en débarrasser. Elle imagina ainsi, l'espace d'un très court instant, Lyoko sans son territoire de la banquise et au moment même où cette pensée traversa son esprit, elle entrevue le sol, les tours et le ciel de la banquise, disparaissant sous ses yeux instantanément. Seul Yumi et le Krabe restait en suspension au beau milieu du vide, toujours figés hors du temps. Une fois sa pensée évanouie dans les profondeurs de son esprit, le territoire réapparut comme si rien ne s'était passé. Elle se concentra alors autant qu'elle le pouvait sur la petite parcelle de sol sur laquelle reposait le robot et elle l'imagina disparaissant, n'existant plus. Elle vit ainsi un morceau du territoire se volatiliser sous ses yeux. Sa tâche étant accomplie, elle pensa très fort à regagner son avatar et elle vit la scène reprendre son cours puis le Krabe, n'ayant plus rien sur quoi s'appuyer, chuter.

Yumi commençait à céder sous les rafales du Krabe lorsqu'elle le vit tomber brutalement dans un trou qui venait subitement d'apparaître.

-Qu'est-ce que c'était ? » demanda-t-elle.

-Je ne sais pas... » répondit Jeremy aussi étonné qu'elle, et reprenant son air militaire, il ajouta : « Bon, peu importe. Foncez à la tour, vite ! ».

Yumi se retourna en direction de Maya mais elle découvrit que celle-ci gisait au sol inanimée.

-Jeremy, regarde ! » s'écria Yumi.

-Maya ! Maya, répond-moi ! Mais qu'est-ce qui se passe ? » dit-il paniqué.

Il se mit à consulter alors les nombreuses fenêtres de ses écrans et en particulier celle de l'avatar de la jeune fille. Il remarqua alors quelque chose qui le rendit blême :

-Tous les logs indiquent que son programme conscience a quitté son avatar avant d'y retourner il y a quelques secondes. Je ne comprends pas. Comment est-ce possible ?

Maya rouvrit enfin les yeux quelques secondes plus tard. Sans dire un mot, elle ne tarda pas à se relever puis comme si rien ne s'était passé, elle s'exclama d'un ton naturel :

-La voie est libre ! Allons-y !

Elle se mit alors à courir en direction de la tour. L'incompréhension fut la plus totale du côté de Yumi et Jeremy mais leur attention fut immédiatement reportée sur leur mission lorsque Maya pénétra dans la tour.

Elle s'approcha de l'interface bleue où un message clignotait sans jamais s'arrêter : « CODE X.A.N.A activé ». Elle commença à manipuler l'interface mais à chaque opération qu'elle essayait d'effectuer, la même consigne s'affichait : « Seul une entité autorisée peut accéder aux ressources systèmes. Veuillez procéder à l'identification. ». Maya posa alors une main sur l'interface et une suite de messages apparurent : « IDENTIFICATION : AELITA », « CODE LYOKO initialisé », « Tour désactivée ».

-Jeremy, je crois que c'est bon. J'ai mis fin aux attaques, la tour est désactivée.

Le jeune garçon était bouche bée.

-...Bien joué, Maya... » bafouilla-t-il.

-Aelita ! » l'interrompit-elle. « Je crois...je crois que je m'appelle Aelita ! ».
-Incroyable » susurra-t-il abasourdi.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit alors et Odd et Ulrich en sortirent en demandant :

-Où est Yumi ?

-Elle est toujours sur Lyoko mais je vais la ramener tout de suite. La mission est accomplie !

Yumi, Ulrich, Odd et Jeremy étaient à présent tous réunis dans le laboratoire informatique.

-Je crois que, maintenant, on mérite des explications » affirma Ulrich. « A quoi sert réellement le SuperCalculateur ? »

-Je n'en suis pas encore tout à fait sûr, » répondit Jeremy, « mais je pense qu'il est le seul super ordinateur à avoir une vitesse de calcul suffisante à la gestion de la virtualisation à partir des scanners, car ce sont bien eux qui représentent l'invention la plus importante de ce laboratoire. En effet, ils permettent non seulement la virtualisation de n'importe quel corps matériel mais aussi leur rematérialisation.

-D'accord, mais quel est l'intérêt de la virtualisation ?

-De pouvoir faire ce que l'Homme à toujours voulut faire dans ces rêves les plus fous ! Tout d'abord, deux scanners reliés entre eux peuvent servir de plate-forme de téléportation ! Ensuite, on peut dupliquer à l'infini n'importe quel objet virtualisé en matérialisant des copies !

-Attend, tu veux dire que maintenant tu peux sortir chacun de nous trois en plusieurs exemplaires ? » s'écria Odd, sûrement aussi inquiet que ravi.

-Exactement, mais ce n'est pas tout. Comme vous l'avez vu, il est possible vous envoyer dans une machine et une fois sur Lyoko, grâce à vos avatars, vous ne pouvez pas être blessés : vous êtes invulnérable. Votre conscience est le seul élément conservé durant votre passage du monde réel au monde virtuel. Ainsi, à chaque virtualisation une copie de votre esprit est stocké dans le SuperCalculateur. Imaginez maintenant que chaque matin, vous vous virtualisiez puis vous rematérialiseriez. Si jamais il vous arrivait de mourir durant cette journée, on n'aurait plus qu'à recréer une copie de votre corps puis y réintégrer votre conscience pour vous faire revivre ! Peu importe que vous soyez dans le monde réel ou virtuel, à partir du moment où vous vous êtes virtualisé au moins une fois, vous êtes immortel ! Le pire, c'est que même sans corps réel ou virtuel, votre conscience pourrait continuer à « vivre » dans le SuperCalculateur, comme si elle se trouvait être un simple programme !

-C'est...incroyable ! » s'écria Ulrich.

-C'est donc possible de me créer un clone ? » plaisanta Odd.

-En théorie, oui. Seulement, un certain nombre de programmes semblent empêcher ce phénomène. En effet, malgré votre virtualisation, votre conscience n'est restée qu'en un seul exemplaire : celui que vous avez actuellement dans votre corps réel. Il semblerait que les scientifiques qui ont conçus le SuperCalculateur aient tentés de respecter certaines règles d'éthique et je pense qu'ils ont eu raison. Imaginez les conséquences engendrées par une malencontreuse manipulation du SuperCalculateur, ne se contentant plus de vous matérialiser vous mais aussi votre clone. Qu'est-ce que vous feriez de ce dernier ? Aucun de vous deux ne serait plus réel que l'autre ! La solution la plus « logique » serait d'éliminer l'un des deux, mais qui ? Votre clone pense comme vous : si vous songez à le tuer, il y pensera de même et je suis sûr que personne ici n'a envie de s'entre-tuer avec son potentiel clone !

-C'était juste pour rire... » se repentit Odd.

-Et ces attaques, Jeremy ? Qu'est-ce que c'était ? » demanda Ulrich.

-Là aussi, je ne suis pas tout à fait sûr, mais je pense quand même avoir une explication. Vous voyez, les tours, par un moyen que je ne connais pas encore, permettent d'agir sur le monde réel par le bied d'interactions électriques extrêmement puissantes et précises, comme je pourrais le faire sur Lyoko en programmant quelque chose. Tout ceci n'est possible que par l'action d'un courant électrique. Mais il me manque encore beaucoup d'informations pour comprendre comment elles nous ont atteintes avec autant de justesse. Bref, lorsque Maya...pardon, Aelita...est entrée dans la tour suspecte, elle a remarquée que celle-ci était activée et que par conséquent, elle accumulait depuis la date de son activation l'énergie nécessaire à l'ouverture d'un « porte » sur le monde réel, passage sans lequel les attaques ne seraient pas possibles.

-Oui, mais qui les a provoquées et pourquoi ?

-J'y viens : il y a quelques jours, j'ai étudié les notes de scientifique qui traînait dans le SuperCalculateur. Certaines mentionnent un virus informatique censé être désactivé à l'heure actuelle : X.A.N.A. Je ne sais pas encore à quoi il servait mais il y a très peu de moyens de programmer et d'activer une tour car elles sont protégées par un système d'identification qui permet à l'entité authentifié de lancer un code informatique selon les autorisations qu'il possède. Or, en recherchant dans les registres du SuperCalculateur, je n'ai trouvé que deux codes encore actifs : le CODE X.A.N.A et le CODE LYOKO. Le premier est celui attribué au virus et qui limite certains accès comme celui des programmes les plus importants du SuperCalculateur -c'est-à-dire, les programmes de virtualisation et de matérialisation, vos avatars, la génération de Lyoko, etc-, qui sont protégés par un pare-feu qui n'est franchissable que par le deuxième code, celui qui permet TOUS les accès aux données sécurisées du SuperCalculateur. Or, c'était bien le CODE X.A.N.A qui avait été lancé dans la tour, ce qui ne peut signifier qu'une chose, c'est ce virus informatique qui a essayé de nous tuer !

-Mais pourquoi ? » intervint Yumi.

-Je ne sais pas...Seul l'avenir nous le dira. Malgré tout, il existe un moyen de contrer ces attaques : le CODE LYOKO, qui permet de reprogrammer les tours, autrement dit, les désactiver. Et Aelita est la seule en possession de ce code ! Elle est la gardienne de Lyoko ! De plus, elle ne semble faire qu'un avec ce dernier : tout à l'heure, lorsque sa conscience est sorti de son avatar, c'était pour se coupler avec le SuperCalculateur. De cette façon, elle n'était plus qu'une programme simple sans avatar, et par la pensée, elle a pu contrôler le fonctionnement de Lyoko à la même vitesse que celle du SuperCalculateur, et qui dépasse de beaucoup la vitesse de la pensée normale. C'est pour ça qu'elle avait l'impression que le temps s'était figé !

Brisant le rêve que Jeremy était en train de vivre, Ulrich ajouta d'un ton grave:

-Quand tu dis « seul l'avenir nous le dira », tu veux dire qu'on va à nouveau subir des attaques de ce virus qui essayent de nous tuer ?

-Peut-être mais...

-Pourquoi n'éteint tu pas simplement le SuperCalculateur, au lieu de risquer nos vies à tous ?

-Pour Aelita ! Écoute, je crois qu'elle est bien plus qu'une simple intelligence artificielle et je suis persuadé que je peux réussir à la matérialiser.

-Matérialiser un programme ? Tu délires complètement !

-Aelita a une conscience comme toi et moi ! Elle ressent la douleur et la joie, elle a de l'humour, elle est brillante et elle est surtout très obstinée ! Elle a tout d'une humaine et je ne peux pas la tuer en éteignant le SuperCalculateur !

-Jeremy a raison. » ajouta Odd. « Je pense qu'elle vaut largement le risque de laisser le SuperCalculateur allumé. »

-En plus, elle est la seule qui peut contrer X.A.N.A. » intervint Yumi d'un ton convaincant. « Laisser le SuperCalculateur éteint n'empêchera jamais personne de le rallumer un jour et là, pendant qu'on vivra tranquillement notre vie, quelqu'un sera en danger de mort ! On n'a pas le choix, Ulrich. Et je n'ose même pas imaginer ce qui se passera si on contacte les autorités. »

Le jeune homme hésita encore quelques instants avant de proclamer :

-Bon, d'accord, je te laisse une semaine pour t'occuper d'Aelita. D'ici là, je veux bien m'amuser à jouer l'aventurier complètement cinglé dans un monde virtuel où on essaye de m'éliminer, mais après sept jours, on arrête tout !

-Ça marche, Ulrich. » répondit Jeremy. « Maintenant, vous devez tous me promettre de garder le secret et de m'aider à combattre X.A.N.A le temps que je sauve Aelita. »

Tous répondirent en chœur : « Promis ! », même Ulrich qui était bien décidé à tenir sa parole.

-Désormais, vous devrez assumer le rôle de Lyoko Guerriers.[/quote]

Prochain chapitre, "Contrôle mental" ==> là c'est 100% mes idées et le début de mon intrigue personnelle.

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Bon personne ne me lit, mais c'est pas grave, je poste quand meme.^^

Cependant, sachez que notamment les chap 6 et 7 ont un grand succes sur les autres forums CL car ils expliquent presque tout, du Retour vers le passé jusqua XANA en passant par Franz Hopper. Ainsi, si vous voulez les lire directement, vous pouvez.

Chapitre 5

Spoiler:
LYOKO PROJECT


Chapitre 5 : Contrôle Mental :
Yumi, Ulrich, Odd et Aelita patientaient calmement en plein milieu du territoire de la banquise.

-Bon, tu vas peut-être enfin nous expliquer ce qu'on fait sur Lyoko ? » grogna Ulrich comme à son habitude.

-C'est simple : vous allez faire un stage d'entraînement pour vous perfectionner aux techniques de combat dont vous aurez besoin pour vous défendre. » répondit Jeremy. « On va commencer par toi, Aelita ! »

-D'accord. » acquiesça-t-elle de sa voix douce et mélodieuse. « Qu'est ce que je dois faire ? ».

-Je vais te demander d'essayer de modifier la structure de Lyoko, comme tu l'as fait durant la dernière attaque de X.A.N.A. Connecte-toi mentalement au SuperCalculateur et essaye de modifier, par la pensée, le programme architecte du territoire de la banquise pour ériger, disons,...un mur, tiens !

-Je vais essayer...Mais je ne suis pas sûre d'y arriver.

-Je suis convaincu que tu réussiras parfaitement » dit-il d'une voix rassurante. « Concentre-toi au maximum et le contrôle mental devrait faire son œuvre ! ».

La jeune fille referma ses paupières. Rapidement, elle visualisa avec précision ce qu'elle voulait voir apparaître et à quel endroit. Pour s'aider, elle brandit son bras et pointa du doigt le lieu où le mur allait s'ériger. Elle se concentra alors autant qu'elle le pouvait, n'écoutant plus rien, ne regardant plus rien, laissant tous ces sens de côté et ne pensant à rien d'autre qu'à la barrière de glace qu'elle voulait créer. C'est ainsi qu'au bout de quelques secondes seulement, un épais mur blanc se virtualisa devant elle, sous les yeux admiratifs de ses trois nouveaux protecteurs. Elle rouvrit alors les yeux et put contempler son travail accompli, avant de s'écrier avec fierté :

-J'ai réussi !

-Tu vois, je t'avais dit que tu t'en sortirais à merveille ! » la félicita Jeremy. « Il suffisait juste que fasse le vide parfait dans ton esprit pour que toutes tes pensées soit traduites en requêtes informatiques qui seront lues et interprétées par le SuperCalculateur. N'hésite pas à te servir du contrôle mental si tu es attaquée par d'autres robots. »

-C'est compris, Jeremy.

-Bon, maintenant, c'est à toi Odd. Place-toi devant le mur que vient de faire apparaître Aelita, il va te servir de cible.

Le jeune garçon se mit en position à quelques mètres de la façade de glace.

-Comme promis, j'ai trouvé un moyen pour que tu déclenches par toi même la virtualisation et l'envoi des flèches lasers. Il s'agit en fait exactement du même principe que pour Aelita, le contrôle mental, sauf que cette fois-ci, tu dois te concentrer sur tes avant-bras, là où se situent les modules de mise à feu. Allez, assez de théorie, passons à la pratique ! Je te laisse faire !

-D'accord, je vais essayer... » dit-il doucement, déjà entièrement impliqué dans la tâche qui l'incombait.

Il s'immobilisa devant le mur, brandit son bras puis attendit en essayant de penser le plus possible aux flèches lasers. Mais malgré tout les efforts mentaux qu'il produisait, le module de virtualisation ne s'activa pas.

-Je...Je n'y arrive pas, Jeremy ! » annonça-t-il découragé.

-Tu dois sentir les modules, comme si c'étaient de nouveaux organes. Tu n'es plus dans ton corps réel là, ton esprit doit être libre de s'adapter à toutes les particularités de ton avatar. Il faut que tu arrives à récréer les connexions entre ta conscience et les membres de ton corps virtuel. Allez, réessayes.

Une nouvelle fois, il essaya d'atteindre mentalement le module de virtualisation des flèches lasers, en faisant abstraction de tout ce qui l'entourait et en pensant uniquement à ses avant-bras, et cette fois-ci, il ressentit quelque chose d'étrange, quelque chose d'inhabituel et de nouveau.

-Ça y est ! Je ressent quelque chose ! » affirma-t-il fièrement.

-Parfait ! Maintenant, il faut que tu arrives à stimuler le module pour tirer une flèche laser. Penses-y de toutes tes forces, crie-le s'il le faut !
Odd ferma les yeux, serra son bras avec une extrême fermeté puis hurla aussi fort qu'il le pouvait :

-Flèche laser !

A ce moment-là, le module se mit en route et une flèche laser fila, après s'être virtualisée, en direction du mur de glace, qu'elle perfora d'ailleurs comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire morceau de polystyrène.

-Bien joué, Odd ! » s'écria Jeremy satisfait de sa prestation.

Le félin se retourna alors et tira de ses deux bras des flèches lasers dans toutes les directions, dont une qui aurait atteint Ulrich si ce dernier n'avait pas eu le réflexe de se protéger avec son sabre.

-C'est génial ! » cria-t-il plus qu'heureux. « J'ai enfin le contrôle ! Plus rien ne peut m'arrêter ! ».

Son grand moment de folie fut interrompu par Ulrich qu'il commençait à énerver :

-Si, moi je peux si tu n'arrêtes pas de me tirer dessus !

Odd se mit alors à rire avec une allégresse immense, devant les sourires ravis de Yumi, Jeremy et Aelita.

Pour l'instant, tout se passait comme prévu, pensa Jeremy. Son équipe n'aurait désormais plus aucun mal à repousser les éventuelles futures attaques de X.A.N.A et il pourrait se servir de cet argument pour allonger le délai qu'on lui avait accordé pour trouver le moyen d'amener Aelita sur Terre. En effet, ses recherches n'avaient jusque là pas vraiment été très fructueuses. Il savait que si il voulait un jour pouvoir toucher réellement Aelita, de ses propres mains, il allait devoir lui trouver un corps réel. Cependant, l'avatar n'étant pas un être complet mais juste une enveloppe virtuelle qui avait été développée sur Lyoko, il ne pouvait pas la matérialiser dans le monde réel. Ainsi, soit il découvrait quelque part dans le SuperCalculateur un éventuel corps qui pourrait lui appartenir, soit il devrait utiliser un corps de substitution. Et pour l'instant, tout ce qu'il avait, c'était les copies des corps de Yumi, Odd et Ulrich, et si il la mettait dans un d'entre eux, il serait impossible pour elle de vivre une vie normale, car elle devrait rester enfermée dans l'usine, à l'abri des regards. Il avait aussi essayé de transférer son programme conscience dans un autre ordinateur mais aucun n'était assez puissant pour permettre à une intelligence artificielle de vivre à l'intérieur. C'est en menant ce genre de réflexions qu'il aboutissait au mystère de l'existence d'Aelita sur Lyoko. Pourquoi une intelligence artificielle aussi développée ? Un simple robot convenablement accrédité serait parfaitement en mesure de désactiver les tours. De plus, son avatar aurait été beaucoup plus adapté à une évolution sur Lyoko que celui d'une jeune fille frêle et sans défense. A moins que Aelita soit beaucoup plus qu'une intelligence artificielle...Il avait découvert en même temps que le SuperCalculateur, tout le potentiel de ce dernier, dont le plus impressionnant, la virtualisation. Avec elle, la correspondance corps et âme ne signifiait plus rien, cette dernière pouvant être manipulée à volonté. Et c'est sûrement à partir d'une autre conscience que celle d'Aelita avait pu être programmée avec autant de perfection. De même, il n'était pas impossible qu'elle soit elle même une conscience réelle et c'est cette hypothèse qui serait la clé du problème, Jeremy le savait. Si jamais cette intelligence artificielle était en réalité une vraie jeune fille virtualisée dans le passé, il aurait juste à trouver une copie de son corps réel qui était forcément stocké quelque part sur Lyoko. En attendant, il devait confirmer ou non cette hypothèse pour faciliter ses recherches et convaincre les Lyoko Guerriers, dont Ulrich, le plus retissant, à bien vouloir lui accorder plus de temps.

Reprenant le stage d'entraînement, Jeremy déclara d'un ton presque administratif :

-Très bien, Yumi, c'est à toi.

-Bien, qu'est-ce que je dois faire ?

-Tout d'abord, essaye de virtualiser tes éventails toute seule, par la pensée. Fais comme Odd : songes-y très fort et ça devrait marcher.

La jeune japonaise se concentra et c'est au bout d'un court instant que le premier éventail apparu directement dans sa main droite, suivi immédiatement par le deuxième qui arriva dans sa main gauche. Étonnée d'avoir réussie aussi rapidement, elle demanda :

-Ça n'était pas un peu trop...facile ?

-Non et justement, c'est là, la particularité de ton avatar. En fait, j'ai remarqué que ton programme conscience était beaucoup plus étroitement lié à tes armes et même à l'environnement de Lyoko, ce qui fait que le signal de ta pensée est beaucoup plus intense et réactif. Ainsi, si j'ai raison, tu dois pouvoir utiliser à meilleur escient le contrôle mental. De plus, ton esprit semble couplé avec une sorte de moniteur de trajectoire qui gère tes éventails. En d'autre mots, tu sembles capable de télékinésie !

-Vraiment ? » s'écria-t-elle, complètement abasourdie par cette nouvelle.

-Oui...enfin, je crois. Voilà ce qu'on va faire : tu vas lancer un de tes éventails et essayer de faire varier sa trajectoire seulement par la pensée.

Elle s’exécuta aussitôt, projetant avec dextérité l'une de ses armes vers l'horizon. Elle se concentra alors mais même si elle peinait à la faire bouger, tous remarquèrent un détail étrange : l'éventail qui tournait sur lui-même à une vitesse impressionnante, continuait sa course sans jamais redescendre, restant toujours à la même altitude.

-Tu vois, Yumi ! Qu'est-ce que je te disais ?

Au moment où Jeremy prononça ses phrases, l'attention de la jeune fille fut déviée de l'éventail, ce qui eut pour effet que ce dernier s'écrasa sur le sol.

-Oh ! Pardonne-moi, je t'ai déconcentrée. » s'excusa-t-il, un peu penaud d'avoir gâché les efforts qu'elle était en train de produire. « Bon, pas grave. Essaye de le ramener vers toi à présent. » enchaîna-t-il rapidement.

Elle recommença la délicate opération et parvint à, comme l'avait espéré Jeremy, à se servir de la télékinésie pour rapporter l'éventail dans sa direction. Même si il ne revint pas directement dans une de ses mains, il avait quand même parcouru la distance nécessaire pour que celui-ci tombe juste aux pieds de la japonaise qui n'avait plus qu'à se pencher pour le ramasser.

-Parfait ! » la félicita Jeremy. « Un peu plus compliqué à présent : envoie-le le plus loin possible et fais en sorte de le ramener directement dans ta main, comme un boomerang. »

Yumi commençait à fatiguer et toutes ses manipulations mentales lui avaient données une sorte de migraine, comme si elle avait la tête qui tournait. Malgré toutes ces incommodités qui la submergeaient, elle s'essaya quand même à l'éprouvant exercice. Elle lança donc son éventail d'un geste vif et puissant et ne le quitta plus des yeux alors qu'il flottait sur la brise légère du territoire de la banquise, sans jamais s'arrêter de tourner sur lui-même, puis défiant les lois de la physique de ce monde étrange, il se retourna et revint avec précision dans la main droite de Yumi, qui se referma sur lui, le laissant prisonnier de la puissante étreinte de la jeune japonaise.

-Voilà, Jeremy... » murmura-t-elle, visiblement exténuée par ce qu'elle venait d'endurer.

-Bon travail ! » s'exclama-t-il. « Je devine à quelle point cela doit être éprouvant mais tout ceci est nécessaire si vous voulez réussir à vaincre les robots de X.A.N.A. Plus vous vous entraînerez, plus vous serez habitué au contrôle mental et plus vous aurez de facilité pour vous en servir. Mais bon, pour l'instant, je te laisse te reposer Yumi. Par contre, Ulrich, j'ai un programme chargé pour toi ! ».

-Mhhh...laisse-moi deviner : je vais devoir penser très très fort pour m'envoler ? » ironisa-t-il.

-Non mais tu n'es pas très loin. Je vais d'abord te demander un exercice plutôt physique. Il y a une tour à une centaine de mètres derrière toi. Cours le plus vite possible jusqu'à elle et reviens.

-D'accord, c'est parti ! » dit-il impétueusement avant de s'élancer à un rythme effréné.

Il sprinta aussi rapidement qu'il le pouvait, poussant avec force sur ses deux jambes et balançant avec entrain ses bras pour se donner la meilleure impulsion possible. Après plusieurs secondes de course, il acheva son parcours et arriva complètement essoufflé devant ses autres camarades. Il s'était donné à fond durant cet exercice et réellement fatigué de cet effort intense, il s'allongea sur le sol pour se reposer, entièrement satisfait de sa prestation. Cependant, alors qu'il s'attendait à recevoir une foule de compliments de la part de Jeremy, ce dernier le sermonna :

-C'était insuffisant, Ulrich ! Tu n'es pas trop mal parti mais à la fin des premiers cent mètres, tu as fortement ralentit !

-Quoi ? » s'indigna-t-il. « Évidemment que je ralentis, c'est la fatigue ! J'aimerais bien t'y voir toi ! J'ai utilisé le maximum de mes capacités et à mon avis aucune personne ici n'est capable de faire mieux ! »

-Écoute, Ulrich : la fatigue ne peut pas te ralentir sur Lyoko, car elle n'existe pas ! Ton avatar n'utilise ni dioxygène, ni muscles, ni organes. Tu ne dois pas être essoufflé. Ce que tu ressent n'est qu'un mirage provoqué par l'habitude de ta conscience à être fatigué lors d'un effort physique. C'est comme le fait que vous cligniez des yeux sur Lyoko, c'est totalement absurde ! Tu dois passez outre toutes ces barrières mentales. Dans ce monde virtuel, tu n'as aucune limite. Tu peux même courir beaucoup plus vite que dans le monde réel. Tu ne dois plus obéir aux règles imposées par ton corps mais c'est à toi de le commander par la pensée. Tout est dans la tête. Fais abnégation de tous tes contraintes humaines et laisse ton esprit parler à la place de ton corps. Allez, concentre-toi et refait moi cette course au moins deux fois plus vite !

-Deux fois plus vite ? » s'inquiéta-t-il. « Mais c'est impossible ! ».

-Non, pas si tu passes au-delà des barrières que ta conscience t'impose. Tu dois réussir et je sais que tu le peux.

-D'accord...je vais faire tout mon possible pour y arriver » bredouilla-t-il, peu confiant en les dires de Jeremy.

Il s'élança malgré tout plus déterminé que jamais face à ce nouveau défi. Pour outrepasser la douleur, il ferma les yeux, serra les dents et isola toutes ses pensées parasites pour ne plus songer qu'à son ultime objectif. Il essaya ensuite de se focaliser sur sa respiration qui s'emballait, l'empêchant de se concentrer, mais rien ne semblait pouvoir apaiser les douleurs qu'il endurait suite à l'acharnement physique qu'il était en train de pratiquer.

-Tu dois oublier ta souffrance, Ulrich. Dans ce monde, elle n'est pas réelle. Ce n'est rien d'autre qu'un fragment de programme informatique. Surpasse-toi ! » l'encouragea le jeune garçon.

Il se mit alors à hurler pour évacuer toute sa colère et sa douleur. C'était un cri de désespoir dans lequel on pouvait percevoir une note de rancœur. Tout se bousculait dans sa tête : pourquoi avait-il accepté de devenir un guerrier sur ce monde dangereux ? Était-il vraiment de taille à lutter contre un ennemi plus fort que lui ? Que se passerait-il si quelqu'un était blessé...ou pire ?

Il ressentait, en même temps, de la haine et de la tristesse. Plus il avançait, plus il s'épuisait et il était convaincu qu'il n'y arriverait jamais, à tel point, qu'il abandonna.

-Je suis désolé...je ne peux pas. » avoua-t-il, honteux d'avoir failli à sa tâche.

-Tiens bon, ne lâche rien ! Tu peux le faire, Ulrich, j'ai confiance en toi. » le soutint Yumi.

Aussitôt il entendit cette voix, aussitôt l'espoir reparut dans son esprit. C'était pour elle qu'il devait combattre. Il ne pouvait la laisser toute seule ici, sur Lyoko. Il ne supporterait pas de la perdre et il devait la protéger. Et pour cela, il savait qu'il devait accomplir ce défi, pour rester à ses côtés aussi longtemps qu'elle serait en danger sur ce monde hostile. De nouveau, il poussa un puissant cri remplie de persévérance et de détermination. Il redoubla d'efforts et à ce moment-là, il ne sentit plus son avatar, comme s'il flottait dans les airs. Tous ses camarades purent alors assister à un incroyable spectacle : les deux jambes d'Ulrich enchaînaient tellement vite leurs pas qu'on ne les voyaient presque plus et son avatar se déplaçait à une telle célérité qu'il semblait se décomposer, laissait une intense traîne orangée derrière lui.

-Ça y est, il n'est plus prisonnier de son corps : son esprit s'est libéré. » annonça Jeremy époustouflé par ce qu'il se déroulait sur son écran.

Lorsque Ulrich s'arrêta pour constater ce qu'il se passait, il avait dépassé la tour de plusieurs centaines de mètres sans s'en rendre compte et les trois silhouettes de ses camarades n'étaient plus que trois minuscules points figés à l'horizon. Il essaya donc de les rejoindre à la même vitesse que précédemment, ce qu'il fit avec succès et à la première tentative, se sentant désormais libre comme l'air, presque comme s'il était en train de voler. Il réussit à les atteindre en quelques secondes et un tonnerre d'applaudissements et de félicitations s'abattirent sur lui alors qu'il ne s'était même pas encore remis de ses émotions.

-Je savais que tu y arriverais ! » dit Yumi avec un large sourire.

-Je crois...je crois que je n'aurais pas réussi sans toi. » confessa-t-il.

Tous les deux furent alors un peu gêné, n'osant plus se regarder en face, et s'ils avaient pu rougir, leur visage auraient pris une importante teinte rouge.

-Beau travail à vous quatre ! L'entraînement est maintenant terminé ! Je vous ramène ici dans quelques instants. Aelita, tu peux rejoindre la tour en face de toi. Bon, vous êtes prêt pour la rematérialisation ?
-Attends ! » s'écria brusquement la jeune fille aux cheveux roses. « Il faut que j'aille vérifier quelque chose ! ».

-Aelita, que se passe-t-il ? » demanda Jeremy inquiet.

Elle ne répondit mais se dirigea plutôt vers la tour la plus proche puis y pénétra afin de pouvoir accéder à l'interface. Après quelques instants de manipulations, elle s'exclama :

-C'est bien ce que je pensais !

-Quoi ? Qu'y a-t-il ?

-Regarde les relevés des fluctuations de l'énergie de Lyoko. Une bonne partie des ressources énergétique vient d'être déviée dans une autre tour, sur le territoire du désert. Je crois que X.A.N.A passe à l'attaque.

-Oh non, c'est pas vrai ! Tu as raison ! Mais comment tu l'as su ?

-Je l'ai ressenti, c'est tout. Tu as toi même dit que j'étais connectée à Lyoko.

-Oui, sans doute. Bref, Yumi, Odd, Ulrich : préparez vous au combat ! Rendez-vous dans la tour du passage au nord-est de votre position. Je programme le transfert.

Les quatre Lyoko Guerriers accoururent sans attendre à la tour du passage. Une fois à l'intérieur, ils se jetèrent dans le vide et atterrirent dans la tour du territoire du désert.

-Jeremy, tu sais quel est la cible visée par X.A.N.A ? » demanda Aelita.

-Non, pas encore. » répondit-il perplexe. « Mais la tour continue d'accumuler une grande quantité d'énergie ! Dépêchez-vous d'aller la désactiver ! »

-On n'est plus très loin ! On aura la tour en visuel dans quelques secondes.

-Bien reçu, mais faites attention, je capte cinq contacts ennemis près de la tour.

En effet, cinq Krabes immobiles gardaient la précieuse tour activée, prêts à éliminer le premier intrus qui chercherait à y pénétrer.

-Il va falloir utiliser vos nouvelles techniques de si vous voulez parvenir à les battre » indiqua-t-il au petit groupe. « Allez, en formation de combat ! Ulrich, tu ouvres la voie et tu fais diversion pendant que vous deux, Odd et Yumi, vous détruisez les Krabes grâce à vos armes. Toi, Aelita, tu restes cachée et à mon signal, tu fonces vers la tour ! Compris ? »

-Affirmatif, Jeremy » annonça Odd, puis à l'attention d'Ulrich, il s'écria : « Après toi ! ».

Ce dernier dégaina alors son sabre puis s'élança à l'assaut de ses ennemis, suivi de près par Odd et Yumi qui lancèrent leurs armes grâce aux méthodes expérimentées précédemment. Un premier Krabe, distrait par Ulrich qui s'était mis à lui tourner autour à une vitesse folle, fut abattue par Yumi qui en avait profitée pour envoyer un éventail rapide qui, manipulé à l'excellence par son propriétaire, trancha les quatre pattes du robot avant de l'achever en effectuant une dernière boucle qui plaça la carapace vulnérable sur sa trajectoire. La jeune japonaise parvint même à le rattraper pour le relancer de suite mais cette fois-ci, la vigilance des autres Krabes était bien présente, et ces derniers n'hésitèrent à tirer plusieurs semonces pour détruire l'éventail. A peine Yumi s'en rendit compte qu'elle était déjà la cible de plusieurs rafales de lasers qui, malgré sa résistance acharnée à l'aide de la seule arme qui lui restait, finirent par avoir raison de sa défense et l'atteignirent en plein ventre, clouant la jeune japonaise au sol.

