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[Saison 5] Lyoko Project : Réalité Virtuelle

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Rappel du premier message :

Bonjour à tous !

Comme vous l'avez sans doute remarqué, la série Code Lyoko possède le petit défaut de se finir sans répondre à toutes les questions que l'on se pose, par exemple :

-Qui est X.A.N.A et comment a-t-il acquis sa conscience ?
-Comment le retour vers le passé et la virtualisation peuvent être possibles ?
-Comment et pourquoi Lyoko a-t-il été construit ?
-Qu'est-il arrivé à Aelita avant sa première virtualisation ?
-Etc

C'est à toutes ces questions auxquelles je vais m'attaquer dans ma FanFic "Project Lyoko : Réalité Virtuelle", en proposant une explication à TOUS les phénomènes inexpliquées de la série.

ATTENTION : pour faire cela et afin d'apporter un peu plus de réalisme, j'ai décidé de modifier légèrement l'histoire et l'intrigue. Ainsi, mon premier chapitre prend racine durant les évènements de l'épisode "Le réveil de XANA", et ma fanfic va prendre fin dans les évènements du début de la saison 2, en offrant un parcours et une fin sensiblement différente de la série, mais en conservant tout de même son esprit.

Ainsi, à PARTIR DU CHAPITRE 5, L'INTRIGUE DEVIENT 100% DIFFERENTE, et avant, elle dévie légèrement en ajoutant plus de détails FONDAMENTAUX pour la suite de ma fanfic.

Si tout va bien, elle devrait, si j'ai des lecteurs, faire plus de 200 pages Word, soit 15 chapitres environs.

Une dernière chose : SVP, ne me jugez pas uniquement sur le 1er chapitre, car il est vrai que ça doit être le plus maladroit et le moins intéressant, mais il était nécessaire pour poser les bases de ma fic.
Lisez donc les deux chapitres suivants avant de critiquer. Enfin, je le répète, les NOUVEAUX évènements commencent chap 5, et dans les précédents chapitres, je précise des choses et j'ajoute BEAUCOUP de surprises inédites.

Bonne lecture et n'oubliez pas de postez vos critiques sur ce post pour savoir si je dois continuer, et si ça vous intéresse.

Chapitres disponibles en téléchargement ci-dessous OU directement sur ce forum.

Chapitre 1:

à télécharger ici : dl.free.fr/kVIeXtZdR

LYOKO PROJECT


Chapitre 1 : Réveil


«Journal vidéo de Jeremy Belpois :

Bonjour, je m’appelle Jeremy Belpois. J’ai quinze ans et je suis, à l’heure où j’écris, élève de seconde au Collège Kadic, non loin d’ici.

Si je débute aujourd’hui ce journal vidéo, c’est qu’il y a un peu plus d’un mois, j’ai découvert une invention qui allait à tout jamais changer ma vision de notre monde, de la réalité…Une invention permettant d’exaucer les rêves les plus fous de l’Homme, de subvenir à tous ses besoins, à tous ses désirs et de se rendre maître de la Réalité…

Mais comme toujours, celui-ci, gouverné par son orgueil et sa soif insatiable de domination, n’a pu s’empêcher de l’utiliser à des fins néfastes, réduisant à néant l’espoir d’un monde parfait.

Désormais, je sais que chaque jour qui passe pourrait voir cette invention mettre fin à l’humanité et à toutes les espèces vivant sur ce monde, mais malgré tout, je dois prendre ce risque pour elle, pour la sauver, pour lui rendre la vie qu’on lui à volée car elle est bien plus importante que tout les êtres présents sur cette terre : elle est le lien entre deux mondes, elle est celle qui apportera la rédemption à l’humanité, et c’est la seule qui est en mesure de réparer les erreurs commises par le passé.

Ainsi, si vous êtes en possession de ce journal, cela signifie que je suis…qu’il m’est arrivé quelque chose de grave. Alors, écoutez-moi bien : vous devez absolument éteindre le SuperCalculateur ! Pour cela, suivez les instructions que je vais vous transmettre.

Une fois que vous l’aurez trouvé, ne vous posez pas de questions, ETEIGNEZ-LE sur-le-champ. Si X.A.N.A à réussi à m’avoir, il ne lui faudra pas longtemps pour s’en prendre à l’humanité tout entière. N’attendez pas, sinon il sera trop tard… Mais tout d'abord, laissez-moi vous racontez mon incroyable histoire. »



Jeremy Belpois contemplait l’imposant bâtiment qui lui faisait face. Il estima rapidement la hauteur de l’édifice, une dizaine de mètres selon lui, puis la largeur, d’une centaine de mètres. La connaissance de l’environnement dans lequel il évoluait avait toujours été un moyen de se rassurer face à l’inconnu. En effet, il avait toujours ressenti le besoin de comprendre et de donner des explications à ce qui l’entourait. Il inspecta de long en large la façade : les murs avaient été tagués en de multiples endroits, probablement par certains adolescents voulant s’approprier l’espace et la tranquillité de ce lieu. Jeremy avait entendu dire que ce bâtiment, abandonné par ses propriétaires sept ans auparavant, avait autrefois servi d’usine de production et d’assemblage de matériel informatique.

Jeremy s’engagea sur le vaste pont reliant la terre ferme au petit îlot sur lequel avait été construit l’usine. Il soupçonnait qu’elle avait été érigée en ce lieu insolite pour que ces propriétaires puissent filtrer les entrées et les sorties du bâtiment, le pont étant l’unique voie d’accès à celui-ci. En effet, le matériel fabriqué ici devait être particulièrement rare et précieux, et c’est exactement ce que le jeune garçon aux cheveux blonds comptait y trouver : des composants assez sophistiqués pour qu’ils puissent les greffer sur des petits robots dont il avait commencé la fabrication, afin de pouvoir les programmer et les contrôler à distance. Il fit quelques pas en avant, tout d’abord avec une assurance affirmée puis il ralentit sa cadence au fur et à mesure qu’il progressait, pour s’arrêter totalement au milieu du pont. Il hésita de nouveau à pénétrer dans ce lieu étrange, se demandant ce qu’il pourrait y trouver. En effet, l'endroit pouvait être dangereux et mal fréquenté. Une nouvelle fois, il examina scrupuleusement la structure, comme pour y détecter la présence d’un quelconque danger, ou même, d’une activité humaine pouvant le dissuader d’y rentrer.

Maintenant qu’il n'était plus qu'à quelques mètres seulement de l’entrée, l’édifice semblait encore plus impressionnant, et les murs, hauts et épais, mais surtout gris et ternes, faisaient un parfait contraste avec les cheveux éclatants et bouclés de Jeremy.

Son esprit scientifique le poussait à se convaincre qu’il n’y avait strictement aucun danger ni aucune raison de rebrousser chemin. Par conséquent, après avoir remis sa paire de lunettes dans une position confortable et avoir pris une grande inspiration, il reprit la marche, en posant calmement mais sûrement, un pied après l’autre. La découverte de l’inconnu était pour lui une source de fascination, mais aussi de stress, qu’il sentait monter en lui à chaque mètre qu'il parcourait. Il arriva finalement à l’extrémité du pont, qui débouchait sur une large entrée sur laquelle Jeremy remarqua les vestiges d’une porte coulissante violemment arrachée, et qui avait dû finir sa vie dans les eaux environnants le petit îlot. Ignorant son angoisse, il s’approcha prudemment de l’entrée et découvrit pour la première fois l’intérieur du mystérieux bâtiment : il se trouvait à un étage au-dessus du rez-de-chaussée qu’il apercevait une dizaine de mètres plus bas et d’où émergeait deux rangées de piliers strictement parallèles et destinées à soutenir la large toiture. Celle-ci alimentait la pièce de quelques rayons de soleil par l’intermédiaire de deux rangées de fenêtres recouvertes de poussière et se prolongeant jusqu’à l’extrémité de la salle, qu’il avait d'ailleurs du mal à discerner de sa position. La pièce demeurait, malgré les ouvertures dans le toit, relativement obscure, notamment à cause du soleil qui commençait à sa coucher, et pour pallier ce manque de lumière, il saisit le sac à dos qu’il avait apporté avec lui et en extirpa une lampe de poche qu’il s’empressa d’allumer.



Devant lui, trois cordes pendaient, solidement attachées à une barre métallique traversant la salle de long en large pour soutenir les murs. En observant jusqu’où elles descendaient, il en déduisit facilement qu’elles avaient servies à ceux qui les avaient mises là à descendre jusqu’au rez-de-chaussé, sans avoir à faire tout le tour de l'étage à la recherche d’un escalier. Prenant son courage à deux mains, il s’approcha de l’une d’entre elles, la saisit, puis se laissa glisser lentement le long de la corde pour atteindre le sol quelques secondes plus tard. Il remit alors ses habits, froissés par le frottement avec la corde, bien en place et scruta les environs. Hormis quelques débris et d’importants amas de poussières, rien ne retint son attention, jusqu’à ce qu’il remarque un peu plus loin un monte-charge disposé un peu plus en avant à sa droite. Il s’approcha et pénétra dans l’ascenseur. Bien que vieux de plusieurs années, il semblait en parfait état de marche. Il pressa donc le bouton orné d’une flèche pointant vers le bas mais rien ne se passa. Il réessaya plusieurs fois mais le mécanisme refusa de s’enclencher. Jeremy mis ce dysfonctionnement sur le compte d’un manque de courant circulant dans le monte-charge. En effet, l’usine ayant été abandonné il y a avait bien des années, l’alimentation en d’électricité avait du être interrompu longtemps auparavant. Il sortit de l’ascenseur et poursuivit sa progression dans la grande salle. Au loin, il aperçut une porte métallique complètement refermée. Il s’en approcha et tira dessus de toute ses forces pour tenter de la faire bouger et de libérer un passage. Non sans difficultés, il réussit à faire céder la porte qui coulissa dans un grincement qui fit frissonner Jeremy. Ce dernier pu alors découvrir un étroit couloir qui s'enfonçait dans la pénombre et dans lequel il s'engouffra.

Au bout de ce couloir se trouvait un escalier qu’il emprunta rapidement. Il sentait qu’il allait bientôt toucher au but. Il arriva dans une nouvelle salle, plus petite que la première dans laquelle était installés plusieurs tapis roulants, surplombés par des bras mécaniques censés assurer, entre autres, la soudure de composants électroniques fabriqués dans l’usine. Cependant, il n’en aperçut qu’un seul : une carte mère brisées en plusieurs morceaux sur le sol. Il supposa que le reste avait été emporté par des pillards qui avait l’intention de les revendre à prix d’or sur le marché. Afin de mieux l’observer, il en saisit une partie dans ces mains, et l’examina méticuleusement. Il n’avait jamais rien vu de pareil : la carte mère était elle-même composée d’une multitude de micro composants étranges qui lui étaient complètement inconnus malgré sa passion pour l’informatique et la microélectronique. Intrigué au plus haut point et heureux de cette découverte, il ramassa les autres débris et les déposa dans son sac. Plus déterminé que jamais à explorer le reste de l’usine, il progressa à nouveau dans un autre couloir qui débouchait sur de nombreux bureaux, complètements pillés et saccagés. En effet, le sol était recouvert de papiers laissés à l’abandon par les pillards cherchant sans doute des documents pour lesquels certaines personnes n’auraient pas hésité à dépenser des sommes colossales pour en faire l’acquisition.



Il poursuivit son chemin et arriva dans une autre salle, vide cette fois, où il aperçut le sommet d’une échelle s’enfonçant dans le sol. Il tenta de découvrir où elle menait en portant son regard vers le bas de cette dernière mais le manque de lumière et sa longueur conséquente l’empêchaient de distinguer quoi que ce soit. N’ayant d’autres choix que de descendre l’échelle pour continuer d’avancer, il attrapa le premier barreau de sa main gauche et posa son pied droit sur le deuxième. Une fois sur ses prises, il quitta le sol pour ne plus que se maintenir à l’échelle et amorça sa descente, la lampe de poche serré avec force entre le barreau et sa main droite, éclairant juste ce qu’il fallait pour entrevoir les barreaux inférieurs. Après plusieurs minutes de descente méthodique et calme, il finit, à son grand soulagement, par poser un pied sur le sol. Il lâcha alors l’échelle et se retourna pour observer ce pour quoi il avait fait une telle descente. La pièce était plongée dans la pénombre, ce qui fit réalisé à Jeremy qu'il se trouvait actuellement plusieurs mètres en-dessous du sol.


Il orienta le faisceau de sa lampe un peu partout dans la salle pour se faire une idée de sa forme et des éléments qui la composaient, et il réussit à distinguer trois formes cylindriques de plusieurs mètres de hauteurs placées chacune à la même distance les uns des autres. Intrigué, il chercha tout d’abord en longeant le mur un interrupteur pour réussir à éclairer la salle tout en sachant que même s’il le trouvait, il n’y aurait probablement pas de courant pour apporter de la lumière. Néanmoins, il continua à chercher et tomba, au bout de quelques tâtonnements, sur un bouton incrusté dans le mur. Un peu sceptique, il enfonça le bouton et contre toutes attentes, la salle s’éclaira après les quelques scintillements de néons accrochés au plafond. Jeremy pu alors contempler la salle qui, baignée par la lumière artificielle se reflétant sur les cylindres dorés aperçus précédemment, sembla briller de milles feux. Il posa son regard sur les étranges installations d’où partaient une multitude d’énormes câbles, dont ceux à la base, qui venaient s’enfoncer dans le sol, et ceux, au sommet qui, au contraire, s’engouffraient dans le plafond plutôt bas de la pièce.

Jeremy n’avais pas la moindre petite idée de ce à quoi ces énormes cylindres pouvaient servir, et par conséquent, il s’en approcha pour regarder à l’intérieur. Ces derniers étaient creux et leurs parois internes étaient composées de divers plaques métalliques dissimulant ce sur quoi elles étaient posés. Le jeune garçon émis l’hypothèse que ces cylindres devaient servir à fournir un champ électrique de très ampleur, mais il eut beau chercher à quel usage ils étaient destinés, il ne parvint à trouver. Malgré tout, il savait déjà qu’il avait découvert quelque chose d’extraordinaire.

Au-delà des cylindres, tout au fond de la salle, se trouvait une immense porte blindée, totalement grise, mis à part quatre bandes striées en jaune et noir qui en faisaient le tour, et un verrou circulaire central doré qui servait à la verrouiller. Bien décidé à en découvrir plus sur les étranges installations de l'usine, il s'en approcha pour trouver un moyen de l'ouvrir. Ainsi, il remarqua, juste à côté de celle-ci, une console tactile qu'il devina contrôler les mouvements de la porte. Il posa alors l'index sur l'appareil en veille depuis de nombreuses années pour le rallumer. Après quelques brèves secondes, l'écran s'illumina et laissa apparaître en son centre une simple question : « Déverrouiller le monte-charge ? » , ainsi que deux propositions de réponse : « Oui » ou « Non ». Sans hésité, il pressa la réponse affirmative, et aussitôt, il sentit des vibrations provenant des étages supérieurs et qui se propagèrent dans les murs tout en les faisant trembler. Peu après, il commença à entendre les frottements des longs câbles de l’ascenseur qui se déroulaient pour faire descendre ce dernier. En attendant son arrivée, il manœuvra la console pour essayer de déterminer sa position et il découvrit alors qu'il se trouvait deux étages en dessous du rez-de-chaussée.


Une fois l'ascenseur totalement arrêté, le jeune adolescent vit la mise en route d'un nouveau mécanisme, cette fois-ci juste en face de lui. En effet, la porte blindée commença à se mettre en mouvement dans un grondement détonnant. L'énorme rouage centrale, qui verrouillait la porte, se mit à pivoter sur lui même d'un quart de tour, libérant deux loquets encastrés dans ce dernier, qui se séparèrent alors. Ces derniers, qui une fois désunis permettaient la mobilité de la porte, provoquèrent la division de cette dernière en deux pans qui coulissèrent chacun d'un côté d'une manière parfaitement symétrique et vinrent s'enfoncer dans les deux murs latéraux. Ce mouvement vif et spectaculaire engendra l'arrivée d'un courant d'air froid qui projeta, par sa puissance, les cheveux de Jeremy vers l'arrière. Les demi-porte une fois totalement ouverte, Jeremy pu retrouver l'ascenseur du rez-de-chaussée.



Une nouvelle fois, le jeune garçon était impressionné. Un tel mécanisme de protection signifiait forcément que l'usine avait quelque chose à défendre ou à cacher et il savait qu'il allait découvrir ce que c'était sous peu. Ainsi, il pénétra dans l'ascenseur et décidé de s'enfoncer dans les profondeurs du bâtiment pour y trouver le fameux secret qu'il recelait. Il appuya donc sur le bouton destiné à descendre d'un niveau et vit l'éclairage du monte-charge s'allumer ainsi que la porte métallique de ce dernier s’affaisser verticalement pour le refermer complètement. Il commença alors à descendre à une allure plutôt rapide et il s'arrêta, quelques secondes plus tard, à l'étage inférieur. La porte de l’ascenseur se releva puis Jeremy pu admirer encore une fois l'ouverture de la porte blindée libérant l’accès à une nouvelle salle dont la clarté éblouit ses yeux, jusque là habitués à une luminosité plutôt faible. Il lui fallut quelques secondes pour qu'il arrive à discerner le contenu de la pièce : cette dernière, relativement petite, était cernée par quatre murs blancs réfléchissant intensément la lumière des néons situés au plafond. Malgré tout, elle semblait vide, mis à part la présence d'un socle circulaire d'environ un mètre de hauteur et deux de diamètre, en son centre.











Intrigué, Jeremy s'approcha. Sous ses pieds, le sol, composé d'une épaisse et solide verrière transparente, laissait entrevoir plusieurs centaines de câbles qui circulaient sous la structure et parmi lesquels il reconnut ceux reliés aux mystérieux cylindres de l'étage précédent. Sur le socle apparaissait seulement un étrange symbole, ressemblant vaguement à un œil, ainsi qui petit bouton rouge situé juste à se droite et sur lequel Jeremy s'empressa d'appuyer.



Immédiatement, la partie du socle contenant le symbole s'enfonça dans la structure puis se divisa en deux, chaque moitié disparaissant à l'intérieur de socle et laissant apparaître un levier. Jeremy posa alors délicatement sa main dessus, l'empoigna, mais attendit quelques instants, semblant hésiter et réfléchissant aux conséquences que l'abaissement de ce levier. A chaque seconde qui s'écoulait, la tentation devenait de plus en plus forte...Que dissimulait ce socle, demeure inactivé depuis de très longues années ? Et c'est ainsi que pour la première fois depuis son arrivée, il s'exprima à haute voix :

-J'espère que je ne vais pas le regretter !

D'un geste sec, il abaissa le levier. Tout d'un coup, des vibrations émanèrent du socle. Jeremy fit quelques pas en arrière et il s'aperçut alors que l'énorme structure commençait à s'élever en émergeant du sol. Au fur et à mesure de l'apparition de sa face cachée, il pu découvrir tout un assemblage de cartes-mère insérés dans cet énorme cylindre, et sur lesquelles étaient implantées de nombreux composants, dont de minuscules micro-processeurs. Par ailleurs, elles étaient accompagnées par des centaines de voyants lumineux, la plupart de couleur verte, indiquant le bon fonctionnement du dispositif.

La structure continua d'émerger jusqu'à une hauteur de trois mètres environ, dévoilant une inscription en gros caractères, tout en bas de la machine : SuperCalculateur 2.0. Tout de suite après, un nouveau bruit se fit entendre, celui d'une multitude de ventilateurs massifs tournoyant simultanément et constituant le système de refroidissement du SuperCalculateur qui devait, à cause du nombre excessivement important de ces composants, produire une chaleur considérable.
Jeremy n'en revenait pas : la puissance et la vitesse de calcul de cet ordinateur géant devaient être incroyablement élevées et bien supérieur à tout ce qu'il aurait cru possible à son époque. Afin de vérifier cette impression, il rechercha tout autour du SuperCalculateur l'interface qui lui permettrait d'interagir avec l'impressionnante machine, mais ses recherches furent vaines, et il en déduisit donc que celle ci devait se trouver dans une autre salle, à un autre étage. Il revint donc à l'ascenseur et monta de deux niveaux, à un étage alors inexploré. Là encore, la pièce était protégé par une porte blindée, qui ne tarda pas à s'ouvrir alors que Jeremy accumulait l'excitation de toutes ses découvertes.

Cette fois-ci, il découvrit, comme il l'avait espéré, une nouvelle salle, plus sombre, mais contenant un ordinateur qui pouvait servir d'interface. Toujours plus enthousiaste, il s'avança pour inspecter le contenu de la pièce. Au centre de la salle se trouvait un dôme creux de deux mètres de diamètre et au fond duquel étaient branchés des milliers de petites diodes ainsi qu'un grand spot lumineux. Des câbles surgissaient des quatre coins des murs gris et sombres et reliaient de même dôme en longeant le sol. Jeremy s'attarda sur l'ébauche d'ordinateur juxtaposé au dôme central : il était en fait composé d'un grand écran central relié à trois autres écrans périphériques et à un clavier, le tout maintenu en suspension grâce à un bras mécanique émergeant du plafond et protégeant les câbles nécessaires à l'alimentation en électricité et à la connexion au SuperCalculateur. Juste devant, un grand fauteuil en équilibre sur un seul pied était enfoncé dans un rail qui faisait le tour de la salle et qui permettait la rotation du siège autour du dôme central. La présence d'une telle technologie dans cette usine indiquait les activités extraordinaires qui avaient dû s'y dérouler.

Jeremy s'installa confortablement dans le fauteuil, se reposant un instant les bras posés sur les accoudoirs et la tête relâchée sur le dossier. Il ferma les yeux et laissa toutes ses pensées submerger son esprit. Ce qui était en train de lui arriver était juste incroyable ! Il avait réussi à pénétrer dans un complexe informatique ultra sécurisé et possédant du matériel probablement d'origine militaire. Cependant, une question vint perturber ce rêve : comment se faisait-il qu'une telle technologie ait été laissée à l'abandon, à la portée de tous ? En effet, la découverte des locaux lui avait laissé penser que l'usine avait été délaissé à la hâte. Qu'avait-il pu bien se passer ?
Bien décidé à le découvrir, il rouvrit ses paupières et appuya instinctivement sur la touche ENTER du clavier et espéra obtenir une réaction de l'ordinateur. Les quatre écrans s'allumèrent alors simultanément et Jeremy vit défiler un nombre incalculable de lignes de commandes à une vitesse phénoménale et empêchant tout lecture. Au bout de quelques secondes, l'écran central se stabilisa pour ne laisser apparaître qu'une seule question : « Connexion à Lyoko ? ». Jeremy pressa la touche Y pour accepter et confirma sa réponse en appuyant de nouveau sur ENTER. Une barre de chargement s'afficha alors et il ne fallut qu'un court instant pour la voir entièrement remplie. A ce moment là, une succession de messages s'inscrivirent sur les différents écrans, qui n'eut, comme précédemment, pas le temps de lire, à part le dernier qui disait : « Moniteur Holographique activé ».

Intrigué, il pressa l'un des boutons incrustés dans l'un des accoudoirs du fauteuil et mit ce dernier en mouvement pour l'arrêter le plus près possible du dôme central. Il vit alors le spot lumineux s'allumer, projetant un épais halo de lumière jaune au-dessus du dôme, ainsi que toutes les petites diodes de couleurs différentes scintiller puis se stabiliser en formant un hologramme en suspension dans le vide. Jeremy bondit du fauteuil tellement il était surpris. Tout d'abord incrédule, il passa sa main au travers de l'image tridimensionnelle, qui se déforma puis disparut en partie à son contact. Aussitôt, il retira son bras et l'hologramme reprit sa forme initiale. Impressionné par ce qu'il venait de voir, il songea qu'il n'avait même pas fait attention à l'image qui était représentée, et pour mieux la visualiser, il recula légèrement et en fit plusieurs fois le tour. Sous chaque angle qu'il prenait, il apercevait des détails différents. Il s'agissait en fait d'une sphère centrale entourée par quatre ellipses. Jeremy se mit à scruter attentivement ces dernières pour essayer de comprendre ce qu'elles représentaient. Il se penchait alors au dessus de l'image, pour être au plus près, lorsque brusquement l'image se mit en mouvement, provoquant le sursaut de l’adolescent qui faillit tomber à la renverse. Lorsqu'il retrouva un certain équilibre, il vit l'hologramme qui zoomait sur l'une des ellipses, l'agrandissant, et au dessus de laquelle, une petite flèche indiquant un point minuscule apparut. Rapidement, il inspecta de nouveau l'image, le zoom lui permettant désormais d'apercevoir plus de détails. L'ellipse était en réalité une sorte de plateau discontinu, divisé en plusieurs parties séparées soit par du vide, soit par ce qui ressemblait fort à des arbres. Jeremy était de plus en plus confus mais son attention fut à nouveau attirée par le petit point qui clignotait au centre exact de l'ellipse. Au même moment, il entendit plusieurs bips sonores provenant d'une oreillette fixée à un microphone et posée sur le sol. Jeremy se hâta de la saisir et de l'enfiler sur son oreille droite puis il retourna devant les écrans pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Sur ces derniers était écrit: «Transmission entrante », et un spectre d'ondes sonores apparut. D'abord inactif, il s'anima au moment même où il entendit une voix dans son oreillette qui lui disait sobrement : « Bonjour. ».

Cette voix était celle d'une jeune fille guère plus âgée que Jeremy. Ce dernier, surpris, en cherchait la provenance lorsqu'il assista à l'ouverture d'une fenêtre sur l'un des écrans. Il cru halluciner quand il vit ce qu'elle contenait : le visage d'une jeune fille en images de synthèse s'animait sur l'écran et suivait Jeremy du regard, ce qui permit à ce dernier de remarquer la présence d'une caméra vidéo sur l'écran supérieur et qui permettait sûrement à ce qu'il considérait alors à un programme informatique de le « regarder ». Pendant de longues secondes, aucun des deux ne parla, Jeremy trop occupé la beauté de cette jeune fille, et celle-ci, attendant machinalement une réponse.

La première chose qui captiva le regard du jeune homme était les magnifiques yeux verts de l'animation 3D, qui semblaient si profonds et d'une couleur si intense. Il abaissa son regard le long de sa peau blanche, lisse et douce par l'effet des textures synthétiques de l'animation. Un détail étrange attira son attention : ses oreilles, bien plus longues que la normale, se finissaient en pointes, comme celle d'une elfe comme on pourrait en voir dans certains livres pour enfants. A celles-ci pendaient deux boucles d'oreilles auxquelles étaient accrochés deux rubis étincelants. Enfin, il ne remarque qu'au dernier moment que ses cheveux lisses, qui descendaient jusqu'à sa nuque, étaient d'une couleur inhabituelle, le rose. Ils étaient tellement en harmonie avec le reste de son visage d'une beauté resplendissante et qui sortait de l'ordinaire, qu'on ne remarquait à peine cette anomalie.

Reprenant ses esprits, il répondit timidement : « Bonjour », en prenant soin de bien articuler en direction du microphone afin de bien se faire comprendre par le programme informatique. Comme elle n'ajouta rien, il lui demanda, aussi intimidé qu'émerveillé :

-Qui es-tu ? », et rapidement il se rectifia :

-Qu'es tu?

La jeune fille ne répondit pas tout de suite, comme si elle cherchait les éléments nécessaires à sa réponse, puis elle dit :

-Je ne sais pas...Je ne sais plus.

-Tu ne sais plus ?

-J'ai l'impression que...

Elle se tut l'espace d'un instant puis elle reprit :

-J'ai l'impression que ma mémoire a été altérée. Je ne me souviens plus de rien.

Malgré une certaine note d'incertitude, elle conservait une voix douce et suave.

-Et toi, qui es-tu ?

Surpris par la question, surtout provenant d'un programme informatique, il hésita tout d'abord à répondre, puis il dit finalement en bégayant légèrement :

-Je m'appelle Jeremy.

Embarrassé de devenir subitement l'objet de la conversation, il réorienta la discussion sur de mystérieuses formes qu'il apercevait derrière la jeune fille et qui s'élevaient et s'abaissent continuellement :

-Il y a du mouvement derrière toi. Qu'est ce que c'est ?

Elle se retourna alors pour mieux observer puis se décala pour ne plus obstruer le champ de vision de Jeremy.

-Ça ?

Elle pointa du doigt une fenêtre bleue, similaire à celle des écrans de Jeremy, mais qui était entièrement remplie de zéros et de uns. Il put alors non seulement découvrir l'étrange forme mais aussi que la jeune fille avait un corps complet grâce au mouvement qu'elle avait effectué, mais s'il n'était pas en mesure de l'apercevoir.

-Ce sont justes des portions brutes de programmes codées en langage binaire. Il y en a partout autour de moi et elles semblent affluer en grande quantité en ce lieu.

-Ce lieu ?

Cela se révéla être une nouvelle surprise pour Jeremy : ce programme animé évoluait dans un environnement virtuel.

-Oui, je me situe dans une sorte de tour remplie de fragments de programmes informatiques, répondit-elle.

Tout en parlant, elle scrutait les environs, regardant de haut en bas l'endroit où elle se trouvait.

-J'ai une idée, Jeremy. Je vais essayer de t'envoyer un visuel.

Une idée ? Cette notion choqua le jeune garçon. Comment un programme pouvait-il avoir une idée ? C'est alors qu'il songea à la possibilité que cette jeune fille soit en réalité une intelligence artificielle ultra perfectionnée, le fruit d'un travail nécessitant des années de recherches et une puissance de calcul phénoménale tel que seul le SuperCalculateur pourrait la fournir.

-M'envoyer un visuel ? Tu sais faire ça ? » demanda-t-il.

-Je crois, oui.