-Attention, Yumi ! Il ne te reste plus que 40 % d'énergie. » la prévint calmement Jeremy pour ne pas l'affoler davantage.

Odd, qui avait remarqué que sa camarade était en difficulté, se rua auprès d'elle pour l'aider à se relever, tout en assurant sa couverture à l'aide de nombreux tirs de flèches lasers. Ulrich en profita alors pour slalomer entre deux des Krabes qui, tirant avec acharnement des salves incessantes de lasers sur leur inatteignable cible qui se déplaçait à une vitesse fulgurante, finirent par s’entre-détruire maladroitement.

-Bravo ! Plus que deux Krabes ! » les encouragea Jeremy mais le ton de sa voix devint beaucoup plus sombre lorsqu'une nouvelle information inquiétante apparut sur ses écrans :

-Attendez ! Il y a une troisième contact dans la tour...c'est le même écho fantôme que durant la dernière attaque ! Débarrassez-vous au plus vite des robots puis entrer dans la tour avant qu'il ne disparaisse !

Tous redoublèrent alors d'efforts pour parvenir à détruire leurs ennemis rapidement et efficacement : Yumi, soutenue par les nombreuses flèches lasers de Odd, lança son dernier éventail droit sur un ennemi qui n'eut le temps de l'esquiver et se détruisit aussitôt. Ulrich, quant à lui, se rua sur le dernier Krabe qu'il transperça avec acharnement de plusieurs violents coups de sabre, avant de s'écrier :

-La voie est libre, allons-y !

Il pénétra alors dans la tour pour découvrir ce que représentait ce mystérieux écho fantôme, mais une fois à l'intérieur, il ne vit rien d'autre que l'interface bleue qui luisait dans les ténèbres.

-Jeremy, il n'y a rien ici ! » déclara-t-il.

-Pourtant, j'ai bien un contact sur mon radar.

Il paramétra aussi vite qu'il le pouvait le radar qui lui permettait de détecter n'importe quelle présence physique sur Lyoko.

-On dirait que...on dirait que le contact est immobile ! Mais enfin, il devrait être juste à côté de toi ! A moins que...Oh non ! C'est un leurre ! Une empreinte résidente laissée là pour attirer notre attention. Le contact doit être sorti de la tour !

-Qu'est-ce qu'on fait alors ? » demanda Ulrich.

-Laisse-moi juste recalibrer le radar...j'affine les fréquences des ondes de détection virtuelles...

Un point net et distinct apparut alors sur l'écran de Jeremy, un peu plus loin sur le territoire du désert.

-Ça y est, je l'ai ! Il est plusieurs centaines de mètres au nord et se dirige vers les limites du territoire ! Ulrich, toi seul peut le rattraper, fonce !

-J'y vais ! » proclama-t-il avant de s'élancer en direction de l'écho fantôme.

-Aelita, Yumi, Odd : suivez-le ! » ordonna Jeremy.

-Et la tour ? » s'exclama Aelita.

-Tant pis, on la désactivera plus tard ! » répondit-il pressé par ce qu'il était en train de se passer. « On doit découvrir en priorité ce qu'est ce contact ! De toute façon, il n'y a toujours aucun signe d'attaques de mon côté. »

Tous se mirent donc à la poursuite de l'étrange entité qui semblait vouloir se diriger aux limites du territoire.

Ulrich sprintait maintenant depuis plusieurs dizaines de secondes. Si il continuait à ce rythme, il réussirait à rattraper le contact avant qu'il n'atteigne la fin du désert.

-Tu l'auras en visuel dans moins d'une minute, Ulrich ! Continue comme ça ! » l'encouragea Jeremy, de plus en plus soucieux, à chaque seconde qui passait, de découvrir la mystérieuse entité qui fuyait visiblement pour une raison inconnue.

Cependant, une contre-offensive ne tarda pas à arriver. Le radar de Jeremy s'affola subitement, clignotant incessamment et alertant le jeune garçon de la présence d'un nouveau contact grâce à d'assourdissant bips sonores dans son oreillette.

-Attention, Ulrich ! Nouveau robot virtualisé devant toi ! » s'exclama-t-il d'un ton alarmé.

Mais à peine avait-il eu le temps de le prévenir qu'il entendit la voix du jeune homme qui semblait alors déstabilisé par l'arrivé d'un nouvel ennemi :

-Oh non, c'est pas vrai ! Mais qu'est-ce que...Ah !

Il n'eut même pas le temps de finir sa phrase qu'il fut dévirtualisé. Jeremy activa la caméra de la salle des scanners pour vérifier si il allait bien, mais il était accroupi dans son cylindre, peinant visiblement à reprendre des forces après le violent choc qu'il venait de subir.

Le jeune garçon commençant à s'énerver en frappant du poing contre les accoudoirs de son fauteuil. Si personne n'intervenait, le contact allait réussir à lui échapper, et probablement pour de bon, maintenant que Jeremy avait découvert le subterfuge qui lui permettait de berner ses ennemis sur sa position. Il essaya alors de se calmer et se mit à réfléchir intensément sur un nouveau moyen de le piéger. C'est ainsi que, rapprochant son micro de la bouche, il demanda à la fille aux cheveux roses :

-Aelita ! J'ai besoin de toi ! Il faut que tu parviennes à ériger un mur au niveau de la limite nord du territoire. C'est là que notre mystérieux fuyard veut aller et je veux l'en empêcher. Essaye de bloquer tous les accès à la frontière du désert.

La jeune fille referma ses yeux, se concentra avec toute la force de son esprit, et visualisa une immense barrière de roche cernant une large zone, comme un rempart. Comme à l'accoutumée, ce à quoi elle pensa se réalisa et le contact fut encerclé dans un prison sableuse et rocailleuse, dotée de murs hauts et épais.

-Ouah ! Tu...tu l'as piégée ! Tu es géniale, Aelita « ! » explosa-t-il de joie. « Maintenant, Odd et Yumi, c'est à vous d'aller cueillir notre prisonnier. Mais, faites attention ! Il y a des étranges robots qui rôdent dans les environs.

-Bien compris, Jeremy ! » répondit Odd. « On va faire tout notre possible pour les détruire. »

* * *
-Avancez tout doucement, les nouveaux robots s'approchent de vous ! Et vu ce qu'ils ont fait à Ulrich, mieux vaut être sur ses gardes. » annonça Jeremy, prévenant les trois Lyoko Guerriers restants du danger qui s'intensifiait.

-Affirmatif, Jeremy ! » répondit Yumi. « On aperçoit du mouvement. On passe à l'attaque dans dix secondes ! ».

Au même moment, la porte de l'ascenseur s'ouvrit et Ulrich en sortit, encore légèrement sonné par sa brutale dévirtualisation.

-Comment tu te sens ? » demanda Jeremy.

-Ça pourrait aller mieux... » grommela-t-il d'un ton morne et désabusé.

-Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ?

-J'ai été surpris par une sorte de...cube.

-Un cube ?

Pour avoir la confirmation, il reporta son attention sur Odd et Yumi qui s'apprêtaient à passer à l'attaque.

-Alors ? Qu'est-ce que vous voyez ?

Un long silence s'était installé avant que Jeremy n'obtienne une réponse.

-Ce sont des cubes robotiques sur pattes, je ne peux pas faire plus précis. » répondit Odd.

En effet, il s'agissait d'un énorme bloc de pierre percé en chaque milieu de ses faces, d'une lentille à projection de laser gravée du symbole de Lyoko et monté sur six pattes mécaniques ressemblant fort à celle d'un quelconque crustacé.

-Allez, Odd ! On y va ! » s'écria Yumi avant de lancer son éventail en direction de l'agresseur, mais bien que celui-ci atteignit sa cible avec une précision exemplaire, il ne parvint par à fendre la terrible armure rocheuse qui le composait. Le Blok projeta avec l'une de ses lentilles un laser qui dévirtualisa instantanément l'arme de la jeune japonaise qui n'avait alors plus d'autres choix que de se mettre à couvert. Odd tenta ensuite lui aussi sa chance, en tirait plusieurs flèches lasers, mais toutes rebondirent sur le Blok, ne lui causant strictement aucun dégât. Il dû à son tour se contenter de se réfugier derrière un rocher qui émergeait du sable et qui était suffisamment large pour le protéger.

-Odd, il ne reste plus qu'une flèche laser ! » s'inquiéta Jeremy.

-On n'arrive pas à le détruire ! Il n'a aucun point faible !

-Attendez, je vais essayer de remédier à ce problème.

Plus les secondes passaient, plus l'instant devenait critique pour Odd et Yumi, car le Blok était à présent assoiffé de vengeance et se rapprochait maintenant de leur position à vive allure avec nulle autre intention que de les dévirtualiser tous les deux.

-Je t'en prie, dépêche-toi Jeremy ! » insista Yumi qui commençait à paniquer.

-C'est bon, j'ai trouvé ! D'après l'étude de sa structure, j'ai remarqué qu'il n'est pas blindé au niveau de ses lentilles. Si vous réussissez à en atteindre une, vous réussirez à détruire ses circuits.
Odd plongea alors dans une profonde réflexion. Il savait qu'il n'avait plus qu'une flèche laser et que si il manquait son tir, ça signifierait le fin du combat pour lui. Ainsi, il s'en remit entièrement à Yumi, à qui il dit:

-Voilà ce qu'on va faire : je vais tirer une flèche laser en essayant d'atteindre sa lentille, mais si je manque ma cible, tu devras impérativement rediriger ma flèche laser avec ton pouvoir de télékinésie. Compris ?

-Oui, mais je ne suis pas assez entraînée pour réussir un coup pareil ! » lui rétorqua-t-elle, peu sûre d'elle.

-De toute façon, nous n'avons pas d'autre choix. Mise à feu dans trois secondes, prépare-toi !

Odd commença alors le décompte qui sonna terriblement grave pour Yumi.

-Trois...deux...un...Flèche Laser !

Le projectile partit avec une droiture parfaite et aurait sûrement atteint sa cible si le Blok n'avait pas, par une manœuvre pernicieuse, pivoté le cube qui le composait, faisant en sorte que ce soit la partie blindée qui se retrouve sur la trajectoire de la flèche. Odd réagit immédiatement en lançant à la jeune japonaise :

-Yumi ! C'est à toi !

Elle se concentra alors plus que jamais et parvint à dévier la fléchette et à lui faire faire demi-tour droit sur une autre des lentilles du robot. Ce dernier ne remarqua pas la ruse et fut donc perforé par la flèche laser qui, une fois à l'intérieur de son armure, libéra une forte décharge électrique qui provoqua sa destruction.

-Formidable ! » s'écrient Odd et Jeremy en cœur, suite à ce magnifique coup de maître.

-Plus que deux ! » ajouta le jeune garçon qui faillit bondir de son fauteuil.

-Facile à dire ! On est à sec, nous ! » répliqua Yumi, plus pessimiste que jamais.

-Pas de problème. Pour toi, Yumi, j'essaie d'allouer plus d'énergie à ton avatar. Comme ça, tu devrais pouvoir régénérer tes éventails. Essaye pour voir !

La jeune fille se concentra et ses fidèles armes apparurent dans chacune de ses mains.

-Bien, maintenant, à toi Odd. Je dérive l'énergie et...voilà, c'est fait. Tu as le plein de flèches lasers.

Les deux Lyoko Guerriers, à nouveau parés pour le combat, émergèrent de leur cachette et se positionnèrent devant le deuxième. Tous deux étaient sur le point d'attaquer lorsque non seulement les éventails de Yumi se dévirtualisèrent inopinément, mais aussi la réserve d'énergie des flèches lasers de Odd se vida. Dans l'incompréhension la plus totale, Yumi demanda à Jeremy :

-Mais qu'est-ce qui se passe ?

-Je ne sais pas ! » répondit-il affolé. « C'est comme si...Oh non ! Mon interface vient d'être infecté par un virus ! X.A.N.A essaye de prendre le contrôle du SuperCalculateur ! C'est la tour, elle est enfin active !
-Il faut qu'on retourne à la tour ! » s'écria Aelita.

Tous trois se mirent alors à fuir mais les deux Bloks réagirent aussitôt et, tournoyant sur eux-même aussi vite qu'ils le pouvaient, ils activèrent toutes leurs lentilles afin de produire une salve massive de lasers qui se propageaient dans toutes les directions. Yumi s'en rendit compte, et alors que des tirs allaient atteindre le dos d'Aelita, elle plongea auprès d'elle pour s'interposer et protéger cette dernière. Elle réussit ainsi à la sauver mais elle fut en conséquence dévirtualisée sous les yeux ébahis de ses deux camarades. Une nouvelle rafale de lasers fendit alors les airs et, se jetant sur Aelita, Odd hurla :

-A terre !

Il la plaqua au sol et entendit les tirs siffler juste au-dessus de sa tête.
De son côté, Jeremy essayait de reprendre le contrôle de l'interface mais rien ne semblait fonctionner. A chaque tentative désespérée, X.A.N.A contre-attaquait en infectant de plus en plus de programmes. Le jeune garçon essaya alors d'éteindre l'ordinateur mais lorsqu'il voulut lancer la commande d'extinction sur son clavier, il fut agressé par un vif éclair électrique qui le repoussa quelques mètres plus loin. Aidé par Ulrich, il se releva alors en vitesse, ressaisit son micro-casque et s'écria :

-Je ne contrôle plus rien ! X.A.N.A est maître du SuperCalculateur ! Vous devez désactiver la tour maintenant !

-On y est presque, Jer... » répondit Odd, mais avant qu'il n'ait pu terminé sa phrase, il fut brutalement dévirtualisé par X.A.N.A ayant infecté le programme de virtualisation..

Aelita assista horrifiée au terrible spectacle, avant de dire :

-Je suis toute seule, Jeremy !

-J'ai vu ça... » répondit-il abattu.

Il était désespéré et ne savait plus quoi faire. La tour était encore loin et le chemin, semé d'embûches. Il prit donc une décision qu'il savait être lourde de conséquences :

-Aelita, il y a une tour à cinquante mètres à ta droite...cache toi à l'intérieur!

-Mais...la tour activée ! » s'écria-t-elle, perplexe.

-Il y a trop de robots et je ne peux pas prendre le risque de te perdre ! Si tu es dévirtualisée, comme tu n'as pas de corps réel, tu ne pourras pas te matérialiser et tu disparaîtras ! La situation est hors de contrôle et tout est de ma faute ! J'ai été vaincu par X.A.N.A, tout est fini ! Je n'aurais jamais dû me croire plus fort que lui...Rentre dans la tour, c'est tout ce qu'il reste à faire.

Elle s’exécuta sans poser de questions. La défaite avait un goût amer pour Jeremy. Jamais il n'aurait pensé perdre la bataille aussi vite. C'était tout un monde d'espérance qui s'écroulait devant lui. Il savait qu'à partir de cet instant, l'espoir de voir Aelita sur Terre n'était plus qu'un doux rêve qui s'estompait lentement. Et pourtant, il y avait encore pire : il était tiraillé par sa conscience qui l'incitait maintenant à éteindre le SuperCalculateur pour éviter que X.A.N.A fasse des victimes. Tout son cœur était contre cette décision mais la raison devait l'emporter. Il avait été abusé par une technologie qu'il ne maîtrisait pas et maintenant, il devait sacrifier Aelita pour le bien des autres. Il allait devoir lui annoncer cette terrible décision et cela le rendait plus triste qu'il ne l'avait jamais été.

-Écoute, Aelita » murmura-t-il timidement. « Je suis dans l'obligation... ».
Il n'osait pas terminer sa phrase et chaque mot qu'il prononçait lui déchirait le cœur.

-Je sais, Jeremy. Tu dois éteindre le SuperCalculateur. Je comprends.
Le ton de sa voix était sobre, comme si elle avait conscience de la mort qui l'attendait mais qu'elle acceptait son sort avec sérénité.

-Tu ne dois pas t'en faire pour moi. Je suis pas comme toi, ni comme Ulrich, Odd et Yumi. Vous appartenez à un monde différent du mien. Tu ne dois pas dévaster le tien pour moi. Tu es quelqu'un de bien et tu mérites de continuer ta vie paisiblement. Rappelles-toi juste de moi comme étant celle pour qui tu étais prêt à remuer ciel et terre. Adieu, Jeremy.

Une larme ruissela sur le front du jeune garçon.

-Non ! Je ne peux pas faire ça ! » hurla-t-il désespéré.

-Tu dois le faire.

Dans la salle, aucun des trois autres spectateurs ne parvenait à prononcer le moindre mot, oppressés par ce dilemme cornélien qui les accablait. Le peu de temps qu'ils avaient côtoyés Aelita, ils avaient trouvés en elle les meilleures qualités d'un être humain. Jamais ils n'avaient pensés que la séparation leur serait aussi douloureuse.

-Jeremy, fais le pour moi. Je ne pourrais pas supporter de vivre en sachant que tu cours un danger mortel.

-Non, je suis sûr qu'il y a un autre moyen !

-Fais ce qu'elle te dit, Jeremy. » ajouta Ulrich. « L'aventure est finie désormais. »

Le jeune garçon se résigna alors à faire ce que tout le monde attendait de lui. C'est ainsi que la voix étouffée par la tristesse, il prononça un ultime mot :

-Adieu.

Il n'osa plus regarder la jeune fille dans l'écran, sachant qu'il allait bientôt causer sa mort. Évitant de se retourner, il se dirigea d'un pas lent vers l'ascenseur.

Plusieurs séries de bips sonores provenant de l'interface brisèrent l'atmosphère lourde qui régnait dans la pièce. Même s'il ne s'attendait pas à un miracle, Jeremy prit quand même la peine de vérifier les nombreux messages qui apparaissaient sur son écran. Il resta bouche bée lorsqu'il parvint à lire ces quelques lignes : « Code Lyoko initialisé. Tour activée. »
Reprenant son micro-casque, il demanda : « Aelita, c'est toi qui viens d'activer une tour ? ».

-Non, je n'ai rien fait Jeremy.

-Pourtant c'est bien le Code Lyoko qui as été utilisé.

Il hésita quelques instants puis ajouta encore plus démoralisé :

-C'est bon, j'ai compris...X.A.N.A s'est approprié le Code Lyoko grâce à l'interface. Désormais plus rien ne pourra l'arrêter. Au moins en éteignant le SuperCalculateur, j'aurais le mérite de mettre fin à cette abomination
!
Il se mit alors à hurler dans son micro :

-Tu es finis X.A.N.A ! Dans quelques secondes, tu n'existeras plus !

Il se rua vers l'ascenseur, mais lorsqu'il voulut l'activer pour redescendre, ce dernier subit une panne de courant qui empêcha le moindre de ses mouvements. Appuyant frénétiquement sur les boutons du monte-charge, il s'écria :

-Non ! Non ! NON ! Ce n'est pas possible !

Désormais, même l'accès au SuperCalculateur était devenu impossible. De plus, en quelques secondes, toutes les lumières de la salle s'éteignirent, plongeant les quatre jeunes dans l'obscurité la plus totale.

-Ne me dis pas qu'on est coincé, ici ! » hurla Ulrich.

-Je...je suis désolé. » avoua-t-il timidement.

-Il faut vite trouver un moyen de sortir si on ne pas passer le restant de notre vie ici ! » intervint Yumi, pour essayer de reprendre les choses en mains. « Ensuite, on préviendra les autorités pour qu'ils débranchent le SuperCalculateur. »

-Vous ne réussirez jamais à trouver une sortie. » dit Jeremy d'un ton défaitiste. Le seul accès se fait par le monte-charge.

Odd dégaina son téléphone portable avant de déclarer :

-Pas de signal, tout est brouillé.

-Je suis vraiment désolé de vous avoir entraîné dans toute cette histoire. » confessa-t-il.

Un long silence venait de s'abattre dans le tombeau souterrain. Tous avaient compris qu'ils étaient sûrement en train de vivre les derniers instants de leur vie.

Soudain, une voix. La renaissance d'un espoir pour Jeremy. Quelques mots de réconfort.

-Tenez bon !

-Aelita ? Mais qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il intrigué.

-Vous êtes sauvés !

Au même moment, les lumières de la salle se rallumèrent.

-Vite, Jeremy ! Connecte-toi à l'interface !

Il se rapprocha alors de cette dernière. Sur ces écrans, les deux tours activées précédemment semblaient mener un combat sans merci en faisant affluer des doses massives d'énergies l'une vers l'autre.

-La tour de X.A.N.A subit une contre-attaque ! » s'écria la jeune fille aux cheveux roses. « La seconde tour est en train de protéger électriquement l'interface et d'éliminer le virus ! X.A.N.A est totalement dépassé par le Code Lyoko ! Il a même dévirtualisé tous ses robots pour réutiliser la moindre petite fraction d'énergie pour poursuivre son offensive. Je suis en route pour désactiver la tour !

-Mais qui a activé cette tour ?

-Je ne sais pas, mais ce n'est sûrement pas X.A.N.A en tout cas. Peut-être le contact fantôme qui essayait de fuir tout à l'heure.

-Peut-être...mais c'est étrange ! Les Bloks, donc X.A.N.A, sont intervenus pour le protéger. Ce contact est donc son allié, non ?

-Sûrement...Mais bon, peu importe maintenant, je suis dans la tour. Je rentre le Code Lyoko !

Quelques secondes plus tard, la tour de X.A.N.A fut désactivée. Jeremy entreprit alors une série de recherches sur la deuxième tour, mais tout ce qu'il parvint à découvrir, c'est qu'elle était toujours activée et qu'elle se situait hors des quatre territoires connus.

-Jeremy, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda Yumi.

-Une tour vient d'être activée par quelqu'un ou quelque chose qui voulait nous protéger. Cette tour sécurise une bonne partie réseau électrique de l'usine en empêchant notamment les autres tours d'accès au SuperCalculateur. Ainsi, X.A.N.A n'a pas pu continuer à contrôler l'interface. Et le plus curieux dans tout ça, c'est que cette tour n'est sur aucun des quatre territoires mais plutôt dans un espace inaccessible et protégé par un puissant pare-feu. Seul le Code Lyoko y autorise l'accès et cela veut dire qu'une autre entité, en dehors d'Aelita, possède ce précieux code.

Après plusieurs minutes, la tension était enfin redescendu à l'intérieur du petit groupe.

-La bonne nouvelle, c'est que ce genre de scénario ne pourra plus jamais se reproduire. Tant qu'on se trouvera à l'usine, aucune attaque ne pourra nous atteindre. » proclama Jeremy.

-Et qu'est-ce qu'on fait alors ? » demanda Yumi.

-Comment ça ?

-Est-ce qu'on éteint le SuperCalculateur ?

-Quoi ? Mais nous venons de remporter notre deuxième victoire contre X.A.N.A !

-Peut-être...mais on a failli tous y rester.

-Elle a raison, Jeremy. » ajouta Ulrich. « Tout à l'heure, tu n'étais pas aussi optimiste je te signale. »

-Écoutez : nous avons dans notre camp un allié beaucoup plus fort que X.A.N.A et qui a réussi à le contrer alors que tout semblait perdu ! Nous avons toutes les armes nécessaires pour continuer le combat et le gagner ! En plus, je vous rappelle que vous vous êtes engagés à protéger Aelita, vous êtes des Lyoko Guerriers à présent. Et puis, êtes-vous vraiment prêt à mettre fin à ses jour ? Pourriez-vous accepter un seul instant de vivre paisiblement votre vie alors que vous avez sacrifié celle d'une jeune fille innocente ? Je ne pense pas. En tout cas, je ne vous laisserais pas faire, et si je dois continuer cette guerre tout seul, je le ferais. A chaque ruse de X.A.N.A, nous trouverons une parade et nous nous renforcerons. Notre ennemi n'est qu'un virus informatique, il n'est pas capable d'évoluer, mais nous, nous le pouvons.

-Je suis d'accord avec Jeremy ! » le soutint Odd. « Je pense que tout as été mis en œuvre pour qu'on assume le rôle qui nous a été confié. Si une entité nous a mystérieusement envoyé les codes de la virtualisation, ce n'est pas pour rien. Et les tenues de combats ! Leur perfection est la preuve que tout ce qui nous arrive n'est pas dû au hasard : ça a été mûrement réfléchie à l'avance. Quelqu'un ou quelque chose veut absolument que nous libérions Aelita ! Nous devons accepter notre mission et la mener jusqu'au bout !

Après de longues secondes de réflexion, Yumi déclara :

-Je suis d'accord. Mais on devra faire plus attention la prochaine fois, et si jamais on reperd le contrôle, on devra éteindre le SuperCalculateur.

-C'est compris, Yumi. » répondit Jeremy. « Et toi, Ulrich, qu'en dis-tu ? ».

-J'imagine que je n'ai pas le choix.

-Nous sommes donc tous d'accord : on mènera cette guerre aussi longtemps qu'il le faudra pour sauver Aelita.

-Au fait, qu'est-il arrivé au mystérieux contact ? » demanda Odd intrigué.

-Tous les logs indiquent que des robots sont venus le libérer en détruisant le mur d'Aelita, puis ensuite, il a atteint les limites du territoire du désert et c'est jeté dans la mer virtuelle. Il faut que j'entreprenne des recherches sur elle : je ne sais pas encore quel est son rôle, mais il est sûr qu'elle possède d'étonnantes propriétés...En attendant, j'ai trouvé du matériel informatique ultra sophistiqué qui traînait dans l'usine. Je vais pouvoir m'en servir pour remplacer l'ordinateur que X.A.N.A m'a détruit. Comme ça, je pourrais rester tout le temps en contact avec Aelita et intervenir immédiatement si elle est en danger. Avec votre aide à tous, nous réussirons à la sauver !

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Chapitre 6

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LYOKO PROJECT


Chapitre 6 : Chronologie relative :

La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur le Collège Kadic. A ce moment-là de la journée, tout le monde dormait paisiblement à l'internat de l'établissement. Tout le monde sauf un élève, Odd Della Robia. Allongé sur son lit, il pensait à tout ce qui lui était arrivé : la découverte du SuperCalculateur, la virtualisation, la rencontre avec Aelita...et le combat contre X.A.N.A, ce mystérieux virus qui essayait de le tuer. Malgré les dangers qu'il encourait, il n'avait jamais regretté tout ceci une seule seconde car, pour une fois dans sa vie, il était un héros et un élément indispensable de son équipe. Il servait une cause juste et se sentait vraiment important à présent. Ainsi, il songeait déjà au moment où sa mission serait terminée, et où il devrait éteindre le SuperCalculateur et reprendre sa vie là où il l'avait laissé, sans que personne ne sache jamais qu'il avait été, un jour, un guerrier.

Ses méditations furent interrompues par un étrange bruit aussi brusque qu'aigu. Malgré le fait qu'il fut relativement fort, ce son ne réveilla personne en raison de sa brièveté. Seul Odd, déjà réveillé, avait pu l'entendre et cela l'intrigua au plus haut point. Il bondit alors de son lit, se pencha au-dessus de celui d'Ulrich, qui était complètement assoupi, puis lui chuchota doucement à l'oreille tout en lui secouant vigoureusement
l'épaule pour le réveiller :

-Eh, Ulrich ! Tu as entendu ça ?

-Quoi ? » réussit-il péniblement à articuler alors qu'il semblait sur le point de sombrer à nouveau dans ses rêves.

-Il y a eu un drôle de bruit. Ça venait du couloir ! » insista-t-il.

-Ce n'est rien. Tu as du rêver. Rendors-toi et laisse-moi tranquille. » ordonna Ulrich pour parvenir à obtenir de Odd qu'il lui fiche la paix.

Mais ce dernier n'allait pas laisser ce mystère vacant et était bien décidé à découvrir le maître mot de cette histoire. Il sortit de la chambre et se mit donc en quête de quelque chose qui aurait pu provoquer un pareil bruit. Après avoir inspecté tous les murs puis écouté aux portes de ses camarades d'internat, il ne remarqua rien de suspect dans le couloir. Il poursuivit donc ses recherches en descendant à l'étage inférieur. Il était dans le noir complet et devait avancer à tâtons pour être sûr de trouver le chemin. Une nouvelle fois, il ne détecta rien d'alarmant ni de particulier et se décida donc à remonter dans sa chambre, se disant qu'il avait dû halluciner à cause de la fatigue. Cependant, dès qu'il posa le pied sur la première marche de l'escalier, il sentit une odeur de brûlé qui provenait d'un étage en contrebas. Il suivit alors l'émanation nauséabonde le plus loin possible mais il fut au bout de quelques mètres parcourus, entouré par un épais amas de fumée grise. Sans attendre, il retourna à sa chambre où il réveilla une seconde fois Ulrich :

-Ulrich ! Ulrich ! Je crois qu'il y a le feu ! » dit-il en assommant son pauvre camarade qui ne comprenait même pas qui était en train de lui parler.

Face à son manque de réaction, Odd décida de prendre les choses en mains et se dirigea dans le couloir pour localiser l'interrupteur qui déclencherait l'alarme incendie. Lorsqu'il le parvint à le retrouver dans le noir, il appuya de toutes ses forces dessus, mais l'alarme refusa de s'enclencher. Il réessaya avec acharnement plusieurs fois de suite mais il n'obtint pas plus de résultats. Il s'écria alors :

-Il ne me reste plus qu'une solution !

Il commença ainsi à hurler le plus fort possible « Au feu ! », avant de frapper sur les murs du couloir. Il se mit ensuite à ouvrir violemment toutes les portes en répétant toujours la même phrase. Ce spectacle se déroula pendant plus d'une minute, le temps qu'il fallut pour que tous les élèves se réveillent et sortent de leurs chambres. Une moitié d'entre eux s'inquiétait plus que tout et l'autre partie maudissait Odd de les avoir réveillés.

-Écoutez-tous : il y a le feu au Collège, il ne faut pas rester ici !

Une vague de panique se répandit alors dans les rangs des élèves. Tous s'apprêtèrent à courir dans tous les sens lorsqu'ils entendirent la puissante voix grave du proviseur qui s'écria :

-Mais enfin, que se passe-t-il ici?

Tous se retournèrent vers Odd, le trouble-fait qui avait causé tout ce vacarme, en espérant qu'il allait prendre la parole pour résumer la situation.

-Je crois que l'établissement est en feu, monsieur ! J'ai d'abord entendu un bruit bizarre, donc je me suis levé, et quand je suis descendu, j'ai vu et senti de la fumée ! J'ai alors essayé de déclencher l'alarme incendie mais elle ne fonctionne plus ! Il faut évacuer tout de suite !

-Tu es bien sûr de ce que tu racontes, Odd ? » demanda le proviseur incrédule.

-Absolument !

-Bon, dans ce cas, Odd, veuillez conduire dans le calme tous vos camarades dans la cour, le temps que je prévienne les pompiers.

* * *
Tous les élèves étaient à présent réunis dans la cour ainsi baignée d'une agitation inhabituelle à cette heure de la journée. Les lumières artificielles de quelques lampadaires peinaient à percer les ténèbres environnantes. Des centaines de voix paniquées s'entremêlaient, brisant dans un vacarme la tranquillité de la nuit.

-Où est Jeremy ? » demanda Ulrich avec empressement.

-Je ne sais pas mais... » répondit Odd avant d'être interrompu par son camarade :

-Si jamais X.A.N.A a quelque chose à voir là-dedans...

Il saisit son téléphone et composa le numéro de Jeremy.

-Ulrich ? » s'exclama une voix préoccupée.

-Mais enfin, où es-tu ?

-Je suis resté dans un des couloirs de l'internat. Il faut juste que...que je vérifie si Aelita a repéré une tour.

-Je t'en supplie : dis-moi que ce n'est qu'un banal incendie.

Jeremy ne répondit pas, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : Ulrich avait raison.

Ce dernier referma son téléphone. Il revint vers Odd puis lui dit d'une voix dépitée :

-C'est X.A.N.A...

-Bon, d'accord, pas de panique ! » s'écria-t-il d'une voix calme et rassurante. « Appelle Yumi. On va désactiver rapidement cette tour tant qu'il n'y a pas de trop de dégâts. On attend Jeremy et on... »

Avant qu'il n'ait eut le temps de finir sa phrase, une énorme détonation se fit entendre dans l'enceinte du Collège. Tout le monde se retourna alors dans la direction du bruit assourdissant et tous purent voir de vives flammes embraser le bâtiment juxtaposant l'internat. Odd n'entendit alors plus que l'oppressante voix d'Ulrich qui lui ordonna « A terre ! » avant de s'élancer vers lui pour le plaquer au sol. Derrière eux, l'édifice explosa de l'intérieur, engendrant une violente déflagration qui s'échappa par les diverses ouvertures du bâtiment et projetant jusqu'à plusieurs dizaines de mètres aux alentours des débris de murs dévastés par le puissant souffle de la détonation. Une immense colonne de flammes s'éleva au-dessus des ruines de l'édifice et atteignit le ciel sombre qui semblait alors s'embraser.
Odd, étendu sur le sol avec Ulrich à ses côtés, était dans l'incapacité de comprendre ce qu'il était en train de se produire derrière lui. En effet, il avait été complètement étourdi par la violence de la détonation, ce bruit si puissant qu'il n'entendait plus que lui à présent, encore et toujours, comme si la scène se répétait infiniment dans son esprit. Tout ce qu'il arrivait à discerner, c'était les quelques cris étouffés de ses camarades et une voix qui semblait s'adresser à lui. Il était tellement sonné qu'il lui fallu plusieurs secondes avant de comprendre ce qu'elle lui demandait :

-Odd, ça va ?

Au-dessus de sa tête toujours plaquée au sol, une main était tendue, celle d'Ulrich Stern. Sans se poser de questions, il l'agrippa et se sentit alors soulevé par l'imposante force de son camarade. Il réussit ainsi à se remettre debout mais bien avant qu'il ne puisse retrouver un équilibre parfait, Ulrich tira sur son bras et, tout en l'emmenant plus loin dans la cour, lui dit :

-Dépêche-toi, il ne faut pas rester là !

Ils se mirent alors à courir, redoutant une nouvelle explosion, de même que tous les autres élèves qui se ruaient, dans le chaos le plus total, le plus loin possible du bâtiment prisonnier des flammes, en esquivant les nombreux débris qui retombaient sur le sol. Tous parvinrent ainsi à quitter le Collège pour se mettre en sécurité dans la rue. Odd se positionna alors près d'un mur et s'accroupit à ses pieds, toujours désorienté et complètement dépassé par la situation.

-Ulrich, que s'est-il passé là-bas ?

-C'est la chaudière. Les flammes ont atteints la chaudière. Le gaz qui se trouvait à l'intérieur n'a pas résisté et elle a explosé, réduisant en miettes le bâtiment. Heureusement, personne n'était à l'intérieur lorsqu'il a explosé. L'internat aussi a pris un sacré coup. Si tu ne nous avait pas tous alerté, je ne sais pas si je serais toujours là à te parler.

-Et Jeremy ? Où est-il ?

Le visage d'Ulrich se figea. Il se mit alors à le chercher dans les environs, à scander à haute voix son nom, à demander aux autres s'ils ne l'avaient pas vu, mais l'évidence sauta aux yeux d'Ulrich : Jeremy n'était pas là.

-Je crois qu'il est resté dans l'internat ! Viens, Odd, vite ! On doit aller le chercher !

Tous deux retournèrent sans plus attendre dans l'établissement, avant une double appréhension qui apportait crainte et inquiétude à leur esprit : en y retournant, ils risquaient probablement leur vie, mais surtout, Jeremy n'avait peut-être pas survécu à la violente explosion du bâtiment voisin.

* * *
Ulrich et Odd pénétrèrent dans l'internat. Depuis l'évacuation de tous les élèves, l'amas de fumée environnant était devenu beaucoup plus dense, de telle façon qu'on ne pouvait rien voir à plus de trois mètres aux environs.

-Ne respire pas la fumée. » conseilla Ulrich.

Odd décrocha son téléphone et composa le numéro de Jeremy pour le localiser dans l'édifice. Il entendit alors une sonnerie qui provenait de l'étage supérieur.

-Par ici ! » s'écria-t-il en désignant un escalier.

Il grimpa ainsi les marches aussi vite qu'il le pouvait et arriva à l'étage des chambres qui commençait à être gagné par les flammes, qui dévoraient avidement toute matière combustible. Le téléphone de Jeremy continuait de sonner, un peu plus loin dans le couloir embrasé. Au milieu de ce dernier, était allongé le jeune garçon, inanimé. Ulrich chercha à s'approcher de lui mais les flammes semblaient vouloir le garder prisonnier et formaient presque tout autour de lui une impénétrable enceinte de feu. Odd partit alors dans l'autre extrémité du couloir, y décrocha un extincteur du mur, enleva d'un geste vif la sécurité puis aspergea tous les murs alentours pour tenter d'éteindre le brasier qui consumait tout sur son passage. Il parvint aussitôt à créer une brèche dans le mur de flammes et, assisté par Odd, Ulrich put ainsi extirper Jeremy de sa prison ardente. Tous trois quittèrent ensuite précipitamment le bâtiment et s'en éloignèrent le plus possible pour éviter un quelconque nouvel accident.

-Jeremy ? Tu m'entends ? » demanda Odd tout en secouant vigoureusement le jeune homme allongé sur le sol bétonné de la cour.
Ce dernier bougea légèrement la tête, reprenant lentement ses esprits.

-Est-ce que ça va ? » insista Ulrich.

-Je...Qu'est ce qu'il s'est passé ?

-La chaudière a explosé et ça aurait pu te tuer ! Mais qu'est-ce que tu faisais là-haut ?

-J'essayais de communiquer avec Aelita à l'abri des regards... » avoua-t-il avec quelques remords. « Il faut qu'on aille à l'usine tout de suite ! ».

Il essaya alors de se relever mais lorsqu'il poussa sur sa main gauche pour se mettre debout, une vive douleur le parcouru et la souffrance le fit brièvement hurler :

-Je crois que mon poignet est cassé ! Pendant l'explosion, je me souviens avoir été projeté contre le mur. Ça a du causer ma blessure...

-Attend, je vais t'aider » s'exclama sur Odd avant de le hisser sur ses deux jambes.

-J'ai appelé Yumi. » ajouta Ulrich. « Elle nous rejoint à l'usine. Maintenant, le tout, c'est de sortir d'ici sans que personne ne nous remarque.

-On peut passer par le parc.

-Bonne idée, Odd ! Allez, on y va !

* * *

L'expédition dans les égouts n'avait pas été de tout repos pour les trois camarades. En effet, il avait tout d'abord fallu réussir à faire descendre Jeremy à l'échelle, alors que celui-ci ne pouvait se servir que d'une de ses mains. Ensuite, l'adrénaline que leurs corps avaient sécrétés face à la situation périlleuse dont ils avaient été les victimes, les rendait particulièrement nerveux, mais cela aurait été supportable si la fatigue n'était pas venue s'inviter à toutes les émotions qu'ils ressentaient actuellement. Enfin, l'odeur fétide des égouts ne leur avait jamais semblée aussi peu soutenable, à tel point que Odd se retint même de respirer durant de nombreuses secondes. Finalement, ils parvinrent à atteindre la sortie qui menait au pont, où Yumi les attendait déjà depuis de nombreuses minutes.

-C'est terrible ce qui est arrivé au Collège ! » s'écria-t-elle, bouleversée par les événements.

-Ce n'est rien. » répondit sereinement Jeremy, comme s'il avait la maîtrise totale de la situation.

-Rien ?

-Désactivez la tour, et tout retournera dans l'ordre.

-Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes ? » demanda-t-elle perplexe.

-J'ai un nouvel atout entre mes mains. » répondit-il mystérieusement, visiblement soucieux de garder son précieux secret pour lui. « Bon, on y va ? ».

Tous les quatre pénétrèrent dans l'usine et descendirent rapidement vers l'ascenseur, mis à part Jeremy qui faillit, plusieurs mètres au-dessus du sol, lâcher la corde qui lui brûla sa seule main valide. Ils mirent ensuite en route le monte-charge puis déposèrent Jeremy à l'étage de l'interface avant de descendre jusqu'à la salle des scanners.

-Odd, prend place dans le scanner un, Ulrich, scanner deux, Yumi, scanner trois ! » ordonna-t-il dans l'interphone.

Tous s'exécutèrent et se positionnèrent dans les trois cylindres métalliques qui se refermèrent aussitôt.

-Transfert Odd. Transfert Ulrich. Transfert Yumi. Scanner Odd. Scanner Ulrich. Scanner Yumi. Virtualisation !

Odd remarqua que Jeremy avait été plus lent que d'habitude, probablement à cause du fait qu'il ne pouvait taper sur son clavier que d'une main.

Lorsque le félin reprit ses esprits, il se trouvait dans le ciel d'un territoire qu'il ne connaissait pas.

-Ulrich, Odd, Yumi : bienvenue sur le territoire des montagnes ! » s'exclama fièrement Jeremy.

Ce quatrième territoire était en réalité une succession de petits plateaux situés à différentes hauteurs et parfois reliés entre eux par de longs et étroits sentiers. Contrairement aux autres secteurs de Lyoko, la mer numérique n'était pas visible car elle se situait beaucoup plus en contrebas et était camouflée par d'épais nuages blancs qui donnaient l'impression à Odd qu'il se trouvait à plusieurs milliers de mètres d'altitude. Sous ses pieds, le sol avait une légère teinte grise qui faisait penser sans équivoque à de la pierre issus de massifs montagneux.

-Faites attention où vous mettez les pieds ! Ce territoire est un peu particulier : il ne s'étend pas en longueur mais en hauteur. Il est en fait composé d'une immensité de petits îlots volants les uns au-dessus des autres. Si vous faites une malheureuse chute, je ne peux pas garantir que votre avatar résiste. De plus, depuis la dernière attaque, j'ai cherché à comprendre ce qui était arrivé au contact fantôme lorsqu'il a atteint la limite du territoire du désert et a plongé dans la mer de Lyoko, et cette dernière est potentiellement dangereuse.

-Dangereuse ? » demanda Ulrich, d'autant plus exaspéré que Jeremy lui avait assuré que la virtualisation était sans risque.

-Malheureusement, oui. Cette « mer numérique » est en réalité la modélisation par un élément liquide des centaines de millions de flux de données informatiques brutes du SuperCalculateur. Le problème, c'est que ces flux, contrairement à vos avatars et à tous les éléments virtuels de Lyoko, se transfèrent à la vitesse de calcul du SuperCalculateur, c'est à dire à une vitesse plus que phénoménale. Ainsi, si jamais vous tomber dedans, la partie du corps qui touchera la mer numérique en premier se confondra avec un de ces flux, et avant que le reste de votre avatar ne tombe dans la mer, la partie précédemment immergé sera déjà à des lieux de là. En d'autres mots, vous serez désintégrés ! Ensuite, impossible de retrouver votre programme conscience, à moins d'être aussi rapide que les flux de données du SuperCalculateur, ce qui est impossible pour un être humain. Bref, vous tombez, et c'est la fin !

-C'est toujours pareil avec toi, Jeremy ! Au début, on ne risque jamais rien, puis ensuite, on se rend compte qu'à chaque seconde qui s'écoule, on risque d'y passer ! » s'énerva Ulrich.

-Ils auraient pu mettre des barrières de sécurité ! » plaisanta Odd pour détendre l'atmosphère.

-Ça ne me fait pas rire, Odd ! Je ne sais pas si tu te rend compte, mais on vient de perdre notre collège !

-Pas encore, Ulrich, pas encore... » répondit Jeremy. « Bon, assez bavardé ! Aelita arrive dans la tour du passage juste derrière vous.

* * *

Les trois Lyoko Guerriers étaient près de la tour du passage pour accueillir Aelita. Une fois les salutations effectuées, tous ne pensèrent plus qu'à aller désactiver la tour offensive. Si Jeremy disait vrai, tout n'était pas encore perdu pour leur vie réelle.

-Où est la tour, Jeremy ? » demanda Yumi, pressée d'en finir.

-Plusieurs centaines de mètres en contrebas. Il va falloir sauter pour y arriver. Placez près du rebord du plateau, tout au nord.

Tous se mirent en position là où l'avait indiqué Jeremy.

-On y est ! Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

-Écoutez-moi bien : faites un saut de deux mètres, pas moins, en face de vous et préparez-vous à l’atterrissage. Il y a une trentaine de mètres de hauteur entre ici et le prochain plateau, faites bien attention !

Les épais nuages qui voguaient dans le territoire des montagnes empêchaient les quatre combattants d'apercevoir leur plate-forme d’atterrissage. Malgré toutes leurs appréhensions, ils s'élancèrent ensemble dans le vide. Seul Odd réussit à atterrir convenablement, en retombant sur ses quatre pattes, comme un félin. Ulrich, Odd et Yumi, eux, terminèrent leur vol, à cause de leur vitesse surélevée et de l'altitude du saut, par une roulade non maîtrisée sur le sol.

-Il va falloir faire mieux que ça la prochaine fois ! » proclama Jeremy. « A ce rythme-là, vous serez dévirtualisé sous peu. Ulrich, Yumi et Aelita, vous avez déjà perdu 23% d'énergie chacun. »

-Parce qu'on a encore beaucoup de plongeons à faire ? » demanda Yumi.

-Oui, plusieurs. X.A.N.A est malin : il a fait exprès d'activé une tour particulièrement peu accessible...Bon, empruntez le sentier derrière vous, rendez-vous à son extrémité et faites un saut de moins de trois mètres à quarante-cinq degrés sur votre gauche.

Tous suivirent les instructions de Jeremy à la lettre et, fendant les cieux, arrivèrent sur un nouveau plateau, sans tomber cette fois-ci.

-Bien, maintenant continuez sur deux-cents mètres puis...

Il fut interrompu par un grésillement qui provenait des lumières de la salle. En effet, ces dernières commencèrent à scintiller, comme sous l'effet de micro-coupures de courant, et Jeremy vit rapidement plusieurs petits éclairs électriques de faible intensité qui essayaient en vain d'atteindre le jeune garçon.

-Tu n'y arriveras pas, X.A.N.A ! » s'écria frénétiquement Jeremy. « Tu n'as donc rien compris : ce laboratoire est protégé contre tes attaques, je suis inatteignable !

A ce moment-là, l'attaque s'arrêta.

-Tu abandonnes déjà ? » s'exclama-t-il dans un fou rire synonyme de victoire.

Mais sa liesse fut vite remplacée par de la colère lorsqu'il reçut un signal vidéo sur son interface. On pouvait y voir le film d'une caméra de surveillance qui enregistrait une rue en direct. Dans cette dernière, une petite fille, qui ne devait avoir plus de cinq ou six ans, marchait tranquillement. Elle semblait heureuse et rigolait beaucoup, tout en faisant de multiples rondes autour de ses parents qui l'accompagnaient. Elle passait sous un des nombreux lampadaire lorsqu'un violent éclair électrique en émergea et s’abattit sur l'innocente petite fille. Elle fut alors paralysée par la morsure cinglante tension électrique qui semblait alors lui affliger une douleur atroce, sous les yeux impuissants de ses parents qui, à chaque fois qu'ils tentaient de s'approcher, étaient violemment repoussés vers l'arrière par de nouveaux éclairs bleus. C'est à ce moment-là qu'une consigne sobrement écrite apparue sur l'écran de Jeremy : « Abandonne le combat. ». C'était l'ultimatum que X.A.N.A lui envoyait, la seule condition pour qu'il abroge les souffrances de cette malchanceuse petite fille.

Jeremy eut un pincement au cœur. Il se sentait en partie responsable de la souffrance de la jeune fille. Mais il ne pouvait ni ne devait obéir à son ennemi.

-Je ne céderais pas à ton chantage, X.A.N.A ! » dit-il avec détermination. « J'ai une nouvelle arme qui rendra obsolète tous tes agissements ! J'ai désormais le pouvoir de bouleverser la réalité ! »

D'un geste vif, il pressa une des touches de son clavier et referma le fenêtre vidéo, comme si cela pouvait mettre fin d'une certaine façon aux souffrances de la jeune fille. Cependant, il reçut presque immédiatement un nouveau signal vidéo. Cette fois-ci, il s'agissait d'Aelita sur Lyoko. Elle était seule et cernée par des dizaines de robots. Au même moment, tous firent feu avec acharnement en direction de la jeune fille. Elle s'effondra sur le sol et, dans un dernier cri d'effroi, elle subit une ultime dévirtualisation signifiant sa mort. La fenêtre vidéo devint alors entièrement noir, symbole de l'obscurité et des ténèbres du trépas. Le logo de Lyoko apparut, accompagné par cette simple phrase : « C'est comme ça que tout finira. ». La fenêtre se referma ainsi, tout aussi soudainement qu'elle s'était ouverte.

-NON ! » hurla Jeremy. « Je ne laisserais jamais ceci arriver ! Je réussirais à matérialiser Aelita et là, je t'aurais vaincu ! Je n'aurais plus qu'à éteindre le SuperCalculateur et j’assisterais impassible à ton agonie ! »

* * *
-Jeremy ? Tu me reçois ? » demanda impatiemment Odd.

-Oui, oui...désolé. J'avais un petit problème à régler...Vous n'êtes plus très loin de la tour. Encore un ou deux sauts et vous y serez ! Mais tout d'abord, empruntez la passerelle qui mène au plateau en face de vous. Une fois là-bas, vous n'aurez plus qu'à...

Jeremy fut interrompu par les nombreux messages d'alertes de son radar qui signalaient l'apparition de deux nouveaux contacts ennemis sur l'étroit sentier sur lequel les Lyoko Guerriers s'étaient engagés.

-Attention ! Deux Krabes tentent de vous bloquer la route ! Voilà ce qu'on va faire : Ulrich, tu restes avec Aelita et tu la protèges des tirs lasers.

Odd, tu fais diversion, et Yumi, tu détruits les Krabes.

-Bien reçu ! » répondit Odd avec fougue et impétuosité, avant de s'élancer, en courant à quatre pattes, vers ses deux nouveaux ennemis qui s'étaient mis côte à côte pour former une barrière.

Pris pour cible, il commença à esquiver les tirs en faisant de multiples slaloms, puis une fois arrivé au niveau de ses ennemis, il se jeta sous l'un d'eux qui essayait alors de le transpercer avec ses pattes tranchantes. Cependant, l'agilité phénoménale de Odd permettait à ce dernier d'éviter toutes les attaques hostiles de ses adversaires. Yumi put ainsi tranquillement se concentrer puis lancer un éventail qui fit une boucle autour des deux Krabes, coupant vif deux de leurs pattes. N'ayant plus d'équilibre, tous deux chutèrent dans l'immense vide du territoire de la montagne.

-Bien joué ! » s'écria Jeremy, fier des progrès réalisés par ses acolytes. « Les robots de X.A.N.A n'ont aucune chance sur ce territoire ! Vous voyez, il n'est pas invincible ! Il a même commis une erreur en activant une tour ici ! ».

-Bon, où est-ce qu'on va maintenant ? » demanda Ulrich.

-Encore deux sauts et vous y êtes. Une fois au bout du sentier, sautez juste en face de vous !

Ils effectuèrent inlassablement un nouveau plongeon et atterrirent sur un petit îlot.

-Plus qu'un ! Bien, placez-vous au bord. Laissez-moi juste le temps de trouver le bon chemin. Juste en-dessous, il y a deux sentiers, un à gauche et un à droite. Vous devez prendre celui de...droite, oui, celui de droite ! L'autre ne mène nulle part. Bon, ce saut va se révéler être un peu plus délicat : vous devez bondir entre trois et cinq mètres de longueur, à deux heures de votre position actuelle. Préparez-vous et faites bien attention !
Tous les quatre se positionnèrent au bord du précipice. Ils s'apprêtèrent alors à sauter lorsqu'ils entendirent un étrange bourdonnement mécanique, suivi par le cri affolé de Jeremy :

-Aelita ! Derrière-toi !

Avant que la jeune fille n'ait eu le temps de se retourner, elle reçut un puissant laser qui la projeta hors de l'îlot, à l'opposé de là où elle devait aller, sur le sentier de gauche. Yumi, Odd et Ulrich se retournèrent pour découvrir le mystérieux agresseur : il s'agissait d'un modèle mécanique d'un frelon, mais qui semblait optimisé pour le combat. En effet, déjà bien plus grand qu'un insecte normal, de la taille d'un être humain environ, le robot était équipé de cinq paires d'ailes qui lui permettaient de se déplacer avec aisance, agilité et rapidité. De plus, son dard était en réalité un canon à lasers typique de tous les robots que le petit groupe avait rencontré jusqu'à présent. Enfin, comme à l'accoutumée, le symbole de Lyoko était imprimé sur sa tête.

Deux autres Frôlions apparurent à côté du premier pour lui prêter main forte. Ulrich s'élança aussitôt dans leur direction mais ceux-ci ne tardèrent pas à s'envoler pour se mettre hors de la portée de leur assaillant, avant de tirer simultanément une salve de lasers sur le jeune homme. Celui-ci parvînt à parer les tirs avec son sabre mais il fut forcé de battre en retraite pour éviter d'être dévirtualisé.

-Ulrich, tu n'arriveras pas à les atteindre ! » s'écria Jeremy. « Laisse faire Odd et Yumi, et rejoins Aelita sur le sentier de gauche avant qu'elle ne se fasse attaquer !

Sans perdre de temps, il bondit dans le vide, pendant que ses deux autres camarades commençaient à préparer leur résistance. Yumi commença par lancer un de ses éventails mais à peine s'était-il approché de l'un des Frôlions que ceux-ci prirent de l'altitude et évitèrent l'arme aiguisée de la jeune japonaise. Odd, pas plus chanceux, tira plusieurs flèches lasers finement esquivées par les trois robots véloces.

-Odd, Yumi ! Changement de tactique : rejoignez la tour sur le sentier de droite en contrebas ! Là, retenez les Frôlions autant que possible, le temps que je trouve un moyen de vous amener Aelita !

-Bien reçu, Jeremy ! On y va ! » s'écria Yumi avant de s'élancer dans le vide avec Odd.

Le jeune garçon reporta alors son attention sur la jeune fille aux cheveux roses :

-Aelita, tout va bien ?

-Oui, ça va ! » répondit-elle d'un ton rassurant. « Ulrich m'a rejoins ! Le seul problème, c'est que la tour est inaccessible depuis cette plate-forme. Et impossible de remonter à partir d'ici ! La tour est juste devant moi mais la mer numérique m'empêche d'y accéder ! ».

En effet, le plateau sur lequel elle se trouvait, au ras de la mer numérique, était éloigné d'une cinquantaine de mètres du terre-plein contenant la tour activée. Là, Odd et Yumi avaient commencés à riposter à coups de flèches lasers et d'éventails contre les trois assaillants robotiques qui les narguaient en esquivant avec habileté chacun de leurs tirs. La jeune japonaise eut alors une idée :

-Odd, à mon signal, mitraille le Frôlion situé à une heure !

Après avoir posé ses deux précieuses armes à terre pour ne pas être encombrée, elle fixa du regard l'un des robots puis se concentra autant qu'elle le pouvait pour parvenir à l'immobiliser grâce à sa capacité de télékinésie. La victime devint ainsi parfaitement immobile dans le ciel mais commença à agiter frénétiquement des ailes pour tenter de se libérer de l'étreinte mentale de Yumi.

-Maintenant, Odd ! Tir ! » hurla-t-elle épuisée par l'utilisation prolongée et intensive de son esprit.

Le félin déclencha donc une salve de plusieurs flèches lasers qui filèrent droit sur le robot figée dans les airs. Cependant, un autre Frôlion vint se placer sur la trajectoire des projectiles de Odd, se sacrifiant pour sauver son semblable. Il absorba ainsi l'intégralité des tirs puis explosa dans le ciel de Lyoko, projetant de nombreux débris aux alentours. Odd tira une nouvelle rafale de flèches, mais le temps qu'elles n'atteignent la victime immobilisée, Yumi céda à la souffrance que cette épreuve mentale lui infligeait et relâcha son emprise sur le Frôlion qui aurait pu s'enfuir si une des flèches de Odd n'avait pas atteint in extremis une de ses ailes. Perdant l'équilibre, le petit robot vint s'écraser sur la mer numérique provoquant une impressionnante réaction entre l'énergie virtuelle du Frôlion et les flux de données de l'océan de Lyoko : au point d'impact du crash, une immense colonne d'énergie bleue s'éleva dans le ciel, illuminant les alentours d'un léger voile azuré.

Le dernier Frôlion, désormais seul, savait qu'il n'avait aucune chance contre ses deux adversaires et leurs armes terrifiantes. Ainsi, au lieu de poursuivre le combat, il s'échappa en direction de l'autre plateau où se tenait Ulrich et Aelita. Là, il devinait qu'il pourrait s'en prendre plus facilement à deux victimes sans défense, la jeune fille n'étant pas armée et le jeune homme n'ayant pas de projectiles à lancer. Il s'attaqua donc en premier au plus dangereux, Ulrich, en tirant une salve continue de lasers que ce dernier essayait de parer avec son sabre. Cependant, le surnombre des tirs et leur vitesse affolante finirent par avoir raison de lui et le dévirtualisèrent lorsque, perdant sa concentration, il laissa passer un ultime laser. Aelita avait désormais perdu sa seule défense et était dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit pour repousser son agresseur. En effet, son pouvoir mental ne lui était d'aucune aide ici, car elle ne pouvait ni faire tomber le Frôlion, ni ériger un mur assez vite pour emprisonner le robot qui se déplaçait à une allure phénoménale. Une nouvelle fois, tout lui semblait perdu. Mais c'était sans compter sur le soutien de Jeremy, son protecteur, qui trouva rapidement une solution au problème :

-Aelita ! Érige un pont entre les deux plate-formes pour rejoindre Odd et Yumi !

Elle lui obéit alors sans prier et commença à visualiser dans son esprit ce qui l'intéressait. Malgré tout, la tâche à accomplir était dur et rigoureuse et même dans le micro-univers alternatif où sa conscience travaillait et où le temps semblait beaucoup plus long, plusieurs secondes réelles finirent par s'écouler sans que Aelita ne bouge, et le Frôlion comptait bien profiter de cet instant pour lui porter un coup fatal. Il chargea ainsi un tir aussi puissant qu'il le pouvait, en faisant affluer toute l'énergie disponible dans son système, puis enclencha un laser hautement concentré qui serait fatal à la jeune fille s'il l'atteignait. Alors qu'il s'apprêtait justement à atteindre sa cible, il fut stoppé dans sa course par un des éventails de Yumi, que cette dernière avait réussi à projeter et contrôler jusqu'à plusieurs centaines de mètres, afin de protéger Aelita et lui laisser plus de temps. En effet, c'est exactement les quelques précieuses secondes qu'il lui fallut pour synthétiser un pont de roches reliant les deux plateaux. Son devoir effectué, elle rouvrit les yeux et commença à courir, toujours poursuivie par le Frôlion, vers Odd et Yumi qui essayaient de la rejoindre. Elle parvint ainsi, au prix de très grands efforts déployés, à atteindre ses deux camarades, dont Odd qui, désireux de vengeance, mitrailla le robot jusqu'à sa destruction complète.

-Beau travail, Aelita ! » s'écria Jeremy, soulagé par le danger qui venait de s'estomper.

Elle pénétra donc dans la tour, posa délicatement sa main sur l'interface et lança le Code Lyoko qui désactiva la tour.

-C'est bon, je vous ramène sur Terre ! » dit Jeremy avant d'enclencher les procédures de matérialisation. « Quant à toi, Aelita, ne t'inquiète pas ! Tu ne vas pas rester coincé sur cette plate-forme tout le temps. J'ai confectionné un programme qui va te permettre de voyager, de te téléporter d'une tour normale vers une tour du passage. Cependant, il faudra que je pense un jour à programmer des sortes de véhicules...ça rendrait vos missions beaucoup plus facile, non ? »

* * *

-Alors, Jeremy : qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? Reconstruire le collège pierre par pierre ? » demanda Ulrich sceptique.

-Mieux que ça ! » répondit-il. « Je peux te dire que les personnes qui ont travaillés sur la construction du SuperCalculateur étaient de véritables génies ! Ils n'avaient pas comme nous une vision bornée et limitée de la vie, du monde et de l'univers. La numérisation de matière et la matérialisation de données permettent beaucoup plus que la virtualisation : la modification totale de notre réalité sous toutes ses formes, quelles soient physiques ou temporelles. Le temps. Que lui reste-t-il comme définition après tout ce que nous avons découvert ? La simple conversion d'un esprit en données intégrées par un SuperCalculateur, comme le fait Aelita lors qu'elle synthétise quelque chose , permet de rendre cette notion obsolète ! Et la matière. Nous avons désormais grâce aux scanners la possibilité de la créer, de la modifier, de la reproduire, comme bon nous semble. Notre réalité n'est plus fondamentale et unique. Nous avons le pouvoir de la modeler ! Maintenant, tout ce qui nous reste de concret, ce sont nos consciences ! Nos corps et le milieu dans lesquelles ils évoluent ne sont plus rien, plus qu'un artifice de l'époque où nous les croyions suprêmes et intouchables.

-Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes ?

-C'est simple, Ulrich : le SuperCalculateur, par une remodélisation complète et totale de la matière qui compose notre monde, peut restaurer l'état de notre univers tel qu'il l'a été dans le passé. En d'autres mots...nous pouvons remonter dans le temps !

-Quoi ?

Tous étaient abasourdis.

-Tu plaisantes, j'espère ? » demanda Odd.

-Non, et d'ailleurs, les scientifiques qui travaillaient ici ont déjà procédés à ce retour vers le passé, et avec succès !

-Mais...Comment peuvent-ils savoir si cela a fonctionné ? En remontant dans le temps, ils ne peuvent pas se rappeler ce qu'il s'est passé ! » le questionna Ulrich.

-Le SuperCalculateur n'est pas affecté par ce phénomène. Pour des raisons bien précises, il n'est pas remodelé lors du retour vers le passé. Ainsi, les scientifiques n'avaient plus qu'à lire leurs propres messages qu'ils s'étaient eux-même laissés pour savoir qu'ils avaient réussis.

-D'accord...d'accord...Mais tu comptes réellement effectuer cette opération dangereuse et que tu ne maîtrises pas ? Tu pourrais tous nous tuer ! Si tu reconstruis toute la matière, mais qu'il y a une erreur de manipulation ou autre...le monde n'existera plus ?

-Écoute : les probabilités d'effondrement quantique de la matière lors d'une opération de reparamétrage du Flux sont quasi nulles.

-Et puis quoi ? On remonte dans le temps, on oublie tout, X.A.N.A réactive sa tour, on combat de nouveau et on prononce encore une fois ces même phrases et on remonte dans le temps, comme un cycle infini ? Mais ce n'est pas du sauvetage ça Jeremy : c'est un génocide ! Des milliards d'êtres humains, des milliards d'animaux, dont l'histoire de leurs vies s'arrêtent brutalement, puis recommencent, puis s'arrêtent...Tu met fin à la vie en faisant ça ! Ça se trouve, on à déjà vécu cette scène des millions de fois !

-Non, je ne pense pas : comme Aelita est sur Lyoko, elle ne subit pas le retour vers le passé. Elle l'aurait forcément su si on l'avait déjà fait. A notre retour, elle nous racontera tout !

-Tu ne vas tout de même pas le faire maintenant ?

-Si, on n'a pas le choix !

-Je ne te laisserais pas faire ! » hurla Ulrich, déterminé.

Violemment, il se jeta sur Jeremy pour l'éloigner de l'interface mais il n'arriva pas à temps pour stopper l'acte du jeune garçon, plus déterminé que jamais. Il parvint juste à le projeter brutalement contre terre et à tendre son poing au-dessus de Jeremy. Il hésitait encore, mais la rage était monté en lui et ce qu'avait fait Jeremy était, selon lui, cruel et impardonnable.

-Ulrich, non ! » s'écria Yumi affolée.

Ce furent les derniers mots que les quatre Lyoko Guerriers entendirent avant de subir le retour vers le passé. Tout ce qu'ils virent ensuite, ce fut une immense champ électrique émergeant des trois scanners ouverts et qui se déplaçaient à une vitesse fulgurante à travers l'espace, remodelant la matière, modifiant le cours du temps. L'instant d'après, Odd et Ulrich se retrouvaient à nouveau dans leur chambre, dans leurs lits. Odd regarda alors instinctivement son réveil pour voir l'heure : « 23h47 ».

-Un rêve ? » pensa-t-il. « Non. Il a réussi...» s'exclama-t-il fébrilement.

-C'est impossible... » ajouta son camarade.

Il se leva d'un bond, sortit de sa chambre et se rua vers la chambre de Jeremy, suivis par Ulrich. Celle-ci était fermée à clé. Odd frappa alors brutalement à la porte et le jeune garçon ne tarda pas à aller lui ouvrir, en demandant :

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Le retour vers le passé ! Il a marché ! En plus, j'arrive à me souvenir de ce qu'il s'est passé ? Et Ulrich aussi !

-Comment êtes-vous au courant du retour vers le passé ?

-Qu'est-ce que tu racontes ? C'est toi qui nous en as parlé !

-Mais, je sais à peine comment ça marche !

-Tu veux dire que...

-Il a oublié... » intervint Ulrich.

* * *

La porte de l'ascenseur s'ouvrit et Jeremy, Odd, Ulrich et Yumi pénétrèrent dans le laboratoire de l'usine. Jeremy, sans perdre une seconde, se connecta à l'interface et communiqua avec Aelita.

-Jeremy ! Enfin ! J'ai cru que le retour s'était mal passé ! » dit-elle rassuré.

-Tu vois Jeremy : le retour a bien eu lieu » ajouta Yumi.

-Effectivement...

-Maintenant, on aimerais bien un peu plus d'explications ! » demanda Odd. « Pourquoi ni toi ni les autres ne se souviennent du retour ? ».