Elle s'approcha de la source vidéo qui retransmettait son image à Jeremy puis elle commença à faire quelques gestes hors du champ de vision du jeune garçon. Tout en s’exécutant, elle continua de parler avec lui :

-J'ai comme...une intuition. Je pense pouvoir te retransmettre le signal vidéo inhérent à ma vision, tout ce que je vois en quelque sorte. Patiente juste quelques secondes.

La transmission s'interrompit brusquement, refermant aussitôt la fenêtre vidéo sur l'écran de Jeremy.
Instinctivement, il tenta de reprendre contact avec elle en criant dans le micro « Intelligence Artificielle, est-ce que tu me reçois ? », pour appeler la jeune fille. Comme au bout de cinq appels il n'obtint aucune réponse, il se résigna à attendre quelques instants.


Peu de temps après, la fenêtre se rouvrit et la voix de la jeune fille se fit réentendre dans l'oreillette de Jeremy :

-Jeremy ? Tu me reçois ?

Au même moment, il pouvait voir exactement ce qu'elle voyait.

-Oui, ça fonctionne ! » lui répondit-il d'un ton joyeux.

Devant elle se trouvait un panneau bleu et d'une épaisseur négligeable, en suspension dans le vide et contenant des données similaires à celles que Jeremy pouvait lire sur son écran, ce qui lui permit de déduire qu'il devait servir d'interface entre l'environnement virtuel de la jeune fille et les programmes du SuperCalculateur. Elle y faisait délicatement glisser ses doigts pour effectuer divers opérations que Jeremy peinait à comprendre.
Au bout d'un moment, elle referma l'interface et elle se mit à regarder tout autour d'elle pour que Jeremy puisse découvrir ce qui l'entourait. Elle se trouvait en fait dans une tour cylindrique d'environ cinq mètres de diamètre, au mur d'un noir très profond et sur lequel le jeune garçon voyait circuler verticalement deux flux des portions brutes de programmes aperçues précédemment : l'un qui s'élevait pour atteindre le sommet de la tour et l'autre qui descendait jusqu'aux profondeurs de l'édifice qui semblait interminable. La jeune fille, elle, se tenait sur une plate-forme reliée par un étroit pont plat au mur de la tour et sur laquelle était imprimé le même symbole que celui du SuperCalculateur.
Par ailleurs, Jeremy avait pu entrevoir le corps de la fille aux cheveux roses. Elle faisait presque la même taille que Jeremy et elle était habillée comme une elfe. La morphologie de son corps laissait penser que le modèle qui avait servi à la conception de ce corps virtuel, cet avatar, n'était guère beaucoup plus âgé que lui.

Jeremy se rendit vite compte que l'environnement virtuel dans lequel avait été installée l'intelligence artificielle avait été programmée avec un grand soin et permettait à cette dernières d'interagir de manière autonome avec toutes les données du SuperCalculateur via l'interface. La possibilité qu'un être virtuel et synthétique soit doué d'une intelligence aussi développée et complexe, permettant même d'entretenir un dialogue avec un Homme, le fascinait plus que tout et il avait un exemple concret devant les yeux ! Ainsi, afin de tester à nouveau ses capacités, il lui posa une simple question :

-Peux-tu me faire visiter d'autres lieux ?

Elle scruta alors le mur qui la cernait et lui dit :

-Je ne sais pas trop, j'ai l'impression d'être coincée dans cette tour.

En effet, aucune sortie n'était apparente sur l'enceinte de la structure. Malgré tout, Jeremy, qui s'attendait à une réponse un peu plus formelle de la part d'un programme informatique, fut légèrement déçu, mais cependant, il ne l'interrompît pas et observa sa démarche visant à répondre à sa requête : elle avait commencé à longer le mur, comme si elle cherchait un moyen de passer à travers. Jeremy, doutant fortement que cela s'avéra exact, s'apprêta à lui dire d'arrêter lorsqu'il vit la main de la jeune fille disparaître dans l'enceinte de la tour. Elle chercha alors à la retirer du mur en tirant de toutes ses forces mais elle sentait tout son corps irrésistiblement attiré vers l'extérieur. Elle commença alors à paniquer et prit un air très inquiet, de même que Jeremy qui voyait la situation sortir hors de son contrôle. Le mur se déforma subitement et le jeune fille apeurée poussa un cri, avant de disparaître entièrement de la tour.

Lorsqu'elle revit ses mains, tout son corps était passé de l'autre côté du mur. L'attraction de ce dernier s'étant arrêté, elle perdit l'équilibre et s'effondra sur le sol entièrement vert, de la même couleur que l'herbe au printemps. Se sachant désormais hors de danger, elle se releva habilement puis regarda où elle était à présent : elle était sur un long plateau de couleur uniforme et de relief plat sur toute sa longueur. Au bord de ce plateau, elle apercevait d'épais et immenses troncs d'arbres, d'une dizaine de mètres de hauteur environ et recouverts par un feuillage aussi verdoyant que le sol, et dont les feuilles virevoltaient comme sous l'effet d'un vent qui se répétait à l'identique, sans jamais varier. Tout les arbres qui longeait le bord du plateau étaient strictement les mêmes, prenant tous racine à la même hauteur et dans le vide et sous lesquels on pouvait apercevoir, quelques mètres plus bas, une immensité d'eau bleue et claire. Elle aussi, influencée par le vent, était légèrement agitée et se soulevait frénétiquement sous forme de vagues qui s'élançaient sans jamais rencontrer aucun obstacles jusqu'à l'horizon indiscernable. Le réalisme du mouvement de cette mer virtuelle émerveilla Jeremy. Par ailleurs, la luminosité était assurée par une source invisible et indéfinissable située dans un ciel azuré et pur, projetant des rayons de lumière jaune sur la cime des arbres qui marquaient ainsi le sol de leur ombre, offrant un magnifique spectacle pour les yeux.

-C'est extraordinaire ! » s'écria-t-il.

-Oui, c'est superbe ! » lui répondit-elle, exprimant ainsi une capacité humaine à apprécier la beauté, ce qui laissa Jeremy bouché bée, impressionné par la perfection de ce programme.

La jeune fille se retourna pour découvrir l'aspect extérieur de la tour. Celle-ci était entièrement blanche et presque aussi haute que les arbres. A son sommet émanait un épais halo de fumée bleue qui, bien qu'influencé par le vent, retournait à chaque fois à sa position initial, ignorant toutes les lois de la physique et semblant assumer un rôle de gardien de cette tour. A la base de cette dernière surgissaient quatre énormes câbles qui venaient s'enfoncer sous le sol du plateau tout en restant groupés et qui finissaient leur course à l'horizon où ils semblaient disparaître, comme absorbés l'extrémité de ce territoire virtuel.

La fin du plateau débouchait sur trois petits sentiers qui partaient chacun dans une direction différente et que Jeremy poussa la jeune fille à emprunter en lui ordonnant :

-Continue d'avancer.

Elle ne répondit pas, oppressée par le commandement d'une personne qu'elle connaissait à peine, mais elle s'exécuta tout de même, elle aussi impatiente de découvrir d'autres belles découvertes. Elle s'engagea alors sur le chemin le plus proche, avançant tout doucement afin d'avoir le temps d'admirer le magnifique paysage qui malgré le fait qu'elle s'éloignait de plus en plus, restait toujours le même, comme si les arbres avaient été les seuls éléments de décor programmer pour représenter une forêt virtuelle. Jeremy repensa alors à ce qu'il avait vu sur l'hologramme : c'était en fait la représentation de ce territoire. Par conséquent, il repositionna son fauteuil en face du moniteur holographique et confirma cette théorie. Tous les éléments correspondaient, que ce soit la position des arbres, la longueur du plateau, la tour et il pouvait même apercevoir un point qui représentait la jeune fille qui s'avançait dans les profondeurs de la forêt.

Soudain, un nouveau point apparu un peu plus loin sur l'hologramme. Celui-ci se dirigeait à grande vitesse dans le direction de la jeune fille. Jeremy réagit immédiatement en alertant l'alertant, un peu hésitant :

-Attention ! J'aperçois...J'aperçois du mouvement devant toi.

Elle s'arrêta net, commençant à l'entrevoir à son tour. C'était plutôt petit, une cinquantaine de centimètres de hauteur environ, et ça continuait à se rapprocher à vive allure. Elle pu alors distinguer une lumière rouge projetée par une lentille enfoncée dans une carapace ressemblant à un grand coquillage montée sur quatre pattes mécaniques, en métal et acérées. Plus l'étrange crustacé robotique s'approchait, plus Jeremy remarquait de nouveaux détails. Et le plus surprenant, c'est qu'une fois encore, le même symbole du SuperCalculateur était imprimé sur sa carapace.

Le mystérieux robot n'était maintenant plus qu'à quelques mètres de la jeune fille lorsqu'il s'arrêta devant elle. Ils s'observèrent mutuellement, tout deux parfaitement immobile.

-Qu'est ce que c'est ? » demanda Jeremy, rompant le lourd silence qui régnait depuis l'arrivé du visiteur.

-Je ne sais pas.

Jeremy s'imagina alors que c'était l'apogée de ce monde virtuel très particulier, où une faune artificielle parfaite créée de toutes pièces par l'Homme pourrait évoluer intelligemment en communauté, en communiquant entre individus d'espèces similaires ou différentes, un jardin d’Éden virtuel.

La lentille du petit robot commença à scintiller, délivrant par à-coup a-coup un puissant faisceau rouge, et le mystérieux animal se mit à tournoyer autour de la jeune fille en décrivant un cercle, comme s'il cherchait à découvrir tout les aspects de son corps, probablement pour l'identifier. Le cliquetis mécanique des rouages qui le composaient brisait le silence ambiant. Amusée de ce spectacle, elle afficha un large sourire et était presque en train de rire lorsqu'il s'arrêta de nouveau. Brusquement, la lumière de sa lentille gagna en intensité et elle entendit le bruit typique d'une charge électrique conséquente. Effrayée, elle fit un pas en arrière lorsque tout à coup, un faisceau laser discontinu, de courte longueur, mais d'une vitesse impressionnante émergea de l’œil du robot et vint atteindre la jeune fille en plein ventre. Celle-ci s'effondra alors sur le sol en poussant un cri de douleur glacial, qui fit frissonner Jeremy. Ce dernier, surpris, commença à s'affoler, d'autant plus qu'une multitude de fenêtres venaient de s'ouvrir sur son écran, accompagnées par une ribambelle de bips sonores insupportables. C'est ainsi qu'au centre de son interface, il pu lire : « Niveau d'énergie restant : 83% ». Il reposa alors son regard sur la fenêtre vidéo et vit la jeune fille tenter de se relever. Au niveau de la zone d'impact avec le laser, son enveloppe corporelle avait disparue, remplacée par du vide ainsi qu'une multitudes de petits éclairs électriques qui s'entrecroisèrent alors pour reformer la partie manquante du corps. Elle posa une main sur sa « blessure », désormais refermée, et s'aperçut qu'elle ressentait bel et bien une forme de douleur.

Le robot rechargea de nouveau de l'énergie dans sa lentille et tira une nouvelle salve de trois lasers, dont un atteignit l'épaule de la jeune fille qui venait à peine de se relever. Sur l'écran de Jeremy, le compteur d'énergie descendit à 69%, ce qui le fit redouter le moment où celui-ci atteindrait zéro. Beaucoup de questions se bousculèrent alors dans son esprit. En effet, elle était un programme, elle ne pouvait pas disparaître ! Et pourquoi ce robot l'attaquait-il ? Sans réfléchir davantage, il approcha au maximum le microphone de sa bouche et cria :

-Retourne dans la tour, vite !

Elle se mit alors à courir en direction de la tour, poursuivie par l'animal hostile. Elle l'atteignit finalement peu de temps après et se jeta de toutes ses forces sur sa façade en espérant que celle-ci laisserait passer comme elle l'avait fait la première fois. Au même moment, elle se prit un nouveau tir dans le dos qui la projeta avec force sur la plate-forme, de l'autre côté de la tour. Elle se rua alors à son extrémité pour s'éloigner le plus possible de son agresseur qu'elle entendait s'approcher rapidement de la tour. Il était à présent juste devant l'édifice mais au moment où il aurait dû y pénétrer, la jeune fille entendit un choc brutal : la tour venait de refuser l'entrée du robot, le repoussant avec force contre le sol. Ne percevant plus aucun bruit, elle se risqua à sortir de sa forteresse malgré les contre-indications de Jeremy qui lui sommait de ne pas bouger.

Le petit robot était là, inactif, sa lentille scintillant très faiblement comme s'il cherchait à réunir la quantité d'énergie nécessaire pour se maintenir fonctionnel, mais au bout d'un moment, elle cessa définitivement de briller. Une décharge de courant se fit cependant entendre et qui aboutit à l'explosion du robot dans une détonation assourdissante qui projeta des débris de circuits électriques et de fragments de sa carapace. La jeune fille en ramassa un peu mieux l'observer, mais celui-ci ainsi que l'ensemble des résidus du robot disparurent simultanément. Il ne résidait désormais plus aucune trace de l'agresseur sur le sol. Jeremy lui dit alors, plus calmement :

-Rentre dans la tour, là seulement tu seras en sécurité.


« Cette attaque n'était que les prémices du long combat qui nous oppose, X.A.N.A et moi. Plus le temps passe, plus il se renforce et je risque ma vie à chaque instant où je laisse le SuperCalculateur allumé. C'est pourquoi si jamais je ne suis plus en mesure d'honorer ma mission, il doit absolument être éteint, sinon quoi, c'est l'humanité toute entière qui court un risque... »

Chapitre 2:

A télécharger ici : dl.free.fr/kHZ82YaNb

LYOKO PROJECT


Chapitre 2 : MAYA

Jeremy ouvrit la porte de l'une des nombreuses chambres du collège Kadic. Avant d'y pénétrer, il fit pivoter sa tête de gauche à droite pour s'assurer que personne n'avait remarqué sa rentrée tardive, à l'heure où tout les élèves étaient censés avoir regagnés leur chambre depuis longtemps. La voie étant claire, il rentra dans la petite pièce sombre et se retourna immédiatement pour refermer tout doucement la porte de façon à ne pas faire de bruit. Il sortit alors une clé d'une des poches de son pantalon, qu'il introduisit dans la serrure pour verrouiller la porte. C'est seulement à ce moment-là qu'il alluma la lumière de sa chambre, ce qu'il n'avait pas fait avant pour ne pas attirer l'attention. Il retira de suite son sac à dos et y piocha le fragment de la carte mère qu'il s'empressa d'enfermer dans une petite boîte en carton qui traînait sur le sol. Il ouvrit alors un tiroir du petit bureau en bois aménagé dans sa chambre et y cacha celle-ci de façon à ce que personne ne la trouve. Il se redressa ensuite pour accéder au matériel informatique qui encombrait la surface de son meuble et il en repoussa de la main une bonne partie pour atteindre l'unité centrale de son ordinateur qu'il alluma sur-le-champ. Jeremy, impatient de pouvoir l'utiliser, s'énerva face à son matériel qui, loin d'être aussi rapide que celui de l'usine, lui sembla tout à coup bien primitif. Il tapota de toutes ses forces sur son clavier comme si cela pouvait accélérer la mise en route puis s'écria à voix haute :

- Allez !

S'étant rendu compte qu'on aurait pu l'avoir entendu, il essaya de se calmer et prit une profonde inspiration avant de s'affaler sur son lit. Jeremy n'en revenait pas. En l'espace de quelques heures, il avait découvert ce qui était probablement l'être artificiel le plus développé, par son intelligence, de ce début du 21ème siècle. Il avait désormais hâte de reprendre à nouveau contact avec elle, cette fille dont il ne connaissait même pas le nom. Il se dit alors qu'elle n'en avait probablement plus, l'ayant oublié en même temps que toute son histoire passée ; du moins, il devait résider, dans les bases de données de l'interface, une trace d'un nom de code, d'une appellation "barbare", qui selon lui, ne conviendrait sûrement pas à la jeune fille, qui se rapprochait plus d'une véritable humaine que d'un simple programme informatique. Il devait donc lui même lui trouver un nom convenable.

Au bout de quelques longues minutes de réflexion, il avait enfin trouvé : il l’appellerait Maya. Ce nom était à la hauteur de sa beauté et de sa douceur. Il devint désormais encore plus impatient de la revoir pour lui en faire part, et reporta par conséquent son attention sur l'ordinateur : un retentissement sonore sortit des enceintes de ce dernier, indiquant à Jeremy que le chargement était enfin terminé. Il bondit alors de son lit et se rua en direction de son bureau mais il trébucha - et manqua même de tomber - sur un de ses petits robots humanoïdes qui traînait au milieu du chemin. Il le ramassa et se mit soudainement à rire euphoriquement, se disant que désormais, il avait beaucoup mieux en matière d'intelligence artificielle. Sans plus attendre, il le déposa négligemment dans un coin de sa chambre, s'installa sur un fauteuil - qu'il jugea, au passage, beaucoup moins confortable que celui de l'usine -, puis posa ses deux mains sur le clavier. Là, il commença toutes les manipulations nécessaires à la connexion de son vieil ordinateur au monstre de puissance que représentait le SuperCalculateur. Il considérait presque comme une offense à ce dernier de l'exploiter avec une machine aussi décadente que la sienne, mais l'envie de revoir Maya l’obsédait plus que tout.

Durant une dizaine de minutes, il ne lâcha plus des yeux son vieil écran cathodique, se contentant d'enchaîner les multiples saisies de lignes de commandes dans un terminal, en se basant sur les données qu'il avait recueilli dans l'interface et qu'il avait entièrement mémorisé. Ainsi, il rentra machinalement plus d'une dizaine d'adresses IPs et de mots de passe en tout genre, avant de parvenir finalement à se connecter au SuperCalculateur. Un large sourire apparu alors sur son visage et un sentiment de grande satisfaction envahit son esprit : il avait réussi.
Sans attendre davantage, il chercha à reprendre contact avec Maya en paramétrant, un peu aléatoirement, les nombreuses fenêtres qui avaient envahies son écran. Au bout de quelques instant seulement, il fit réapparaître l'harmonieux visage de la jeune fille sur son moniteur, qui se trouvait apparemment toujours dans la même tour. Il attrapa alors un petit micro-casque rudimentaire qui traînait sur son bureau et l'enfila sur ses deux oreilles.

- Jeremy ! s'exclama-t-elle d'un ton joyeux.

- Je suis content de te revoir...Maya !

Il avait prononcé son nouveau nom avec un soupçon de fierté dans la voix.

- Maya ? » répondit-elle surprise.

-Oui, Maya. C'est moi qui l'ai trouvé. Je vais enfin pouvoir t'appeler maintenant.

Il lui posa alors une question bien particulière, destinée à admirer sa faculté à apprécier l'esthétique :

- Est-ce qu'il te plaît ?

Elle baissa la tête, comme si elle était plongée dans une profonde réflexion, puis la releva pour répondre, en affichant un air satisfait :

- Oui, j'aime bien.

Elle aimait bien. Jeremy ressentit une double satisfaction: tout d'abord, il avait trouver un prénom qui lui convenait, et surtout, il avait une nouvelle fois eu la preuve qu'elle était capable d'éprouver le plus humain des sentiments, l'affection. A chaque fois que la personnalité de Maya se rapprochait de celle d'une jeune fille réelle, il ressentait la même excitation et une pulsion d'adrénaline parcourait toute la longueur de son corps dans un frisson glacial.

Reprenant ses esprits, il lui demanda, en désignant ce qui entourait la jeune fille :

- Tu as récoltée de nouvelles informations sur cet environnement ?

- Pendant ton absence, je suis de nouveau sortie de la tour pour visiter davantage ce territoire et...

Jeremy l'interrompit, d'un air inquiet :

- Tu as quittée la tour ? Mais tu es complètement folle !

Il n'arrivait pas à croire qu'il avait employé ce qualificatif à l'encontre d'un programme, mais il reprit ses réprimandes :
- Ça aurait pu être très dangereux !
Elle se mit à sourire :

- Du calme, Jeremy. Je n'ai croisé aucun autre robot, tout va bien !

L'intonation suave de sa voix avait suffit à rassurer le jeune homme. Lorsqu'elle s'en rendit compte, elle reprit le récit qu'elle avait commencé plus tôt :

- En parcourant le territoire, j'ai découvert une grande quantité de tours comme celle-ci, dit-elle en se retournant pour montrer celle qui l'entourait. Elles sont toutes d'aspect identique. Toutes sauf celle-ci, qui contrairement aux autres, est surplombée par une halo de fumée bleue, et non blanche. J'ai donc infiltrée un maximum de tours pour tenter d'en savoir plus. En fait, elles possèdent toutes une interface qui permet d'accéder à des données et des programmes, différents d'une tour à l'autre. Leur vrai nom est "tour mémorielle", et ce sont, tout simplement, les espaces de stockages du SuperCalculateur, qui lui, a pour but de générer Lyoko, ce monde virtuel.

Jeremy était abasourdi. Il ne lui avait jamais parlé de l'existence du SuperCalculateur, ni même du fait que ce monde et elle-même n'étaient pas réels, et pourtant, elle semblait en savoir beaucoup plus que lui. De plus, elle s'était faite à l'idée qu'elle n'était qu'un être artificiel crée de toute pièce par l'Homme, et dont la vie ne résidait qu'en la circulation d'un courant électrique. Malgré tout, elle considérait ce "faux monde" comme le sien et Jeremy trouvait cela extraordinaire.
Le jeune garçon continua d'écouter ses explications, tout en admirant son impressionnant sens de la déduction :

-Le SuperCalculateur ne génère pas un, mais quatre territoires en réalité. Il y a donc forcément un moyen de sortir de cette forêt pour atteindre un des trois autres secteurs de ce monde virtuel. Je me suis donc mise à la recherche d'un programme permettant une forme de téléportation ou de transfert de mon avatar, mon corps virtuel, jusqu'à un autre secteur, et c'est en consultant le registre de la tour où je me trouve actuellement, que j'ai compris le véritable rôle de celle-ci : c'est une tour de passage. Bien paramétrée, elle permet l'envoi et la réception de données brutes des autres tours de ce territoire et des tours de passages des autres territoires, par l'intermédiaire des câbles que tu as vu précédemment..

- C'est incroyable, Maya ! » s'écria Jeremy. « Mais comment vas-tu faire pour... »
Il hésita, cherchant avec soin les mots adéquats.

- Pour atteindre physiquement les tours de passages ?

- Comme tu l'auras sans doute remarqué, je ne suis...

Elle marqua une courte pause, comme dérangée par une vérité néfaste mais inévitable.

- Je ne suis qu'une conscience artificielle liée à une modélisation qui me permet de progresser physiquement dans cet environnement, un assemblage de données en quelque sorte. Je peut donc moi-même circuler entre deux tours de passage en convertissant mon avatar en données brutes qui seront transférées jusqu'à l'autre tour, puis rassemblées pour reformer mon enveloppe corporelle. Tu comprends ?

Jeremy ne répondit pas immédiatement, réorganisant dans son esprit toutes les informations que lui avait transmis Maya pour s'assurer qu'il avait bien tout saisi, puis il dit finalement :

- Oui...je crois. Mais tu es sûr d'être en mesure de faire ça sans aucun risque ?

- Je ne sais pas encore. » répondit-elle. Le mieux, c'est d'essayer !

Elle se rapprocha de l'interface bleue et commença à programmer la tour. De son écran, Jeremy pouvait voir toutes les manipulations qu'elle effectuait. Elle maniait tous ces programmes avec une grande aisance même si elle nécessitait, parfois, des temps de réflexions plus ou moins longs. Malgré l'altération de sa mémoire, elle semblait se rappeler de nombreuses procédures très complexes, comme si elle avait un instinct lui indiquant exactement ce qu'elle devait faire.
Quelques minutes plus tard, elle s'éloigna de l'interface et dit à Jeremy :

- Ça y est, c'est enfin prêt.

C'est du bon travail, Maya ! » s'exclama-t-il après avoir survolé l'ensemble des paramètres qu'elle avait définie. « Mais comment compte-tu t'y prendre pour décomposer ton avatar ? »

Avec un petit sourire en coin, elle répondit :

- Regarde bien !

Elle s'approcha du bord de la plate-forme centrale de la tour, allongea ses bras le long de son corps puis elle se laissa tomber la tête la première dans la vide. Jeremy, horrifié, ne put s'empêcher de crier :

- Maya !

La fenêtre vidéo de son écran se referma alors brusquement. Le jeune garçon était inquiet. Pendant de longues secondes, il n'eut aucun retour de la jeune fille malgré son insistance pour essayer de rétablir la liaison.

La fenêtre vidéo se rouvrit aussi brusquement que lorsqu'elle s'était refermé. Jeremy, soulagé, s'apprêtait à reparler à/avec Maya, lorsqu'il se rendu compte/remarqua que quelque chose n'allais pas : la jeune fille était étendu, inanimée et les yeux clos, sur la plate-forme de la tour.

- Maya ? Maya, réponds-moi ! » s'écria-t-il, totalement paniqué.

Elle rouvrit alors doucement ses paupières et chuchota :

- Ça a marché, Jeremy.

Le jeune homme se laissa retomber sur le dossier de son fauteuil, encore sous le choc de toutes ses inquiétudes. Il ne l'avait pas remarqué tout se suite mais tout son corps tremblait de peur. Ce qu'il ressentait était pour lui irrationnel : il était préoccupé par la « survie » d'une intelligence artificielle sur un monde virtuel et qui ne pouvait probablement pas mourir comme le ferait un véritable être vivant. Et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine angoisse à chaque moment où elle s'était potentiellement trouvée en danger.

Les palpitations de son corps s'étant arrêtées, il lui dit d'un ton presque agressif :

- Bon sang ! Mais qu'est ce qui t'es arrivé ?

Avant de répondre, elle posa ses deux mains à plat sur le sol et poussa sur ses bras pour se relever, tout en reprenant ses esprits :
- Rien de grave. J'ai juste eu un problème de synchronisation entre la régénérescence de mon avatar et l'intégration de ma conscience, mais tout va bien maintenant.

Jeremy n'était pas sûr d'avoir tout compris de son explication, mais il devina qu'elle ne risquait plus rien désormais. Le jeune garçon se mit alors à rire, immédiatement imité par la jeune fille, et probablement à cause de toutes les émotions qu'il avait accumulé au cours de cette journée incroyable, ainsi que de la fatigue qui commençait à le submerger.

Quelques minutes plus tard, Jeremy réussit enfin à reprendre le souffle nécessaire pour dire à Maya :

- J'ai hâte de découvrir ce nouveau territoire.

- Moi aussi ! » lui répondit-elle vivement.

- Alors, qu'est ce qu'on attend ? » dit-il avec un grand sourire.

Une complicité était en train de naître entre les deux jeunes gens, une relation qui allait bien au-delà de toutes leurs différences et de toute une éthique sociale et scientifique.
Sans plus attendre, Maya renvoya le signal de sa vision à Jeremy, pour qu'il puisse, avec elle, l'inconnu qui s'ouvrait à eux, puis elle traversa le mur de la tour avec beaucoup plus d'aisance que les autres fois.

La première chose qu'ils aperçurent de l'autre côté était le sol flamboyant, de couleur jaune orangée et qui s'étendait à perte de vue et sur lequel reposaient quelques rochers massifs. Le ciel, strictement de la même couleur, fournissait une intensité lumineuse importante, qui en se reflétant sur le sol réussissait presque à éblouir les yeux de Jeremy. A l'horizon, et comme sur le précédent territoire, on pouvait entrevoir d'autres tours au halo de fumée blanc, signifiant que ce nouveau secteur fonctionnait à l'identique que celui de la forêt. Globalement, le territoire ressemblait à un vaste désert plat et synthétique et qui rappela malheureusement à Jeremy la dimension virtuelle de l'univers de Maya.

-C'est fantastique, Maya ! » s'écria-t-il.

Une fois de plus, il était émerveillé par ce monde qui, il le savait déjà, avait encore beaucoup d'autres surprises à dévoiler. En un instant, il se remémora toute sa journée, toutes ses découvertes. Sa vie ne serait probablement plus jamais comme avant car il avait à présent un devoir : il devait veiller sur Maya. L'attaque du robot quelques heures auparavant n'était pas anodine et il devait prendre aucun risque avec la jeune fille. Qui sait jusqu'où le réalisme de ce nouveau monde s'étendait ? Peut-être que la mort y était possible...Ainsi, assumant son nouveau rôle de protecteur, il ordonna à Maya :

-Allez, rentre dans la tour maintenant. C'est trop risqué dehors.

Un peu déçue, comme un enfant à qui on aurait enlevé le jouet le plus précieux, elle se résigna à retourner dans la tour.

Jeremy commença à sentir la fatigue le submerger. Sa journée avait été éprouvante et il savait que le lendemain le serait aussi, à découvrir Lyoko et à prendre soin de Maya. Ainsi, il dit à cette dernière :

-Il faut que je dorme. « Dormir » : tu comprend cette notion ?

-Oui, bien sûr. C'est juste que je n'en ressent pas le besoin.

-D'accord...Alors, surtout, ne quitte pas la tour sans que je sois là...A demain !

-Je t'attendrais autant de temps qu'il le faudra Jeremy.

Avant d'interrompre la connexion avec le SuperCalculateur, il admira une dernière fois le visage de Maya. Il regarda ses magnifiques cheveux roses, parfait symbole de sa singularité et perdit son regard dans ses yeux verts, si profonds, qu'il avait l'impression de contempler les deux plus belles émeraudes qui pouvait exister sur cette terre.
Finalement, il éteignit son ordinateur et vit disparaître Maya. Il s'allongea alors sur son lit et referma ses paupières. Il n'arrivait à penser qu'à elle, et cela serait sûrement le cas tout au long de sa nuit.

Chapitre 3 :
à télécharger ici : dl.free.fr/cH5IKYGKE

Le chapitre 3 n'a pas été fusionné avec ce message car la limite du texte est atteinte.


Nat231


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Le membre ne s'est plus connecté depuis le 12 février. Le mieux serait peut-être de lui envoyé un e-mail pour lui demandé. Il a peut être oublié a cause d'un soucis quelconque.