-Laissez-moi tout d'abord commencer par le commencement. Le secret du SuperCalculateur, des scanners et de Lyoko est basé sur le fait que notre univers n'est pas exactement comme nous le concevons habituellement. En fait, le travail des scientifiques qui ont travaillés ici portaient en tout premier lieu sur la découverte d'une nouvelle force physique infiniment puissante. Ils ont en effet découvert qu'il y avait un lien entre tous les éléments qui composent la matière : ils sont tous connectés entre eux par une force qui maintient sa cohésion. Sans elle, tout s'effondrerait. Cette force s'appelle le « Flux », et ces scientifiques sont les premiers à l'avoir découverte. Ils ont aussi remarqués que cette force relie la matière grâce à un signal électrique très particulier et d'une fréquence infiniment élevée, encore jamais vue jusque là. Enfin...jusqu'à l'invention du scanner. Les scientifiques ont réussis à générer un signal électrique tout aussi puissant dans les scanners. Ainsi, ces derniers permettent la virtualisation, en supprimant du Flux le contenu du scanner grâce à un champ électrique inhibiteur, et la matérialisation, en recréant votre corps dans le Flux. Tout ceci est possible grâce à un signal électrique assez puissant, précis et programmé, et c'est ça le rôle du SuperCalculateur : il possède une vitesse de calcul assez rapide pour pouvoir modeler ce Flux. Le fonctionnement est le même pour le retour vers le passé. Il y a suffisamment de scanners actifs pour délivrer un champ électrique suffisamment puissant pour recréer tout le Flux et remodeler la matière telle qu'elle l'était à un instant précis. Or, vous me demanderez : « pourquoi le SuperCalculateur n'est pas affecté ? ». C'est simple : le retour vers le passé est programmé pour ne pas restaurer ce dernier. Tout ce qu'il y a autour est modifié, mais lui non. Ainsi, Lyoko n'est pas affecté. Maintenant, « comment le SuperCalculateur arrive à recréer précisément notre monde à un certain instant ? ». Et bien, les scanners arrivent à détecter les moindres petits mouvements du Flux et à les enregistrer pour pouvoir restaurer la matière comme elle l'était précédemment.

-Et pourquoi nous on s'en souviens ?

-Parce que vous vous êtes déjà virtualisé ! Pourquoi supprimer puis recréer votre corps pendant la virtualisation et la matérialisation ? Plusieurs raisons. Tout d'abord, votre conscience ne peut pas être enlevée puis réintégrée à votre corps. En effet, comme vous le savez déjà, le SuperCalculateur est programmé pour que votre conscience ne soit pas dupliquée. Ensuite, s'il n'était pas supprimé, votre corps resterait complètement inerte donc potentiellement mort sans votre conscience. Enfin et surtout, j'ai découvert qu'un programme ultra complexe avait...comment dire...modifié votre corps réel. Désormais, votre conscience est constamment reliée au SuperCalculateur, comme un simple programme. Ainsi, durant le retour vers le passé, ce dernier à restauré votre esprit du présent et non pas du passé.

-En fait, tout ceci est le résultat d'un phénomène physique complexe ?

-Oui, mais il y plus...bien plus...Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, cette découverte révolutionne la notion de notre réalité. En effet, le Flux est bien plus étrange qu'il n'en a l'air. En fait, s'il permet la cohésion de la matière aussi précisément, c'est qu'il contient un signal rempli de données complexes qui peuvent êtres lues par les scanners. En fait, la matérialisation agit comme la virtualisation : dans les deux cas, il s'agit de l'intégration d'une entité à un système informatisé. Les ressemblances entre les mondes réels et virtuels sont frappantes : un conscience qui survit dans un corps, les propriétés physiques, l'équivalent du Flux en programmes informatiques, et plein d'autres. Tout ceci n'est pas anodin. Je sais que ça va vous paraître étrange, mais le monde réel n'existe pas en tant que tel...Il s'agit en fait d'un monde « virtuel » mais contrairement à Lyoko, il est indépendant énergétiquement et n'a plus de plate-forme de génération, soit l'équivalent d'un SuperCalculateur qui pourrait le programmer. C'est la seule hypothèse qui permet d'expliquer que le Flux soit aussi complexe : il s'agit en fait des restes du système informatisé qui régissait notre monde virtuel. Certes, maintenant, comme il a trouvé le moyen d'être autonome, ce monde virtuel a acquis un statut de monde réel ! Mais tout ceci ne signifie pas que tout ce que l'on vit est faux, mais plutôt que notre monde a été crée par un autre monde, qui lui même provient d'un autre monde,...C'est un cycle et Lyoko est l'esquisse d'un nouveau monde. C'est le but ultime de l'humanité : survivre en créant un nouvel univers indépendant et dans lequel il peut survivre et migrer. En effet, l'Homme actuel a perdu tout contact avec les mondes précédemment...Ils ont probablement été détruits, ce qui fait que notre monde à nous est le dernier restant dans lequel l'Homme peut vivre...Bref, revenons à notre réalité : avec cette nouvelle arme, le retour vers le passé, on ne risque presque plus rien ! La capacité de stockage du SuperCalculateur permet d'enregistrer les informations du Flux jusqu'à huit heures dans le passé !

-Cela signifie que si jamais on...meurt...tu peux nous ressusciter en quelque sorte ?

-Ça serait le cas sur un être humain normal mais vous, votre conscience est lié au SuperCalculateur. Si jamais votre corps n'est plus viable, cette dernière ne pourra plus y survivre mais elle continuera d'enregistrer une activité nulle dans le SuperCalculateur. Ainsi, après le retour vers le passé, on risquerait de retrouver votre corps inerte avec votre âme morte à l'intérieur. C'est à double tranchant : soit vous vous souvenez, soit vous vivez paisiblement dans l'ignorance sans aucun risque.

-Et les tours dans tout ça ?

-Ah oui, les tours...Elles permettent en réalité d'envoyer un puissant signal électrique dans le Flux en programmant les scanners. C'est de là que proviennent les éclairs électriques qui essayent de nous atteindre. Cependant, Lyoko est actuellement protégé par un Pare-Feu ultra sécurisé et infranchissable, sauf par le Code Lyoko. C'est pour ça que X.A.N.A ne peut, pour l'instant, se propager seulement dans un environnement favorable : le réseau électrique. Sans ce Pare-Feu, il pourrait recréer électriquement et à volonté le Flux grâce aux scanners.

-C'est...incroyable... » s'écria Odd.

Tous ressentaient la même chose que lui, ce sentiment d'avoir vécu aveugle dans un faux monde qui cachait tous ses secrets.

-Vous faites maintenant partie des quelques Hommes qui connaissent la Vérité sur notre réalité. Mais cela ne doit pas changer votre vie. Tout ce que vous vivez est réel. L'important, c'est votre conscience. C'est le seul élément qui parvient à franchir tous ces mondes sans être affecté. Il est le pont entre deux univers différents et ce qui fait de nous des êtres humains.

-Bien...qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

-On continue le combat contre X.A.N.A, avec nos nouvelles armes. On le bat, on sauve Aelita, et on éteint le SuperCalculateur. L'humanité n'est pas encore prête à connaître la Vérité. En attendant, j'ai fait devoir me virtualiser pour que mon esprit demeure insensible au retour vers le passé.

-Ça veut dire qu'on va pouvoir voir ton avatar sur Lyoko ? » se réjouit Odd.

-Malheureusement pour toi, non. J'ai programmé une matérialisation instantanée pour que mon corps soit modifié sans attendre. Je n'apparaîtrais donc pas sur Lyoko mais mon esprit sera lié pour toujours au SuperCalculateur. Maintenant, il faut que j'étudie de très près le travail des scientifiques qui ont travaillés ici pour comprendre X.A.N.A et le stopper.

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Enfin, chapitre 7 (vous pouvez le lire meme si vous n'avez pas lu le début de ma fic...il y a juste la notion du flux que vous ne comprendrez pas, mais ça, c'est le chapitre d'avant).

Spoiler:
LYOKO PROJECT


Chapitre 7 : ORIGINE :

-Aelita, il te reste une tour au secteur 45, coordonnées 1245, 784, 857. Après ça, on en aura fini avec le territoire de la forêt.

-Bien reçu, Jeremy. Je m'y rend immédiatement.

Cela faisait maintenant quatre heures que Aelita sondait les tours mémorielles à la recherche d'informations qui permettraient à Jeremy de connaître l'origine du SuperCalculateur. En effet, des dizaines de questions se bousculaient dans sa tête : quel était son but, qu'était réellement X.A.N.A, et surtout, qui était Aelita ? Il ne pouvait pas supporter plus longtemps de laisser ces interrogations sans réponses et seul Aelita était en possibilité d'accéder aux sous-programmes cachés des tours de Lyoko, et de lui envoyer les données nécessaires à la compréhension de ce monde virtuel.

-J'ai la tour en visuel, Jeremy.

-Le radar n'a détecté aucun contact ennemi, Aelita. Tu peux y aller.

La jeune fille pénétra dans la tour, la dernière du territoire de la forêt. Rapidement, elle se connecta à l'interface et annonça à Jeremy :

-Je te télécharge les données.

Quelques secondes suffirent au chargement pour s'effectuer. Il ne restait plus au jeune garçon impatient à savoir si ces sous-programmes contenaient enfin ce qu'il recherchait, la vérité.
Sans attendre, il les ouvrit, un par un, regardant avec attention leur contenu. Pendant plus d'un quart d'heure, la recherche fut infructueuse, réduisant, à chaque seconde qui passait, l'espoir de Jeremy. Malgré tout, il ne voulait pas abandonner et il savait que plus il avançait, plus il avait de chance de découvrir la perle rare. C'est avec cette ultime conviction qu'il continuait sans relâche un travail qui lui semblait vain.

Il arriva aux derniers sous-programmes, et comme si cela pouvait lui apporter plus de chance, il s'écria :

-Cette fois-ci, c'est la bonne !

Et c'est fut le cas, à son grand émerveillement. Il venait de retrouver plusieurs fichiers vidéos, sûrement des enregistrements, songea-t-il. Il s'empressa d'ouvrir le premier.

A l'écran, il apercevait un homme d'une quarantaine d'années, les cheveux bruns grisonnants, assis sur un fauteuil, exactement le même que celui sur lequel se tenait Jeremy. C'est alors qu'il comprit que cette vidéo avait été enregistrer ici même, à l'usine, grâce à la même caméra vidéo que Jeremy utilisait pour communiquer avec Aelita. En effet, en posant son regard sur l'arrière-plan, il reconnut les murs gris du laboratoire. A ce moment-là, il exulta. Il avait trouvé exactement ce dont il avait besoin : le récit d'une personne qui serait probablement le créateur de Lyoko, de l'usine, du SuperCalculateur...

L'homme se mit à parler.




« Journal de Franz Hopper, 4 Mai 2003.

Bonjour à tous les citoyens du Monde.

Si je décide aujourd'hui d'enregistrer cette vidéo destiné à chaque homme vivant sur cette terre, c'est pour vous dévoiler la vérité sur la réalité de notre monde. Cette vérité, longtemps étouffée par certains, uniquement pour leur profit personnel, leur avarice, leur cupidité,...Mais à partir de maintenant, tout va changer car à partir de cette date, nous sommes libérés de nos chaînes, et nous nous apprêtons à livrer une guerre sans merci qui, une fois que nous l'aurons gagnée, fera éclater toute la vérité aux yeux de tous.

Tout a commencé le 3 décembre 2001, date à laquelle l'aboutissement de longues années de recherche sur la physique quantique et l'origine de notre univers, nous a permit, mon équipe et moi, de découvrir l'existence du Flux, ce signal électrique ultra complexe circulant dans chaque micro particule qui compose notre univers et qui permet la modélisation complète de la matière toute entière. Il nous a ensuite simplement suffit de créer une machine suffisamment puissante pour générer un champ électrique capable de le lire et le modifier et c'est là que nous avons réussi à construire le premier prototype de scanner. Après des centaines de tests, nous avons réussi à dupliquer plusieurs objets, à les supprimer, à les téléporter. Nous avions découvert ce qui était probablement la plus importante invention de l'humanité. Avec elle, nous aurions pu nourrir la planète entière en dupliquant à l'infini des vivres. Nous aurions mis fin à la famine, à la pauvreté et même à de nombreuses maladies. Nous avons donc décidé de tout divulguer aux organismes gouvernementaux qui finançaient nos travaux de recherches. Ils ne nous ont pas cru au début, mais ne nous manquions pas de preuves pour les convaincre. Ainsi, ils se sont enfin décidés à nous accorder un budget illimité pour la construction et le perfectionnement de nouveaux scanners, ainsi que le plus puissant des ordinateurs jamais construit à ce jour, le premier modèle de SuperCalculateur relié à un scanner. Désormais, nous pouvions pousser nos recherches où bon nous semblait, et une nouvelle mission s'était imposée comme essentielle : poursuivre le cycle de création des mondes virtuels. C'est ainsi que nous avons crée Lyoko, un monde virtuel encore simpliste, composé tout d'abord uniquement d'un territoire de la forêt, mais dans lequel nous avions commencé à intégrer la plupart des phénomènes physiques qui régissent notre monde. C'est dans cette ébauche d'univers virtuel que nous avons décidé de tenter de virtualiser le premier être humain, pour découvrir comment ce dernier pouvait survivre hors de son monde. Je me suis donc porté volontaire pour cet incroyable expérience qui fut un succès sur tous les plans. La virtualisation de mon corps sur Lyoko s'est parfaitement bien déroulée : nous seulement nous avions réussi à créer un avatar complet de mon corps entier, mais aussi ma conscience s'était parfaitement adaptée à son changement d'être. A la fin de cette première tentative, nous savions que nous avions touché l'immortalité du bout des doigts et désormais, nous avions tous en tête de réussir à créer un monde parfait où tous les Hommes pourraient vivre sans besoins, ni souffrances, ni mort. Malheureusement, cette perspective de l'Homme parfait a commencé à attirer les convoitises des plus puissants, et évoquant la recrudescence du terrorisme à l'échelle mondiale, les différents gouvernements pour lesquels nous travaillions, nous ont transférés dans une autre organisation internationale, l'organisme de recherche en armement militaire : la R.O.M.A.

Nous avons été forcé à déménager nos locaux dans un base militaire secrète du Nouveau-Mexique. Là, on nous a investi d'une nouvelle mission : assister les différentes armées gouvernementales à entretenir leurs offensives dans les pays du Moyen-Orient pour mettre fin au terrorisme. Tous les moyens étaient bons pour soutenir leurs troupes : créations de plate-formes de téléportations, duplication d'armement, piratage des serveurs militaires ennemis, et plein d'autres. Bien évidemment nous le faisions à contre cœur, mais c'était le seul moyen pour que nous continuons nos recherches, sans quoi on nous menaçait de nous retirer la main mise sur le Projet Lyoko. Cependant, après plusieurs mois de coopérations avec les militaires, ces derniers sont allés beaucoup trop loin : ils voulaient nous forcer à cloner leurs meilleurs soldats d'élites pour mettre fin une bonne fois pour toutes au terrorisme, en frappant simultanément tous les petits groupes insurgés qui menaçaient l'Europe et les États-Unis. Cette fois-ci, ils étaient hors de question de permettre une telle aberration. Mes collègues et moi nous étions engagés à respecter un certain code d'éthique qui nous empêchait d'utiliser le SuperCalculateur et les scanners pour notre utilisation personnelle, que ce soit pour nous enrichir, ou pour nous rendre immortel en sauvegardant et dupliquant notre conscience. La numérisation de l'âme devait se limiter au transfert sur Lyoko uniquement. Nous avons donc, en cachette, reprogrammer le SuperCalculateur pour que celui ne permette plus aucune copie du programme conscience généré lors de la virtualisation. Ensuite, beaucoup de collègues ont décidés de déserter et menacés de tout dévoiler à la presse si la R.O.M.A ne cessait pas ces activités immorales, mais malheureusement, quelques jours plus tard, nous avions perdus tout contact avec eux. Nous nous doutions que la R.O.M.A n'allait pas laisser des scientifiques dévoiler un projet militaire top secret, mais nous ne pensions pas qu'elle serait prête à les éliminer pour garder l'existence du SuperCalculateur confidentiel. En effet, nous avons découvert quelques jours plus tard, en piratant les registres gouvernementaux, que toutes les traces des identités de nos collègues déserteurs avaient été effacées. C'est à ce moment-là que nous nous sommes vraiment rendu compte que nous n'avions plus aucun contrôle sur la situation et que nous étions à la merci de la R.O.M.A, qui n'aurait d'ailleurs pas hésitée à nous éliminer également dès qu'elle n'aurait plus eut besoin de nous. Dorénavant, nous étions prisonniers et seuls quelques collègues avaient réussis à s'échapper et à passer entre les nombreux filets de la R.O.M.A. Tous avaient réussis à se réfugier en France, près de la banlieue parisienne et c'est depuis ce lieu qu'ils nous aidaient à préparer notre évasion. C'est grâce à leur soutien que nous avons pu préparer pendant de très longs mois l'opération Carthage. Cette dernière avait pour principe de nous permettre de nous enfuir de la base du Nouveau-Mexique en nous téléportant du scanner de cette base vers le scanner d'un nouveau SuperCalculateur secrètement construit dans une usine abandonnée en banlieue parisienne. Ce SuperCalculateur 2.0, bien plus puissant que le premier modèle, permettait d'accueillir quatre territoires au lieu d'un seul. En effet, nous avions besoin d'une grande quantité d'espace virtuel pour y installer des tours mémorielles et passer à la phase deux de l'opération. Mais pour l'instant, la première partie de mon plan occupaient tous nos esprits. Nous avions déployés d'incroyables efforts afin de tout mettre en place, de pirater, grâce au premier SuperCalculateur, de nombreuses entreprises et institutions gouvernementales afin de pouvoir livrer et construire le SuperCalculateur 2.0 dans l'usine abandonnée. Une fois, tous les préparatifs achevés, nous devions lancer l'opération Carthage et devenir des hors-la-loi à tout jamais... »



* * *


Franz Hopper tapait sur son ordinateur les dernières lignes de codes nécessaires à la connexion du premier modèle du SuperCalculateur, à celui de l'usine abandonnée. Après s'être plusieurs fois relu afin de s'assurer qu'il n'avait commis aucune erreur qui pourrait être à fatale à lui et ses collègues, il pressa la touche ENTER de son clavier. Il regarda furtivement derrière lui pour découvrir si quelqu'un le surveillait. Il se situait dans une immense salle aux murs noirs et éclairée par plusieurs rangées de néons qui peinaient à illuminer les ténèbres de la pièce. Tous ses collègues étaient là, réunis devant l'immense rangée d'une dizaine de scanners et s'attelaient à les vérifier un par un. Au fond de la salle, l'immense SuperCalculateur travaillait au maximum de ses capacités.

Comme aucun soldat de la R.O.M.A ne le surveillait, Franz Hopper se retourna devant son interface et saisit rapidement un micro-casque, avant de chuchoter :

-Salammbo, ici Schaeffer ! Vous me recevez ?

-Cinq sur cinq, Schaeffer. » répondit une voix féminine.

-Le colis est-il prêt ?

-Affirmatif. Il est dans le scanner un et est prêt pour le transfert.

-Très bien...Ici, tout va bien. Préparez-vous : initialisation de l'opération Carthage dans quarante-trois secondes.

-Bien reçu, Schaeffer. Commence programmation plate-forme de réception. Scanner deux et trois configurés. Scanner un activé. Le colis est en latence sur Lyoko. Je répète, colis en stand-by sur Lyoko.

-Compris...Treize secondes avant lancement de l'opération Carthage. Compte à rebours...initialisé.

-Bonne chance, Schaeffer.

-A tout de suite ma chérie.

Au bout de dix secondes, toutes les lumières de la salle s'éteignirent pour laisser place à l'allumage d'une multitude de gyrophares rouges qui plongèrent la salle dans une ambiance de guerre. Une alarme assourdissante se déclencha aussitôt. Comme prévu, la porte blindée de la pièce se referma, laissant Franz Hopper et tous ses collègues seuls avec le SuperCalculateur et les scanners.

-Schaeffer ? » s'écria une voix dans l'interphone. « Ici, le responsable de la sécurité de la R.O.M.A ! Que se passe-t-il ? Le laboratoire est isolé ! Quelqu'un a enclenché la procédure de verrouillage d'urgence ! ».

Ignorant sa question, il ordonna à tous les scientifiques présents dans la salle :

-Groupe un ! Prenez place dans le scanner ! Une minute, trente-trois secondes avant réouverture des portes !

Là, une dizaine de collègues de Franz Hopper s'installèrent dans les scanners.

-Salammbo ! Préparez réception groupe un !

-Bien reçu ! Scanner un, deux et trois parés !

-Initialisation procédure de virtualisation groupe un !

Assisté par deux autres collègues, il manipula aussi rapidement qu'il le pouvait une des interfaces du SuperCalculateur et enclencha une virtualisation dans l'ensemble des scanners de la pièce. Pendant ce temps, la voix dans l'interphone se faisait de plus en plus pressante :

-Schaeffer ? Vous m'entendez?

Ainsi, tous les scanners se refermèrent avant de se rouvrir vide, quelques secondes plus tard.

-Salammbo : confirmez réception groupe un ! » demanda Franz Hopper à sa mystérieuse interlocutrice.

-Groupe un évacué ! Procédez à la suite !

-Affirmatif ! » répondit-il. « Groupe deux ! En place ! »

Une nouvelle fois, une dizaine de scientifiques prirent place dans les différentes scanners, et Franz Hopper réitéra l'opération, avant de demander :

-Confirmez réception groupe deux !

-Groupe deux reçu ! Quarante-sept secondes avant ouverture automatique des portes, dépêchez-vous !

La voix dans l'interphone reprit de plus belle, semblant cette fois-ci comprendre ce qui était en train de se passer dans le laboratoire verrouillé :

-Allons, Schaeffer, ne faites pas l'idiot ! Ouvrez cette porte où nous serons obligé d'employer des mesures radicales. Si vous sortez maintenant, j'essayerais de vous faire éviter la cour martiale en plaidant vos nombreux services rendus à la nation !

Franz Hopper ne répondit toujours pas. De plus, sans qu'il n'ait eut besoin de le demander, le troisième et dernier groupe attitré de scientifiques se mit en place dans les scanners. Grâce aux lignes de codes que tapait Franz Hopper dans l'interface, tous les scanners se refermèrent et la virtualisation s'effectua. Désormais, il était seul dans l'immense laboratoire.

-Salammbo : procédez à l'envoi du colis !

-Bien reçu, Schaeffer ! Vingt-et-une secondes avant ouverture des portes !

En effet, Franz Hopper pouvait entendre de nombreux militaires de la R.O.M.A qui se tenaient derrière les portes du laboratoire, frappant parfois violemment du poing dessus comme pour forcez Hopper à les ouvrir.

Quelques secondes plus tard, les portes d'un scanner se refermèrent, ce dernier se mit en activité, et lorsqu'il se rouvrit, Franz Hopper s'en approcha pour en sortir un carton. D'un geste vif, il en extirpa un petit dispositif électrique sur lequel il pressa une multitude de boutons. Une fois sa mystérieuse tâche achevée, il revint rapidement vers l'interface et programma une virtualisation différée qui lui permettrait d'aller rejoindre ses collègues.

-Waldo ! Ouverture des portes ! » s'écria paniquée la voix féminine qui l'assistait depuis le début de l'opération.

En effet, les portes du laboratoires commencèrent à coulisser et un soldat de la R.O.M.A parvint à glisser, dans le petit interstice entre les deux pans d'une porte, une mitrailleuse qui déclencha une rafale de plusieurs tirs. Franz Hopper se rua alors dans le scanner le plus proche. Un soldat réussit finalement à pénétrer dans le laboratoire. Il se positionna devant le scientifique fugitif, retira la sécurité de son fusil mitrailleur, et s'apprêta à faire feu. Il était habillé exclusivement de noir et sur le haut de sa combinaison, on pouvait apercevoir un emblème qui représentait un aigle qui prenait son envol. Sous l'animal, était écrit l'acronyme « R.O.M.A » en lettres d'or.

La porte du scanner de Franz Hopper se referma juste avant la mise à feu du soldat de la R.O.M.A. Cinq impacts de balles s'enfoncèrent alors dans l'épaisse enceinte métallique mais comme le caisson avait été conçu pour être absolument étanche, aucun des projectiles ne parvint à atteindre le scientifique. Il subit alors, au même titre que les autres, la procédure de virtualisation, disparaissant dans une intense lumière blanche pendant que plusieurs soldats tentaient de forcer la porte du scanner.

Lorsque Franz Hopper rouvrit les yeux, il se trouvait hors de sa prison, dans un tout nouveau scanner, un tout nouveau laboratoire et plongé dans une toute nouvelle liberté. A peine était-il sorti du scanner qu'une femme rousse se jeta à son coup, avant de s'écrier :

-On a réussi !

Elle avait le même voix que Salammbo.

-Je n'aurais jamais rien pu faire sans toi, Anthea. » répondit-il.

Tous ses collègues étaient présents dans la petite salle des scanners de l'usine abandonnée. L'un d'eux prit la parole et s'écria joyeusement :

-L'opération Carthage est un succès !

Tout le monde se mit alors à applaudir en scandant le nom de leur libérateur, Franz Hopper, celui qui avait conçu ce plan génial. Certains, submergés par l'émotion, fondirent même en larme, heureux d'être enfin libre. Après quelques minutes, Franz Hopper demanda :

-Vous avez des nouvelles du colis ?

-Elle a fonctionnée ! » répondit Anthea. « La bombe à impulsions électromagnétiques a fait son œuvre ! Nous n'avons plus aucun contact avec le SuperCalculateur ou la base de la R.O.M.A. La bombe IEM a détruit tous les scanners et le SuperCalculateur ! Désormais, plus aucun militaire n'aura accès à cette technologie...

-...pour l'instant. » l'interrompit Franz Hopper. « Écoutez : vous avez tous fait un travail extraordinaire ! Malgré tout, nous ne devons pas relâcher nos efforts. La R.O.M.A va forcément finir par réussir à recréer un SuperCalculateur et ce sera à nous de nous en débarrasser en passant à la phase deux de mon plan : l'utilisation de X.A.N.A. Anthea a fini de le programmer ce matin même, et après quelques tests, nous devrions être en mesure de l'utiliser. En attendant, vous devrez vous intégrez à votre nouvelle vie...Au fait, Sorensen, vous avez fini avec nos nouvelles pièces d'identités ?

-Tout à fait. » répondit un des collèges de Waldo Schaeffer. « J'ai piraté suffisamment d'institutions gouvernementales pour vous trouver un nouveau nom, un nouveau travail et une nouvelle résidence. Les capacités de calcul de ce SuperCalculateur sont incroyables, je n'en reviens toujours pas qu'elles m'aient permis de hacker autant d'organismes officiels...Bref, par ailleurs, vous vous appellerez désormais Franz Hopper, et vous habiterez dans une maison non loin d'ici, reliée à cette usine par les égouts. Ça s'appelle l'Ermitage et c'est très charmant. Sinon, vous travaillerez dans un établissement scolaire près d'ici, le collège Kadic, en tant que professeur de physique. »

-Très bon travail, Sorensen ! Je compte sur vous pour distribuez toutes les nouvelles affectations de l'équipe. » puis s'adressant à tous ces collèges, il ajouta « Surtout, n'oubliez pas de vous reposez...Bientôt, nous devrons reprendre le combat contre la R.O.M.A ! ».


* * *

-C'est ainsi que mon équipe et moi avons réussi à nous échapper hier. Malgré tout, la R.O.M.A est à nos trousses et nous recherche activement. Par ailleurs, j'ai appris qu'ils avaient déjà commencer la construction d'un nouveau SuperCalculateur basé sur les quelques notes dont je n'ai pu me débarrasser ainsi que sur les restes des composants de l'ancienne machine. C'est pour cette raison que je devrais dans les prochains jours, mois ou années, mener une double vie, celle de Franz Hopper, professeur de physique on ne peut plus normal au Collège Kadic, et celle de Waldo Schaeffer, résistant ou rebelle qui lutte contre une armée secrète qui va maintenant vouloir m'éliminer...Quoi qu'il en soit, nous réussirons à contrer toutes les attaques de la R.O.M.A, nous en avons les moyens...Ainsi, une fois que toute cette histoire sera finie, je divulguerais la vérité au monde entier ! ».

La fenêtre vidéo se referma. Tout commençait à devenir clair dans l'esprit de Jeremy. Lui-même se trouvait en réalité dans ce qui avait servi de bastion de résistance pour un groupe de scientifiques désireux de stopper la folie meurtrière d'une armée. Il n'en revenait toujours pas. De plus, il restait encore des multitudes de fichiers vidéos comme celui-ci et il savait qu'en les regardant tous, il aurait peut-être une chance de trouver un moyen de matérialiser la conscience d'Aelita. C'est dans cette perspective que, sans plus attendre, il ouvrit le deuxième fichier vidéo : il s'agissait toujours de Franz Hopper assis sur son fauteuil. Cette fois-ci, Jeremy apercevait de multiples mouvements derrière lui, comme si toute la bande des scientifiques était réunie.

-« Journal de Franz Hopper, 23 Novembre 2003.

Déjà six mois que nous avons fui l'oppresseur et pourtant...Ce matin, j'ai détecté la présence d'une nouvelle connexion au Réseau : il ne peut s'agir que d'un SuperCalculateur de la R.O.M.A. Malheureusement, cela signifie qu'ils sont maintenant en possibilité de les reproduire comme bon leur semble. Seul bonne nouvelle, leur connaissance limitée dans la construction de ces SuperCalculateurs les ont forcée à copier l'ancien modèle. Ainsi, ayant recopié aveuglément toutes ses fonctions, ils ont aussi recréer un des territoires de Lyoko, la forêt et les tours mémorielles qui l'accompagnent. Cela va nous faciliter l'usage de notre nouvelle arme, le X.A.N.A. Nous avons donc commencé tous les préparatifs nécessaires mais nous ne serons opérationnel que dans quelques jours. Là, nous lancerons notre première offensive... »

Jeremy lança la vidéo suivante :

-« Journal de Franz Hopper, 30 Novembre 2003.

La présence de SuperCalculateurs dans le Réseau s'intensifie. On en compte déjà sept en activité et la R.O.M.A. n'a sûrement pas l'intention de s'arrêter là. En effet, elle est en train de créer des répliques du SuperCalculateur à travers le monde, appelés sous le nom de code « Xenos ». Cependant, nous avons un avantage conséquent : contrairement à eux, nous savons nous servir du SuperCalculateur. En effet, tout ce que la R.O.M.A. se contente de faire, c'est recopier au hasard le travail de mon équipe, comme si ça allait les aider à comprendre son fonctionnement. D'ailleurs, ils sont allé chercher les codes des quatre territoires du Projet Lyoko : ces territoires n'avaient aucune autre utilité que de tester les différentes propriétés physiques que l'on avaient ensuite intégrées ou non au SuperCalculateur, comme la sensation de chaleur qui s'est révélée être un échec. Bref, comme si cela pouvait les aider, ils ont installé un territoire différent sur chaque SuperCalculateur ! Ils n'ont vraiment aucune idée du potentiel de la machine qui est entre leurs mains...Dire qu'au début, je voulais seulement essayer d'étudier le fonctionnement sur Lyoko de robots autonomes que j'avais programmé...et maintenant, je me sers de ces territoires pour détruire les SuperCalculateurs. En effet, nous sommes enfin prêt à utiliser le programme d'acquisition et d'annihilation numérique des Xenos : le X.A.N.A. C'est un virus extrêmement réactif qui est capable d'infecter un SuperCalculateur pour en prendre le contrôle ou même le détruire par le bied de l'activation de tours sur Lyoko qui vont alors l'attaquer électriquement. Pour sa première mission, on ne va pas prendre de risque : on va le programmer pour qu'il détruise un Xeno situé dans un avant-poste militaire en Afghanistan. J'espère sincèrement qu'il réussira. ».

« Journal de Franz Hopper, 30 Novembre 2003.

Mission accomplie avec succès ! Le X.A.N.A a parfaitement accompli sa tâche ! Tout d'abord, il a réussi à infecter sa cible en voyageant à travers le Réseau. Ensuite, il a activé un maximum de tours sur un territoire et a programmé les scanners pour qu'ils envoient dans le Flux un signal électrique très puissant qui a réussi à détruire le SuperCalculateur. Le seul problème, c'est que notre présence dans le Réseau a été détectée suite à la sortie de X.A.N.A. Désormais, la R.O.M.A. sait qui elle combat et elle va tout faire pour nous éliminer. Heureusement, le programme X.A.N.A. a réussi à brouiller ses traces avant que l'on puisse nous repérer dans le Réseau. Malgré tout, nous avons décidé de conquérir un avant-poste militaire contenant un Xeno, pour prendre contrôle de ce dernier et lancer nos attaques à partie de cette base. De cette façon, les agents de la R.O.M.A ne pourront pas découvrir d'où nous opérons réellement. Cependant, un problème se pose : l'avant-poste que nous visons est toujours occupé et protégé par la R.O.M.A., qui pourra alors désactiver manuellement le SuperCalculateur et compromettre mon plan. Nous devrons donc intervenir physiquement sur le terrain mais il serait trop risqué de se téléporter directement dans les scanners de la base et nous n'aurions aucune chance de remporter un combat contre des militaires surarmés et surentraînés. C'est ainsi que j'ai eu l'idée d'utiliser un des restes du Projet Lyoko : le programme de développement d'une faune robotique sur un univers virtuel. En effet, mon équipe et moi avions programmés plusieurs robots capables de simuler une vie communautaire sur Lyoko. Cependant, à partir de maintenant, ils vont servir un tout autre dessein : nous les avons équipés de puissants réflecteurs lasers ainsi que d'un module de combat ultra sophistiqué qui va leur permettre d'abattre toute contact que nous avons marqué comme hostile. Un premier modèle test de Kankrelat a été fabriqué ici, dans l'usine, grâce à la chaîne de montage aménagée. Il a ainsi pu être dupliqué puis virtualisé sur Lyoko. De cette façon, nous pourrons matérialiser presque autant de robots que nous le voulons dans les scanners de la base cible, celle du Nouveau-Mexique, qui fut autrefois notre prison. L'heure de la vengeance a sonnée ! Une fois que nous aurons pris le contrôle de cet avant-poste, nous pourrons programmer le X.A.N.A pour qu'il détruise tous les autres SuperCalculateurs, un à un. Le combat risque d'être long et rude, mais à l'heure où je parle, nous pouvons déjà effleurer la victoire !


* * *

L'agitation se faisait de plus en plus importante dans la base secrète du Nouveau-Mexique.

-Il est de retour, Général ! Le X.A.N.A a été détecté dans le Réseau !

-Bien reçu ! Initialisation de la procédure d'isolement ! Verrouillez tous les pares-feu, déconnectez le SuperCalculateur du Réseau, désactivez les scanners !

-C'est fait ! » s'écria un des nombreux scientifiques présents dans le laboratoire. « Le sas s 'est refermé ! Aucune intrusion n'a été repérée par l'antivirus. Je procède à un nouveau scan... »

Quelques secondes s'écoulèrent dans le silence le plus total, chaque membre de la R.O.M.A présente dans le laboratoire attendant avec angoisse le résultat de l'analyse de l'antivirus.

-Voici les résultats du scan : code 47 non trouvé...Le X.A.N.A. n'a pas réussi à s'infiltrer dans le SuperCalculateur...L'attaque a été repoussée !

Des cris de joie et de nombreux applaudissements éclatèrent alors, félicitant les auteurs de cette procédure de défense qui semblait avoir portée ses fruits.

-Bon travail !» s'exclama le Général Lear, ravi d'avoir accompli avec succès sa mission de protection du projet « SuperCalculateur » de la R.O.M.A. « Ces espèces de...cyber-terroristes nous ont peut-être surpris la première fois sur notre base en Afghanistan, mais nous avons désormais une parade efficace à leurs attaques. Nous pouvons maintenant fièrement annoncer notre victoire aux responsables de la coalition internationale et... ».

Il fut interrompu par une brève coupure des lumières de la salle.

-Que s'est-il passé ? » demanda-t-il.

-Nous avons été privé de courant... » lui répondit une voix parmi tant d'autres. « L'alternateur principal est hors service. Le laboratoire est passé sur le générateur auxiliaire ! ».

-Mais qu'est-ce...

-Interface numéro cinq hors de contrôle ! » hurla un scientifique paniqué devant sa console qui ne lui répondait plus. « La procédure de reconnexion au Réseau s'effectue toute seule ! Je ne peux pas l'arrêter ! »

-Comment est-ce possible ?

La suite ne fut plus qu'un rapport désordonné des scientifiques terrorisés :

-Interfaces trois et neuf court-circuitées ! Des interactions électriques massives perturbent le fonctionnement des consoles de contrôle du SuperCalculateur !

-SuperCalculateur reconnecté au Réseau ! Je répète, SuperCalculateur connecté au Réseau !

-Pare-feu numéro un détruit ! Pare-feu numéro deux assiégé !

-Interfaces toutes hors de contrôle !

-Deuxième pare-feu désactivé !

-X.A.N.A. repéré dans le système !

-Scanner un reconnecté et activé !

-Idem pour les scanners trois et quatre !

-Faites venir le bataillon armé et coupez-moi en vitesse le générateur auxiliaire» ordonna calmement le Général Lear, puis s'adressant à tout le personnel du laboratoire, il s'écria : « Écoutez-moi tous : vous devez évacuer les lieux maintenant ! ».

Un agent de la R.O.M.A. se faufila dans le dos du Général et lui chuchota doucement :

-Impossible de désactiver le générateur auxiliaire. On essaye maintenant de le débrancher manuellement mais on en a pour plusieurs minutes...

-Dans quelques minutes, il sera trop tard...Où en est le bataillon armé ?

-Il est prêt et sera là dans quelques secondes.

Effectivement, alors que tous les scientifiques du laboratoire se ruaient vers la sortie suivant les ordres donnés par leur chef, un petit escadron d'une dizaine d'hommes lourdement armés et habillés par une imposante combinaison noire, fit son entrée dans le secteur en crise de la base.

-Ah, vous êtes enfin là...Messieurs, voici ce qui risque d'arriver dans ce laboratoire : nos ennemis ont pris le contrôle du SuperCalculateur et sont en train de télécharger des entités inconnus dans les scanners. Cette contre cette menace que vous devrez faire face ! Il peut sortir n'importe quoi de ces machines de malheur, des hommes armés, des engins explosifs ou même pire. Mais si nos intrus avaient voulus détruire notre SuperCalculateur, ils l'auraient déjà fait en utilisant le X.A.N.A. Ainsi, cela signifie forcément qu'ils comptent nous assiéger pour prendre le contrôle entier de la base, et c'est à vous de les en empêcher !

Subitement, tous les scanners se mirent en activité, déclenchèrent une procédure de matérialisation puis s'ouvrirent, prenant tout le monde de court. A l'intérieur de chacun d'entre eux, se trouvait un Krabe recroquevillé sur lui-même. Simultanément, tous sortirent machinalement une patte de leur enclos.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? » s'écria le Général Lear.

Tous les soldats répliquèrent alors à la menace retirant la sécurité de leurs armes et en mettant en joug ses dernières sur leurs épaules.



Les Krabes continuaient à sortir des scanners, en déployant leurs puissants membres avec une rigueur robotique. Une fois totalement libérés, ils se positionnèrent sur un même ligne de front faisant face au bataillon de la R.O.M.A.

-Évacuez immédiatement la base ou nous devrons faire feu ! » s'exclama la voix de Franz Hopper dans un des interphones du laboratoire.

-Préparez-vous à tirer, soldats. » répondit Lear.

Tout le monde pouvait ressentir le souffle de la peur qui circulait dans le rang des unités d'élites qui allaient bientôt devoir livrer une bataille effroyable. Seul l'assurance de leur général redonnait une dignité à ces commandos surentraînés, pourtant censés vouer toute leur vie à protéger et servir de tout leur être, ceux en quoi ils croyaient.

-Je répète : déposez vos armes et quittez cet avant-poste sur le champ ! » insista la voix de Franz Hopper dans l'interphone.

Tous les robots se mirent à charger simultanément leurs réflecteurs laser, créant un inquiétant vent de panique parmi les soldats de la R.O.M.A. Cédant à la frayeur, un d'entre eux posa la crosse de son arme sur son épaule et, pressant avec acharnement la détente, fit feu sur un des Krabes qui le menaçait. La balle tirée transperça difficilement la résistante armure métallique qui lui servait de carapace mais ne parvint pas à atteindre les circuits du robots, alors précautionneusement protégés par un alliage quasi-impénétrable. Cependant, cet acte d'hostilité suscita la réaction du Krabe, qui tira un faible tir de dissuasion sur l'arme de son agresseur, qui lui échappa des mains et fut projetée quelques mètres plus loin.

-Feu ! » ordonna Lear.

Cette consigne provoqua une impressionnante fusillade à l'intérieur du laboratoire. Tous les soldats de la R.O.M.A. mitraillaient autant qu'ils le pouvaient les unités robotiques qui leurs faisaient face, mais malgré l'incroyable puissance de feu déployée, aucune des cibles ne fut abattue, les balles projetées se contentant de ricocher sur leurs blindages. Lorsqu'ils se rendirent compte que tirer était inutile, tous les fantassins s'arrêtèrent. Durant cette phase de tir, tous les Krabes étaient restés parfaitement immobile, mais à présent, répondant aux ordres de Hopper, ils allaient accomplir leur vengeance. Tous les robots projetèrent, en représailles, plusieurs salves de lasers en directions de leurs ennemis, les atteignant parfois en plein corps et engendrant d'innombrables et douloureuses brûlures.


* * *


Plusieurs des agents de la R.O.M.A. étaient étendus sur le sol, certains hurlant de souffrance, et d'autres complètement inanimés.

-Retraite ! » s'écria le Général Lear face à la cuisante défaite qu'il subissait.

Tous les soldats encore aptes à bouger s'enfuirent rapidement le laboratoire puis verrouillèrent manuellement la porte de ce dernier, afin de contenir la menace grandissante. Lear se saisit d'un talkie-walkie et s'exclama :

-Ordonnez immédiatement l'évacuation générale de la base !

Quelques secondes seulement après cette demande, une alarme assourdissante se déclencha dans tout l'avant-poste militaire. Avec elle était transmis la voix d'un des responsables de la base qui se répétait en boucle :

-A tout le personnel : veuillez évacuez immédiatement la base ! Code Rouge enclenché ! La base subie une attaque !

Dans les couloirs, de nombreux scientifiques se ruaient vers les sorties de secours alors que l'avant-poste semblait plongé dans le chaos le plus total. Le général Lear, lui, se dirigea en direction du centre de commandement de la base, y pénétra et se connecta aux systèmes de vidéo-surveillance du laboratoire. L'une d'entre elle enregistrait un homme qui venait tout juste de sortir d'un des nombreux scanner du complexe et qui se dirigea vers l'interface du SuperCalculateur.

-Schaeffer !

Deux soldats arrivèrent dans le centre de commandement.

-Général, quels sont les ordres ?

-Venez avec moi ! Il faut désactiver manuellement le générateur auxiliaire ! En le faisant sauter, on devrait réussir à stopper l'invasion. ». Désignant l'un d'eux, il ajouta : « Allez dans l'armurerie et prenez-moi une charge de C4. ».

-Bien compris, Général !

Sans attendre davantage, la recrue sortie de la pièce, suivi quelques secondes plus tard par Lear et l'autre soldat, qui se mirent en route vers la salle du transformateur. Bien qu'ils s'éloignaient de plus en plus du laboratoire, ils purent malgré tout entendre le bruit de la porte verrouillée de ce dernier enfoncée avec violence et acharnement par les Krabes.

-Ils arrivent...

Tous deux se hâtèrent de pénétrer dans la salle abandonnée du générateur auxiliaire. S'adressant à l'agent qu'il accompagnait, Lear demanda :

-Surveillez les couloirs. Dès qu'ils arrivent, prévenez-moi !

Pendant qu'il parlait, le second soldat était arrivé avec un petit paquet entre les mains.

-Donnez-moi le C4 ! » s'écria-t-il pressé. « Venez avec moi ! Votre formation d'artificier va enfin vous être utile ! Aidez-moi a placer la charge ! ».

Tous deux se mirent au travail, accrochant avec précaution la bombe à proximité du générateur et programmant un détonateur.

-Voilà ! Nous avons cinq minutes pour sortir d'ici. C'est largement suffisant pour qu'on s'enfuie, mais pas assez pour que Schaeffer arrive à cracker la protection de la charge pour la désamorcer.

En effet, comme tout le reste de l'armement présent dans cette base, cette bombe était le fruit de recherches technologiques très avancées entreprises par la R.O.M.A. Malgré tout, jusque là, aucune de ces merveilles de technologies n'avaient réussis à stopper l'avancée de Hopper.

-Contact ! Contact ! » hurla l'agent qui montait la garde.

Deux Krabes avançaient côte à côte dans les longs couloirs de la base rougis par les lumières des alarmes. Au milieu d'eux, Franz Hopper marchait à une cadence lente mais déterminée.

-Pas besoin de rester ici plus longtemps ! On s'en va ! » s'écria Lear avant de fuir.

Hopper pénétra dans la salle du transformateur, s'approcha de la charge placée sur le mur et sortit de sa poche un téléphone trafiqué et ultra-sophistiqué. Il effectua ensuite une brève manipulation puis appela le complexe informatique du SuperCalculateur 2.0 :

-Je viens de vous envoyer les coordonnées GPS de la bombe ainsi que sa position relative dans le Flux. Activer une tour à ce point précis et court-circuitez moi cette charge ! Terminé.

Il raccrocha et rangea son téléphone. Quelques instants plus tard, il pu apercevoir une fine onde de choc se déplaçant dans le Flux et qui atteignit la bombe, grillant aussitôt tous ces composants électriques : la charge de C4 se désarma.


* * *


Lear atteignit l'entrée principale de la base du Nouveau-Mexique. Grande ouverte à cause de la procédure d'évacuation, elle débouchait sur une cour extérieure cernée par d'épaisses enceintes et quelques barrières, dissuadant tout visiteur indésirable d'y pénétrer. Le soleil levant se reflétait légèrement sur le désert qui entourait la base. Là, plusieurs dizaines de Jeep fuyaient à toute vitesse l'avant-poste assailli.

Derrière les derniers soldats qui évacuaient la base, la porte commençait à se refermer. En effet, l'alarme s'était arrêtée et avait fait place à un nouveau message :

-Procédure de confinement activée. Mise en quarantaine de la base.

Le Général Lear se savait vaincu. Cette procédure signifiant le verrouillage de toutes les entrées et l'interruption de toutes les télé-communications avec l'extérieur. Ainsi, il regarda une dernière fois l'avant-poste puis grimpa dans une Jeep, cédant la base du Nouveau-Mexique à l'homme qui avait réussi à surpasser tout une armée, Franz Hopper.

Skorpark


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C'est géant, j'adore cette fiction, bonne continuation.

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Bon, vu que j'ai au moins un fan sur ce site, je continue xD

Chapitre 7 : Origine : Partie 2

Spoiler:
-« Journal de Franz Hopper, 1er Décembre 2003.

La base militaire du Nouveau-Mexique est désormais sous contrôle. La procédure de confinement nous a permis de gagner un temps précieux pour préparer la riposte de la R.O.M.A. En effet, bien qu'elle ne souhaite ébruiter ce qu'il s'est passé, il est impératif pour eux de neutraliser discrètement l'ennemi public numéro un, moi...Ainsi, nous avons dû disposer nos unités robotiques à travers la base pour parer toute intrusion dans le complexe. Cependant, nous avions un autre problème plus urgent à régler : nous tenions à ce que tous les soldats de la R.O.M.A survivants de notre première offensive soit libérés après avoir effectués un court interrogatoire pour leur soutirer quelques précieuses informations. Malgré tout, ils ont tous été relâchés ce matin même, sans avoir été maltraités d'aucune façon. Nous les avons juste escortés jusque la sortie de la base puis nous leur avons préparé un véhicule pour qu'il puisse traverser le désert du Nouveau-Mexique sans encombres. Nous n'avions aucune raison de les punir, ils ne faisaient qu'obéir aux ordres. Cependant, je ne sais pas si la R.O.M.A sera aussi clément que nous à leur égard. C'est pour cette raison que nous les avons prévenu des dangers de possible représailles, comme celles dont ont été victimes, il y a six mois, mes regrettés collègues qui avaient tentés leur chance en désertant...Leur sort est désormais entre leurs mains, et c'est donc à eux de faire le bon choix. Malheureusement, tous les soldats de la R.O.M.A. n'ont pas tous eu cette chance et certains ont succombés à l'assaut des Krabes. Nous avons rendu hommage à ces soldats tombés à l'issu de cette première bataille en transférant leurs corps dans la mer numérique. La mort sera probablement le prix à payer pour la réunification et la pacification de tous les Hommes, dans l'unique but de tous nous préparer à notre nouveau destin : créer et migrer ensemble dans un monde virtuel pour assurer la survie de notre espèce. Mais tant que la R.O.M.A. se servira du SuperCalculateur pour semer la terreur et la destruction, rien de tout ceci ne sera possible. Il faut donc que nous agissions jusqu'à la destruction totale de toutes les bases de la R.O.M.A. et l'abandon du projet « Supercalculateur ».



-« Journal de Franz Hopper, 3 Décembre 2003.

Nous voici deux ans, jour pour jour, après la découverte du Flux. Comme prévu, la R.O.M.A. a lancé une contre-attaque contre la base du Nouveau-Mexique, mais il n'a pas fallu longtemps à mes Krabes pour les repousser. De plus, le X.A.N.A. a détruit quatre SuperCalculateurs ennemis en deux jours. La défaite a vraiment un goût amer pour eux mais malgré tout, ils continuent leur projet et depuis quelques heures, on repère une importante activité dans le Réseau. Pour l'instant, nous n'avons aucune idée de ce qu'ils sont en train de faire mais nous pouvons sans doute nous attendre au pire. Nous devons donc mettre fin une bonne fois pour toutes à leurs agissements et détruire le plus rapidement possibles les Xenos. Après ça nous pourrons... »

Le discours de Franz Hopper fut interrompu par le retentissement d'une alarme. Précipitamment, il se leva de son siège, se retourna et demanda à ses collègues :

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Le radar vient de détecter six contacts sur Lyoko !

-Identification ?

-Inconnue.

Franz Hopper demeurait perplexe. Il revint vers l'interface de l'usine et commença à tapoter sur son clavier.

-Qu'est-ce qu'ils font ?

-Aucune idée. Ils viennent d'apparaître sur le territoire de la forêt. Il semblerait que quelqu'un ait profité de l'ouverture laissé pour le programme X.A.N.A. pour s'infiltrer sur Lyoko.

Le scientifique plongea alors dans une profonde réflexion.

-Préparez un Kankrelat, allumez-le et virtualisez-le. Il va nous servir d'éclaireur.

Quelques minutes plus tard, deux scientifiques arrivèrent à la salle des scanners avec un large carton entre les mains. Rapidement, ils ouvrirent et déballèrent le colis, puis en extirpèrent le petit robot. Ils l'installèrent ensuite dans un des trois scanners, avant de le voir se faire virtualiser.

Tous les scientifiques étaient réunis devant l'interface. La tension était palpable dans la pièce.

-Initialisation du visuel...effectué. » s'écria Franz Hopper.

Une fenêtre vidéo s'ouvrit sur un des écrans, filmant tout ce que voyait le Kankrelat. Sous les ordres de son créateur, ce dernier se déplaçait en direction des six mystérieux contacts qui foulaient le sol de Lyoko. Il se positionna ainsi à plusieurs centaines de mètres des inconnus, pour ne pas se faire repérer. Franz Hopper zooma alors autant qu'il le pouvait pour apercevoir les entités qui semblaient se diriger vers une tour. C'est là qu'ils purent reconnaître une combinaison noire imprimée du sigle « R.O.M.A. ». Les six soldats portaient tous un masque relié à une bouteille d'oxygène solidement attachée dans leurs dos.

-Ils ont réussi à se virtualiser...

-Mais pour quoi faire ?

-Je ne sais pas...

Le petit groupe des six militaires de la R.O.M.A. s'arrêtèrent près d'une tour. L'un d'entre eux y pénétra subitement, pendant que les cinq autres se répartirent autour de l'édifice, formant un périmètre de sécurité. Ils se mirent ainsi à monter la garde en mettant en joug une arme qui avait l'air technologiquement très avancée.

-Il faut déployer les Krabes ! Ils veulent pirater nos données à partir de la tour !

Il fallut peu de temps à Franz Hopper pour virtualiser trois robots de combat. Ils s'approchèrent rapidement du groupe hostile et commencèrent à tirer plusieurs rafales de lasers à haute énergie. Les soldats de la R.O.M.A. répliquèrent en mitraillant un des Krabes avec des munitions équipée d'une micro-charge corrosive qui firent fondre la carapace métallique d'un des robots qui, privé de sa protection, subit des dommages irréversibles avant de s'effondrer sur le sol. Cependant, le camp de Franz Hopper ne fut pas le seul à subir des dommages. En effet, un des deux robots restants toucha un des soldats au niveau de l'épaule, projetant un mince filet de sang cautérisé immédiatement par la chaleur du laser sur le sol de la forêt. Le soldat blessé hurla de douleur avant de s'effondrer sur le sol. Rapidement, deux de ses camarades vinrent l'aider et le relever, alors que les deux autres retenaient l'attention des Krabes en les mitraillant autant qu'ils le pouvaient. Finalement, tous les cinq se réfugièrent dans la tour, hors d'atteinte des robots, trop massifs pour y pénétrer également.

-Ils ont changé de territoire !

-Mais qu'est-ce qu'ils veulent ?

-Ils sont en train de pirater le X.A.N.A. ! » s'écria Hopper. « Ils le transfèrent jusqu'à leurs SuperCalculateurs pour pouvoir l'utiliser ensuite contre nous ! ».

-Il ne faut surtout pas qu'ils mettent la main dessus !

-...Oui, et pour ça, il ne nous reste plus qu'une solution !


* * *


-« Journal de Franz Hopper, 5 Décembre 2003.

Nous avons éteint le SuperCalculateur 2.0. C'était le seul moyen pour empêcher les agents de la R.O.M.A. de pirater le X.A.N.A. Malheureusement, je ne sais pas ce qu'ils sont devenus...probablement dispersés dans la mer numérique...Cependant, la R.O.M.A. a profiter de ces deux jours d'inactivité du SuperCalculateur pour renforcer sa présence dans le Réseau. Il est donc évident qu'ils vont relancer de multiples opérations sur Lyoko dans le but de nous affaiblir, soit en dérobant nos données, soit en nous forçant à diminuer notre influence en désactivant temporairement le SuperCalculateur.

Mon équipe et moi avons donc dus revoir nos plans. Ainsi, notre tout récent travail de recherche nous a permit de nous équiper de plusieurs nouvelles armes. Tout d'abord, nous avons isolé le programme X.A.N.A. dans un secteur secret et quasi inaccessible de Lyoko. Seul, un paramétrage manuel à partir de l'interface de ce secteur permet d'accéder à ses données et à l'utiliser. De cette façon, aucun des agents de la R.O.M.A. ne pourra plus jamais tenter de le pirater, ni à partir d'une des tours, ni à partir d'un super ordinateur. De plus, j'ai équipé toutes les tours d'un système d'identification qui empêche toute entité non autorisée d'y pénétrer. Par ailleurs, j'ai installé un Pare-Feu très puissant, qui ne peut être franchis que par deux codes : le Code Lyoko, que tous mes collègues et moi seront en possibilité d'utiliser et nous attribuant tous les pouvoirs, ainsi que le Code X.A.N.A., qui permettra au virus d'activer des tours.

Enfin, j'ai amélioré le X.A.N.A. pour qu'il soit capable d'assurer de manière autonome la défense de Lyoko. En effet, il peut maintenant scanner et analyser les programmes consciences de toutes les entités vivantes présentes sur Lyoko. De cette façon, il pourra détecter tout intention hostile et répliquer immédiatement en virtualisant des robots de combats.

Pour finir, il nous restait un problème à résoudre : comment programmer le X.A.N.A., sachant que pour ça, il faut accéder au secteur sécurisé de Lyoko. En effet, avec les agents de la R.O.M.A. qui peuvent débarquer à tout moment, il serait trop dangereux de se virtualiser avec notre corps complet. Ainsi, j'ai développé un nouveau système de virtualisation : au lieu d'envoyer son corps réel sur Lyoko, qui est donc capable de subir des blessures et qui nécessite une réserve d'oxygène pour survivre, les scanners peuvent désormais créer une enveloppe virtuelle de son corps à l'image de ce dernier. Les consciences peuvent donc être intégrées à cette avatar. De cette façon, quand notre corps virtuel subit trop de dommages, il est dévirtualisé et notre conscience est ramenée saine et sauve dans nos corps réels ! J'ai déjà programmé cinq tenues de combats qui peuvent s'adapter automatiquement à la personne qui revêtit un de ces avatars.

Désormais, nous sommes parfaitement prêt à parer tout attaque de la R.O.M.A.




* * *


-« Journal de Franz Hopper, 17 Février 2004.

Nous avons gagné la guerre ! C'est enfin fini ! La R.O.M.A. a capitulée ! Elle a démantelée tous ses SuperCalculateurs et a abandonnée tous ses avant-postes militaires ! Après plusieurs mois de combats acharnés d'une guerre inconnue au public, de destructions de SuperCalculateurs et de sabotages de bases, nous avons enfin obtenu la victoire...Désormais, nous pouvons reprendre une vie normale et nous songeons déjà dévoiler tout ce qu'il s'est passé aux citoyens de monde entier. Le X.A.N.A. ne nous est désormais plus d'aucune utilité et nous avons prévu de le désactiver dès bientôt, afin que personne ne puisse plus jamais l'utiliser. Mais pour l'instant, mon équipe et moi allons prendre des vacances bien méritées. J'ai prévu d'aller m'installer quelques temps dans un petit chalet montagneux avec ma famille. Nous y serons tellement bien, loin de toute ces inquiétudes et préoccupations qu'ont engendrés tous ces événements. J'espère ne plus jamais avoir à refaire tout ce que j'ai accompli ces deux dernières années... ».

Jeremy pouvait détecter un légère mélancolie dans l'attitude de Franz Hopper. En effet, le scientifique se rendait à présent compte de tout ce qu'il avait du faire pour remporter cette guerre. La mort avait été semée par sa faute, mais désormais, l'humanité allait pouvoir préparer sa migration vers un nouveau monde virtuel.

« Je suis encore sous l'émotion de cette nouvelle...Bref, ma prochaine vidéo sera probablement la dernière : celle où je mettrais fin une bonne fois pour toute à la pire des armes que j'ai conçue : le X.A.N.A. ».




* * *




-« Journal de Franz Hopper, 4 Mars 2004.

Ils ne nous laisseront donc jamais en paix ! Allez traquer, ma famille et moi, jusqu'à notre chalet ! Je ne sais même pas comment ils ont réussis à nous retrouver...Ils ont profité du fait que je fasse une petite excursion en montagne pour s'attaquer à ma femme ! Ils ont osés l'enlever sans aucun scrupule alors que nous avons cessé toute activité hostile ! Mais je ne me laisserais jamais dominer par ces lâches ! Ils ne pourront jamais me vaincre !

Mon collègues et moi avons travaillés d'arrache-pied pour libérer Anthéa. Désormais, elle est de retour parmi nous, comme si...comme si rien ne s'était passé. En effet, nous avons expérimenté le retour dans le temps grâce à notre nouvelle invention : le Retour vers le Passé. J'ai ainsi pu intervenir avant l'arrivée des agents de la R.O.M.A., ce qui nous a permit de nous échapper et de rentrer sains et saufs à l'Ermitage, seul endroit où l'on peut demeurer en sécurité. ».


Il ne restait plus qu'un seul fichier vidéo. Jeremy espérait enfin pouvoir connaître toute la vérité : pourquoi X.A.N.A. cherchait-il à le tuer et qu'était-il arriver au SuperCalculateur durant les sept années qui séparaient les enregistrements de Franz Hopper du jour présent. Sans attendre, il ouvrit le dernière enregistrement. Cette fois-ci, le scientifique avait l'air perturbé et triste, comme affligé par la venue d'un événement tragique :

-« Journal de Franz Hopper, 23 Mai 2004.

Troisième jour après l'accident...Je passe mes journées et mes nuits à essayer de réparer mes erreurs, mais malheureusement, quelques de mes collèges veulent abandonner le SuperCalculateur et le désactiver à tout jamais...C'est tout simplement HORS DE QUESTION ! Je ne peux pas faire ça ! ».

Jeremy vit alors le brillant scientifique se lever nerveusement de son siège et se diriger vers le murs du laboratoire, sur lesquels il s'appuya longuement, comme fatigué et oppressé par une situation accablante. Quelques minutes plus tard, il revint près de l'interface pour couper l'enregistrement, et Jeremy put alors discerner sur son visage, l'empreinte humide d'une larme qui venait juste de couler.

-« Journal de Franz Hopper, 28 Mai 2004.

Le X.A.N.A. continue d'évoluer...Il semble avoir acquis...une conscience. Depuis plusieurs jours, il tente de rentrer en contact avec moi par l'intermédiaire du SuperCalculateur. En effet, il m'envoie régulièrement des messages incompréhensibles écrits dans notre langue, une succession de mots sans rapport apparents. De plus, il s'est mit à s'acharner tout seul sur les bases désaffectées de la R.O.M.A. Il active des tours et se met à court-circuiter tous les appareils électriques des avant-postes. Il a même pris contrôle de notre base secondaire au Nouveau-Mexique...

Cependant, nous ne sommes plus que deux pour étudier le comportement du X.A.N.A., le reste de mon équipe ayant estimée qu'il était trop dangereux de laisser le SuperCalculateur allumé...mais je ne peux pas abandonner ! Je continuerais à chercher la solution jusqu'à la trouver ! Peu importe le temps qu'il me faudra ! Je réussirais ! Fin de transmission. ».


Jeremy était encore plus perplexe qu'avant. Qu'était-il arrivé à Franz Hopper et à X.A.N.A. ? Le jeune garçon savait que la réponse était la clé de toutes les énigmes qui s'imposaient à lui. Désormais, il était plus que jamais déterminé à trouver une explication qui lui permettrait probablement de vaincre son ennemi et sauver Aelita.

Jeremy pénétra dans l'ascenseur, remonta au rez-de-chaussée et se balada dans l'usine désaffectée. Au bout de quelques minutes, il parvint dans un couloir rempli de petits locaux dont le sol était jonché de vieux documents laissés à l'abandon. Le jeune garçon pénétra dans plusieurs d'entre eux, ramassa autant de feuilles qu'il le pouvait, ouvrit chaque tiroir de chaque bureau, inspecta chaque dossier. Une fois sa tâche accomplie, il s'assit sur une chaise, posa tout le tas de dossiers qu'il avait collecté et se mit à les consulter un par un. Les premiers documents contenaient divers lignes de commandes et procédures informatiques dédiées au SuperCalculateur. Malgré la préciosité de ces informations, Jeremy ne s'y intéresse pas plus et laissa tomber un premier paquet de feuille. Sans perdre de temps, il s'attaqua au deuxième et au bout de quelques secondes, il tomba sur le document qu'il attendait. En effet, il se saisit d'un dossier, l'ouvrit et découvrit une photo. Sur celle-ci était alignés sur trois rangées plusieurs dizaines de scientifiques. Au milieu d'eux, un homme : Franz Hopper. Jeremy passa sa main sur la photographie recouverte de poussière et pouvoir ainsi scruter avec davantage de précision les visages de ses collègues. En observant avec plein de minutie, il reconnut quelques silhouettes qu'il avait vu en arrière plan des enregistrements de Franz Hopper, ainsi qu'une femme au cheveux roux qui se tenait à côté de lui. Cette photo de groupe était exactement ce qu'il fallait au jeune garçon, mais il lui manquait encore quelques informations. Il se saisit ainsi d'une deuxième feuille présente dans le dossier : sur celle-ci était imprimé tous les nouveaux noms des scientifiques qui avaient travaillés en ce lieu.

A présent, Jeremy avait tout ce dont il avait besoin. Regardant de nouveau la photo des collègues de Franz Hopper, il s'écria :

-Je dois les retrouver.

Skorpark


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Super chapitre comme d'habitude, on en apprend plus.

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Chapitre 8

Spoiler:
LYOKO PROJECT


Chapitre 8 : ConscIence :

-Salut, Jeremy ! » s'écrièrent Yumi, Ulrich et Odd, en sortant du monte-charge qui débouchait sur le laboratoire de l'usine.

-Ah, vous voilà ! » répondit le jeune garçon aux cheveux blonds. « Nous allons enfin pouvoir commencer l'expérience. »

-L'expérience ? » demanda la jeune japonaise.

-Oui ! J'ai envie d'en découvrir plus sur X.A.N.A., notre mystérieux ennemi, et aujourd'hui, nous allons avoir l'occasion de lui faire une belle frayeur. ». S'adressant à Odd, il ajouta : « J'aurais besoin que tu restes devant l'interface, au cas où ça tourne mal, pendant que Yumi, Ulrich et moi, descendons dans la salle du SuperCalculateur. ».

-D'accord.

Jeremy saisit alors son micro-casque et demanda :

-Aelita ? Tu es prête?

-Affirmatif, Jeremy !

-Bien, dans ce cas, ne perdons pas de temps : en route pour le dernier étage !

Le jeune garçon guida ainsi ses deux camarades jusqu'au monte-charge, puis pressa l'un des boutons pour atteindre la petite salle aux murs blancs contenant le SuperCalculateur. Là, trois cartons étaient disposés sur le sol. Jeremy s'approcha de l'un d'eux, l'ouvrit et en extirpa un petit dispositif électrique. Le présentant à ses deux amis, il s'écria :

-Ceci est un générateur de courant fonctionnant sur batterie et équipé d'un système informatique intégré qui permet de contrôler la tension qu'il doit délivrer.

-Très bien, mais...qu'est-ce que tu comptes en faire ? » demanda Ulrich perplexe.

-On va rendre à X.A.N.A. la monnaie de sa pièce : on va le court-circuiter !

-Comment ça ?

Le jeune garçon ne répondit pas de tout de suite. Il se saisit du générateur, le déposa près du SuperCalculateur et l'alluma en appuyant sur un petit bouton rouge qui ornait son boîtier métallique. Là, un petit écran s'alluma et Jeremy fit glisser plusieurs fois son index sur ce dernier afin de paramétrer le comportement du générateur.

-Je l'ai réglé au maximum. » s'exclama-t-il avant de sortir deux fils électriques reliés à chaque extrémité de pinces métalliques. « Regardons ce qui se passe si je le branche au SuperCalculateur. ».