Sinon c'est vrai que sa fic est superbe.



Dernière édition par Nat231 le Jeu 8 Mar 2012 - 17:28, édité 1 fois

http://ns9.freeheberg.com/~cnslema2/

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Bonjour à tous !

Suite et fin du chapitre que j'ai commencé il y a fort longtemps maintenant =).

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, j'ai décidé de réécrire l'histoire Code Lyoko à ma sauce, en insistant sur le réalisme et sur les évènements flous et inexpliqués de la série (le fonctionnement du Retour vers le passé, la création du Super Calculateur et de X.A.N.A., la disparition d'Anthéa. Les évènements que je narre se situent donc au niveau de la saison 1.

Je ne reviendrais sur les multiples contretemps qui m'ont empêchés d'avancer, mais la longueur EXTREME de ce chapitre m'a demandé au moins une vingtaine d'heure d'écriture/relecture/correction/approfondissement du scénario.

Au menu, action, psychologie, suspens et révélations.

Comme cela fait longtemps que je n'ai pas posté, je vais me permettre de rappeler les faits.

-Aelita a découvert la présence d'Anthéa sur Lyoko, qui se présente comme étant elle aussi prisonnière du monde virtuel, et voulant à tout pris en sortir avec la jeune fille.
-Pour ça, selon elle, il existe une seule solution : la désactivation le pare-feu de Lyoko, possible par le Code Lyoko d'Aelita, et qui leur permettrait de sortir .
-Seul problème : le pare-feu est la seule barrière qui empeche XANA de s'enfuir du SuperCalculateur et de devenir hors de controle.
-Aelita hésité ainsi à désactiver ce fameux Pare-Feu. De plus, Anthéa veut absolument garder le secret de sa présence sur Lyoko, car elle ne fait pas confiance à Jeremy.
-Le temps qu'Aelita prenne la décision de désactiver le Pare-Feu, Anthéa à préparer un programme qui inhibe l'activation des tours par X.A.N.A.
-Le programme marche parfaitement pendant 40 jours, baissant ainsi la garde des Lyoko Guerriers, qui vont se laisser surprendre par une attaque de X.A.N.A. indétectable et massive : il a fait explosé des dizaines de centrales nucléaires à travers le monde.
-Seule solution : désactiver la tour et lancer le Retour vers la Passé pour tout ramener dans l'ordre et sauver toutes les victimes.
-Cependant, Jeremy seul dans l'usine se fait attaquer par un robot construit dans le plus grand secret depuis des jours dans l'usine désertée par les héros. Le robot parvient à amener Jeremy dans le hall de l'usine, où une organisation paramilitaire luttant contre l'utilisation du SuperCalculateur débarque et menace Jeremy.

Voilà, maintenant, si ce n'est pas assez clair, vous pouvez toujours relire les chapitres précédents, et le début de celui là (intitulé "fusion").

Voici maintenant la suite longue et mouvementée :

CHAPITRE 10 : PARTIE 2 :
Spoiler:

Une longue déclinaison de couloirs blancs et étroits se succédaient sans discontinuer devant les yeux tourmentés de l'homme qui les fuyait. Sa démarche vacillante, infligée par une profonde et récente blessure, peinait à maintenir sa course sans une sensation affligeante de fatigue. Repoussant avec le reste de vigueur qui lui subsistait les nombreuses personnes terrorisées qui erraient désespérément dans l'oppressant centre hospitalier, il tentait par tous les moyens de se frayer un chemin dans l'immense foule qui obstruait les allées de l'édifice.

Saisissant parfois avec poigne quelques âmes innocentes, il ne cessait de hurler ce qui semblait désormais être son unique priorité :

-Tout peut encore changer ! Je peux tout réparer ! Vous devez m'aider !

Rejeté maintes fois avec dégoût, le pauvre homme s'effondra sur le sol lisse et s'époumona dans un râle rauque, glacial et dépourvu d'espoir :

-AIDEZ-MOI !

Derrière lui, deux hommes en noirs firent leur apparition, accourant du fond du couloir qu'il avait tenté de fuir.

-Il est là ! » déclara l'un d'entre eux, pointant du doigt le fauteur de trouble, tandis que l'autre ordonna avec détermination :

-Attrapons le !

Tous deux bondirent à toute allure dans la direction de l'homme qui poussait désormais de toute la force de ses bras sur le sol pour se relever, luttant avec déchirement contre l'infernale blessure qui tiraillait sa jambe gauche. Malgré tout, sa combativité n'était pas à l'épreuve de la vigoureuse jeunesse de ses deux poursuivants, qui parvinrent rapidement à le plaquer au sol pour l'immobiliser.

-Ça faisait longtemps, Sorensen. Vous vous souvenez de nous ? » demanda l'un des agresseurs, son air narquois et désireux de vengeance prenant le pas sur son devoir professionnel.

-La...la R.O.M.A. » chuchota fébrilement l'homme au sol.

-Exact ! » répondit-il avec fierté, relevant avec violence sa victime qui se débattait en vain. « Vous venez avec nous maintenant ! Nous avons des quelques...questions à vous poser. ».

-Non ! Je dois aller à l'usine ! Jeremy...Jeremy Belpois...Il a besoin d'aide ! Il faut les sauver...tous ces pauvres gens...

-Ne vous inquiétez pas. » ajouta ironiquement l'homme en noir. « Une équipe est déjà sur place. ».

-Qu'est-ce que...qu'est-ce que vous allez faire ? Vous devez me laisser m'en occuper...Je peux m'occuper du Super Calculateur ! » marmonna-t-il nerveusement.

-C'est trop tard ! Vous et votre petite équipe de scientifiques cinglés payez aujourd'hui les conséquences de vos actes.

Il fit un signe discret de la main à son coéquipier, qui s'empressa alors de sortir d'une petite sacoche une seringue pleine à ras bord d'un étrange liquide.

-Non ! Non, non, non, non, non ! » maugréa-t-il rapidement, tourmenté par son avenir et celui du Super Calculateur.

Sans plus attendre, l'homme en noir enfonça avec vigueur dans son avant-bras la seringue remplie d'un virulent sédatif, qui étouffa dans un sommeil profond les derniers râles d'un homme faible et fatigué.



* * *




La délicate lumière artificielle de Lyoko faisait brillaient de milles feux la fine couche de sable pourpre qui recouvrait le territoire du désert. Un vent léger s’engouffrait dans un murmure entre les deux parois escarpées d'un étroit canyon. Non loin de là, se dressait une tour robuste et imposante. Troublant la clarté de sa paroi, quatre vives silhouettes percèrent son enceinte extérieure et s'enfoncèrent avec hâte dans l'immense canyon.

-C'est le seul territoire encore inexploré, la tour est forcément là ! » s'exclama Ulrich légèrement haletant.

-Il faut se séparer ! » ajouta Yumi. « Odd et toi, explorez la partie sud. Nous trois, nous allons fouiller plus au nord. ».

-Non ! » s'écria Aelita. « J'ai une meilleure idée...Restez là et montez la garde. ».

Sans rien ajouter, elle se dirigea avec précipitation vers la tour la plus proche.

-Aelita, attend ! » s'inquiéta Odd.

-Faites ce que je vous dis ! » ordonna-t-elle de façon autoritaire, s'éloignant de plus en plus du petit groupe.

Après quelques secondes d'une course effrénée, elle parvint à la tour et fendit son enceinte avant d'y pénétrer. Là, elle pivota sa tête de gauche à droite, comme pour se rendre compte de l'absence de quelqu'un. Ne remarquant rien, elle s'approcha lentement de l'interface et commença à programmer un accès aux caméras de surveillance de l'usine. Cela ne lui prit que quelques secondes avant de voir apparaître sur l'écran holographique bleu la restitution des images de surveillance de l'usine. La jeune fille passa ainsi en revue la majorité des flux vidéos de l'édifice avant de tomber sur celle du hall, où elle assista à une scène déroutante.





* * *


-Faites feu!

Plusieurs rafales des fusils d'assaut de chaque soldat de la R.O.M.A. filèrent en direction du robot parfaitement immobile, qui subit alors de violents impacts, tous atténués par la robustesse de son armure métallique. Face à ce manque de réactivité, de nouvelles salves de balles traversèrent la salle dans un grondement sourd, mais cela n'eut pour effet sur l'humanoïde que d'impacter légèrement sa carapace avant de faire ricocher les balles dans tous le hall. Le cyborg, droit et fier comme un robuste guerrier, semblait, par son regard vide et inexpressif, narguer les hommes impuissants qui lui faisaient face.

Jeremy, qui s'était préalablement couché sur le sol quelques mètres derrière l'imposante masse métallique, afin d'éviter d'être atteint par un des puissants projectiles, se releva d'un bond et ordonna, sûr de lui :

-Non ! Arrêtez !

Le général Lear leva la main droit, donnant ainsi l'ordre à ces troupes d'arrêter la fusillade inutile qu'elles avaient entamé en vain.

-Un enfant...» répondit-il à voix basse, avant de reprendre en criant d'une voix furieuse et inapaisable :

-Un enfant ! Regardez tout ce que ce gosse a fait aujourd'hui ! Regardez le dans les yeux et pensez à tous les innocents qui vont mourir par sa faute ! J'espère que Schaeffer est fier de toi ! Attaquer une armée intergouvernementale ne lui suffisait pas : il se sert maintenant d'un enfant pour s'en prendre à la population !

-Ce n'est pas sa faute ! » rétorqua violemment Jeremy. « Ni la mienne d'ailleurs... ».

-Alors...laisse moi deviner...X.A.N.A. est derrière tout ça, n'est-ce pas ? Vous pensiez sincèrement pouvoir vous servir impunément de sa force pour toujours ? Vous n'aviez pas prévu ce qui lui est arrivé ? Ce changement si...soudain. Je pensais que vous aviez retenu la leçon, que plus jamais je n'aurais à me méfier de vous, jour et nuit...Depuis le fameux accident que votre monstre virtuel à subit, vous ne représentiez plus aucune menace pour nous. Vous saviez pertinemment que X.A.N.A.
était devenu hors de contrôle...Et pourtant...vous avez osé le réactiver depuis dieu sait quand !

-C'était...un accident... » bafouilla Jeremy.

-Un accident ?..Un accident ! X.A.N.A. incontrôlable et la R.O.M.A. hors d'état de nuire, quel intérêt aviez vous à laisser le Super Calculateur allumé ?

-Je...Vous ne pouvez pas comprendre mais je peux tout arranger, vous devez me faire confiance !

-...Confiance ? Comment peut-on avoir confiance en des gens comme vous ? ». Il prit une pause, comme fatigué par toutes ces années de lutte qu'il avait mené contre son ennemi, X.A.N.A. Il reprit finalement d'un ton plus déterminé :

-Désormais, c'est moi qui ait le contrôle de la situation ! J'ai ordonné l'arrestation de tous les membres de votre équipe ! Il nous manque juste le plus important : Franz Hopper ! Une fois que nous aurons sa tête, nous vous ferons payer tout ce que vous avez fait!

D'un geste vif et parfaitement calculé, il sortit son arme de poing et décocha une balle droit sur l'innocent adolescent, pour qui l'impact avec la cartouche semblait désormais inévitable.






* * *





La balle fendit les airs en direction de sa victime, à une vitesse telle qu'aucun être humain n'aurait été en possibilité de réagir. Elle vola ainsi dangereusement vers le jeune garçon, brisant le silence ambiant par une terrible et terrifiant grondement sonore qui résonna contre les murs et fut maintes fois retransmis par l'écho du grand hall de l'usine. L'impact semblait désormais inévitable. Seul un entité non biologique était en mesure d'arrêter sa progression.

Le robot pivota légèrement sa tête vers la droite, dans la direction de Jeremy, sortant ainsi de l'état de stase dans lequel il s'était plongé durant de très longues minutes. Avec une vitesse phénoménale et surhumaine, il leva son bras droit, pointant désormais de son membre, le puissant projectile. Là, il généra une puissante onde de choc électromagnétique, qui se manifesta par la soudaine apparition d'un impressionnant éclair électrique d'un bleu éclatant, qui figea et maintint la balle immobile dans les airs. Alors que tout le monde dans la salle commençait à se rendre compte de l'action défensive du robot, l'éclair bleu s'intensifia, et chacun put remarquer que la douille fit un rapide demi-tour sur elle même, avant d'être projetée à vive allure en direction de son propriétaire. Il ne fallut ainsi que quelques secondes à celle-ci pour atteindre l'épaule droite du général Lear, qui poussa alors un terrifiant cri de douleur, avant de poser sa main gauche sur sa blessure, pour contenir le sang qui en émanait abondamment.

Jeremy profita de cette diversion pour courir en direction des escaliers au fond du hall, second chemin lui permettant d'accéder au laboratoire, quelques étages en dessous.

-Descendez-moi ce robot ! »  hurla le général qui peinant à dissimuler toute la souffrance qu'il ressentait.

Commença alors un terrible échange de tirs entre les deux camps adverses : les soldats de la R.O.M.A. commencèrent à vider tout leurs chargeurs sur le robot insensible qui lui, par le formidable système de contrôle magnétique dont il avait fait preuve plutôt, attirait dans le long tuyau qui lui servait de canon, les vis, rivets et clou contenus dans son bac de munitions, avant de les projeter en rafale sur ses assaillants. Cette formidable arme se révélait être, bien que douloureuse, insuffisamment puissante pour être mortelle, et permettait donc seulement à son propriétaire de désarmer ces opposants en enfonçant des petits projectiles dans les différents membres des soldats, dont les victimes hurlaient de douleur à chaque impact.

-Visez la tête ! » ordonna le général, se rendant compte de la lourde défait qu'ils commençaient à subir. « Si sa lentille est touchée, il ne pourra plus nous voir et deviendra inoffensif ! ».

Cependant, avant d'observer une quelconque progression de ses troupes dans ce terrible combat, il se rua sur la piste de Jeremy dont il venait de découvrir la fuite. C'est tenant lestement son arme d'une main et fermement son épaule de l'autre, qu'il se mit sur les traces du jeune garçon, comme un prédateur traquant sa victime jusqu'à la mort.





* * *



L'échange de projectiles se poursuivait toujours. Un soldat visa de son arme la lentille du robot, mais ce dernier, détectant la menace, parvint à tirer un rivet directement sur la balle qui venait à peine de sortir du fusil adverse. Ce violent choc engendra la déviation de la cartouche, qui se dirigea dans un coin du grand hall, avant de s'écraser droit sur une caméra de vidéo-surveillance. Cette dernière enregistra dès lors une image totalement brouillée à travers sa lentille brisée, qui fut alors reconduite à travers tous le réseau informatique de l'usine, avant d'être traité par les multiples processeurs du SuperCalculateur puis retransmise sur l'interface bleue de la tour où se tenait Aelita. Le jeune fille aux cheveux roses baissa les yeux. L'image brouillée de la caméra de l'usine ne lui était plus d'aucune utilité désormais. Elle devait se résigner à attendre, totalement impuissante.