Il s'exécuta aussitôt en reliant le générateur au SuperCalculateur par l'intermédiaire des deux câbles.

-Mais qu'est-ce que tu fais ? » s'inquiéta Yumi. « Ça va faire court-circuit ! Tu vas endommager le SuperCalculateur !

-Ne t'inquiète pas...je sais ce que je fais.

-Et Aelita ? Tu es vraiment sûr de toi ? » insista-t-elle.

-Absolument ! » lâcha-t-il du ton le plus rassurant possible, avant de sortir son portable d'une des poches de son pantalon et de composer un numéro qui lui donnait une connexion directe avec Aelita.

-C'est bon, Aelita : tu peux lancer le Code Lyoko. Diminue l'activité de la tour qui protège le laboratoire.

Sans parler davantage, il raccrocha.

-Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Ulrich.

-Comme vous le savez, depuis quelques temps, une entité inconnue a activé une tour cachée qui protège le laboratoire contre tous types d'attaques électriques commanditées par X.A.N.A. Or, j'ai besoin que ce dernier intervienne pour savoir comment il va réagir face à une menace. Il faut qu'il puisse activer une tour et atteindre le labo. Aelita a donc activée une tour qui inhibe l'action de celle qui nous protège.

Son téléphone se mit à sonner. Il décrocha :

-Odd ?

-Aelita me signale qu'une tour a été activée par X.A.N.A. ! On abandonne l'expérience ?

-Non, c'est parfaitement normal.

Il raccrocha de nouveau.

-Mais... » s'écria Ulrich.

Interrompant son camarade et pointant du doigt le générateur, il s'écria :

-Regardez ! Ça commence !

De multiples interférences électriques commencèrent à apparaître à l'endroit exact du SuperCalculateur où était accrochés les câbles du générateur. De petites éclairs foudroyants se créèrent puis grandirent jusqu'à atteindre une intensité relativement importante. Soudainement, toutes ces interactions électriques migrèrent simultanément en direction du générateur, longeant rapidement ses deux fils. Après quelques secondes, les interférences disparurent en s'enfonçant dans le petit appareil en marche, puis le symbole de X.A.N.A. s'imprima sur l'écran du générateur. Peu après, ce dernier s'éteignit et le court-circuit s'arrêta net.


La sonnerie du portable de Jeremy retentit à nouveau.

-Jeremy, la tour est désactivée ! Je répète, la tour est désactivée !

-Bien, tout marche comme prévu.

Il referma son téléphone avant de débrancher le générateur.

-C'était quoi ça ? » demanda Yumi.

-C'est simple. J'ai mis la vie de X.A.N.A. en danger en court-circuitant le SuperCalculateur. Face à cette menace, pour survivre, il n'avait plus qu'une solution : activer une tour et stopper le générateur. Il a donc créer un signal électrique grâce à un des scanners, qu'il a ensuite fait se propager dans les câbles électriques du SuperCalculateur afin de remonter jusqu'au générateur. Là, il a hacké son système de gestion du débit électrique pour le désactiver et mettre fin au court-circuit qui le menaçait. Il a utilisé sa conscience pour trouver le meilleur moyen d'éliminer ce problème et assurer sa propre survie.

-Tu veux dire qu'il...qu'il est intelligent ?

-Oui, en quelque sorte. A l'heure où je vous parle, il doit sûrement être en train de « paniquer » et de concevoir un plan pour se sortir de ce mauvais pas. Il est malin...très malin !..Bref, n'allons pas le décevoir et continuons de le mettre en danger !

Jeremy s'approcha du deuxième colis et en sortit un deuxième générateur.

-Voici notre nouvelle menace ! Ce générateur va pouvoir court-circuiter le SuperCalculateur, mais contrairement au premier, il n'est pas équipé d'un système de gestion informatisé, donc X.A.N.A. ne vas pas pouvoir le pirater pour le désactiver. Regardons comment il va se débrouiller cette fois-ci.

Le jeune garçon relia le second générateur au SuperCalculateur, puis créa de nouveau un court-circuit en l'allumant.

Encore une fois, son téléphone sonna.

-Tour activée, c'est ça Odd ?

-Oui mais...comment tu le sais ?

-Je connais mon ennemi !

Comme la première fois, de petits éclairs électriques apparurent puis se déplacèrent le long des câbles avant d'atteindre le générateur. Cependant, cette fois-ci, toutes ces interférences se rassemblèrent en un même point et gagnèrent de plus en plus en intensité. Au bout de quelques secondes, cet amas électrique engendra une importante décharge électromagnétique qui atteignit le générateur et qui fut assez puissant pour projeter ce dernier à l'autre extrémité de la pièce. Le dispositif lancé à toute vitesse fonça sur Jeremy, qui fut sauvé in extremis par Ulrich qui se jeta sur lui pour le mettre hors de la trajectoire de l'engin qui vint alors s'écraser sur un mur.

-Intéressant... » s'écria Jeremy qui venait à peine de se relever. « Non seulement il a réussit à se sauver en créant une onde magnétique surpuissante, comme un énorme aimant, qui a repoussé le générateur, mais il a aussi essayer de m'avoir au passage. De plus, si il m'a visé avec le générateur, c'est qu'il connaît précisément ma position dans la pièce, et pour ça, il s'est forcément servi de ceci ! » ajouta-t-il en pointant du doigt la caméra de vidéo-surveillance de la pièce.

-Et maintenant, qu'est-ce que tu comptes faire ? » demanda Ulrich. « Continuer à mettre notre vie à tous en danger ? ».

-Il me reste juste un petit test à faire...

Il s'approcha du troisième carton, l'ouvrit et en sortit, avec beaucoup plus de précautions que précédemment, un nouveau dispositif plus élaboré et complexe que les deux autres. Il le posa à terre, l'alluma et commença à le paramétrer en pressants divers boutons d'un petit clavier présent sur sa coque. Au bout de quelques secondes de manipulation, un compte à rebours d'une minute apparu sur l'écran du dispositif.

-Qu'est-ce que c'est ? » s'inquiéta Yumi.

-Il s'agit du même modèle de prototype de bombe à impulsions électromagnétiques que Franz Hopper avait utilisé pour détruire la base de la R.O.M.A. Je l'ai trouvé dans les locaux abandonnés...

-Quoi ? » hurla Ulrich.

Se retournant vers la caméra, Jeremy répondit :

-Oui, cet objet est bien une bombe IEM ! Allez X.A.N.A. : montre nous tes nombreux talents !

-Mais tu es complètement malade !

-Je sais ce que je fais, Ulrich... » répliqua-t-il avec une assurance déconcertante.


Comme le compte à rebours descendait toujours et que le temps restait avant l'explosion n'était plus que de trente secondes, Jeremy se saisit de l'appareil et ajouta :

-Allons X.A.N.A. ! Il va te détruire si tu ne fais rien !

Dix secondes s'écoulèrent.

-Plus que vingt secondes ! Ta fin approche !

-Jeremy, tu es sûr que... » intervint Yumi.

-Ne t'inquiète pas, il ne vas pas prendre le risque de disparaître...Plus que quinze secondes !

Rien se produisit les cinq secondes suivantes.

-Dix secondes ! Tu prends trop de risques, X.A.N.A. !

-Non, c'est toi qui prend trop de risques Jeremy ! Arrête ça tout de suite ! » ordonna Ulrich.

-Pas maintenant...Cinq secondes !

-JEREMY !..
-Trois secondes !

-...Eteint-la !

-Deux secondes !

Comme la fin du compte à rebours approchait et que l'explosion semblait désormais inévitable, Yumi et Ulrich se couchèrent sur le sol, les bras entourant leurs têtes afin de se protéger du choc de la détonation.

-Une seconde !

A ce moment-là, un bref et léger flash blanc apparu dans la salle et le décompte de la bombe IEM s'arrêta.

-Je le savais ! » s'écria Jeremy en vainqueur.

-Mais que s'est-il passé ? » demanda Ulrich en se relevant du sol sur lequel il était couché.

-Je ne suis pas encore tout à faire sûr de la façon dont il s'y est pris, mais ce qui est certain, c'est que X.A.N.A. a réussi à stopper la détonation !

Il décrocha alors son téléphone pour contacter Aelita :

-C'est bon, désactives la tour qui permet à X.A.N.A. d'atteindre le labo : l'expérience est terminée. » puis s'adressant à ses deux camarades encore préoccupés par une éventuelle explosion de la bombe IEM, il ajouta :

-Venez ! Il faut qu'on retourne vers l'interface pour tirer tout ceci au clair.


Yumi, Ulrich, Odd et Jeremy étaient tous les quatre réunis devant l'interface.

-Regardez-ça : la bombe est complètement buggée ! » dit le jeune garçon en montrant le dispositif. « C'est du beau boulot que X.A.N.A. a fait là ! ».

-Tu aurais quand même pu nous prévenir avant ! » grogna Ulrich. « Imagine que X.A.N.A. n'était pas intervenu ! Tu vois les conséquences désastreuses que ça aurait eu ? ».

-Il ne m'aurait jamais laissé le détruire, j'en suis convaincu...Et puis, de toute façon, la bombe n'était pas armée. C'était juste un leurre ! Mais ça, lui, il ne le savait pas ! Cette expérience a clairement montré nos limites à tous les deux, et bien que je savais que ça n'allait pas explosé, c'est bien X.A.N.A. qui a cédé le premier !

-Tu...tu aurais quand même pu nous prévenir à l'avance !

-Oui, certes mais X.A.N.A. nous surveille constamment, comme quand il a pris le contrôle de la caméra vidéo tout à l'heure.

Jeremy tapota frénétiquement sur le clavier de l'interface afin de faire apparaître l'enregistrement de la caméra de vidéo-surveillance de la salle des scanners.

-Tenez ! Regardez ce qu'il s'est passé quand X.A.N.A. a désactivé ma bombe IEM.

Sur l'écran de l'ordinateur, on distinguait clairement un scanner qui venait brusquement de s'ouvrir avant de se refermer aussitôt.

-Qu'est-ce que s'était ? » demanda Odd.

-Je vais vous le passer au ralenti.

Les Lyoko Guerriers visionnèrent pour la seconde fois la scène mais la lenteur de la lecture leur permit de voir un détail qu'il n'avait pas aperçu avant : un mince et vif éclair électrique blanc venait de s'échapper du scanner ouvert et semblait se diriger vers la salle du SuperCalculateur, là où se trouvait la bombe.

-Vous voyez cette onde de choc ? C'est un signal électrique très puissant généré par le scanner et qui se déplace dans le Flux jusqu'à atteindre sa cible : le dispositif IEM. C'est ça le moyen que X.A.N.A. a utilisé pour désamorcer ma bombe. En effet, comme elle n'était reliée directement à aucun câble électrique, il a dû utilisé un autre moyen de transport d'informations, le Flux...Et ça, c'est une mauvaise nouvelle pour nous, car cela signifie que X.A.N.A. peut interagir électriquement sur ce que bon lui semble. Que ce soit électriquement ou magnétiquement, notre ennemi est en mesure de contrôler n'importe quel dispositif électrique ou mécanique ! Tout ce qui nous entoure est susceptible de devenir une de ses armes !

-C'est rassurant... » ironisa Odd.

-Cependant, pour l'instant, il n'a pas encore le contrôle total de ces capacités, à cause du Pare-Feu qui l'empêche d'utiliser les tours à pleine puissance. De plus, aujourd'hui, il a montré ces faiblesses en cédant à mes attaques. Désormais, il sait jusqu'où je suis près a aller pour le vaincre et moi, je connais ces limites : le duel entre nous deux va enfin pouvoir commencer !

Skorpark


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Comme je te l'ai dit plus haut, c'est toujours aussi bien, félicitations pour ce que tu as fait et je t'encourage à continuer.

Zoddo

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Comment dire ... C'est super ! Je croit qu'il va falloir, que je passe tout le dico en revu pour trouver les bons mots :D
Bref, bonne continuation !

PS : Tu ne pourrai pas mettre tes autres chapitres en pdf sur le premier message (car j'aime bien les imprimer, pour les lires le soir en me couchant) ?


_________________

Merci à Apolyon pour ce magnifique pack !

Scifier

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Voici mon chapitre 9 : acharnement. J'espère que la fin va vous plaire.

Lien pour le téléchargement : dl.free.fr/tU9yqjtIh

Chapitre 9 :

Spoiler:
LYOKO PROJECT


Chapitre 9 : Acharnement :

1er Jour – 1h57 :

Le téléphone portable de Yumi sonna, brisant la tranquillité de la nuit. [CHAMBRE YUMI]. D'un geste lourd, elle tendit le bras vers l'appareil infernal qui perturbait son sommeil.

-Allô ? » chuchota-t-elle doucement.

-Yumi ! » s'écria la voix de Jeremy. « J'ai besoin de toi à l'usine immédiatement ! Tour activée ! ».

-Quoi ? Maintenant ?

-Oui maintenant ! J'ai déjà prévenu Ulrich et Odd.

-Bon, j'arrive... » répondit-elle, lasse et fatiguée.

Elle raccrocha, se leva puis s'habilla comme à son habitude. Une fois prête, elle sortit de sa chambre et descendit le plus silencieusement possible les escaliers de sa maison. Elle s'approcha ensuite de la porte d'entrée, tourna une clé dans sa serrure et l'entrouvrit suffisamment pour pouvoir passer sans faire de bruits suspects qui pourraient attirer l'attention. Une fois dehors, elle la referma et se mit à courir à travers les rues sombres qui la séparaient de l'usine.


La porte du monte-charge s'ouvrit à l'étage de l'interface et Yumi en sortit.

-Désolé d'arriver si tard...J'ai fait aussi vite que j'ai pu ! » déclara-t-elle soucieuse.

-Ce n'est rien... » répondit Jeremy. « X.A.N.A. nous a encore une fois pris au dépourvu en attaquant aussi tard. »

-Quel est sa cible ? » demanda sèchement Ulrich qui venait de sortir d'un des recoins sombres de la pièce.

-Aucune idée. Tout ce que je sais, c'est qu'il a activé une tour à minuit pile.

-Minuit ? » s'écria Yumi. « Mais ça fait plus de deux heures ! ».

-Oui...et toujours aucun signe d'une quelconque attaque. Heureusement que Aelita patrouille sur les quatre territoires. Sinon, on n'aurait jamais été au courant de l'activation de cette tour avant plusieurs heures...Bon, assez parlé : descendez en salle des scanners, je prépare la virtualisation !

Les trois camarades s'exécutèrent aussitôt.

-On fait comme d'habitude. » s'exclama la voix de Jeremy dans l'interphone. « Odd, scanner un. Ulrich, scanner deux. Yumi, scanner trois. Et surtout, n'oubliez pas de vous débarrasser de tout appareil qui pourrais provoquer des interférences électriques, comme vos portables ou vos montres. »

Tous s'installèrent machinalement dans leur scanner attitré. La vive lumière des scanners brûla leurs yeux fatigués et aucun d'eux ne pensait être assez en forme pour livrer un nouveau combat. Malgré tout, c'était leur devoir et ils devaient l'accomplir.

La procédure de virtualisation s'effectua dans une atmosphère de lassitude compensée par la détermination des Lyoko Guerriers à exécuter leur responsabilité. Cependant, le passage vers l'autre monde transforma la fatigue en vigueur. En effet, le transfert de leurs consciences dans leurs avatars les soulagèrent, comme si toute sensation d'épuisement s'était évaporé. C'est ainsi que, atterrissant sur le territoire des montagnes, Odd s'écria avec dynamisme :

-Je crois que je ne me suis jamais senti aussi bien !

-C'est normal ! » répondit Jeremy. « Vos enveloppes virtuels ne subissent pas la fatigue et donc, par conséquent, ne la retransmettent pas à votre programme conscience. Profitez-en bien, parce qu'au retour dans votre corps réels, vous la ressentirez de nouveau. ».

-Bien compris ! » ajouta Yumi. « Où est Aelita ? ».

-Je suis là ! » répondit la jeune fille aux cheveux roses en émergeant d'une tour située juste derrière eux. « La tour activée est juste un peu plus loin mais des robots rôdent dans le secteur. ».

-Pas de problème, on va s'en occuper !


Le petit groupe de combattants progressa rapidement à travers les étroits sentiers du territoire de la montagne. Finalement, il arrivèrent sur un large plateau entouré par une épaisse enceinte rocheuse et au milieu de laquelle se trouvait la tour activée, dont le halo rouge luisait sur toute la plate-forme. A sa base, deux Krabes montaient la garde et semblaient attendre impatiemment la venue de leurs adversaires.

-Exécution manœuvre numéro deux ! » s'exclama Jeremy, tel un chef de guerre guidant ses armées. « Ulrich, tu sais ce que tu as a faire. ».

Sans plus attendre, ce dernier sprinta en direction des deux robots, qui se mirent alors à le mitrailler avec acharnement. Odd et Yumi profitèrent de cette distraction pour avancer et gagner du terrain sans être repérés. Cependant, malgré sa vitesse incroyable, Ulrich fut atteint par un laser qui le cloua brutalement au sol. Il tenta alors de se relever mais fut de nouveau heurté par la violence des tirs. Sans pouvoir réagir, il fut dévirtualisé et sa conscience retrouva la fatigue de son corps réel.

-Ulrich est hors-jeu ! » s'écria Jeremy. « Odd, Yumi : c'est à vous ! ».

Le jeune japonaise, désormais à une distance raisonnable des Krabes, lança simultanément ses deux éventails, qui filèrent alors à travers les airs puis tranchèrent avec un parallélisme parfait les pattes des deux robots. Odd put ainsi tirer plusieurs salves de flèches lasers sur les deux ennemis immobiles et les détruire instantanément.

-Aelita : maintenant ! Fonce ! » ordonna vigoureusement Jeremy.

La fille aux cheveux roses se mit alors à courir avec empressement en direction de la tour activée, mais elle fut interrompue par trois Kankrelats qui venaient d'être virtualisés juste devant elle. Peu après, elle essuya une nouvelle série de tirs, dont plusieurs l'atteignirent en plein ventre, la clouant immédiatement sur le revêtement rocheux du territoire de la montagne. Se sachant en danger, elle lâcha fébrilement un cri d'effroi avant d'appeler ses deux camarades à l'aide. Ces derniers ne tardèrent pas à intervenir en libérant toute leur puissance de feu sur les trois Kankrelats, qui furent alors détruits avant de pouvoir accomplir leur funeste mission : tuer Aelita.

-Attention : deux Bloks en approche ! » s'écria Jeremy.

Presque aussitôt, Odd et Yumi encerclèrent Aelita et tous trois se mirent à courir en direction de la tour activée. Cependant, les deux Bloks commencèrent à gagner du terrain sur le petit groupe et inévitablement, plusieurs tirs s'abattirent sur l'escouade d'Aelita, dont la jeune japonaise, qui servant de bouclier humains, fut dévirtualisée. Odd attrapa alors Aelita par la main et la tira avec force pour accélérer sa course. Malgré tout, les incessantes rafales de lasers finirent par avoir raison du félin qui, pour protéger Aelita, la projeta sur le sol et se mit sur la trajectoire des tirs. Tout ce qu'il eut le temps de faire, ce fut de déclencher une flèche laser qui, fendant les airs à la recherche de sa cible, pénétra l'épaisse armure d'un Blok et le fit exploser.

Aelita, désormais à une dizaine de mètres seulement de la tour, se releva rapidement et acheva son sprint en pénétrant dans la tour.

-C'est bon, Jeremy ! J'y suis ! » déclara-t-elle d'un ton rassurant, comme si le combat auquel elle avait survécue n'était plus qu'un lointain souvenir.

-Bien reçu ! Lance le Code Lyoko et reste dans la tour le temps que les Bloks disparaissent.

Elle posa ainsi délicatement sa main sur l'interface, fut identifiée par le système, puis activa le Code Lyoko qui mit fin à toute activé électrique sur le monde réel de la tour.



* * *


1er Jour – 7h54 :

Le jour commençait à tomber sur le collège Kadic. Dans la cour extérieure de l'établissement, Ulrich, Odd, Yumi et Jeremy, s'était donné rendez-vous afin de faire un débriefing rapide de l'assaut nocturne de X.A.N.A.

-Toujours aucune idée de la nature de l'attaque de cette nuit ? » demanda la japonaise soucieuse.

-Non. » répondit Jeremy. « J'ai fait un check-up complet du matériel électrique de l'usine et je n'ai rien trouvé d'anormal. De plus, comme je n'ai pas arrivé à dormir, j'ai essayé de pister l'activité numérique de la tour pour savoir ce quel endroit du monde réel elle avait affecté, mais sans résultat. J'ai donc commencé le développement d'un Tracker qui va me permettre de suivre les anomalies électriques générées par la tour.

-J'espère que ça ne vas pas se répéter trop souvent ! » s'écria Odd. « On risque vite d'être exténués à force de ne plus dormir la nuit. ». Ça, seul l'avenir nous le dira. Mais ce qui est sûr, c'est que X.A.N.A. est plus déterminé que jamais à nous faire souffrir..



* * *

2eme Jour – 00h07 :

Pour la deuxième fois en deux jours, le portable de Yumi retentit en pleine nuit, la réveillant aussitôt.

-Yumi, X.A.N.A. remet ça. On a besoin de toi au labo...

-Très bien...j'arrive.

La fatigue semblait avoir gagnée en intensité depuis la nuit dernière. C'est désormais les. paupières lourdes et l'esprit encore plongé dans le monde des rêves, que Yumi sortit de chez elle et se dirigea d'un pas lent vers l'usine abandonnée. Elle mit une dizaine de minutes en plus que la dernière fois pour atteindre le laboratoire. Là, le grondement de l'ascenseur qu'elle venait juste d'emprunter lui paraissait encore plus insupportable que les autre fois.

-Ah, Yumi, te voilà enfin... » déclara Jeremy.

Cette dernière ne prit même pas la peine de répondre, sachant que tout ce qu'elle aurait pu rétorquer, c'est qu'elle était trop fatiguée pour s'être mise à courir jusqu'à l'usine. Au lieu de ça, elle demanda faiblement, avec une pointe d'amertume :

-Qu'est-ce qui se passe encore ?

-X.A.N.A. a activé une tour, il y a quelques minutes...à minuit pile précisément et sur le territoire des montagnes.

-Encore ? » grogna Ulrich.

-Oui...Aelita est déjà sur place. Descendez en salle des scanners, je prépare la procédure...Plus vite vous l'aurez désactivé, plus vite on pourrait retourner dormir.

Les trois amis empruntèrent l'ascenseur qui les mena devant les trois caissons cylindriques.

-Odd, scanner un. Ulrich, scanner deux. Yumi, scanner trois. Et vos affaires, n'oubliez pas...laissez les de côté.

Tous trois s'exécutèrent rapidement, sachant que sur Lyoko, ils ne ressentiraient plus la fatigue, ce fléau qui fit même trébucher Odd en entrant dans son scanner.

-Transfert...scanner...virtualisation. » articula Jeremy d'une voix lasse.


La virtualisation guérit les trois Lyoko Guerriers du mal qui les accablait.

-Tu peux pas savoir le bien que ça procure, Jeremy ! » s'écria Odd.

-J'aimerais bien pourtant...

-Où est Aelita ? » demanda Yumi.
-Dans la tour derrière vous, comme hier. Je vous ai virtualisé au même endroit.

-Oui, la voilà.

La jeune fille s'approcha vivement du petit groupe.

-Ne perdons pas de temps ! » s'écria-t-elle. « La tour activée est la même que celle d'hier. Étant donné qu'on ne sait toujours pas quel est le plan de X.A.N.A., il faut mieux la désactiver le plus rapidement possible. ».

Les quatre camarades se mirent donc en route, empruntant le même sentier que la veille. Ils arrivèrent ainsi assez rapidement à la tour activée, devant laquelle se tenait, encore une fois, deux Krabes.

-Ulrich : on fait comme hier. Vas-y !

Ce dernier s'élança comme il l'avait fait le jour précédent, à la seule différence que, cette fois-ci, il s'appliqua davantage dans l'esquive des lasers que lui envoyaient les deux Robots, ce qui permet au jeune homme de s'approcher suffisamment de l'un d'entre eux, pour effectuer un bond et atterrir directement sur sa carapace. Il n'eut ainsi plus qu'a y enfoncer profondément son sabre pour transpercer le Krabe et le détruire.

Odd et Yumi en profitèrent pour avancer, suivis de près par Aelita qui redoutait l'arrivée de nouveaux robots. Les quatre Lyoko Guerriers parvinrent rapidement à se débarrasser du second Krabe. Cependant, exactement comme la veille, trois Kankrelats se virtualisèrent dans le ciel de Lyoko, pile au même endroit que le jour d'avant. Odd et Yumi, moins surpris que la dernière fois, parvinrent à s'en débarrasser aussitôt que ceux-ci touchèrent le sol.

-Dépêchez-vous ! » ordonna Jeremy. « Deux Bloks sont en approche juste derrière vous ! ».

-Je m'en occupe » s'écria fièrement Ulrich. « Vous trois, allez à la tour ! ».

Ce dernier sprinta donc en direction des deux nouveaux ennemis, esquivant avec perfection chacun de leurs tirs, avant de finalement transpercer avec brutalité l'un des quatre yeux du Blok. Cependant, il fut rapidement dévirtualisé par le second robot, qui reprit alors sa course infernale en direction des trois autres combattants qui étaient, malgré tout, déjà près de la tour.

-Bien joué, Ulrich. » retentit la voix de Jeremy dans l'interphone de la salle des scanners. « Aelita est rentrée dans la tour. ».

En effet, comme toutes les autres fois, elle pénétra dans l'édifice virtuel, s'approcha de l'interface qui identifia alors la jeune fille, puis activa le Code Lyoko, qui mit fin à l'activité numérique de la tour.



* * *



2eme Jour – 00h53 :


-Toujours pas de signes de l'attaque de X.A.N.A. ? » demanda Yumi.

-Non, malheureusement...J'ai même effectuer plusieurs recherches sur le Web pour savoir si des phénomènes étranges avaient été détectés quelque part dans le monde, mais je n'ai rien trouvé !

-On n'est même pas sûr que ces attaques sont réelles ? Que ce n'est pas juste un leurre pour nous attirer sur Lyoko en pleine nuit ? » s'écria Ulrich.

-Non...Mais on ne peut pas prendre le risque de laisser une tour activée. Rappelez-vous ce qu'il s'est passé quand on a prit le risque de laisser tomber une tour pour poursuivre l'écho fantôme : X.A.N.A. a faillit prendre le contrôle de tout le labo ! Sans la tour qui protège actuellement le réseau électrique de l'usine, on ne serait probablement plus là à se parler...

-Et l'écho fantôme ? » s'étonna Yumi. « Qu'est-ce qu'il est devenu ? ».

-Je ne sais pas...Il m'arrive de détecter, de temps en temps, d'infimes traces d'activité numériques provenant de cette entité, mais rien d'assez concret pour découvrir ce qu'elle est. Et pour l'instant, j'ai un problème plus urgent : la programmation de mon Tracker qui va pouvoir pister les activités de la tour activée dans le réseau électrique mondial. Je vais devoir passer toute la nuit dessus...Sans compter que X.A.N.A. risque bel et bien de relancer une attaque, demain à la même heure.

-J'ai une idée ! » s'exclama joyeusement Odd. « Et si on se relayait pour que chaque nuit, ce soit seulement deux personnes qui aillent sur Lyoko, pendant que la troisième se repose ? ».²²

-Je pense que c'est risqué. Si jamais X.A.N.A. décide de nous surprendre, en lançant une attaque plus coriace que d'habitude, on aura besoin d'être au complet pour lutter contre cette menace...Ce qui est sûr, c'est que nous épuiser fait partie de son plan. Il essaye de nous mettre à l'épreuve car il sait que nous devons non seulement protéger Lyoko, mais aussi vivre notre vie normale en nous rendant à Kadic. Le problème c'est que si jamais on sèche les cours, quelqu'un va bien finir par se douter de quelque chose, ce qui risque de mettre en danger le secret que nous gardons tous les quatre !

-Il ne nous reste plus qu'une solution. » déclara Yumi. « Jouer le jeu jusqu'à ce que ton Tracker découvre ce que X.A.N.A. trafique. »



* * *


3eme Jour – 00h00 :

Yumi était maintenant réveillée depuis plusieurs minutes. Elle savait que dans moins d'une minute, elle risquerait d'entendre son portable sonner et Jeremy lui annoncer que X.A.N.A. a activé une tour. Malgré tout, elle espérait encore que tout ceci n'arriverait pas et qu'elle pourrait profité du reste de sa nuit. Ainsi, à chaque seconde qui s'écoulait sans que Jeremy n'appelle, était un véritable soulagement pour la jeune japonaise. Elle attendait désormais, avec beaucoup d'impatience, le moment où son réveil afficherait minuit passé d'une minute, synonyme de non activation de la tour du territoire des montagnes.

Le moment où son téléphone portable sonna fut donc une véritable torture psychologique. D'un geste violent, elle se saisit de ce dernier.

-Yumi ?

-Te fatigues pas ! J'ai compris ! » hurla-t-elle énervée, avant de raccrocher.

Étant déjà habillée, elle n'eut plus qu'à sortir de sa chambre puis de sa maison pour rejoindre l'usine.

La porte du monte-charge s'ouvrit une fois de plus sur le labo.

-Salut, Yumi ! Tu...

-Ça va, Jeremy ! « le coupa-t-elle sèchement. « Ne perdons pas de temps. ».

-Tu as raison...Cependant, avant tout, je vais lancer mon Tracker. On va enfin pouvoir découvrir le plan de X.A.N.A. Malheureusement, mon programme risque de mettre du temps à traquer le signal de la tour dans tout le réseau électrique. Il va donc falloir que vous attendiez un petit peu avant de désactiver la tour. Et dans le pire des cas, ça risque de prendre plusieurs jours !

-Plusieurs jours ? » s'exclama Ulrich. « Tu ne comptes tout de même pas nous faire passer nos nuits sur Lyoko ? Tout ça pour se rendre finalement compte que ce n'était qu'un leurre ? C'est totalement absurde ! Je suis sûr que tu n'as même pas avancé sur le programme de matérialisation d'Aelita, pas vrai ? ».

Jeremy ne répondit pas, laissant place à un silence qui décrivait toute l'incertitude de la situation dans laquelle se trouvait le jeune garçon.

-Tu ne sais même pas si c'est possible ! Aelita est un programme : elle n'a pas de corps réel !

-Aelita n'est pas un programme ! » hurla-t-il. « Elle est bien plus que ça et je vous le prouverais ! Je la matérialiserais et je mettrais fin à X.A.N.A. ! Maintenant, si tu n'es pas d'accord avec ça Ulrich, je te conseille de quitter tout de suite l'usine ! Je te rappelle juste que tu as juré de protéger Aelita ! ».

-Très bien ! » rétorqua Ulrich, en s'approchant du monte-charge. « Je reviendrais quand tu auras enfin découvert quelque chose d'utile ! ».

-Ulrich. » s'écria Yumi d'une voix douce, pour l'apaiser. « On ne peut pas abandonner...pas maintenant. ».

Elle lui attrapa la main et l'emmena vers l'ascenseur.

-Je sais qu'on est tous fatigué par toutes ces attaques...Mais nous ne devons pas laisser tomber ce pour quoi nous nous battons. Aelita est là, et elle a besoin de nous, tout comme nous avons besoin d'elle...Prépare la procédure, Jeremy : on y va.

Les trois camarades pénétrèrent dans un scanner.

-Vous connaissez votre emplacement... » déclara Jeremy. « Et n'oubliez pas de laisser de côté tout ce qui...enfin, vous êtes déjà au courant...Je lance le Tracker. Votre mission, amener Aelita jusqu'à la tour puis attendre suffisamment pour que mon programme fasse son travail. ».

La virtualisation s'enclencha. Peu de temps après, les trois avatars prirent le relais sur les corps réels et la fatigue s'effaça.

Aelita se tenait là, sur le sol de Lyoko, attendant la venue de son escorte afin de désactiver au plus vite la tour.

-Allez ! On y va ! » s'écria la jeune fille aux cheveux roses, a peine avaient-ils posé le sentier du territoire des montagnes.

Sans plus attendre, ils empruntèrent tous ensemble les quelques sentiers qui les séparaient de la tour activée. Comme les jours précédents, deux Krabes montaient la garde mais cette fois-ci, ni Ulrich, ni Odd, ni Yumi ne prirent le temps de réfléchir à leurs tactiques, mais se précipitèrent directement sur les deux ennemis. Ces derniers furent ainsi presque immédiatement détruits, sans même avoir pu réagir. Aelita, quant à elle, se trouvait déjà à proximité de la tour, quand les trois Kankrelats apparurent. Cependant, a peine ces derniers furent virtualisés, qu'ils devinrent déjà la cible des flèches lasers de Odd. Désormais, il ne restait plus comme ultime menace que les deux Bloks qui avançaient à une cadence infernale en direction de la tour. Malgré tout, Ulrich et Yumi étaient déjà en route pour les intercepter. Ainsi, l'instant de quelques échanges de lasers fusant à travers les airs, les deux amis finirent assez rapidement par détruire à l'aide de leurs armes, les deux robots.

-Secteur sécurisé ! » s'exclama Odd après avoir fait brièvement le tour des environs.

-Très bien ! » répondit Jeremy. « Maintenant, restez à proximité de la tour, le temps que le Tracker piste les attaques de X.A.N.A. dans le réseau électrique. ».



* * *


3eme Jour – 01h37 :

Cela faisait maintenant plus d'une heure que le programme de Jeremy était activé, mais ce dernier n'avait toujours pas trouvé ce que le jeune garçon recherchait. Pire encore, la fatigue accumulée tout le long de ces trois journées commençait à peser lourd sur son esprit et sur son corps. En effet, tous les efforts qu'il avait déployé pour pister X.A.N.A. dans le réseau électrique semblaient vains, et le souffle de déception apporté par cette néfaste vérité ne faisait qu'ajouter un immense poids à la souffrance physique qu'il endurait.

Brusquement, un téléphone portable résonna dans les pièces sombres de l'usine. Cela provenait de la salle des scanners. Intrigué, il y descendit aussitôt et s'approcha d'un sac, celui de Yumi et dans lequel retentissait avec insistance un mobile. Le jeune garçon plongea sa main dans la sacoche, l'attrapa puis le sortit pour découvrir qui pouvait bien appeler Yumi à cette heure de la nuit. Sur l'écran de l'appareil, le sobre surnom de l'interlocuteur : « Maman. ». Jeremy compris immédiatement que les parents de Yumi avaient remarqués son absence tardive et était sans doute dans un état d'angoisse et d'inquiétude bien au-delà de tout ce qu'il pouvait imaginer. Le jeune garçon, qui devait a présent annoncer à sa camarade que son escapade nocturne avait été découverte, revint vers l'interface et annonça :

-Yumi...Tes parents viennent d'appeler sur ton portable.

-Quoi ? » lâcha-t-elle violemment avec un souffle d'inquiétude grandissant dans la voix.
-Oui, je suppose qu'ils te cherchent...

-Oh non, c'est pas vrai ! Mais qu'est-ce que je vais leur dire ?

-...Je ne sais pas...Je vous ramène sur Terre ! De toute façon, mon Tracker n'a toujours pas découvert ce que je cherchais. Aelita, tu peux désactiver la tour.

Le jeune garçon manipula son clavier pour rematérialiser ses trois camarades. Ces derniers ne tardèrent donc pas à rejoindre Jeremy et Yumi sortit aussi furieuse que soucieuse du monte-charge. Elle se jeta immédiatement sur son téléphone qui sonnait encore pour confirmer la terrible nouvelle que lui avait annoncé Jeremy.

-Ce n'est pas possible ! Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ! Mes parents vont me tuer !

-Sans compter que maintenant, c'est fini les escapades nocturnes sur Lyoko. » intervint Ulrich.

-Je...je suis désolé... » s'excusa Jeremy confus.

-Et si tu lançais un Retour vers le Passé ? » proposa Odd.

-Je ne sais pas...C'est encore trop risqué comme procédure, je ne suis pas sûr de maîtriser tous les paramètres !

-Allons, tu l'as déjà fait !

-Oui mais...On ne sait pas quelles conséquences pourraient avoir une mauvaise manipulation de cette remodélisation de la matière. En plus, on avait dit qu'on ne l'utiliserait qu'en cas d'attaques visibles de X.A.N.A. sur le monde réel

-On n'a pas le choix, Jeremy ! » insista nerveusement Ulrich. « Non seulement la vie privée de Yumi est lourdement affectée, mais aussi, sans elle, on sera beaucoup moins efficace sur Lyoko ! ».

-En plus, ça nous permettra de profiter de la nuit pour dormir ! » ajouta Odd. « Plus reposé, nous serons plus efficace ! ».

-Bon...d'accord. Préparez-vous !

Malgré la fatigue et sa réticence à vouloir exécuter ce programme, il fallut seulement quelques secondes à Jeremy pour préparer la procédure et lancer le Retour vers le Passé.



* * *


3eme Jour – 00h00 :

Yumi se réveilla brusquement. Elle regarda succinctement autour d'elle pour déterminer où elle se trouvait. Elle finit par se rendre compte qu'elle était bien chez elle, dans sa chambre, en plein milieu de la nuit.

Brisant la tranquillité de la nuit, son portable retentit de nouveau. Habituée à la pire des nouvelles quand son téléphone sonnait à une heure aussi tardive, elle répondit craintive :

-Allô ?

-Oui, Yumi ! C'est moi, Jeremy. Content de voir que tu vas bien ! Il en est de même pour Ulrich et Odd...Écoute : je suis désolé pour ce qu'il s'est passé tout à l'heure...

-Ce n'est rien...J'essayerais d'être plus discrète la prochaine fois..Et la tour ?

-Désactivée...Comme le SuperCalculateur et Lyoko ne sont pas modifiés par le Retour vers le Passé, X.A.N.A. n'a pas encore pu rassembler l'énergie virtuelle nécessaire pour la réactiver.

-Bonne nouvelle !

-Oui ! Profite bien de ta nuit, je pense que notre ennemi va repasser à l'attaque dès demain.

-D'accord...merci Jeremy.

-Bonne nuit, Yumi !

-Bonne nuit !

Elle raccrocha, reposa son téléphone sur le sol, et s'allongea sur son lit. Désormais, l'esprit apaisée, elle parvint à laisser paisiblement le sommeil reprendre ses droits.



* * *


3eme Jour – 19h25 :

-C'est bon, Aelita ! La voie est libre: tu peux y aller ! » s'écria Jeremy dans son micro-casque.

Le jeune fille courut vers la tour du territoire de la montagne et parvint finalement par y pénétrer.

-Je me connecte à l'interface, Jeremy !

-Bien vu ! Essaie de trouver tous les fichiers de la tour datant d'il y a moins de quatre jours.

La fille aux cheveux roses s'exécuta aussitôt, maniant avec grâce et habileté l'interface bleue de la tour. Quelques instants plus tard, elle déclara fièrement :

-Ça y est ! J'ai trouvé !

-Génial ! Qu'est-ce que tu vois ?

-Je ne sais pas,...c'est étrange ! Je te télécharge ça tout de suite.

Jeremy reçu assez rapidement les fichiers qui attiraient désormais tout son attention. Il les ouvrit un par un, et à chaque découverte, une expression de surprise de plus en plus prononcée se dessinait sur son visage.

-Mais qu'est-ce que c'est que ça ?

Sur son écran défilait de multiples photos et documents officiels : des clichés des couloirs de Kadic prises depuis des caméras de surveillance, des vidéos du groupe de Lyoko Guerrier se déplaçant dans la rue, des suivis satellites de leurs téléphones. Enfin, des photographies des quatre camarades, accompagnés de leurs pièces d'identités au complet.

-Il nous observe ! X.A.N.A. nous espionne ! Il fait du repérage pour découvrir dans quel environnement nous évoluons ! Tout est là : des plans de la ville, des pistages téléphoniques, des photos de nous...

-C'est incroyable...

-Oui...mais c'est surtout très dangereux ! X.A.N.A. prépare quelque chose de néfaste...Il faut absolument qu'on arrive à stopper l'activation quotidienne de la tour du territoire des montagnes !

-Oui mais comment ?

-Je ne sais pas...mais il va falloir trouver assez rapidement !



* * *


3eme Jour – 23h59 :

Yumi, Ulrich et Odd se tenaient impatiemment dans la salle des scanners, déjà parés pour la virtualisation dès que la tour serait activée.

-Dix secondes avant l'heure H ! » s'exclama la voix de Jeremy dans l'interphone.

Les trois camarades, devinant déjà l'issue fatale de ce décompte, posèrent un pied dans les caissons.

-Cinq secondes...Trois secondes...Une secondes...


4ème Jour – 00h00 :

Jeremy soupira.

-Aelita me fait parvenir que la tour est activée. Plongez dès maintenant : je lance le Tracker puis je prépare le Retour vers le Passé. Désactivez la tour aussi vite que possible !

Jeremy déclencha la virtualisation sans perdre de temps. Odd, Yumi et Ulrich atterrirent sur le sol du territoire des montagnes. Aelita se tenait là, déjà prête à l'action.

-Allons-y ! » ordonna-t-elle.

Cependant, une alarme sur l'interface de Jeremy interrompit la routine de cette contre-attaque.

-Attendez ! » s'écria-t-il. « Je détecte des mouvements inhabituels près de la tour ! Plusieurs contacts robots semblent attaquer quelque chose...une entité de même signal d'identification que l'écho fantôme ! Foncez ! Il faut le rejoindre avant qu'il ne disparaisse ! ».

Un sprint effréné commença alors dans le monde virtuel. Ulrich, le plus rapide, prit une avance considérable et arrivant avant tous les autres sur le plateau de la tour activée, qui offrit alors au jeune homme un bien étrange spectacle : les deux Krabes, qui d'habitude montaient la garde, étaient étendus sur le sol de Lyoko, complètement inactifs, comme s'ils avaient été sournoisement détruits de l'intérieur. Aux pieds d'Ulrich, un Kankrelat à la carapace partiellement endommagée et privé de ses deux pattes arrières, luttait pour sa survie en rampant misérablement sur le sol. Un peu plus loin, un Blok s'affairait à prendre la fuite, comme effrayé par un ennemi surpuissant. En outre, des débris de robots étaient éparpillés un peu partout sur le terrain.

Les trois autres Lyoko Guerriers arrivèrent sur le plateau.

-Mais qu'est-ce qui s'est passé ici ? » demanda Odd.

Malheureusement, personne n'avait de réponse à lui offrir.

-Foncez à la tour et je vous ramène ! » ordonna Jeremy. « Ce serait trop dangereux de rester ici ! Tant qu'on ne sait pas ce qui est l'auteur du carnage qui a eu lieu ici, on ne peut pas prendre de risque. ».

-Bien compris, Jeremy. » répondit Aelita. « Je me rend à la tour. ».

-Oui, vas-y et ne traîne pas ! Le voie est libre.

Accompagnés par ses trois protecteurs, elle pénétra dans la tour activée du territoire des montagnes. Là, alors qu'elle s'apprêtait à manipuler l'interface pour désactiver la tour, elle entendit une voix qui s'adressait à elle :

-Bonjour, Aelita.



* * *


4ème Jour – 00h09 :

Une succession de messages d'erreurs inattendus défilèrent sur les écrans de Jeremy.

-Oh non ! C'est pas vrai !

Emporté par l'angoisse, il se mit à saisir frénétiquement plusieurs dizaines de commandes sur son clavier.

-Non, non, non !

Pris au dépourvu, il approcha le micro de sa bouche et hurla :

-Odd, Yumi, Ulrich : entrez dans la tour ! J'ai perdu tout contact avec Aelita ! Elle a disparu de mes écrans !

Saisies par l'inquiétude que venait de leur transmettre Jeremy, tous se précipitèrent vers l'édifice virtuel, mais lorsque Odd, arrivé le premier voulut traversé son enceinte, cette dernière refusa de s'ouvrir, laissant un épais mur infranchissable devant le félin.

-Jeremy ! » s'écria ce dernier. « Impossible de rentrer dans la tour ! ».

-C'est impossible : le fichier de la tour qui permet votre identification a été corrompu !

-Qu'est-ce qu'on fait ?

-Restez près de la tour et montez la garde ! Je vais essayer de réparer le fichier !

Jeremy s'affaira immédiatement à la réparation de la procédure d'identification, en tapotant avec beaucoup de nervosité sur son pupitre.


* * *


4ème Jour – 00h13 :

Cela faisait maintenant plusieurs minutes que Jeremy se démenait pour mettre fin au bug dont la tour était victime. Malgré tout ces efforts, aucune de ses tentatives n'avaient portés ses fruits. Tout semblait perdu, une fois de plus, lorsque la tour du territoire des montagnes se désactiva brutalement. Peu de temps après, le signal numérique d'Aelita reparut sur les radars et les trois Lyoko Guerriers purent la voir sortir de la tour, comme si rien de tout ceci n'était arrivé.

-Aelita ! Enfin ! Mais qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? » la questionna Jeremy.

-Rien, je...J'ai eu un problème avec l'interface, tout s'est figé. Mais ce n'est rien, tout va bien maintenant !

-Tu m'as fait une de ces peurs !

-Ne t'inquiète pas...je te dit que tout va parfaitement bien. » dit-elle d'un air rassurant, esquissant comme à son habitude un sourire enjôleur.

-D'accord, d'accord...Tiens, qu'est-ce...

Un nouveau message venait d'apparaître sur les écrans de Jeremy, mais cette fois-ci, c'était une bonne nouvelle.

-Oui ! Ça y est ! Le Tracker a réussi ! J'ai toutes les informations dont j'ai besoin sur l'attaque de X.A.N.A. ! Je vous ramène immédiatement ! Je veux tirer ça au clair avec vous. Et puis, il inutile de prendre des risques en restant ici, on ne sait toujours pas ce qui s'y est produit.


4eme Jour – 00h20 :

-Voilà le rapport du Tracker que j'ai lancé...Comme on le soupçonnait, X.A.N.A. n'a pas envoyé de doses massives d'énergie dans une seule branche du réseau électrique, mais a divisé son attaque en milliers de petites impulsions électriques qui ont pris pour cible des centaines des milliers de serveurs informatiques à travers le monde. Il s'est servi de la tour pour pirater un maximum de données sur nous, sur l'itinéraire que l'on emprunte pour aller à l'usine, sur notre vie hors de Lyoko ! De plus, il a hacké une multitudes de serveurs gouvernementaux à travers le monde...Je ne sais pas ce qu'il compte faire des informations qu'il a récolté, mais nous devons nous méfier à présent...

-Cela signifie donc qu'on va encore devoir revenir demain en pleine nuit pour désactiver cette fichue tour ? » grogna Ulrich.

-Malheureusement oui...Mais en attendant, il faut qu'on se repose. Ces derniers jours ont été particulièrement pénibles pour nous quatre. Vous êtes prêts pour le Retour vers le Passé ?

Tous hochèrent la tête, impatients de retrouver leurs lits dans lesquels, la fatigue s'envolerait sûrement jusqu'au jour prochain.

-Très bien, j'y vais...

Jeremy pressa un bouton, le Retour fut lancé, le Flux remodelé, et l'immense sphère blanche du champ magnétique des scanners se propagea sur toute la planète Terre, et bien au-delà.



* * *


4ème Jour – 23h59 :

Comme la veille, tous les Lyoko Guerriers étaient parés à l'éventualité d'une nouvelle activation de la tour des montagnes. En effet, Yumi, Ulrich et Odd se tenaient déjà dans la salle des scanners, et Aelita et Jeremy se parlaient par écrans interposés. Cependant, la nouvelle journée arrivait, et la tension se faisait de plus en plus pressante dans l'esprit de chacun.

-Vingt secondes avant l'heure H !

Défaitiste, Ulrich se pénétra avant la fin du décompte dans son scanner.

-Quinze secondes !

Odd pensa à tout ce qu'il avait accompli jusque là. Même si c'était une épreuve pénible, c'était son devoir d'aider Aelita, et la fatigue ne faisait pas le poids face à sa détermination.

-Dix secondes !

Yumi ressentit l'angoisse brusquement montée en elle.

-Cinq secondes !

Jeremy était inquiet. Il savait que la tour activée par X.A.N.A. ne l'était pas pour des raisons inutiles.

-Deux secondes !
Aelita connaissait déjà l'issue de ce décompte : la tour ne serait pas activée, elle en était persuadée. Elle lui avait dit...

-Une seconde !



* * *


5ème Jour – 00h00 :

-Attendez ! » s'écria Jeremy. « Aelita ne détecte pas de tour activée ! C'est fini ! ».

-Quoi ? » s'exclama Yumi soulagée.

-Oui, je confirme ! Pas de tours activées ce soir ! Notre calvaire est enfin terminé...Remontez au laboratoire, vite !

Jeremy ferma les télécommunications avec la salle des scanners pour se concentrer sur sa discussion avec Aelita :

-C'est incroyable ! Comment ça se fait que X.A.N.A. ait abandonné comme ça ?

-Il faut que je te dises quelque chose, Jeremy...Hier, je...j'ai lancé un programme destiné à empêcher X.A.N.A. d'activer des tours. J'ai implanté un virus dans le Code X.A.N.A. et, par conséquent, il ne peut plus être utilisé.

-Quoi ? Mais c'est génial ! Si X.A.N.A. ne peut plus activer de tours, nous sommes tous sauvés ! Nous cinq ! Non seulement nous ne serons plus victimes de ces attaques, mais aussi, je vais pouvoir me consacrer uniquement à la création de ton programme de matérialisation ! C'est fantastique !

-Oui, c'est une très bonne nouvelle !

-Mais pourquoi tu ne m'en as pas parler plus tôt ?

Elle hésita.

-Je...je n'étais pas sûr que mon programme allait fonctionner. Je ne voulais pas vous donner de faux espoirs.

L'immense porte du laboratoire se rouvrit et les trois camarades rejoignirent Jeremy.

-Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Odd.

-Nous avons gagné ! X.A.N.A. ne peut plus activer de tours ! Il est vaincu !

-Tu nous fait marcher, là ?

-Non ! Il faut encore que j'effectue quelques tests avant d'en être certain, mais il semblerait qu'Aelita est battue notre pire ennemie !

-Extraordinaire ! » lâcha Yumi, plus heureuse que jamais.

-Vous pouvez rentrez chez vous pour vous reposer ! Moi, je vais rester ici pour confirmer cette excellente nouvelle. Je vous tiens au courant dès que j'ai du nouveau ! Mais une chose est sûr : la fin de notre combat approche !


* * *


4ème Jour – 00h09 :

-Bonjour, Aelita.

Cette voix féminine provenait d'une femme qui se tenait droite devant la jeune fille. Aelita leva les yeux vers l'étrange inconnue. Comme elle, elle avait les mêmes cheveux roses, lisses et longs, le même visage doux et harmonieux, et les même yeux d'un vert pétillant.

Effrayée, la jeune fille fit plusieurs pas en arrière.

-Non, attends ! Je ne te veux pas de mal... » s'exclama-t-elle de façon rassurante.

-Qui êtes vous ?

-Quelqu'un qui peut t'aider, tu dois me faire confiance ! Je peux t'aider à vaincre X.A.N.A. J'ai juste besoin de ton aide !

-Qu'est-ce que vous faites là !

-Comme toi, je suis piégée sur Lyoko. Depuis que Jeremy a rallumé le SuperCalculateur, je dois lutter pour ma survie. J'ai essayer plusieurs fois de désactiver les tours mais toi seule possède le Code Lyoko capable de le faire. Et si je suis là aujourd’hui, c'est pour empêcher X.A.N.A. de continuer à activer des tours. Depuis quelques jours, il pirate sans cesse des centaines de serveurs. Il prépare quelque chose d'énorme, dont vous devez vous méfier absolument. Si toi et moi n'agissons pas rapidement, je crains que les conséquences en seront désastreuses.

-Qu'est-ce que vous me voulez ?

-Comme je te l'ai dit, je ne possède pas le Code Lyoko...mais toi, si ! Malgré tout, j'ai crée un programme capable de stopper l'activation d'une tour. Et j'ai besoin que tu l'active pour moi en lançant le Code Lyoko.

-Attendez, je...Jeremy ! » s'écria-t-elle.

-Il ne t'entendra pas : j'ai coupée toutes les communications de la tour avec l'extérieure. Personne ne doit être au courant de ma présence sur Lyoko...X.A.N.A. est à ma recherche et veut m'éliminer. Si jamais il découvre que je t'ai parlée, je ne pourrais pas tenir bien longtemps. C'est pour ça qu'il faut absolument que tu gardes le secret !

-Mais Jeremy n'est pas notre ennemi !

-Je sais...mais je ne lui fais pas confiance. Il prend trop de risques et ne se rend compte pas compte de la dangerosité de la machine dont il a le contrôle. De plus, X.A.N.A. a le pouvoir de scanner les programmes consciences de tes amis, dont dès qu'ils le sauront, je serai perdue...Cependant, toi, tu es assez puissante pour résister ! Tu es la clé de la victoire dans la lutte contre X.A.N.A. !

-D'accord. » répondit-elle avec plus de conviction que précédemment. « Qu'est-ce que je dois faire ? ».

-J'ai préparé le programme. Tu n'as plus qu'a lancer le Code Lyoko et la tour se désactivera pour toujours.

-J'ai compris, mais...est-ce que vous connaissez un moyen de, vous savez...nous sortir de Lyoko ?

Sa question était plein d'espoir car pour la première fois, elle avait quelqu'un de vraiment compétent en face d'elle.

-Bien sûr, et c'est aussi la raison de ma présence. Toi seule pourra nous sauver toutes les deux. Comme tu le sais sans doute, il y a un Pare-Feu qui bloque la plupart des entrées et sorties de Lyoko. Pour que nous puissions être libres, tu dois le désactiver avec le Code Lyoko !

-Le désactiver ? Mais c'est aussi ce qui empêche X.A.N.A. de s'échapper du SuperCalculateur !

-Je sais...mais c'est un risque à prendre. De toute façon, quand tu auras lancée mon programme, il ne pourra plus rien nous faire.

-Oui mais...je préfère attendre un peu au cas où Jeremy trouve une solution.

-Comme tu veux. Mais tu te rendras vite compte qu'il n'arrivera à rien à part nous mettre tous en danger. Si tu souhaites sauver tes nouveaux « amis », tu fois abaissez complètement le Pare-Feu et sortir d'ici au plus vite.

-Je...j'ai besoin de temps pour réfléchir.

-D'accord. Je serais toujours là quand tu en aura besoin. En revanche, mon programme ne peut pas attendre. Tu dois l'activer maintenant !

Sans répondre, elle s'exécuta en s'approchant de l'interface, en y posant sa main, puis en initialisant le Code Lyoko.

-Bien ! A présent, X.A.N.A. devrait vous laisser tranquille. Désormais, il ne te restes plus qu'à abaisser le Pare-Feu. Mais si tu souhaites prendre du temps pour réfléchir, je te l'accorde volontiers. Mais ne soit pas trop longue : si X.A.N.A. arrive à contrer mon programme, sa riposte sera d'une ampleur catastrophique !

La femme aux cheveux se dirigea vers l'interface et commença à la manipuler.

-C'est bon, j'ai reconnectée les communications de la tour. Tu peux aller rejoindre tes « amis ». Mais n'oublie pas : tu ne devras jamais parler de moi à quiconque ! Sinon, tout mon plan s'effondrera, et tous deux, nous pourrons dire définitivement adieu à notre rêve de liberté !

-C'est compris...Une dernière chose : comment vous appelez-vous ?

-Moi...je m'appelle Anthéa.

N'oubliez pas de poster un comment.

Prochain chapitre : Fusion.

Zoddo

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Toujours aussi bien !
Juste, l'histoire des monstres abîmés près de la tour, mais sans disparaitre, ça fait un peu bizarre. Je sais, que tu t'éloigne de la série, mais, dans celle-ci, dès qu'il est abîmés, il explose et disparait.

Mais,
Bonne continuation !


_________________

Merci à Apolyon pour ce magnifique pack !

Skorpark


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Encore un chapitre super et l'apparition de Anthéa ça m'a impressionné, je serais au rendez-vous pour une suite.

Scifier

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Bonjour à tous (enfin, le peu de personnes qui suivent ma fic ^^) !

Avant de publier la PREMIERE PARTIE de mon nouveau chapitre, je tiens à faire un petit récapitulatif des précédents chapitres afin de bien expliquer quelques notions/événements qui auraient pu vous échapper ainsi que pour vous rappeler ce qu'il s'est passé.

Je vous conseille de lire ça, car ça vous donne de gros indices sur la suite.
Spoiler:

Chap1 : Jeremy découvre le SC 2.0.

Chap2 : Dialogue avec Aelita, etc

Chap3 : 1ère Attaque de XANA, Jeremy reçois (étrangement) les procédures de virtualisation

Chap4 : Lancement du Code Lyoko, un code permettant de prendre le contrôle absolu d'une tour + détection d'une trace d'un « écho fantôme », près de la tour activée.0

Chap5 : XANA active une tour et Jeremy détecte une nouveau un écho fantôme. Il décide alors de laisser tomber la tour pour se mettre à la poursuite de ce dernier. Aelita, grâce à son pouvoir de synthétisation, emprisonne l'entité qui se dirigeait vers la mer numérique. Cependant, XANA en profite pour attaquer le laboratoire, en coupant le courant (conséquences : scanner désactivé, ascenseur bloqué, etc ==> dans la série originale, XANA a juste a détruire électriquement les scanners pour gagner, mais il ne le fait jamais <==> dans ce chapitre je donne une explication).
En effet, j'explique qu'une entité intervient et active une tour cachée qui faire contre-attaque sur le laboratoire , empêchant la tour de continuer à attaquer le labo. Pendant ce temps là, l'echo fantome s'enfuie dans la mer numérique. ==> vous pouvez déjà deviner qui a activé la deuxième tour qui protège le labo, et où elle se situe.

Chap6 : XANA attaque et brûle Kadic. Jeremy utilises donc le Rvlp (qu'il étudie depuis plusieurs jours). Il explique aussi le fonctionnement des scanners : les scanners reparamètrent, grâce à un champ magnétique très élevé, le Flux, un flux électrique qui donne forme à la matière. Lors d'un Rvlp, un champ magnétique très puissant (la sphére blanche), reparamètre le Flux le recréant tel qu'il l'était quelques heures plus tôt. Une question se pose : comment se fait-il que notre monde soit en réalité constitué par ce Flux informatique ? Notre monde est en fait un monde virtuel autonome très developpé. En fait, chaque monde réel crée un monde virtuel en partant du moment ou l'univers à été crée, etc (cf messsages précédents).

Chap7 : Aelita découvre dans une des tours de Lyoko des enregistrements vidéos de Schaeffer, un scientifique qui a travaillé sur un projet technologique ultra sophistiqué, après avoir découvert l'existence du Flux : il s'agit du Projet Lyoko, un projet visant à créer un monde virtuel similaire au monde réel que l'Homme peut coloniser et sur lequel il peut survivre, afin d'avoir un endroit pour vivre quand la Terre sera totalement dépouillée (plus de ressources, réchauffement climatique, etc) ==> Schaeffer reproduit un cycle que l'humanité entreprend depuis une infinité de temps.
Il crée donc un scanner et reçoit alors des subventions d'un coalition d'Etats, en échange de l'utilisation des inventions de Schaeffer dans une optique militaire. Schaeffer créé donc Lyoko, un brouillon de monde virtuel, et développe 4 territoires différents.
Malheureusement, les militaires veulent se servir des scanners pour cloner leurs armements, leurs meilleurs soldats, se téléporter, etc ==> tout ça ne plait pas aux scientifiques du projet et ils décident d'arrêter. Cependant, la ROMA prend le contrôle total du projet Lyoko et force Schaeffer et ses collègues à continuer. Ils se rebellent donc en secret, et font construire (en piratant divers entreprises etc grâce au SC) une usine en région parisienne avec un SC plus puissant. Les collègues de Schaeffer s'échappent donc de la base de ROMA en se téléportant jusqu'à Paris et détruisent le SC de cette base avec une bombe IEM (qui grille les circuits électriques). Anthéa, qui fait partie des collègues de Hopper, développe un programme capable d'activer des tours et de détruire les SC que la ROMA tente de recréer. Le programme fonctionne et est efficace, et Hopper l'accompagne d'attaques de robots de combat qu'il a crée (Krabe, Kankrelat, Blok, Frôlion,...) La ROMA fait tout ce qu'elle peut pour se défendre, et finit par se virtualiser et atteindre le lyoko du SC 2.0 (celui de paris). La ROMA tente de prendre contrôle de XANA mais sont arrêter par les Krabes. FH décide donc d'améliorer XANA et Lyoko sur trois points :
– transférer XANA sur un territoire caché et surprotégé (vous pouvez deviner lequel)
donner un XANA la capacité de lire les programmes consciences des personnes qui se virtualisent sur Lyoko (TRES IMPORTANT) ==> revient à deviner les pensées des personnes virtualisées en détectant d'éventuelles intentions d'attaquer, etc
créer une nouvelle forme de virtualisation : au lieu de virtualiser vraiment le corps réel, les scanners transfèrent la conscience dans un avatar ==> si les corps réel sont attaqués sur Lyoko, la personne meure. Avec les avatars, on est juste dévirtualisé.

Tout va bien, la ROMA est vaincue et les scientifiques décident de désactiver XANA. La prochaine chose qu'on découvre, c'est FH bouleversé (pleure presque), qui dit que XANA a évolué, qu'il tente de communiquer avec lui, et que le programme attaque avec acharnement un base désaffectée de la ROMA ==> XANA a acquis une conscience.
Enfin, malgré les attentes de ces collègues, FH décide de maintenir le SC allumé, malgré la présence de XANA ==> FH semble vouloir faire quelque chose sur Lyoko avant d'éteindre le SC.

Chap8 : Jeremy découvre que XANA est intelligent et qu'il agit dans le but d'assurer sa survie.

Chap9 : XANA attaque tous les soirs à la même heure. En fait, il collecte des informations sur son environnement, sur l'usine, sur les lyoko guerriers, etc ==> c'est de l'ESPIONNAGE.
La série des tours activées se termine lorsqu'Aelita rencontre une femme étrange sur Lyoko, Anthéa, qui lui confie un programme que seul elle peut activer en lançant le Code Lyoko. Elle l'active et XANA n'active plus de tours. Mais Anthéa la met en garde : si Aelita et Jeremy n'agissent pas très vite pour les libérer (Anthéa et Aelita) de Lyoko, XANA va se venger. Aelita doit désactiver le pare-feu qui bloque les entrées-sorties de Lyoko, afin de pouvoir s'échapper.


Bref, tout ça pour prouver que je ne fais pas mes chapitres au hasard, tout est lié , du premier au dernier chapitre, et à chaque fois que je parle d'un truc important ou bizarre, c'est repris dans les chapitres suivants.

Voici maintenant la PREMIERE PARTIE du nouveau chapitre : FUSION. Un conseil, ne vous fiez pas aux apparences. Je pense que vous allez tout d'abord trouver ça exagéré, mais vous verrez à la fin que tout est murement réfléchi. Enfin, si c'est nul, dites le moi tout de suite que je corrige le tir. Bonne lecture.

Spoiler:
LYOKO PROJECT


Chapitre 10 : FUSION :

« Il suffit de peu de choses pour déclencher une véritable panique...Autour de moi, le monde s'écroule mais seul subsiste l'espoir d'un jeune garçon. Il pense pouvoir se surpasser pour vaincre son ennemi, mais la vérité est tout autre : il se sert de nous comme de simples pions pour parvenir à son but, prenant tous les risques et se proclamant chef du destin de nos vies. Il est désormais le gardien de notre monde mais ce qui se déroule aujourd'hui nous dévoile qu'il n'est pas à la hauteur de sa tâche. Si seulement il pouvait en prendre conscience et laisser périr ses rêves insensés dans les ténèbres des utopies...Mais qu'importe ! Dans quelques instants, j'aurais tout oublié, noyant la réalité de ces événements dans les divagations d'un vieux fou amnésique. Seul la douleur de l'incompréhension subsistera, alors que le sort de notre monde se jouera au même moment. ».



* * *


Quarante jours. Quarante jours sans attaques de X.A.N.A. Quarante jours d'un répit qui avait un agréable goût de victoire pour les Lyoko Guerriers. Le plus jeune d'entre eux, Jeremy, s'affairait tout de même à une ultime vérification depuis l'ordinateur de sa chambre, n'ayant même pas prit la peine de se déplacer jusqu'à l'usine, le besoin ne s'en étant pas fait ressentir :

-Alors, Aelita ? Toujours rien ?

-Non, aucune trace d'une quelconque tour activée sur les quatre secteurs de Lyoko.

-Tant mieux ! » fit-il ravi. « Nous allons pouvoir continuer nos recherches sur ton programme de matérialisation ! Il nous reste encore cinq tours du territoire de la forêt à explorer avant de passer au suivant. ».

-Tu es vraiment sûr de parvenir à trouver un programme qui permettrait réellement de me construire un corps réel ? » l'interrogea-t-elle dubitative. «Nous savons tous les deux que les scanners permettent la matérialisation d'un objet scanné, mais peuvent-ils réellement matérialiser quelque chose...créé sur Lyoko? Je te rappelle que je n'existe que sous la forme d'un avatar virtuel dénué d'organes. ».

-Certes, mais il suffirait de réussir à « dessiner », en quelque sorte, un corps réel correspondant à la forme de ton avatar sur Lyoko, et à y implémenter des organes humains. Pour ça, il faudrait juste faire une copie du corps des personnes vivantes qui se sont déjà virtualisées sur Lyoko. C'est pour ça que j'ai bon espoir : il ne reste plus qu'à trouver où sont stockés les données des corps réels sur Lyoko. Et c'est pour ça que nous devons poursuivre nos recherches tant que X.A.N.A. est inoffensif. Un problème demeure cependant : le Pare-Feu de Lyoko semble empêcher le transfert de ta conscience dans un éventuel nouveau corps.

-Je pourrais le désactiver avec le Code Lyoko ! Une simple petite manipulation dans une des tours du passage permettrait de contourner cette difficulté !