Quelques minutes s'écoulèrent dans un silence total interrompu par un léger bruit de pas émergeant lentement de derrière Aelita.

-Vous en avez mis du temps !» marmonna la jeune fille, visiblement frustrée, tout en demeurant dos à son interlocuteur.

-J'ai fait mon possible, Aelita. » répondit une voix douce, tout en gardant un calme perturbant.

La jeune fille se retourna brusquement, faisant désormais face à la grande femme aux cheveux roses, à la stature droite et déterminée.

-Anthéa...Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle de manière autoritaire. « Comment X.A.N.A. a-t-il pu prendre le contrôle de toutes ces centrales sans que je m'en rende compte ? ».

-Le programme que tu as lancé...il n'a pas tenu et X.A.N.A. s'est servi de lui pour créer une faille dans le système de gestion des tours.

-Tout ça c'est de votre faute ! » s'écria Aelita, pointant avec médisance la jeune femme du doigt. « Vous m'avez forcé à vous faire confiance et en activant ce programme, vous nous avez tous mis en danger ! ».

-Je t'avais prévenu qu'il fallait agir vite, mais Jeremy et toi avez préférés prendre votre temps. » répondit-elle, gardant une sérénité exemplaire face aux accusations acides de l'audacieuse jeune fille. « Et c'est bien Jeremy qui prend tous les risques pour te sauver...pour nous sauver. Il est notre dernière chance, mais seul...il n'y arriveras pas. Le Pare-Feu de Lyoko doit être ouvert, c'est notre seule issue hors de ce monde !

-Vous savez pertinemment que cela présente un risque majeur. Si X.A.N.A. parvient à nous suivre, il faudra plus qu'une bande de lycéen pour nous protéger.

-J'en suis parfaitement consciente mais combien de temps crois-tu que Jeremy va tenir bon face aux attaques de X.A.N.A. ? La catastrophe d'aujourd'hui est en la preuve irréfutable : il n'est désormais plus en mesure d'assurer la défense du monde réel ! Et crois tu réellement qu'il prendrait la responsabilité de t'abandonner sur Lyoko ? Il n'en est pas capable et n'en a pas la volonté. Cependant, plus vite le SuperCalculateur sera éteint, plus vite la menace que représente X.A.N.A. se dissipera. Et s'il s'échappe, une fois sur Terre, je serais en mesure de l'arrêter...Je le sais car c'est moi qui l'ai conçu.

-Vous l'avez... » fit Aelita, la voix étouffée par la surprise.

-Oui...La liberté et les droits de la Terre se retrouvaient menacés. Ils devaient être protégés...Et c'est mon équipe qui a endossé cette responsabilité. Aucun d'entre nous ne souhaitait s'engager dans cette guerre, mais nous n'avons eu le choix. Et aujourd'hui, c'est à vous, Jeremy et toi de protéger le monde...Et pour cela, il faut fuir de Lyoko...

Aelita ne répondit pas. La pertinence de ses arguments contredisaient tous les avertissements de Jeremy. Elle ne savait plus quoi penser : faire confiance à un ami qui n'a cessé de se soucier d'elle, jour et nuit, afin de prendre soin d'elle, ou se fier à une inconnue qui semblait malgré tout maîtriser pleinement la situation.

Face au manque de réaction d'Aelita, Anthéa posa une main chaleureuse, presque affective, sur son épaule.

-Écoute, Aelita...Je te connaissais bien avant que tout ceci se produise, bien des années auparavant.

Cette dernière phrase la fit réagir.

-Vous connaissez mon passé ? » demanda-t-elle intriguée et impatiente. « Vous savez qui je suis ? Ce que je fais ici ? ».

-Oui...mais certaines vérités ne doivent être dévoilés qu'en temps et en heure et tu n'es pas encore prête à les connaître...

Un sentiment de déception empli le regard d'Aelita. Dans un ultime geste de réconfort, Anthéa s'agenouilla au niveau de son visage et effleurant avec bienveillance de ses doigts fins la joue gauche de la jeune fille, elle lui chuchota à l'oreille :

-Rassures-toi : cet heure arrive bientôt.

Tous deux s'observèrent longuement dans le fond des yeux, chacune d'entre elles semblant trouver du réconfort à contempler un regard si pur et rassurant.

-Allez ! » s'écria Anthéa, comme revigorée par la richesse de cet instant magique. « Jeremy a besoin de toi ! ».



* * *



Le bruit assourdissant des échanges de tirs dans le hall se faisait entendre de plus en plus loin. Plus Jeremy descendait à l'immense échelle menant à la salle des scanners, plus s'intensifiait son impression de sécurité. Tous les soldats étaient probablement occupés à se défendre de l'imprévisible attaque du robot de X.A.N.A. Le jeune garçon ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi ce dernier l'avait traîné de force dans le hall de l'usine. Sûrement pour l'empêcher d'avoir accès au pupitre du laboratoire, songea-t-il premièrement, mais pourquoi ne pas s'être débarrassé de lui ? Pour organiser une fatidique rencontre avec les militaires de la R.O.M.A. ? Ou encore plus étrange : pour le défendre contre eux ? Cette dernière hypothèse paraissait la plus plausible à ces yeux. Mais restait-il encore à savoir pourquoi il avait fait ça.

Il atteignit d'un bond vif le sol nacré de la salle des scanners. Sans perdre de temps, il s'approcha de la console de la porte de sécurité et entra le code de déverrouillage de la porte, dans le but de rejoindre rapidement le laboratoire. Malgré la justesse de ses manipulations, le mécanisme refusa de s'enclencher. Il devina en l'espace de quelques secondes que X.A.N.A. l'avait piégé dans la salle des scanners, bloquant l'unique issue qui lui aurait permit d'atteindre l'interface du SuperCalculateur. Dans une tentative désespérée, il essaya de réinitialiser les systèmes de sécurité de la porte en manœuvrant avec dextérité la console mais un puissant éclair violacé émergea de cette dernière et provoqua l'explosion de son écran, projetant ainsi des centaines de petits débris de verres à travers la pièce. Jeremy sentit ses muscles se crisper sous l'effet du violent courant qui paralysait tout son corps. Cette morsure électrique se prolongea plusieurs secondes, secondes qui parurent une éternité pour le jeune garçon. Finalement, l'éclair s'intensifia et, libérant Jeremy de sa tétanisante étreinte dans un puissant flash lumineux, le projeta à l'autre bout de la pièce.

Inerte le temps de quelques secondes, couché contre le mur, il rouvrit péniblement les yeux avant de reposer délicatement sa tête et son corps sur la cloison derrière lui. Suffoquant, il éprouvait de la difficulté à retrouver une respiration normale. Tous ses membres le faisaient terriblement souffrir. La fatigue s'immisça dans son corps laissé faible par le choc qu'il venait de subir. Il décida de se reposer quelques instants, trop frêle pour effectuer sans douleur le moindre mouvement.

Un écho métallique et régulier vint interrompre ce cours moment de relâchement. Jeremy reconnut le bruit d'un homme posant lourdement ses pieds sur les barreaux de l'échelle à quelques mètres de lui.

-Lear... » articula Jeremy dans un souffle désespéré, comme pour simuler un dialogue avec une autre personne, un soutient, qui lui aurait permit de lutter contre sa solitude.

La silhouette ingrate du vieil homme apparut au fond de la salle, et se dirigea sans tarder dans la direction du jeune garçon immobile. Son bras droit était soutenu par une attelle fébrile, constituée avec hâte par des lambeaux de vêtements déchirés. Jeremy put lire dans ses yeux la fureur qui semblait guider ses pas. Il imaginait déjà le sort qu'allait lui réserver le général impulsif. Cependant, trop faible pour bouger, il se résigna à fuir, préférant affronter son adversaire de face.

Lear s'avança jusqu'au centre de la salle. Les regards du vieil homme et de l'adolescent se croisèrent et semblèrent se mener un duel sans merci, aucun des deux ne voulant faillir afin de montrer sa force et sa détermination. Malgré tout, de ces deux êtres meurtris, le soldat était le plus robuste et en état d'imposer ses règles du jeu. Dans un ultime geste d'affrontement, le vieil homme fit un pas en avant, se rapprochant inévitablement de Jeremy.

La porte d'un des scanners s'ouvrit brutalement, suivi de près par les deux autres. En un instant, la salle s'emplit d'une intense lumière blanche émanant des trois machines en marche, forçant Jeremy et le général de la R.O.M.A. à recouvrir, de leurs cils, leurs yeux fragiles. Un immense courant d'air se dégagea du scanner à pleine puissance, provoqué par, Jeremy le savait, le déplacement violent de l'air contenu dans les caissons, par de la matière en cours de matérialisation. Quelques instants plus tard, tous deux purent apercevoir trois émanations blanches, comme trois spectres lumineux s'échappant dans une fumée dense et ionisée des scanners achevant leur tâche difficile. Les trois ombres incandescentes convergèrent alors ensemble, au centre de la salle, droit sur le vieil homme qui ne fit aucun mouvement. Lentement submergé par les trois épaisses fumées blanches, ce dernier commença par ressentir de légères morsures électriques venant de tout part, avant de soudainement se voir paralysé de douleur par de puissants éclairs émergeants sans prévenir de ces trois brumes. Étouffant par leur violence les cris du pauvre homme, les trois spectres disparaissaient de temps à autre, dans un court clignotement, avant de réapparaître aussitôt quelques centimètres plus loin. L'instabilité physique de ces entités, qui voyaient alors leur apparence scintiller et leurs couleurs s'estomper comme lors du dysfonctionnement d'un écran vidéo, était le seul moment de répit accordé à l'homme qui en était la victime. Les trois spectres finirent, le temps de quelques secondes, par avoir raison de la force du soldat qui s'écroula inconscient et meurtri sur le sol. Ils commencèrent alors à fusionner autour de lui, pour ne plus former qu'une seule masse stable et solide, qui se dirigea vers Jeremy, incrédule de ce spectacle dont la beauté rare suffisait à atténuer son agressivité. La fine silhouette vaporeuse s'approcha de lui et sembla tendre une main vers le jeune garçon assis contre le mur. Ce dernier discerna alors dans ses yeux à peine visible un regard familier.

-Aelita...


* * *




La jeune fille au cheveux roses s’affairait maintenant depuis plusieurs minutes à la manipulation de l'interface de la tour de Lyoko dans laquelle elle avait trouvé le refuge et la protection d'Anthéa, qui se tenait derrière elle, scrutant fascinée les moindres commandes qu'elles rentraient dans la console bleue. Triomphante, Aelita appliqua d'un geste fier la touche finale à son œuvre, avant de se retourner vers celle qui lui avait demandé de suivre tout un protocole d'instructions dont elle ne comprenait pas encore le sens.

-Voilà, j'ai finie.

-Bien... » répondit-elle avant de marquer une courte pause, fixant sa pair droit dans les yeux. « Tu sais ce que tu dois faire : tu es prête ? ».

Aelita prit une profonde inspiration, s'apprêtant à accomplir quelque chose d'important, de capital, avant de répondre déterminée :

-Oui !

-Très bien..vas-y ! » lança-t-elle, avant de faire plusieurs pas en arrière.

La jeune fille posa délicatement la paume de sa main sur l'interface et déclencha le Code Lyoko qui eut comme effet instantané d'activer la tour dans laquelle elle se trouvait. Elle fut ensuite lentement élevée dans les airs et commença à ressentir l'oppression d'une centaine de flux énergétiques qui passèrent à travers son corps sous l'apparence d'une quantité infime de lignes de code binaire en deux dimensions. Plus les secondes s'écoulèrent, plus l'afflux de ces morceaux de programme était rapide et nombreux. Finalement, tous son avatar se décomposa en une immense suite de chiffres qui furent aspirés en une longue colonne jusqu'au fond ténébreux de la tour.

La porte des scanners s'ouvrit sous le regard d'Aelita. Une étrange sensation parcourut alors son esprit : elle ne sentait plus aucune partie de son corps, son esprit seul semblant guider ses pas. Elle découvrit alors, tout autour d'elle, ce nouveau monde, celui de Jeremy, contemplant avec avec beaucoup d'admiration la finesse et la beauté de cet environnement Mais à peine commençait-elle à s'émerveiller face à ce paradis terrestre qu'elle avait toujours rêvé d'atteindre, le lourd fardeau de sa mission reprit le dessus sur les sentiments. Elle ressentait déjà la disparition de cet matière fébrile et instable qui constituait son nouveau corps et devinait que la tour qu'elle venait d'activer ne disposait pas d'une quantité d'énergie illimitée. Elle tâcha donc de rejoindre les deux autres spectres contenant deux autres portions de l'ébauche de son avatar virtualisé. Elle laissa ainsi son esprit guider ses pas, afin d'atteindre le centre de la salle et l'homme qui voulait faire du mal à Jeremy. Elle l'atteignit assez rapidement et profitant du contact physique qu'elle entretenait avec l'homme hostile, elle déversa tout sa fureur sur lui, relâchant la moindre petite parcelle d'énergie de son spectre contre le soldat. Une fois sa cible hors d'état de nuire, elle se rapprocha des deux autres parties de son corps, puis fusionna avec elles, recouvrant vaguement la forme originelle de son avatar, avant d'aller tendre une main volatile et instable vers Jeremy.

-Aelita...

La structure incomplète de ce corps l'empêchait d'émettre le moindre son mais quelques gestes amicaux suffirent à faire entendre à Jeremy que le spectre devant lui était bel et bien celle pour qui il menait cette lutte acharnée. Empli d'un nouvel espoir et soutenu par l'étrange force du corps d'Aelita, il se releva et c'est ensemble qu'ils se dirigèrent vers le monte-charge. Là, l'esprit de la jeune fille se concentra de toute ses forces pour parvenir à pénétrer le circuit électrique de la console. Jeremy vit alors le spectre disparaître au travers de l'écran brisé.

A l'intérieur du mécanisme de la porte, elle semblait pouvoir tout contrôler : chaque micro-parcelle d'énergie donnait l'impression de vouloir se libérer et fuir dans l'immensité du réseau électrique mais elle devait à tout prix les en empêcher à la force de son esprit. Son corps devait rester suffisamment stable pour qu'elle parvienne à déverrouiller la porte et la libérer de l'influence de X.A.N.A.

-Concentre-toi, Aelita » entendit-elle au loin, dans la mélodieuse voix de Anthéa. « Ta conscience contrôle ton spectre et toutes ses interactions avec le Flux : il obéira à la moindre de tes pensées. Focalise-toi sur le circuit électrique de la porte ! ».


Elle se concentra et, le temps d'une pensée, une partie de la substance immatérielle du corps de la jeune fille généra une puissante impulsion électrique dans les circuits détériorés et remis en marche le mécanisme d'ouverture. Jeremy profita alors de cette aubaine pour s'infiltrer dans l'ascenseur qui semblait n'attendre que lui avant de refermer violemment ses portes et de s'élever vers le laboratoire.

Devant lui, sous la lumière scintillante du monte-charge, le spectre revint, d'abord sous une forme grossière et désordonnée, puis s'affinant sous les traits de la jeune fille que Jeremy connaissait bien. Face à elle, contemplant pour la première fois de ses yeux son amie d'un autre monde, il lui attrapa avec douceur ses deux mains et plongeant son regard dans le celui de la jeune fille, il dit simplement :

-Merci.

Seul le grondement de l'ascenseur en mouvement parvenait à briser le silence de ce moment magique.







* * *



Aelita savait bien que ce moment de complicité n'allait pas durer, et déjà elle sentait son esprit irrésistiblement attiré sur son monde d'origine, alors que la réserve d'énergie de son corps atteignait son plus bas niveau. La structure du spectre devint instable, scintillant et disparaissant par à-coups, avant de se désintégrer totalement dans les bribes électriques du Flux. Elle fut retirée à Jeremy comme un rêve idéal se terminant brutalement et ne laissant derrière lui que le mirage d'un espoir éphémère. Mais le jeune garçon savait qu'un jour, elle se tiendrait à ses côtés...Du moins, c'est ce qu'il avait promis à Aelita, et l'expérience qu'il venait de vivre le fit réaliser que le SuperCalculateur regorgeait de secrets inespérés qui lui permettraient d'accomplir son devoir. Il se sentit comme revigoré, paré pour une nouvelle bataille. En l'espace de quelques instants, il avait déjà imaginé une dizaine de nouvelles pistes à explorer pour parvenir à son but ultime : la matérialisation d'Aelita.

L'aura vert flamboyant de la tour activé du territoire du désert s’essouffla doucement, reprenant une teinte pâle et incolore, alors que l'avatar d'Aelita se reconstituait dans des vagues convergentes de chiffres et de symboles mathématiques. Suspendue à plusieurs mètres du sol de la tour, elle retomba brutalement sur la plate-forme de la tour. Une main amicale se tendit vers elle et l'aida à se relever.

-Tu as été parfaite, Aelita ! » s'écria Anthéa fière de son initiée.

-Cette sensation...c'était vraiment très étrange...Tout avait l'air si complexe et différent là-bas, dans ton monde !

-En effet ! » répondit-elle. « Et « ce monde » sera bientôt le tien si nous travaillons main dans la main. Mais avant, il te reste encore quelque chose à accomplir : j'ai analyser les fluctuations d'énergie se dispersant dans la mère numérique et j'ai ainsi put déterminer par triangulation la position de la tour de X.A.N.A. » ajouta-t-elle en pointant du doigt l'interface de la tour. « Tu sais ce que tu dois faire. »

Elle acquiesça d'un signe de tête et sortit de la tour en courant, avant de rejoindre ses camarades qui attendaient depuis maintenant de très longues minutes.

-Aelita ! » s'écrièrent-ils tous en chœur avant de demander : « Mais qu'est-ce que tu faisais ? ».

-J'aidais Jeremy ! J'ai réussi à gagner du temps mais il compte encore sur nous. » répondit-elle, avant d'indiquer d'un geste précis une tour au loin : « La tour activée est là-bas ! ».

Ils atteignirent rapidement leur cible déserte.

-Personne ? » s'étonna Odd, qui avait espéré aiguiser ses réflexes de combat, inactifs depuis déjà plusieurs semaines.

-Non... » confirma la jeune fille aux cheveux roses. « X.A.N.A. a voulu jouer jusqu'au bout la carte de la discrétion, quitte à sacrifier toute sa défense. ».

-Dommage... » soupira-t-il déçu.

Aelita pénétra dans la tour.


La porte du laboratoire de l'usine s'ouvrit lentement et de manière saccadée, laissant tout juste la fine silhouette de Jeremy se faufiler entres ses deux pans. Il s'approcha de son écran et se pencha sur son clavier. Alliant un subtil mélange d'habitude et de dextérité, il paramétra à une vitesse extraordinaire la procédure de Retour vers le Passé, saisissant un restauration du monde de deux heures auparavant seulement afin de ne pas utiliser toute l'énergie du SuperCalculateur et se laisser une chance de permettre une contre-attaque sur le centrales nucléaires visées par X.A.N.A. Observant les mouvements des autres Lyoko Guerriers, il guetta le moment où Aelita rentrerait dans la tour. Quel ne fut pas son soulagement quand il vit sur son écran ces quelques inscriptions :

« Code Lyoko initialisé – Tour désactivée »

alors que l'activité électrique de l'édifice avoisinait les zéros. Dès lors, sans plus attendre, il effectua le Retour vers la Passé. Une puissante onde de choc traversa alors le Flux, se propageant au travers du hall de l'usine qui voyait les vestiges d'un terrible combat, des traces de sang pour les hommes blessés, des débris pour la machine atterrée.



* * *


La propagation du Retour vers la Passé ramena Ulrich et Odd au foyer du collège Kadic. L'agitation inquiète des heures non avenues avait laissé le calme coutumier reprendre sa place. Après quelques regards furtifs aux alentours pour s'assurer qu'aucune anomalie ne s'était produite, Ulrich dégaina son téléphone et composa le numéro de Jeremy. Ce dernier décrocha presque aussitôt depuis sa chambre.

-Jeremy, l'incident est censé se dérouler dans moins d'un quart d'heure : tu es sur le coup ? » demanda-t-il inquiet, comme dépourvu d'une confiance qui caractérisait autrefois son amitié avec le jeune homme.

-J'ai eu le temps de préparer une contre-attaque pour toutes les centrales infectées. Lancement des contre-mesures dans moins de trente secondes. J'espère que ça va marcher. » confia-t-il.

-L'échec n'est plus envisageable, Jeremy ! On est sur la corde raide.

-Je sais...mais à présent, il est trop tard pour changer le sort du monde.

Il raccrocha.

De longues minutes s'écoulèrent durant lesquelles Odd et Ulrich maintinrent leurs yeux rivés par alternance sur l'écran de télévision et sur la pendule qui surplombait la salle. Tous deux étaient persuadés de s'en sortir car aucun d'entre eux ne pouvait envisager l'éventualité d'un échec. Malgré tout, la mine grave de la journaliste reparut sur l'écran :

« Nous interrompons votre programme pour vous faire parvenir un flash spécial d'informations. Il semblerait, d'après les dernières nouvelles que nous avons reçu, qu'à 13h47, heure française, soit il y a moins de cinq minutes, que la centrale nucléaire américaine Columbia ait subit un incident technique majeur ayant provoqué son explosion. Ces informations, transmises directement à nos services par l'autorité de sûreté nucléaire, semblent se confirmer suite à ces photos satellites prisent récemment, envoyées par un expéditeur anonyme.»

A l'écran défilèrent les mêmes clichés de la centrale implosé de Columbia vue de dessus que précédemment. Odd et Ulrich eurent alors l'impression de revivre le même cauchemar que quelques heures auparavant et désormais, l'avenir semblait encore plus incertain que l'avait été le passé. La voix sérieuse de la présentatrice résonnait comme un écho déjà perçu dans la grande salle.

- ...nous avons perdu tout contact avec la côte Ouest des Etats-Unis... ».

Ulrich composa le numéro de Jeremy et laissa planer un long silence après que celui-ci ait répondu.

-...et maintenant ? » demanda-t-il dépité et conscient de l'échec cuisant de Jeremy.

-Je...Je ne comprend pas » déclara confus le jeune garçon. « Tous mes rapports indiquent que les contre-mesures ont fonctionnées...Je...Je peux peut-être essayé de lancer un nouveau retour dans le temps avec l'énergie restante du SuperCalculateur mais... ».

Ulrich raccrocha. Il serra les poings comme pour évacuer sa colère oppressante. Il regarda alors autour de lui, observant ce monde qui n'allait plus jamais être comme avant. Il posa alors son regard sur le répertoire de son téléphone et après quelques secondes d'hésitation, il sélectionna numéro de Yumi. Collant le portable à son oreille, il patienta durant les longues sonneries qui retentissaient comme le glas d'une attente éternelle.

Elle décrocha au bout de la cinquième sonnerie.

-Ulrich ?

-Yumi...Il faut qu'on parle. Nous quatre, nous avons fais des erreurs, mais Jeremy est allé beaucoup trop loin.

Elle prit quelques secondes de réflexion.

-Je commence à penser la même chose moi aussi mais que pouvons-nous faire maintenant ?

-Tout dévoiler aux autorités. Elles sauront quoi faire, quitte a arrêter Jeremy et à éteindre cette machine de malheur.

-Et Aelita ? » demanda-t-elle inquiète.

Ulrich haussa la voix.

-Est-ce qu'elle vaut la vie de sept milliards d'humain ? On ne sait pas comment l'amener sur Terre et elle n'est même pas réelle ! C'est juste un programme, tout comme X.A.N.A. ! Nous n'avons pas le droit de tout sacrifier pour elle ! X.A.N.A. nous a vaincu aujourd'hui...et nous devons l'arrêter avant que la situation empire encore.

-Tu as raison...

Leur conversation fut interrompu par la voix hésitante de la journaliste :
-Des nouvelles informations viennent tout juste de nous parvenir. Le gouvernement américain dément toute catastrophe nucléaire sur son territoire mais confirme une cyber-attaque informatique de grande envergure sur plusieurs de ces centrales. Selon les responsables de la Défense, toutes les intrusions auraient été repoussées, et l'arrêt de tous les centres de production énergétique nucléaire du territoire a été ordonné. Par ailleurs, la liaison avec les satellites survolant actuellement le pays a été rétablie et ces derniers nous transmettent des images réfutant sans le moindre équivoque l'éventualité de l'explosion d'une des centrales. ».

La sonnerie du portable d'Ulrich retentit aussitôt. Les yeux rivés sur l'écran de télévision, ce dernier décrocha sans même jeter un œil à son téléphone.

-X.A.N.A. nous a piégés ! » hurla le jeune garçon dans le haut-parleur.

-Quoi ?

-Il a manipulé les médias en brouillant les communications avec l'extérieur et en envoyant des photos trafiquées des centrales !

-Tu veux dire que...il n'a rien fait ? Et l'attaque informatique qu'elles ont subis ?

-Juste les bribes de mes contre-mesures ! Rendez-vous à l'usine immédiatement ! » ordonna-t-il soulagé...



* * *


Jeremy reposait de tout son corps sur le fauteuil confortable du laboratoire de l'usine. Tapotant légèrement du poing l'accoudoir droit, il semblait plonger dans un profonde méditation qui perturbait l'impatience de ses trois camarades qui l'entouraient.

-Jeremy ? » demanda Ulrich avec empressement. « Que s'est-il passé ? ».

-Il s'est servi des médias... » soupira-t-il nerveusement. « X.A.N.A. s'est servi des médias pour nous piéger ! L'attaque postérieure au Retour vers le Passé n'a jamais eu lieu...Il s'est juste contenter de communiquer des informations et clichés erronés aux journalistes... ».

-Dans quel but ? » le question Yumi confuse.

-Je ne sais pas exactement...Nous faire peur ? Tous les événements d'aujourd'hui semblent avoir été calculés avec une précision millimétrée. ». Il prit une courte pause pour réfléchir avant d'ajouter comme une évidence : « Le robot ! Le robot n'était pas là pour me tuer...Il était là pour me protéger ! ».

-Te protéger de quoi ?

-De la R.O.M.A. ! X.A.N.A à tout faire pour que leurs soldats viennent à l'usine ! Et s'ils m'avaient arrêtés, ils auraient définitivement mis le SuperCalculateur hors service. X.A.N.A. ne pouvait pas se permettre de prendre se risque et à donc dû m'envoyer une « escorte ».

-Mais...s'il t'as laissé utiliser le Retour vers le Passé, à quoi tout ça a-t-il servi ?

-A nous intimider...A affirmer sa supériorité...

Ulrich lui coupa la parole :

-L'attaque d'avant le Retour vers le Passé : elle était réelle ?

Il hésita longuement.

-Je ne sais pas...Aucun de mes enregistrements ne me permet d'affirmer cela...

-Tu ne sais donc pas si X.A.N.A. est capable de prendre le contrôle de centrales nucléaires aussi rapidement ?

-Non...Probablement pas mais...

-Mais on n'est pas sûr ! » Il haussa la voix déterminé. « On ne peut pas se permettre de continuer à mener un combat perdu d'avance une seconde de plus ! ».

Jeremy, voyant son contrôle de la situation lui échapper, tenta de l'interrompre par un fébrile « mais » qui se révéla vain, violemment étouffé par la voix portante d'Ulrich.

-Non, Jeremy ! Tu n'as plus le contrôle de la situation ! X.A.N.A. lui-même à été obligé de te sauver. Imagines ce qui ce passeras lorsqu'il ne le fera plus...Tout ce que nous chérissons, tout sera menacé, et ça, par ta faute ! » le condamna-t-il d'un ton accusateur. « X.A.N.A. est devenu beaucoup trop puissant et dans la course au contrôle de Lyoko, cela fait longtemps qu'il t'a dépassé ! Tu as eu largement assez de temps pour t'occuper d'Aelita...maintenant il est trop tard ! ».

-D'accord. » rétorqua ironiquement le jeune garçon blessé. « Et qu'est-ce que TOI tu comptes faire ? ».

-C'est simple...Éteindre le SuperCalculateur.

-Quoi ? Tu n'es pas sérieux ? Et Aelita ? » demanda-t-il inquiet.

-Votons. 

Il se retourna vers ses deux autres camarades.

-Levez la main si vous souhaitez éteindre cette maudite machine et mettre fin à notre cauchemar.

Tous trois se regardèrent longtemps dans les yeux, échangeant des regards gênés face à une terrible réalité. Après un long moment d'hésitation, Odd et Yumi levèrent la main, baissant les yeux, comme honteux de leur décision.

-Vous ne pouvez pas me faire ça ! » s'énerva Jeremy.

-Je suis désolé... » s'excusa Odd d'une voix inhabituellement morne.

-Cela te permettrait de continuer tes recherches de ton côté, le temps que tu sois sûr d'avoir trouvé la bonne solution pour ramener Aelita. Comme ça, personne ne se met en danger.

-Personne ? » protesta le jeune garçon submergé par la tristesse de ce qu'il considérait comme une trahison. « Et Aelita, elle ne compte pas ? On ne sais même pas si elle survivra à une nouvelle stase, ou si même elle se souviendra de nous quand on le rallumera ! ».

-C'est peut-être mieux comme ça, Jeremy...Plus de faux espoir, plus de souffrances inutiles...

-Non ! J'ai fais une avancée importante aujourd'hui même ! Je l'ai vu de mes propres yeux, touchée de mes propres mains ! On ne peut pas abandonner si proche de la solution !

-Trois votes contre toi, Jeremy. » reprit Ulrich d'un ton sérieux. « Le rêve est fini...Place à la réalité maintenant. »

-Et Aelita ! Elle mérite que l'on écoute son avis ! C'est sa vie que vous mettez en jeu !

-« Ils ont raisons, Jeremy » s'écria la douce voix de la jeune fille dans les écouteurs de l'interface.

Le jeune garçon se retourna vers l'écran pour observer son amie étrangement calme et sereine, tout le contraire de ce qu'il ressentait actuellement.

-Aelita ?