-Oui mais...Si ce Pare-Feu existe, c'est qu'il y a bien une raison...C'est la seule protection qui empêche X.A.N.A. de prendre le contrôle de Lyoko et de s'en échapper. Il faudrait donc trouver le moyen de créer une simple brèche par laquelle seule ta conscience pourrait passer, mais malheureusement, je ne sais pas encore comment faire. Il me faudra probablement des semaines ou des mois de recherche en plus pour y parvenir sans risques.

-Je vois... » déclara-t-elle déçue.

-Écoute, Aelita : je sais que c'est dur pour toi de devoir vivre seule sur Lyoko, mais crois moi, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour essayer de te sortir de là...

-Mais X.A.N.A. est devenu totalement inactif ! C'est le moment ou jamais de tenter quelque chose !

-Oui, je sais...Mais je ne peux prendre aucun risque. C'est la vie de toute l'espèce humaine qui est en jeu !

-C'est bon, j'ai compris... » lâcha-t-elle vexée. « C'est parce que je ne suis pas humaine, moi ! ».

-Mais non, ce n'est pas ça... » s'écria-t-il avant d'ajouter, cédant à la pression de la jeune fille déterminée : « Bon d'accord, je vais voir ce que je peux faire... ».



* * *


Ulrich et Odd étaient tranquillement installés dans le foyer du Collège Kadic, havre de paix pour tous les étudiants. Là, les deux jeunes hommes, attablés devant une pile de livres, s'affairaient à réviser leurs cours, devenus désormais leur nouvelle préoccupation après la chute de X.A.N.A. Derrière eux, une dizaine d'autres élèves étaient présents. Quelques uns s'agitaient avec énervement tandis que d'autres, plus calme, discutaient de sujets divers. Tout au fond de la salle, un poste de télévision retransmettait à haute voix un programme inintéressant aux oreilles des deux amis concentrés sur leurs livres de cours.

Odd, lassé par le travail intellectuel qu'il devait fournir, releva légèrement la tête et regarda impavide le mur en face de lui, sombrant alors brusquement dans ses pensées. Il revit alors tout ce qu'il avait vécu depuis la découverte de Lyoko, les combats qu'ils avaient menés, le danger qui maintes fois s'était resserré autour de lui comme une étreinte aussi puissante qu'inévitable. Cependant, tout ceci semblait maintenant être emporté par le souffle vigoureux du temps, comme le sentiment présent d'hier devenant le souvenir lointain d'aujourd'hui. Désormais, il avait retrouvé sa vie d'avant, celle d'un étudiant entièrement devoué à ses études, plus occupé à réviser qu'à protéger une jeune fille prisonnière d'un nouveau monde. Il ne savait toujours pas qui était Aelita et, à présent, seul Jeremy était en mesure de l'aider.

Son immersion dans ses pensées fut interrompue par la vibration dans l'air de la voix d'Ulrich :

-Eh ho ! Odd ! Reviens sur Terre et continue d'apprendre ! Il nous reste encore beaucoup de retard à rattraper.

Il sursauta surpris, puis se retourna vers son camarade.

-Oui...oui, je sais. C'est juste que...je repensais à Lyoko.
-Quarantième jour ! Tu te rend compte ? Je crois qu'on peut dire définitivement adieu au fardeau des attaques.

-Justement...Ça ne te manque pas toute cette adrénaline que l'on ressentait, le véritable héroïsme qui se révèle en nous face au danger !

Ulrich le défigura avec un air plus que sérieux, décourageant Odd de poursuivre son discours.

-T'es pas sérieux là ? Je t’interromps tout de suite : le SuperCalculateur n'a été qu'une source de problèmes et d'angoisse. Non mais tu te rend compte de ce que nous avons dû faire pour lutter contre X.A.N.A. ? Remonter le temps ! Nous avons pris tous les risques et tout ça pour finalement réussir à n'obtenir aucun résultant probant. Aelita est toujours sur Lyoko et ça fait plusieurs semaines qu'on aurait dû éteindre le SuperCalculateur, comme on l'avait décidé avec Jeremy. Il n'en fait qu'à sa tête, persuadé de pouvoir accomplir l'impossible.

-Je sais que ça a été dur pour nous, mais ça l'est encore plus pour Aelita. On devrait plonger une fois de plus sur Lyoko pour la saluer et la soutenir. Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vue en face.

-...D'accord...Je préviendrais Yumi et on verra ça tout à l'heure...Mais maintenant, il faut qu'on se mette au travail.



* * *


Un hurlement de stupeur vint perturber le calme qui régnait dans le foyer.

-Eh ! Venez voir ça, vite ! » s'écria un des élèves en pointant du doigt le poste de télévision.

D'un geste vif, il saisit une télécommande posée sur le canapé qui soutenait son corps, et il pressa frénétiquement l'un de ses boutons afin d'augmenter le volume de l'appareil qui lui faisait face.
Ulrich et Odd, alertés comme la dizaine d'autres personnes présentes dans la pièce, relevèrent la tête de leurs livres puis se dirigèrent avec hâte vers la télévision qui retransmettait désormais la voix d'une des plus fameuses journalistes du moment. Cette dernière était assise sur son siège, face à la caméra et l'on pouvait percevoir dans son attitude un sentiment d'inquiétude étouffé tant bien que mal par le devoir d'informer que constituait son métier. Elle prit la parole :

-Nous interrompons votre programme pour vous faire parvenir un flash spécial d'informations. Il semblerait, d'après les dernières nouvelles que nous avons reçu, qu'à 13h47, heure française, soit il y a moins de cinq minutes, que la centrale nucléaire américaine Columbia ait subit un incident technique majeur ayant provoqué son explosion. Les autorités craignent une fuite massive de matériel radioactif dans l'atmosphère, susceptible de contaminer tout le pays. Cette catastrophe écologique et humanitaire est appuyée par la présence, pourtant exceptionnelle, de vents violents qui pourraient répandre en l'espace de quelques heures une quantité potentiellement mortelle de particules radioactives sur toute la côte ouest des États-Unis. Les images satellites qui viennent juste de nous parvenir révèlent la destruction totale de l'enceinte de confinement censé retenir le matériel radioactif. Le gouvernement a immédiatement lancé un plan d'urgence et s'attelle a réunir les moyens nécessaires à l'évacuation de toute la côte Ouest du pays. Une distribution de masques est déjà en cours et des postes de décontamination prévoient d'être déployés dans chaque grande ville située dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres autour de la centrale. En effet, selon les dernières nouvelles qui ne cessent de nous parvenir, il semblerait qu'une quantité incroyablement élevée de particules radioactives nocives aient été libérées dans l'air. Malheureusement, nous pouvons d'ores-et-déjà supposer que toute la population environnant la centrale sera exposée à une dose très importante de radiations, probablement mortelle à long terme selon nos experts. Un mouvement incontrôlé de panique se répand actuellement dans l'ensemble du pays. Les principales voies de circulations sont encombrées par les automobilistes en fuite, les aéroports ne sont plus en mesure de faire décoller le moindre appareil, les stations de métros sont bondées... Une catastrophe nucléaire de telle ampleur ne s'était encore jamais produite jusqu'à ce jour. Les États-Unis subissent actuellement une catastrophe bien supérieure à celle de Tchernobyl. Cet incident est classé huit sur l'échelle de XXXXXXXX, palier encore jamais atteint à ce jour. Notre équipe fait actuellement tout ce qui est en son pouvoir pour tenter d'obtenir le plus d'informations possibles sur cet événement aussi dramatique qu’inattendu. En attendant, nos experts scientifiques sont là pour répondre à toutes vos questions... ».

Un silence de mort se propagea dans la pièce. Tout le monde était abasourdi et choqué par ce qu'il venait d'apprendre. Il en était sûrement de même pour tous les personnes à travers le monde misent au courant de la terrible nouvelle. Jamais personne n'aurait pensé vivre un jour un tel événement, et pourtant, cela se déroulait en ce moment précis, sous leurs yeux, et face à cette situation, seule la panique semblait réussir à émerger des élèves heurtés.

Les longues secondes d'un silence funèbre furent suivies d'un long échange de regards effondrés entre les élèves, regards qui exprimaient d'eux-mêmes la violence du choc ressenti par tous les étudiants. Désormais, chacun cherchait le soutien de l'autre, la vue demeurant le seul moyen de communiquer sans utiliser leurs gorges nouées qui, étouffant chaque syllabe de chaque mot qu'ils voulaient prononcer, les privaient de la parole.

Odd et Ulrich, n'échappant pas à la stupéfaction générale, se fixèrent dans le blanc des yeux, tous deux redoutant de connaître la cause de cette catastrophe. Seul Ulrich parvint à prononcer faiblement un mot soutenu par la colère :

-X.A.N.A. ?

Ce fut la première phrase formulée dans la salle silencieuse. Il fallut encore quelques secondes au reste des élèves pour parvenir à exprimer leurs sentiments, toute cette horreur impensable exprimée fébrilement par les expressions « C'est incroyable ! » ou « Ce n'est pas possible ! », tous répétant à quelques mots près les mêmes idées, qui fourmillaient à présent à travers la pièce, rompant le calme qui avait suivi la terrible nouvelle.. Malgré tout, ces élocutions semblaient bien faible par rapport à l'émotion mêlée de peur et de pitié que chacun tentait d'exprimer.

Odd ne répondit pas à Ulrich, mais ce dernier, de nouveau possédé par son puissant sens de réaction, sortit son portable de sa poche et composa immédiatement le numéro de Jeremy :

-Allô, Ulrich ? » demanda Jeremy d'un ton naturel, montrant instantanément qu'il n'était pas au courant de ce qu'il se passait.

-Regarde les informations ! Vite ! » s'écria-t-il, alarmé et sans davantage d'explications.

Son interlocuteur comprit alors aussitôt que quelque chose de grave était en train de se produire. Il se hâta ainsi de consulter les informations télévisées depuis son ordinateur. Ulrich put ensuite percevoir la réaction de Jeremy qui se révéla être le même que tous les élèves du foyer : l'enchaînement d'un silence qui disait tout, et de mots pour ne rien dire :

-Mais, qu'est-ce que...Comment?

-Jeremy...Est-ce que c'est X.A.N.A. ?

-Non, je...euh... » bredouilla-t-il. « Je ne crois pas...Aelita n'a repérée aucune tour et les rapports du SuperCalculateur ne témoignent d'aucune activité anormale de tours. Je vais continuer à travailler là-dessus. Ne raccroche pas... ».

-J'espère que tu as raison...Dis, Jeremy : tous ces gens, que vont-ils devenir ?

-Apparemment, l'enceinte de confinement retenant toutes les particules radioactives dangereuses de la centrale a été détruite dans l'explosion...Les populations voisines seront exposés dans quelques instants à des doses trop importantes pour le corps humain. Des centaines de milliers de personnes risquent d'être contaminées par les radiations et condamnées à en subir les conséquences directes durant plusieurs années, avant de probablement en...en mourir...

-Il faut absolument utiliser le Retour vers le Passé ! On a le pouvoir de tout annuler, sauver toutes ces personnes !

-Oui, je sais mais...Le Retour vers le Passé n'empêchera pas la centrale d'exploser à nouveau.

-On pourrais essayer d'activer une tour pour arrêter la centrale avant l'accident ! Tu sais faire ça, non ? Aelita aussi !

-Oui, je vais voir ça, je suis déjà au travail...J'ai enfin le résultat de l'analyse de l'activité du SuperCalculateur : il y a bien une activité mais elle est très faible, et insuffisante pour pirater le réseau électrique d'une centrale aussi lointaine. De plus, elle est dispersée aux quatre coins du monde...Il s'agit probablement d'un flux numérique standard qui se connecte automatiquement au réseau électrique mondial, une fonctionnalité normale du SuperCalculateur...Le radar n'a détecté aucun robot virtualisé sur Lyoko...J'envoie Aelita en éclaireur.

-D'accord...d'accord...

Devant lui, un nouvel attroupement d'élève se regroupa devant le poste de télévision, où la journaliste semblait avoir de nouveaux détails à faire parvenir aux téléspectateurs.

-Jeremy, regarde ça...

La journaliste posa son index sur son oreillette, pour mieux entendre les informations qu'on lui transmettait. Après quelques secondes de silence, elle déclara, le visage ayant plus en plus de mal à faire concorder devoir professionnel et sentiment personnel :

-L'information n'est pas confirmée mais il semblerait qu'une nouvelle centrale vienne juste d'exploser elle aussi, à plusieurs centaines de kilomètres de la première...L'hypothèse terroriste n'est désormais plus négligée ! Plusieurs grandes villes sont sous le coup de...

Elle se tut. De nouveau, elle posa le doigt sur son oreillette. Cette fois, sa gorge se noua.

-Il...Des contacts nous font parvenir...des images satellites du Japon où...où deux centrales nucléaires ont également explosés...Ce n'est pas confirmé mais...Oh non...Trois centrales sont touchés en Russie....une autre en Grande-Bretagne...une troisième aux États-Unis...Je...C'est impossible...La France ne semble pas avoir été touchée. Je répète : la France n'est pas touchée !...Tous les pays détenteurs d'une technologie nucléaire ont ordonnés l'arrêt immédiat de leurs centrales. Surtout, ne paniquez pas, je...

Elle s'effondra, cachant sa tête entre ses deux mains, puis faisant signe au camera-man d'arrêter l'enregistrement.



* * *



-Jeremy ! Tu as vu ça?

Il ne répondit pas. Pendant ce temps là, l'élève qui tenait fermement la télécommande du poste de télévision s'affaira à changer de chaînes pour vérifier si ces dernières relataient les mêmes informations que la première. Soudainement, les images des présentateurs inquiets disparurent, pour être remplacés par un fond noir sur lequel était imprimé le logo de Lyoko. Plusieurs photos et vidéos défilèrent alors, chacune d'entre elles mettant en scène Ulrich, Odd, Yumi et Jeremy se rendant à l'usine. Juste à côté s'affichèrent les différentes pièces d'identités des quatre Lyoko Guerriers, ainsi que leurs adresses, celle de l'usine et celle de Kadic. Finalement, une phrase apparut sobrement au bas de l'écran : « Ils en sont responsables ».

Tous les élèves présents au foyer, incrédules, se retournèrent en direction d'Ulrich et Odd, avant de les dévisager avec incompréhension et suspicion.

-Ulrich, fonce à l'usine, dépêche-toi ! Ne laisse personne t'arrêter ! » s'écria Jeremy alarmé.

Attrapant Odd par le bras, ce dernier s'exclama :

-Viens, on y va !

Ils se mirent ainsi à coururent en direction de la sortie, bousculant un élève qui tentait de leur bloquer le passage. Ils s'enfuirent ensuite en direction du parc, où ils pénétrèrent rapidement dans les égouts. Sans dire un mot, ils poursuivirent ainsi leur ruée vers l'usine, qu'ils atteignirent finalement quelques minutes plus tard.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit sur le laboratoire, face à Jeremy qui, se tenant sur son siège, tapotait frénétiquement sur le clavier de l'interface.

-Jeremy, qu'est-ce qu'il se passe ? C'était quoi ça ? » s'indigna Ulrich.

-Vous devez plonger immédiatement. Il y a une tour activée quelque part sur Lyoko. On attend Yumi et vous y allez de suite.

-Attend ! Tu veux dire que X.A.N.A. est derrière tout ça ?

-Il nous a tendu un piège...Le système de gestions des tours est complètement bogué. Je pense que X.A.N.A. s'est servi du programme d'Aelita pour pénétrer le système et le crasher ! Selon les rapports, Lyoko transmet une activité numérique faible mais anormale depuis dix-sept jours. En ce laps de temps, il a très bien pu infiltrer toutes les centrales nucléaires qui ont explosées aujourd'hui. Et maintenant, ils cherchent à révéler notre identité au monde entier. Mais pourquoi ?

-...C'est pas vrai...

-Ne vous inquiétez pas : vous avez juste à désactiver la tour et je m'occupe de lancer un Retour vers le Passé. Tout rentrera dans l'ordre !

-Oui et après ? On attend qu'il réactive une tour et on continue à sa battre jusqu'à ce qu'on y passe ? Où en es tu avec la matérialisation d'Aelita ?

-Je suis en train de suivre une piste. Il faut que je recrée un corps réel dans lequel je pourrais placer sa conscience. C'est juste une question de temps !

-De temps ! Mais combien de temps ? Nous n'en avons plus ! X.A.N.A. va continuer à nous harceler jusqu'à ce qu'on arrive plus à le contrer, et là, ça sera la fin ! Désormais, il ne s'en prend plus exclusivement à nous, mais à l'humanité toute entière. On ne peut pas prendre le risque de laisser le SuperCalculateur allumé une seconde de plus !

-De toute façon Ulrich, on ne peut pas l'éteindre maintenant, sans avoir lancé un Retour vers le Passé.

La porte de l'ascenseur se rouvrit et Yumi en sortie , pressée et inquiète.

-Te voilà Yumi ! » s'exclama le jeune garçon. « Bon, vous plongez immédiatement ! On reprendra cette conversation quand tout sera rentré dans l'ordre. ».



* * *


-Je vous virtualise sur le territoire de la forêt. A partir de là, cherchez et trouvez cette maudite tour. Pendant ce temps là, je vais essayer de réinitialiser le système de gestions des tours. Bonne chance...

Jeremy reposa lentement sa tête au fond de son fauteuil. Il était inquiet. Il savait très bien qu'ils allaient réussir à désactiver la tour, avant de lancer un Retour vers la Passé, mais pourtant, quelque chose le tracassait : ils le forceraient sans doute à éteindre le SuperCalculateur. L'attaque qu'ils avaient vécu avait été trop violente et imprévisible, et Jeremy se doutait bien que ça allait créer des dissensions dans le groupe, surtout venant d'Ulrich. Il frappa violemment du poing l'accoudoir de son siège. Il était pour lui hors de question d'abandonner maintenant...pas après tout ce qu'ils avaient accompli. Plus le temps passait, plus son attachement à Aelita mûrissait et désormais, il n'envisageait même plus la possibilité de ne plus jamais la revoir. Il allait devoir agir, même si cela signifiait trahir ses amis. Il reposa ainsi les deux mains sur le clavier de l'interface et se mit au travail, tout à fait conscient de ce qu'il allait faire.


Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que la voix anxieuse de Odd vienne perturber la symphonie des touches du clavier pressés avec dextérité et empressement par Jeremy.

-Le territoire de la forêt est désert ! Il n'y a ni robots ni tours activées !

-Bien reçu » répondit calmement le jeune garçon qui s'était attendu à ce genre de nouvelle. « Rendez-vous à la tour du passage pour fouiller la banquise. D'ici là, ne me dérangez pas, je travaille. Je vous préviens si je vois quelque chose. ».

Il coupa sèchement la communication. Il était si proche du but et il ne devait pas se laisser déconcentrer. Son plan allait fonctionner, il en était convaincu. Il aurait ensuite tout le temps nécessaire pour s'occuper d'Aelita et la sauver.

Un bruit sourd, provenant des étages supérieurs, fit sursauté le jeune garçon. Pensant tout d'abord à un élément métallique du plafond qui se serait décroché brutalement, il se rendit vite compte qu'il s'agissait d'autre chose. En effet, le fameux bruit ne semblait pas vouloir s'arrêter, mais continuait de retentir de façon extrêmement régulière et toujours aussi assourdissante. Cela ressemblait plutôt à des bruits de pas qui résonnaient avec force dans tout l'usine, faisant vibrer énergiquement les murs de l'édifice.

Jeremy se hâta de se connecter aux caméras de vidéo-surveillance des étages supérieurs. Il vérifia d'abord le rez-de-chaussée, mais ne vit rien de particulier si ce n'est le tremblement incessant de l'appareil. Il inspecta ensuite la salle de fabrications des composants électroniques et c'est là qu'il remarqua quelque chose d'étrange : les bras mécaniques qui géraient l'assemblage des éléments avaient changés de position par rapport à la dernière fois qu'il était venu, alors que les tapis roulants qui étaient étrangement en mouvement, transportaient de dizaines de petites pièces métalliques d'un bout à l'autre de la pièce. Il vit alors une ombre de plusieurs mètres de hauteur s'éloigner lentement de toute cette agitation. Jeremy fit pivoter la caméra à partir de l'interface et il cru halluciner quand il se rendit compte qu'une énorme masse métallique traversait la pièce en direction du rez-de-chaussée.

-Un robot... » parvint-il à lâcher, complètement abasourdi.

En effet, cette imposant androïde était composé de deux membres inférieurs, constitués par des barres métalliques autour desquelles s'enroulaient des dizaines de fils électriques de différentes couleurs qui, reliés à trois autres épaisses tiges en acier, semblaient permettre au cyborg de se déplacer. Il en était de même pour un de ses deux membres supérieurs, le gauche, qui ressemblait étrangement à un bras, alors que le second était constitué d'une sorte de tuyau long et fin dans lequel était aménagé des dizaines de petites engrenages et de ressorts, reliés à un petit bac contenant un nombre considérable de rivets, de clous et de vis empilés les uns sur les autres. Tous cet ensemble de membres était relié à un buste solide et imposant, visiblement constitué d'un assemblage de processeurs et de cartes-mère encerclé et protégé par une épaisse coque d'acier. Enfin, le tout était surplombé par une armature métallique sur lequel venaient se greffer des dizaines d'éléments de différentes caméras de vidéo-surveillance, dont une mince lentille rouge qui scannait la moindre parcelle de la pièce.



* * *



Le robot se dirigeait à présent en direction du monte-charge du rez-de-chaussée. Malgré la lenteur de ses mouvements, la détermination semblait être le maître mot du programme qui servait à le contrôler. Si il avait été conçu par X.A.N.A., c'était sûrement pour se débarrasser de Jeremy, et ce dernier le savait. Paralysé par la peur, cette étreinte étouffante et irrépressible, il ne sut que faire pendant quelques instants, fixant du regard l'énorme masse robotique qui s'approchait de plus en plus.

Il posa brutalement son front entre ses deux mains.

-Qu'est-ce que je dois faire...qu'est-ce que je dois faire...qu'est-ce que je dois faire ? » répéta-t-il inlassablement en chuchotant, comme si l'écho de sa voix dans son esprit lui permettrait de trouver la solution.

Il releva alors la tête triomphalement, avant de s'écrier :

-Oui, c'est ça !

Il posa alors les deux mains sur le clavier de l'interface et se mit à l’œuvre aussi vite qu'il le pouvait.

L'être de métal se tenait désormais devant la porte verrouillée du monte-charge de l'usine. D'un geste lent et saccadé, il brandit son bras mécanique au son du crissement des engrenages rouillés qui le composaient. Il tendit alors un de ses trois doigts métalliques au niveau de l'interrupteur, et l'étira à plusieurs reprises jusqu'à atteindre complètement le petit bouton rouge. L'ascenseur remonta mais la porte resta close.

-Aelita ! J'ai un énorme problème ici au labo ! » s'écria le jeune garçon. « Il faut que vous trouviez rapidement cette tour. J'ai réussi à gagner un peu de temps, mais je ne sais pas s'il m'en reste beaucoup ! ».

-Bien reçu, Jeremy ! On va faire au plus vite ! Mais...que t'arrive-t-il ?

-Je...Non, rien. Je peux gérer ça tout seul, ne t'inquiète pas. Tâchez juste de ne pas traîner en chemin.

Le jeune garçon ne pouvait pas se permettre de semer la panique. La situation était déjà assez critique comme ça, et ça aurait été le meilleur moyen de perdre l'assurance de ses frères d'armes. Pour l'instant, ils ne devaient rien savoir.

-Tu es sûr ?

-Oui, je...

Un bruit sourd et violent interrompit Jeremy. Rapidement, ce dernier reporta alors toute son attention sur la vidéo-surveillance du rez-de-chaussée de l'usine. Là, le robot avait inséré ses doigts métalliques dans la fente séparant les deux pans de la porte du monte-charge, et commençait, dans un vacarme assourdissant, à les écarter de plus en plus pour se frayer un chemin. Malgré toute la force colossale déployée par le robot, le loquet qui condamnait l'ascenseur ne céda pas. C'est alors que, contre toute attente, un virulent éclair électrique bleu émergea du corps de l'assaillant, se propagea tout le long de son bras, puis pénétra le robuste mécanisme de la porte, qui se déverrouilla aussitôt suite à la puissante impulsion électromagnétique qu'il venait de recevoir. Le robot n'eut alors plus qu'à forcer légèrement la fermeture fébrile, avant de s'enfoncer dans la cage métallique. Là, il se retourna en direction du bouton intérieur, ôta le capuchon qui le protégeait et achemina une nouvelle impulsion électrique qui fit fondre la plupart des circuits du mécanisme, mais qui mit l'ascenseur en mouvement.

-Aelita, il faut que je te laisse ! Trouvez cette tour au plus vite !

Il interrompit la communication et rechercha sur son interface, durant le laps de temps qui lui restait avant l'arrivée du robot, les photos de lui qu'il avait récupéré dans la tour précédemment utilisée par X.A.N.A. pour les espionner.
-Ce robot a forcément pour cible ceux présents sur ces photos. » pensa-t-il.

Il manipula l'interface quelques instants, avant de bondir de son siège en entendant l'ascenseur arriver à son étage.



* * *



La porte du laboratoire s'ouvrit, dévoilant aux yeux de Jeremy le monstre de métal. Ce dernier scruta rapidement la salle, en faisant pivoter la caméra qui lui servait de regard. Il identifia le jeune garçon, au centre de la salle. Presque instinctivement, il tendit son bras droit dans sa direction, généra un puissant champ électromagnétique dans le tuyau composait son membre, ce qui eut pour effet d'aimanter un rivet jusqu'à ce dernier. Là, un formidable mécanisme d'engrenages libérèrent un puissant ressort qui projeta le rivet hors de son bras droit à une vitesse impressionnante. Le petit projectile traversa alors la pièce et vint transpercer en plein cœur sa cible, qui demeura immobile malgré l'importance du choc. Le rivet traversa le jeune garçon, créant un trou a peine plus large que sa largeur, puis s'écrasa contre le mur derrière lui, avant de rebondir et de tomber à terre. La cible demeura toujours immobile : mis à part le trou qui lui avait été causé, Jeremy n'avait pas bougé, son expression du visage était restée la même, aucun clignement de cil ne s'était produit. Par ailleurs, en l'espace de quelques secondes, le trou fait dans son corps s'était refermé, et sa morphologie s'était reconstituée.

Le robot aimanta une nouvelle salve de projectiles dans son tuyau, puisant ses munitions dans le petit bac présent à l'extension de son bras. Il fit feu et trois clous traversèrent à nouveau la salle, transpercèrent le jeune garçon puis finirent leur course folle contre le mur. Une nouvelle fois, le corps du jeune garçon se reconstitua. Le robot s'approcha alors de sa cible. A chaque pas qu'il faisait, il tirait un projectile, pour tenter d'atteindre sa cible, mais le même phénomène étrange se déroulait à chaque fois. Une fois à un mètre seulement du jeune garçon, il tendit son bras gauche, comme pour l'attraper. Mais lorsqu'il voulut le saisir, ses doigts se resserrèrent sur du vide.

Jeremy vit l'imposant robot entrer dans le laboratoire et s'acharner sur l'hologramme qu'il avait crée à son image à partir de sa photo. Caché dans l'obscurité d'un coin de la pièce, il profita de l'avancée du robot vers sa diversion pour pénétrer discrètement dans le monte-charge. Cependant, lorsqu'il voulut presser le bouton pour échapper à son ennemi, son regard se figea, et il fut paralysée par la peur. Le bouton, seul issue possible à la situation dans laquelle il se trouvait, n'était plus qu'un vestige de circuits électriques fondus, complètement inutilisables. Il jeta alors un œil sur le robot qui, à présent, le recherchait activement en scrutant la moindre parcelle de la pièce. Pris au dépourvu, le jeune garçon s'accroupit dans un des coins de l’ascenseur, réfléchissant à une solution et redoutant le moment où le robot le verrai.

La douce voix d'Aelita brisa ce moment de stupeur :

-Jeremy ? Jeremy, tu me reçois ?

Il ne fallut que quelques secondes au robot pour découvrir la source du bruit, l'oreillette de l'interface. Il se retourna alors et tira un projectile droit sur l'appareil, qui fut détruit sur le coup. Le projectile lancé continua sa route jusqu'au mur latéral de la cachette de Jeremy, faisant irrémédiablement sursauté ce dernier. Ce bruit infime fut cependant suffisant pour attirer l'attention du robot, qui se dirigea alors à vive allure dans sa direction. Ne sachant que faire, le jeune garçon ne. bougea pas, attendant son funeste sort si jamais il était découvert. Et c'est malheureusement pour lui ce qu'il se passa lorsque le robot pointa sa caméra dans le monte-charge. Il tendit alors son arme effrayante sur la tête du garçon apeuré, mais il n'en fit pas davantage : tenant sa cible à sa merci, il attendit. Pendant plusieurs secondes, il ne fit rien, se contentant d'observer Jeremy, comme observant sa proie affaiblie et attendant le moment opportun pour avoir raison de lui. Le jeune garçon espéra alors échapper à son chasseur, en se jetant sur lui, mais au moment où il se releva, le robot agrippa violemment ses vêtements et le souleva hors du sol. Il se rapprocha ensuite du bouton et comme précédemment, envoya une décharge électrique pour mettre le monte-charge en mouvement. L'ascension qui s'en suivit fut un moment éprouvant pour Jeremy. Soulevé à plusieurs mètres du sol, les deux ennemis se soutinrent le regard, l'Homme et la Machine s'affrontant dans un duel psychologique.

Le monte-charge parvint finalement au rez-de-chaussée. La porte s'ouvrit mais le robot resta immobile. Jeremy se débattit alors de toutes ses forces pour échapper à l'étreinte du robot, mais sa force était telle que tous ses efforts se révélèrent vains.

-Qu'est-ce que tu me veux ? » hurla-t-il.

Il n'eut, comme il s'y était attendu, aucune réponse. Cependant, un puissant bruit de moteur résonna dans tout le hall de l'usine. Tenant sa proie entre ses doigts, il sortie de la cage d'ascenseur et se positionna devant. Là, il lâcha enfin le jeune garçon sur le sol, mais ce dernier n'eut à peine le temps de se mettre debout pour courir qu'il remarqua quelque chose d'anormal. Trois fourgons blindés noirs étaient en train de contourner le premier étage de l'usine pour atteindre le tremplin qui leur permettait de descendre à l'étage inférieur. Ils arrivèrent ainsi à pleine vitesse juste devant Jeremy, puis s’arrêtèrent en trombe, dans la désagréable symphonie du crissement des pneus. Sur chacun d'entre eux, était dessiné un aigle et un sigle : « R.O.M.A. ».

Une dizaine d'hommes en noirs lourdement armés sortirent des véhicules et s'accroupirent en position de tir devant le robot, l'arme à l'épaule. Le plus vieux d'entre eux s'approcha davantage, l'allure fière et déterminé, désireux de vengeance. Cet homme, Jeremy le reconnut. Il avait déjà vu son air froid, sa peau ridée et scabreuse, son regard perçant. Il l'avait déjà vu, il en était persuadé. Et dans un souffle haletant, il s'écria ::

-Général Lear !

Un des soldats prit rapidement la parole, face à la monstruosité du robot qui semblait le narguer :

-Général ! Que fait-on ?

Après un moment de défiance face à son ennemi, il répondit :

-Faites feu !

19 re le Dim 4 Déc 2011 - 21:25

Skorpark


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Une super suite que j'attendais depuis longtemps, je me demande si le robot sera encore en vie ou détruit.

Elrohir

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Bonjour Scifier.

Sur la première page de ton topic, il y a 4 ou 5 message d'affilé venant de toi, ce qui n'est pas toléré ici. Mais cependant je ne vais pas fusionné, mais je vais te proposé l'idée de Zoddo. Es ce que ça te dirais que l'on mettre ta fic dans un format .PDF (1 pdf par chapitre) pour tout regroupé sur un seul message. (les liens de téléchargement sur le 1er message si tu préfère)
Ceci est une proposition bien sur, tu a le droit de refusé, dans ce cas je fusionnerais tes messages en classant un chapitre par box spoiler bien sûr.

Que décide tu ?

Par ailleurs, je remet ce topic en "normal" vu qu'il a que 2 pages.


Scifier

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Salut !

Je préférerais que tu fusionne les messages. En effet, le problème avec les PDFs, c'est qu'on a pas un coup d'oeil du premier coup, ce qui peut rebuter certaines personnes.

Merci d'avance, et bonnes fêtes de fin d'années (un peu en avance, certes =)

Zoddo

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Après, tu peux le mettre sur ton message et en supplément, en PDF par un lien (de plus, CLF.Org à acquis un serveur flambant neuf où si tu le souhaite, tu pourra héberger par FTP tes fichiers PDF Wink)


_________________

Merci à Apolyon pour ce magnifique pack !

Elrohir

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Salut scifier,

Pour la fusion, j'ai fusionné ce que j'ai pus, car les message été trop long pour ce qui est autorisé dans 1 seul message.

Voila, Bonne continuation.

Zoddo

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Salut,
On en est ton projet ?


_________________

Merci à Apolyon pour ce magnifique pack !

Nat231

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Le membre ne s'est plus connecté depuis le 12 février. Le mieux serait peut-être de lui envoyé un e-mail pour lui demandé. Il a peut être oublié a cause d'un soucis quelconque.

Sinon c'est vrai que sa fic est superbe.



Dernière édition par Nat231 le Jeu 8 Mar 2012 - 17:28, édité 1 fois

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