-Tout va bien se passer Jeremy...Je ne veux pas que vous risquiez votre vie pour moi. Je ne veux qu'il t'arrive quelque chose par ma faute. Je ne me le pardonnerai pas. Tu as fait tellement pour moi...Je t'en remercie sincèrement Jeremy.

-Je peux faire encore beaucoup plus pour toi ! Donne-moi juste un peu de temps !

-Non, Jeremy...Il est temps de me laisser partir. Tu n'aurais jamais dû découvrir cette endroit, cela aurait été mieux pour nous deux...

-Je ne peux pas te laisser dire ça... ». Une larme humide ruissela sur sa joue. « Tous ces moments que nous avons vécu ensemble, bien qu'éphémères, ont été les plus beaux instants de ma vie. Je ne veux pas dire adieu à ces instants magiques. ».

-Moi non plus, mais il le faut. Tâche juste de trouver une solution pour me sortir de là...si jamais je sort indemne d'une nouvelle extinction de Lyoko. ». Elle esquissa un large sourire, suivi d'un léger rire de quelques instants. « Tu vois, tu me donnes encore de l'espoir. Cette illusion inaccessible qui conduit à toutes les souffrances...Au revoir, Jeremy...J'espère sincèrement te revoir très bientôt. ».

L'image de la jeune fille disparue de l'écran, en même temps que sa voix s'évanouit dans l'écho de la salle.

-AELITA ! » hurla-t-il avant de chuchoter lentement. « Au revoir... ».

Tout un monde d'illusion venait de s'effondrer autour de Jeremy. Ses amis l'avait trahis et Aelita allait se sacrifier pour lui. Mais tout n'était pas encore perdu. Il n'allait pas se laisser arrêter aussi facilement. Ses yeux semblèrent alors briller comme des étincelles nourries par une alliance de vengeance et de détermination.




* * *



Comme lors d'un rituel sacré, Yumi, Ulrich et Odd observèrent silencieusement Jeremy devant l'imposant SuperCalculateur. Ce dernier posa la main sur la machine glaciale comme pour immortaliser un dernier instant un semblant de contact avec Aelita. Quelques secondes s'écoulèrent puis il pressa alors lentement le bouton de l'ouverture de la cavité retenant le puissant levier d'allumage du SuperCalculateur. Il l'agrippa alors avec fermeté et comme pour se débarrasser rapidement de cet instant pénible, l'abaissa brutalement.


Sur Lyoko, précieusement réfugiée dans une des tours, Aelita attendait le moment fatidique qui aurait déjà dû se produire depuis de longs instants.

-Il l'a éteint, n'est-ce pas ? » demanda la jeune fille à son interlocutrice.

-Oui... » répondit Anthéa.

-Et...il ne s'est rien passé ?

-Non...

-Tu avais donc raison...Jeremy n'est pas prêt à me laisser partir...


L'écho rouillé du coulissement du levier du SuperCalculateur venait de s'étouffer dans les parois de l'étroite salle lumineuse. Aucun des mécanismes de l'immense machine ne bougèrent, aucun voyant de ses nombreux composants ne s'éteignirent, aucun de ses bruyants ventilateurs ne s'arrêtèrent de tournoyer, et Jeremy conserva le regard fixe sur sa main reposant sur cette ordinateur qui semblait ne pas vouloir mourir à nouveau.

-Jeremy ? » demanda Ulrich inquiet de la perpétuelle activité du SuperCalculateur. « Pourquoi il ne se passe rien ? Pourquoi est-il encore allumé ? ».

-Je...je n'en sais rien » bredouilla-t-il gêné.

D'un geste cinglant, il releva le levier avant de le rabattre aussitôt, sans davantage de réactions.

-On ne peut pas l'éteindre. » affirma-t-il acerbe.

-Quoi ?

-On ne peut pas !

Un frisson glacial parcourut Ulrich, Odd et Yumi. L'idée même d'être prisonnier pour toujours de ce fardeau faisait naître en eux un sentiment nouveau de peur.




* * *



Quelques instants plus tard, tous les quatre se tenaient réunis dans le laboratoire, quelques étages plus hauts.

-Que se passe-t-il ? » interrogea Odd.

Tous trois attendirent le verdict de Jeremy, qui frappa alors comme un malheur atroce sur leurs esprits.

-X.A.N.A. détient le contrôle d'une tour qui force le passage du courant électrique dans le SuperCalculateur. Le Flux maintient une alimentation constante des circuits électriques, il n'y a rien à faire. » avoua-t-il d'un ton morne.

-C'est pas vrai... » soupira Ulrich avant de se passer nerveusement la main dans sa chevelure noisette.

-Et maintenant ? » demanda Yumi confuse.

-On continue le combat, on sauve Aelita, et on détruit le SuperCalculateur pour de bon.

-Attends ! » s'indigna Ulrich. « Il suffit de désactiver la tour ! C'est l'histoire de quelques instants, et après on l'éteindra avant qu'il nous arrive une autre mésaventure ! De plus, je croyais qu'il existait une tour cachée qui permettait de protéger les installations électriques du SuperCalculateur ? ».

-Justement...C'est cette tour dont X.A.N.A. à pris le contrôle. On ne peut pas la localiser, ni la désactiver.

-Mais l'entité qui l'a activée...Elle est plus forte X.A.N.A. ! Elle a été la seule à réussir à avorter une attaque de X.A.N.A. pour nous sauver. Elle a su nous protéger ! Comment se fait-il qu'elle n'ait pas résister à X.A.N.A. en gardant le contrôle de la tour ?

-Tu l'as dit toi-même : X.A.N.A. se renforce. » déclara afin d'ajouter d'un ton provocateur : « Peut-être qu'elle n'a pas appréciée qu'on veuille mettre fin à sa vie ? Si le SuperCalculateur est toujours allumé, c'est de son fait. Elle nous a tout donner : les codes de la virtualisation, vos tenues de combats, sa protection. Elle nous à confié une mission importante : protéger Aelita. Mais cette mission, vous l'avez abandonnée...il n'y a aucune raison qu'elle ne fasse pas de même. Notre unique solution demeure désormais de sauver Aelita puis de détruire le SuperCalculateur.

-Et pourquoi pas le détruire maintenant ? » s'énerva-t-il violemment.

-Parce que je ne participerais pas au meurtre d'Aelita et que sans moi, vous n'aurez aucune chance de réussir à le faire ! » hurla-t-il un ton au dessus.

-Ça t'arrange bien, hein Jeremy ? » le nargua-t-il avec mépris.

-Pas spécialement, non ! Mais si tu n'es pas d'accord, tu peux toujours t'enfuir comme tu comptais le faire et laisser les vrais héros faire leur travail ! » rétorqua-t-il, espérant blessant l’ego de son camarade.

-Bien ! De toute façon, je n'ai plus rien à faire avec un inconscient ego surdimensionné !
-Ulrich, attends ! » s'alarma Yumi, tendant un bras réconfortant vers son ami, mais ce dernier la repoussa violemment.

Il se dirigea vexé et d'un pas déterminé et la cage d'ascenseur, puis sans se retourner, actionna le mécanisme.

-Espère juste que je ne te dénonce pas !

Cette sur cette dernière phrase que ce refermèrent les portes du monte-charge, laissant le petit groupe ôté d'un de ses membres.

Jeremy se retourna alors vers ses deux autres camarades qui fixaient toujours la porte de l'ascenseur, espérant entrevoir le retour d'Ulrich.

-J'ai besoin de savoir si vous êtes toujours avec moi. » déclara-t-il plus sereinement. « Êtes-vous toujours prêt à poursuivre votre mission ? ».

Quelques instants s'écoulèrent avec angoisse avant de s'achever sur un hochement de tête mutuel.

-Bien, maintenant, laissez-moi...J'ai du travail » leur lâcha-t-il d'un ton acide.

Dans le silence le plus parfait, les deux amis quittèrent la salle laissant Jeremy seul avec sa conscience. Pris par le stress et la fatigue, il relâcha ses deux bras sur le clavier de son ordinateur, et reposa délicatement sa tête au sein du creux formé par ses derniers.





* * *



Jeremy travaillait maintenant depuis plusieurs heures sur le semblant de matérialisation qu'avait subit Aelita dans la salle des scanners. Il avait étudié les enregistrements et en avait déduit que son avatar virtuel avait été décomposé en trois amas de matière non programmé dans le Flux. Ces « spectres polymorphes », comme il avait décidé de les appeler, était en réalité la matière brute qui constituait tout le flux. D'origine sans consistance, ni poids, ils pouvaient s'adapter à n'importe quelle forme dessinée électriquement dans le Flux et généré par les scanners suivant les instructions d'une tour activée. C'était le principe même de la matérialisation des hommes sur Terre à la différence que cette forme était instable, à cause de la non-équivalence de l'avatar virtuel d'Aelita sur le corps réel. Cependant, il savait que s'il arrivait à perfectionner ce processus et adapter l'avatar de la jeune fille, il pourrait transférer sa conscience dans un corps solide et pérenne à son image. La solution était désormais à sa portée.


Aelita interrompit Jeremy dans son intense réflexion, en brisant de sa voix douce le silence qui régnait dans la pièce.

-Jeremy ? » l'aborda-t-elle.

-Oui ?
-Tu as avancé dans ton programme de détection des tours ?

-Oui et j'ai même presque fini. Il me suffit d'automatiser l'analyse constante des fluctuations d'énergie émergents des tours. Comme ça, à chaque variation significative synonyme d'attaque, un message d'alerte est immédiatement envoyé à l'interface, à mon ordinateur personnel et à mon téléphone portable indiquant la position précise de la tour. Comme ça, il nous sera impossible de louper la moindre attaque de X.A.N.A. J'ai baptisé ce programme le « SuperScan » !

-Beau travail. Quand à moi, j'ai réussi à récolter pas mal d'informations sur la tour de X.A.N.A. en fouillant sur les différentes interfaces et j'ai repérer quelque chose d’intrigant.

-Bien ! » s'écria-t-il apparemment ravi d'apprendre enfin une bonne nouvelle. « Qu'est-ce que tu as découvert ? ».

-Chacune des activations utilise une identification unique qui permet d'authentifier l'entité qui contrôle la tour, que ce soit moi, X.A.N.A., où un interface relié au SuperCalculateur.

Jeremy pris un air inquiet mais la jeune fille persista malgré tout dans ses explications.

-Selon les données actuelles, X.A.N.A. est bien le détenteur actuel de la tour. Mais il y a un souci.

-Lequel ? » demanda Jeremy redoutant une réponse qu'il savait fatidique.

-X.A.N.A. n'a jamais activé cette tour : il en a juste pris le contrôle et selon les registres...c'est ton interface qui à servit de support d'activation et de programmation de cette tour.

-Qu'est-ce que cela signifie ?

-Je ne suis pas encore sûr...c'est à toi de me le dire. Soit quelqu'un à programmé cette tour depuis ton interface, soit tu as délibérément choisis de le faire avant de laisser X.A.N.A. s'en emparer librement.

Jeremy se mit soudainement sur la défensive.

-Écoute, Aelita...Laisse-moi t'expliquer...

-Alors c'est donc vrai. Tu as donner le contrôle de cette tour à X.A.N.A. ? Mais pourquoi ? » demanda-t-elle déçue et éhontée par cet aveu.

-Je...je savais que cette attaque provoquerait la division du groupe. Ils allaient vouloir que j'éteigne le SuperCalculateur mais je ne le voulais pas, pour rien au monde. Je ne veux pas te perdre !

-Et tu n'as pas juger utile de me prévenir ? Tu pensais sincèrement que donner cette tour à X.A.N.A. suffirait à camoufler ta responsabilité ? Pourquoi ce manque de confiance envers nous tous, Jeremy ?

-Je sais que tu n'aurais jamais accepté, je te connais trop maintenant.

-Et alors ? De quel droit penses-tu pouvoir te passer des avis de tes amis, de mon avis ? Ta vie ne t'appartient pas, Jeremy. Il faut que tu acceptes ça. A quoi bon vivre si X.A.N.A. la vie de ceux que j'affectionne ?

-Je ne peux pas abandonner si proche du but...Pas après t'avoir vu et touché en vrai !

-Ce n'était pas en vrai...juste une illusion. Et de toute façon, même si tu me ramènes, que comptes tu faire après contre un ennemi désormais invincible ?

-Pour l'instant, on n'a pas d'autres solutions ! Je te demande juste de me faire confiance...une dernière fois.

-Te faire confiance ? » s'indigna-t-elle. « Alors que toi tu n'es même pas capable de me rendre la pareil ? Alors que tu te sers de tes amis comme de simples pions pour combattre à ta place ? Ils ne sont même plus maître de leur volonté ! C'est une tâche insurmontable que tu leur as infligé ! ».

-Ils ont juré de leur propre gré de m'aider, je ne les ait pas forcé. Cependant, il est hors de question que je les laisse m'abandonner à la moindre difficulté !

-Et après ?

-On avisera.

-Non, Jeremy. Tu as déjà tout planifié. Tu sais déjà comment te débarrasser de X.A.N.A. Il suffit de détruire le SuperCalculateur et toi, tu as les moyens techniques de le faire, tu le sais très bien. Tu continues de nous mentir ! Tu n'en fais qu'à ta tête ! Tu es tellement sûr de toi que tu penses pouvoir te passer de l'aide des autres. Eh bien, tu te trompes ! Les événements d'aujourd'hui le démontrent. Débrouilles toi donc tout seul puisque tu y tiens tant !

Elle interrompit la communication et sa silhouette disparut des écrans de Jeremy.

Dans un excès de rage, Jeremy frappa violemment de ses poings les accoudoirs de sa chaise. D'un bond, il se leva de son fauteuil, se dirigea dans l'ascenseur et quitta l'usine.

Imprégnée par un sentiment nouveau, la colère, Aelita frappa à plusieurs reprises de ces pieds la base de la tour. Derrière elle, une main vint amicalement de poser sur son épaule.

-Je t'avais dit qu'on ne pouvait pas lui faire confiance. » s'exclama Anthéa. « Mais ne t'inquiète, je suis là. Si nous travaillons main dans la main, comme nous l'avons fait aujourd'hui, nous nous en sortirons. Crois-moi. ».

PS : le forum m'empêche de mettre une mise en forme correcte (alinéas). Si vous voulez voir le texte original, téléchargez ce pdf (chapitre en entier): dl.free.fr/cgSVgsKL6

J'essayerais de changer remettre ma mise en forme au plus vite

Skorpark


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Et bien ça chauffe du coté des LyokOGuerriers, vivement la suite

Zoddo

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Message inutile de Lyokogerrier supprimé ! C'est le cinquième ! Bannissement de 24 heures.
J'ai aussi supprimer le double post Scifier Wink

J'ai lu le début, c'est déjà bien. J'ai pas le temps de lire la suite ... J'éditerai mon message quand j'aurai fini de lire le chapitre.


_________________

Merci à Apolyon pour ce magnifique pack !

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Invité
Bonjour Scifer, Je trouve ta fan fiction pas mauvaise du tout et je t’encourage même a continuer dommage que tu te sois arrêter -_-.

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